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Nadia SeraioccoSept mythes sur la cybersécurité

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 publié le 2 mai 2013 à 10 h 26

Source : Wikimedia, Jarrod Hacker

Quand il est question de cybersécurité, on a tous des certitudes. Cela dit, dans l’ombre, des pirates informatiques ne demandent rien de mieux que de prouver qu’on est rarement aussi bien protégé qu’on le croit. Il faut donc trop souvent avoir été la cible d’un virus dur à éradiquer pour devenir plus méfiant. Si on a tâté la chose, on a souvent percé au grand jour quelques mythes concernant la sécurité de nos appareils. En voici donc quelques-uns dans lesquels il fait bon sabrer et quelques autres qui révèlent de nouvelles tendances…

1. Mon cellulaire et ma tablette ne risquent rien
Mauvaise nouvelle pour ceux qui en sont persuadés : l’an dernier, le nombre de logiciels malveillants destinés à infecter les appareils mobiles a augmenté de 58 %. Que font ces logiciels? Ils peuvent voler les données stockées sur un appareil mobile (numéros de téléphone, contacts, etc.) ou encore accéder au GPS de l’appareil pour suivre à la trace son utilisateur.

2. Les réseaux sociaux les plus connus ne comportent aucune menace
En fait, les réseaux sociaux les plus populaires sont une cible de choix pour les fraudeurs. Dans ce cas, les méthodes sont plus subtiles et prennent souvent la forme d’un sondage, d’une carte cadeau ou d’un message personnel piégé.

3. Les produits Apple sont immunisés contre les virus
Là, j’avoue que j’ai été un peu surprise, car les faits sur lesquels reposait cette réputation étaient bien vrais jusqu’à tout récemment. Or, si les pirates ciblent plus souvent les PC, en avril 2012, plus de 600 000 ordinateurs portant une petite pomme ont été infectés en une seule attaque.

4. Un petit logiciel antivirus gratuit et hop! on est protégé
Encore faut-il bien s’y connaître et utiliser lesdits logiciels de la bonne façon… Souvent, ce n’est pas le cas. En téléchargeant un peu n’importe quoi, il arrive qu’on tombe sur un logiciel piégé par lequel des cybercriminels verrouillent l’ordinateur à distance et réclament une rançon au propriétaire pour le libérer. Il faut donc s’assurer que son ordinateur est protégé et que les logiciels utilisés sont adéquats.

5. En y regardant de plus près, on peut détecter si un site est fiable
Il semble que non. Depuis 2011, le nombre de sites malveillants est en croissance. Alors qu’autrefois, pareil site annonçait ses couleurs par son design ou les nombreuses fautes dans ses textes, les fraudeurs ont raffiné leur art. Les sites semblent au premier coup d’œil tout à fait légitimes, et on connaît même une hausse des sites qui imitent les réseaux sociaux.

6. Je ne fréquente pas de sites louches, donc je ne risque rien
Les fraudeurs savent bien où trouver un public peu méfiant et, dans 61 % des cas d’infection, ce sont souvent sur des sites tout à fait respectables qu’on attrape un virus. Dans le top 5 des catégories de sites fiables qui se retrouvent infectés, on trouve des sites d’entreprises, de technologie et d’achats en ligne.

Source : Symantec, Internet security threat report

7. Un ordinateur infecté montre tout de suite des signes de son infection
Mais non! Une des stratégies de ceux qui conçoivent les virus est de les rendre discrets assez longtemps pour recueillir le plus de données possible sur l’utilisateur de l’ordinateur. Dans les pires cas, un ordinateur infecté devient le maillon d’une chaîne d’envoi de pourriels. On parle alors d’ordinateur zombie, contrôlé à distance. Sans se rendre jusque-là, ceux qui ont eu des virus savent à quel point la chose peut-être insidieuse.

Quelques chiffres sur la question

  • En tout, 31 % des attaques ciblées étaient dirigées contre des entreprises de moins de 250 employés.
  • Le volume de pourriels a continué de décroître, représentant 69 % de l’ensemble des messages électroniques.
  • Le nombre de sites d’hameçonnage (phishing) ciblant les réseaux sociaux a augmenté de 125 %.
  • Les attaques en ligne ont progressé de 30 %.
  • En 2012, 5291 nouvelles failles ont été découvertes, dont 415 sur des systèmes d’exploitation mobiles.

Ces chiffres et mythes proviennent de l’étude Internet threath security report  de Symantec, qui fabrique les logiciels antivirus Norton.

 

Crédit photo : site web de la compagnie Evollia

Vous avez probablement déjà planifié vos déplacements en utilisant Google Maps et son option de trajet, soit en voiture, à pied ou en transport en commun. À l’intérieur d’une seule ville, c’est un jeu d’enfant, mais pour se déplacer entre deux d’entre elles en transport en commun, il fallait auparavant passer par plusieurs sites. Au Québec, depuis peu, la compagnie d’autocars Orléans Express a choisi d’intégrer ses horaires à Google Maps, plutôt que de créer une application sur son propre site web. Je me suis donc amusée à créer mon itinéraire entre Montréal et Québec, un voyage que je fais souvent.

Un avantage devant la compétition au Québec

Alors que je m’attendais, selon les heures de départ ou d’arrivée choisies (le système permet les deux), qu’on me propose parfois le train, parfois l’autocar, chaque fois, c’est l’autocar qui arrivait en premier dans les itinéraires proposés. Même en suivant le lien vers Google Transit, que VIA Rail offre sur son site, pour les déplacements au Québec, c’est l’option qui m’était proposée. Cela est probablement dû à la fréquence des départs de la compagnie d’autocars, car il y en a toutes les heures. Et de là, en cliquant sur l’icône autobus Montréal-Trudeau sur la carte ou encore sur le lien au-dessous de l’itinéraire, on peut vérifier les prix en vigueur.

Le trajet suggéré entre le métro Langelier, à Montréal, et la ville de Québec.

Cela dit, dès que l’on sélectionne un trajet hors du Québec, par exemple Montréal-Ottawa, c’est le train qui est proposé en premier. On peut en déduire que les compagnies d’autocars desservant les autres provinces n’ont pas encore investi dans ce type de stratégie.

Travailler à mettre en place l’innovation

J’avais eu vent de ce que je considérais comme une innovation dans la planification des transports en commun intermodaux par Nicolas Roberge d’Evollia, dans un événement web. Je pouvais déjà imaginer les avantages pour ceux qui souhaitent planifier leurs déplacements en utilisant les transports en commun. L’équipe d’Evollia a travaillé à créer un fichier conforme au format connu comme le General transit feed specification (GTFS), et qui comprenait trajets, horaires, arrêts et droits de passage.

Jusqu’à maintenant, le système mis en place permet de générer des itinéraires dans quelque 200 villes et 8 régions du Québec. Comme les utilisateurs sont déjà habitués à Google Maps, ce sera un élément de plus pour encourager l’utilisation du transport en commun.

Quand la technologie fait ainsi faire un pas de plus à une entreprise, il faut demeurer curieux de la réponse du reste de l’industrie.

Savez-vous qu’il est fort probable que des courriels que des Canadiens envoient à certains de leurs voisins passent par des villes américaines?

La décentralisation du réseau Internet repose sur le hasard des connexions entre fournisseurs. Ça ne donne pas un accès toujours optimisé sur certaines parties du réseau.

C’est le cas au Canada : le trafic Internet national traverse souvent les frontières américaines avant de revenir vers un destinataire canadien.

Remarquez, c’est comme lorsque vous vous rendez à un aéroport américain en avion pour faire une correspondance sur une autre ligne aérienne vers votre destination finale.

Une solution : plus de PEI

Il est possible de bâtir de telles plaques tournantes pour le réseau Internet : ça s’appelle un PEI, un point d’échange Internet.

Un PEI permet au trafic branché sur ce nœud de parcourir des chemins beaucoup plus courts, et ce, beaucoup plus rapidement que par des lignes externes. Dans un PEI donné, les membres se donnent mutuellement accès à leur réseau interne pour le transport de données.

Imaginez une étoile avec pour centre New York. Un PEI serait un pont entre deux des pointes de cette étoile, pointes qui sont en fait des fournisseurs d’accès Internet. Le pont permet aux données de circuler entre les deux pointes, de l’une à l’autre directement, sans passer par le centre, New York.

Il y a plus de 300 points d’échange dans le monde. Les Américains en ont 13. Le Canada? Seulement 3! Ceux-ci sont situés à Ottawa, à Toronto et à Montréal.

Les PEI de l’est de l’Amérique du Nord

Le président de l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI), qui gère les noms de domaine en .ca, s’était emporté l’an dernier :

« Par rapport aux autres pays de l’OCDE, le Canada accuse un retard. Pour un pays qui a déjà fait figure de leader de l’économie numérique mondiale, c’est inacceptable. » – M. Byron Holland, président et chef de la direction de l’ACEI

Il appelle à une collaboration entre les grands joueurs pour créer d’autres points d’échange au pays, comme à Vancouver et à Halifax.

Mise à jour à Montréal

Aujourd’hui, Montréal devient un point encore plus brillant sur la carte Internet. J’aurai l’honneur d’animer ce soir l’événement entourant la mise en service officielle d’un deuxième site opérationnel pour le point d’échange de Montréal.

Cet événement se tiendra sous l’égide de l’Échange Internet de Montréal (EIM), un organisme sans but lucratif créé pour prendre officiellement le relais de QIX (Quebec Internet Exchange) géré jusqu’à maintenant par le RISQ, le Réseau d’informations scientifiques du Québec.

Les PEI qui connaissent le plus de succès dans le monde sont gérés par la communauté d’affaires Internet locale, qui en assure le financement et le développement. Le RISQ continue de prendre en charge la gestion opérationnelle du point d’échange, mais c’est la nouvelle entité, l’Échange Internet de Montréal, qui veillera à sa promotion et son développement.

C’est donc maintenant l’industrie locale qui assurera la croissance du point d’échange de Montréal.

Échange local pour bénéfices locaux

Un tel point d’échange Internet signifie beaucoup pour une ville ou une région.

Outre l’optimisation de coûts (le trafic transite gratuitement entre membres, et non sur des réseaux tiers facturés au gros prix), il y a un véritable gain en termes d’optimisation de la bande passante. En fin de compte, ce sont les utilisateurs qui en bénéficieront.

L’échange d’accès permet l’émergence de services Internet locaux, comme l’hébergement de sites, de services ou d’applications en ligne, et même de susciter la création d’un centre de données.

L’autre grand avantage a trait à la latence du réseau, c’est-à-dire au temps de transport des données. L’interconnexion directe leur évite de parcourir de longues distances. Pour Montréal, ça veut souvent dire d’éviter un aller-retour New York ou Toronto.

Pour une machine, sauver quelques millisecondes fait toute la différence. Avec la montée de ce qui s’appelle « l’Internet des objets », où des machines connectées communiquent de plus en plus entre elles, réduire cette latence signifie une meilleure interopérabilité.

Les acteurs locaux hébergeront alors leurs applications et services Internet dans leur ville, et non à l’étranger.

Nécessairement, les villes qui se dotent de PEI sont comme les villes d’une autre époque soucieuses de se placer sur l’échiquier économique mondial en se dotant d’un port ou d’un aéroport d’envergure. Elles s’assurent d’une quantité et d’une qualité de trafic des données : l’or du 21e siècle, en somme.

L’annonce de mercredi…

Hier matin, la compagnie de paiement en ligne en un lien Ribbon annonçait qu’elle allait offrir aux commerces le paiement par Twitter. Les réjouissances furent de courte durée, car quelques heures plus tard, Twitter retirait cette fonction de son site. Pour quelles raisons? On le saura peut-être plus tard, mais l’idée semblait excellente.

Qu’est-ce que Ribbon?

La compagnie a vu le jour à l’automne 2012 grâce à l’appui de l’incubateur d’entreprise en démarrage AngelPad. Fondée par Hany Rashwan et James Elkins, Ribbon a germé dans l’esprit de Rashwan quand il était encore étudiant (en 2011) et observait un ami passer à travers les étapes nécessaires pour faire un achat avec Paypal. Il s’est alors dit : pourquoi ne pas concevoir une solution de paiement qui tiendrait en une page et qui pourrait être utilisée à partir des réseaux sociaux les plus populaires, dont Facebook, Twitter, YouTube et Pinterest? La force de Ribbon est aussi de s’adapter à tout autre site ou réseau social.

En discutant avec des commerçants en ligne, il a vite compris que les solutions offertes avant Ribbon consistaient à annoncer le produit sur un site puis à rediriger l’acheteur sur un autre site pour le paiement. D’autres plateformes de paiement comme Chirpify ont une offre assez similaire, diront certains. La spécificité de Ribbon est de détecter d’où vient le client et d’harmoniser son expérience d’achat et de paiement.

Ribbon : aussi facile pour le vendeur que pour l’acheteur…

 

Et Twitter dans tout cela?

Sitôt que Ribbon eut annoncé qu’il était maintenant possible en un clic d’offrir sa solution de paiement sur Twitter, la nouvelle s’est répandue dans les médias technos. Or, en moins de deux heures, Twitter bloquait Ribbon. TechCrunch posait l’hypothèse que l’utilisation des « cartes » Twitter (ce qui génère l’aperçu des contenus en lien) pour intégrer la solution de paiement violait les conditions d’utilisation établies par le site.

Sur son blogue, la compagnie Ribbon affirmait être certaine d’avoir à sa connaissance bien agi et espérait reprendre les discussions avec Twitter très bientôt.

Autres sources d’information :

Sur VentureBeat : « Ribbon’s in-stream Twitter payments shut down by Twitter 90 minutes after launching »

Sur TechCrunch : « Ribbon, a “Bit.ly with payments,” brings simplified checkout to any platform »

Nadia SeraioccoLes dirigeants d’entreprise et le Web social

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 publié le 26 mars 2013 à 10 h 50

Depuis quelques années déjà, on présente des chiffres qui confirment que les hauts dirigeants d’entreprise ont compris l’importance d’une stratégie pour le web et les médias sociaux. Certains en concluent un peu trop vite que ceux-ci utilisent les réseaux et que tous les autres devraient en faire autant. En 2012, selon l’agence Weber Shandwick, qui s’intéresse à la question, 18 % des hauts dirigeants avaient des comptes sur les réseaux sociaux. C’est bien peu, mais cela ne signifie pas qu’ils ne soient pas engagés autrement auprès de leur clientèle.

Être présent sans être soi-même sur les réseaux

Dans la première version de Socializing your CEO, réalisée en 2010, Weber Shandwick concluait que les dirigeants des plus grandes entreprises s’engageaient peu sur les réseaux, ratant ainsi une belle occasion de solidifier leurs relations avec la clientèle. Comme la perception qu’on a d’un phénomène change avec l’usage, cette étude, plutôt que de voir si les dirigeants géraient eux-mêmes leur compte (un pas souvent difficile à franchir), les analystes ont mesuré l’interaction sociale, notamment la présence sur le site de l’entreprise, et la collaboration aux médias de l’entreprise (vidéos, photos, blogue, etc.).

Dans ce contexte, le fait que le pourcentage de dirigeants d’entreprise qui ont des comptes personnels sur les réseaux est plutôt stable (16 % en 2010 et 18 % en 2012) prend une tout autre signification : leur réputation demeure importante pour le succès de l’entreprise, mais le contact social peut s’effectuer autrement. Or, les dirigeants collaborent plus au contenu du site, et leur taux d’engagement est passé de 32 % à 50 % en 2012. Ils ont aussi compris qu’il était important de se prêter au jeu des nouvelles formes de communication : en 2012, quelque 40 % (c’est plus que le double du taux de 2010) d’entre eux ont accepté de figurer dans des vidéos destinées aux médias sociaux.

Extrait de l’infographie : bit.ly/socializingyourCEO2013

Comment s’y prendre pour convaincre son patron?

En fait, la première chose à comprendre pour un dirigeant d’entreprise, c’est que, même s’il n’y prend pas part, la conversation à propos de son entreprise continuera d’évoluer. C’est un fait qui a toujours été mis de l’avant, mais les meilleurs dirigeants d’entreprise mettent un certain temps à prendre le train du social. Or, dans une infographie résumant son document de recherche, Weber Shandwick l’illustre bien : on trouve le plus haut taux d’engagement dans le groupe de ceux qui sont en poste depuis plus de trois ans. Lorsque, dans son rapport, la firme dit qu’il est plus important d’avoir quelques comptes bien animés qu’une dizaines de présences inertes, je suis tout à fait d’accord. L’idée étant de donner un visage et une présence à la direction d’une entreprise, si un dirigeant a un compte Twitter lié à celui de l’entreprise, même si ses messages sont rares, il aura des abonnés.

La veille et l’observation font partie d’une présence efficace

Lorsque moins de 20 % des dirigeants ont un compte sur les réseaux sociaux, cela indique possiblement qu’ils auront rarement accès à l’information en provenance des réseaux sociaux. Pourtant, l’écoute et l’observation de l’activité de ces réseaux peut être un facteur important pour un gestionnaire qui doit tous les jours prendre maintes décisions touchant ses clients. Ce n’est pas nouveau pour ceux qui cherchent à sensibiliser des dirigeants d’entreprise à l’importance d’une action concertée sur les réseaux sociaux. Toutefois, c’est cette observation soutenue qui fera que l’engagement de ces derniers sur les réseaux sociaux continuera d’augmenter.

Sources :

La page du rapport de Weber Shandwick : Socializing your CEO, 2013

La page de l’infographie résumant l’étude.

Forbes : Study : CEOs and social media are an unlikely pair