Billets classés sous la catégorie « Affaire »

Martin LessardPayer avec le sourire

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 publié le 25 mars 2015 à 11 h 33

La semaine dernière, le dirigeant d’Alibaba a annoncé qu’il allait bientôt offrir à ses consommateurs la possibilité de « payer par sourire » (par égoportrait, en fait).

L’idée fait sourire! Oups, vous venez d’effectuer un achat! Toutefois, l’idée n’est pas folle pour autant.

C’est peut-être en fait une libération pour les 300 millions d’utilisateurs d’Alipay, la plateforme de paiement d’Alibaba. Ils ne seront plus obligés de se souvenir de leur mot de passe.

Selon Juniper Researchs, les paiements en ligne basés sur le geste ou la biométrie vont atteindre près de 5 milliards de dollars en 2019. Ils représentent à peine 2 millions de dollars aujourd’hui.

Biométrie contre mot de passe

La reconnaissance faciale et la gestuelle sont de sérieux candidats pour faciliter le paiement mobile et en ligne.

À ces nouvelles technologies d’interface personne-machine, il faut ajouter des fonctionnalités déjà offertes dans plusieurs téléphones existants.

  • Smart Scroll : la fonction que Samsung offre sur ses téléphones intelligents. Elle permet de faire défiler une page simplement par un mouvement de tête ou du poignet.
  • Touch ID : la fonction des iPhones qui permet de déverrouiller son téléphone en appuyant  sur le bouton d’accueil où un capteur tactile analyse votre empreinte digitale.

Le défi ici est de court-circuiter entièrement le besoin d’un mot de passe pour chaque transaction.

Non seulement le consommateur a-t-il tendance à oublier son mot de passe, mais, en ligne il doit le changer régulièrement pour des raisons de sécurité, ce qui augmente le risque qu’il l’oublie.

Faciliter l’achat (réduire la friction, comme on dit dans le milieu) est le défi le plus important pour le commerce en ligne, et pour le commerce de détail hors ligne. Pour ce dernier, c’est l’annonce du paiement sans mot de passe.

Je ne sais pas si, un jour, on devra prendre un égoportrait chaque fois qu’on voudra acheter quelque chose, mais ce sera évidemment plus utile d’avoir une technologie de biométrie efficace que d’essayer de se souvenir de son mot de passe à la caisse devant une longue file de consommateurs impatients.

Dans un tel contexte, le téléphone mobile deviendra à l’avenir l’outil de paiement privilégié — et sécuritaire, car c’est son propriétaire qui en a le contrôle. Apple Google et bien d’autres travaillent très fort dans ce sens.

Si on leur disait qu’on pourra bientôt payer avec son téléphone mobile plus vite qu’avec sa carte de crédit, je suis sûr que beaucoup de marchands afficheraient un très grand sourire. Oups, ils viendraient d’effectuer un achat!

Catherine MathysOù sont les femmes dans les technologies?

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 publié le 6 mars 2015 à 14 h 41

À la veille de la Journée internationale des femmes, permettez-moi de m’intéresser à la place des femmes dans les technologies. À lire certains articles publiés dans les dernières semaines, on en vient à se demander comment la mentalité d’un milieu qui cultive l’avenir peut être, à l’inverse, aussi rétrograde?

Où sont les femmes?

Le magazine Newsweek s’est penché sur la question ces dernières semaines. Force est de reconnaître que la Silicon Valley n’a jamais produit de Mme Gates ou Zuckerberg. Bien sûr, certaines femmes se sont taillé des places enviables comme Meg Whitman (PDG de Hewlett-Packard), Sheryl Sandberg (numéro 2 de Facebook) ou encore Marissa Mayer (PDG de Yahoo), mais elles sont bien peu nombreuses, et ces femmes ont pris la tête d’entreprises déjà existantes.

We Can Do It

L’article dresse un portrait plus sombre de la situation où la misogynie est érigée en système : menaces de violence, blagues sexistes, recrutement et licenciements fondés sur le genre, procès pour harcèlement sexuel et structures de financement qui privilégient toujours le même modèle de jeunes hommes entrepreneurs.

Des hommes financés par des hommes

Un récent rapport de la Fondation Kauffman décrit les principaux défis auxquels les entrepreneures font face. Parmi les obstacles cités, on retrouvait surtout les difficultés de trouver du financement (près de 80 % des 350 femmes interviewées ont utilisé leur argent pour lancer leur entreprise). C’est que les firmes de capital de risque sont composées à 96 % d’hommes. Il y a 20 ans, c’était 97 %. Les 5 premières ne comptent aucune femme parmi les partenaires principaux.

Résultat? Il semblerait que les projets menés par des femmes soient tout simplement mis de côté. Selon une étude du Collège Babson, citée dans l’article de Newsweek, seulement 2,7 % des 6517 entreprises qui ont reçu du capital de risque entre 2011 et 2013 étaient menées par des femmes. Pourtant, le rapport Kauffman, cité précédemment, mentionne que les entreprises en démarrage dirigées par des femmes ont un retour sur investissement plus élevé de 31 %.

Une culture bien implantée, même chez les femmes

Quand un milieu est créé pour et par de jeunes hommes blancs de classe moyenne, les technologies qu’ils conçoivent reflètent davantage leurs besoins et leurs centres d’intérêt. Newsweek cite l’exemple de Siri, l’assistant vocal d’Apple, qui, jusqu’en 2011, pouvait fournir à ses utilisateurs une prostituée ou du Viagra, mais pas d’adresse de clinique d’avortement. Ceux et celles qui osent dénoncer le déséquilibre des genres sont souvent menacés. Parlez-en à celles, qui comme Anita Sarkeesian, tentent de renverser la vapeur en dénonçant le sexisme inhérent aux jeux vidéo.

Toutefois, n’allez pas penser qu’il n’y a que les hommes qui entretiennent ce système misogyne. Les quelques femmes qui se sont rendues au sommet ne sont pas des exemples de féministes convaincues. Dans une récente entrevue, Marissa Meyer, PDG de Yahoo, mentionnait que, dans l’industrie des technologies, le genre n’était pas important. Bien sûr, son commentaire n’est pas passé inaperçu.

Marissa Mayer

Marissa Mayer, PDG de Yahoo

Dans les jours qui ont suivi, les réponses ont déferlé, dont celle-ci, publiée dans le Huffington Post par la journaliste Jillian Berman. Dans son article, elle énumère les raisons pour lesquelles les questions reliées au genre sont à la fois difficiles à éviter et centrales à bien des aspects de l’industrie, à commencer par le nombre de femmes parmi les employés. Des géants comme Google, Apple et Facebook ne comptent bien souvent pas plus de 30 % de femmes dans leurs effectifs. Yahoo, l’entreprise de Marissa Meyer, en compte 37 %, mais seulement 23 % de ses cadres supérieurs sont des femmes.

Cela dit, il faut le mentionner, certaines entreprises font des efforts, par exemple Intel, qui investit dans le recrutement de femmes et de minorités visibles.

L’exode des femmes

Malgré certains efforts, les femmes qui parviennent à se tailler une place dans le domaine ne semblent pas rester longtemps. Jillian Berman fait référence à une étude du Harvard Business Review qui indique que le nombre de femmes œuvrant dans les technologies qui s’en vont après 10 ans s’élèverait à 41 %, contre 17 % chez les hommes. Parmi les principaux facteurs figure, notamment, l’environnement de travail hostile.

De plus, les disparités salariales n’aident, bien sûr, en rien. Elles sont pourtant moindres dans l’industrie des technologies qu’ailleurs, mais elles augmentent avec l’ancienneté.

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Dans la Silicon Valley, les femmes diplômées gagnent de 40 à 73 % de moins que leurs collègues masculins. Et, comme le conclut Jillian Berman, des commentaires comme ceux de Satya Nadella ne contribuent pas à améliorer cet état de fait. Le PDG de Microsoft, a dit l’an dernier que les femmes ne devraient pas demander d’augmentation de salaire et qu’elles recevraient ce qu’elles méritaient. Bien qu’il se soit rétracté par la suite, on sent bien dans ses propos et ceux de bien des acteurs de la Silicon Valley que la culture misogyne est malheureusement bien incrustée dans les mentalités et le système en place.

 

Martin LessardAmpoules intelligentes : toute résistance est vaine

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 publié le 9 octobre 2014 à 13 h 41

Cette semaine a été lancé un  »standard de connexion pour ampoules intelligentes« . Ce standard est proposé par Allseen Alliance, un regroupement de 70 grands manufacturiers et d’équipementiers électroniques.

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C’est un protocole d’interconnectivité entre les appareils et les applications pour rendre opérationnel le fameux Internet des objets. Le standard est basé sur AllJoyn, un projet open source porté par Qualcomm.

Ce standard permet d’espérer que les futurs objets dits intelligents seront compatibles entre eux.

Les douilles électriques comme porte d’entrée de l’Internet des objets

Je crois que cette alliance s’est attaquée en priorité aux ampoules dites intelligentes, car elles représentent peut-être la véritable porte pour une déferlante d’objets connectés dans nos maisons.

Une ampoule DEL est déjà équipée de petits circuits pour faire fonctionner ses diodes. Y ajouter quelques composantes électroniques de plus ne demande pas grand-chose et peut faire une grosse différence entre une bête ampoule et une ampoule intelligente.

Par exemple, ajoutez-y une composante WiFi ou Bluetooth et une adresse IP. Hop, voilà l’ampoule connectée au réseau, donc, contrôlable à distance par votre cellulaire.

Il n’y a ensuite qu’un pas pour la transformer en microchaîne stéréo ou en jeu de lumière de toutes les couleurs.

Le standard proposé permet aux ampoules connectées de s’insérer dans un ensemble plus grand et de ne pas être que de simples gadgets incompatibles d’une marque à l’autre.

Ce standard que vous ne pourrez refuser

Si je pense que c’est par l’intermédiaire de nos douilles de lampe qu’entrera le fameux Internet des objets, c’est parce que le standard proposé rendra possible une foule de petits comportements automatisés :

  • Lorsque le détecteur de fumée se déclenche, les ampoules se mettent à clignoter.
  • Lorsqu’on allume la télé, la lumière de la pièce se tamise.
  • Lorsque le téléphone sonne, une ampoule change de couleur pour nous faire signe.

On pourrait multiplier les exemples à l’infini. Avec la miniaturisation et la baisse des coûts, plusieurs autres fonctions pourront être intégrées dans les ampoules connectées.

J’écrivais cet été :

Nos lampes, nos plafonniers seront peut-être demain des minicentres offrant divers services : flux Songza, détecteur de mouvement, thermostat, commandes SIRI, relais WiFi, stockage infonuagique domestique, interphone… On rigolera peut-être à l’idée qu’elle ne servait hier qu’à éclairer.

Le standard proposé rend cette réalité possible. Reste à voir s’il sera adopté ou non.

Mais voyons maintenant la façon dont on souhaite que l’Internet des objets entre chez nous : par défaut, sans que nous le voulions.

Les objets que l’on achètera seront déjà programmés pour avoir certains comportements intelligents par défaut (ampoules qui clignotent sur demande du thermostat, par exemple).

L’Alliance travaille très fort pour que l’usager ait le moins possible à programmer ou à ajuster de paramètres.

Si d’une marque à l’autre, nos futures ampoules portent ce sceau de compatibilité, alors, puisque nos ampoules actuelles devront être changées un jour, lentement nos lampes et nos plafonniers vont se retrouver avec ces objets connectés, qu’on le veuille ou non.

Ça, c’est le plan.

Que l’on aime cela ou pas, c’est une tout autre question, à laquelle il faudra bien répondre un jour. En attendant, les grands industriels travaillent pour que la résistance soit la plus vaine possible.

Martin LessardPlacer sa ville dans le 21e siècle

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 publié le 6 octobre 2014 à 12 h 23

Le concept de « ville intelligente », terme fourre-tout, laisse entendre que la technologie peut améliorer la gestion et la gouvernance des cités tout en augmentant le bien-être et la participation des citoyens.

L’expression (une traduction maladroite de smart city) fait référence, de plus en plus concrètement, à une réalité qui fait réagir bien des gens. Voici deux exemples.

Codesigner les nouveaux territoires numériques

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Hier avait lieu un « atelier de codesign » sur la ville intelligente dans le but de « définir les priorités d’un Montréal du 21e siècle ».

Un atelier de codesign (ou de « coconception« ) est une démarche participative et créative réunissant une diversité d’acteurs autour de diverses thématiques.

Celui d’hier a permis de suggérer des pistes, technologiques ou non, pour rendre la Ville de Montréal capable de répondre à des problèmes, présents ou à venir, comme la mobilité et le transport, la marginalité et la salubrité, ou encore le soutien aux artères commerciales et à l’écosystème des jeunes entreprises web.

Les meilleures idées ont ensuite été proposées aux Entretiens Jacques Cartier, qui ont lieu aujourd’hui même et auquel participe le maire de Montréal, Denis Coderre.

Denis Coderre

Osons une métaphore.

Le champ des possibles numériques qui s’offre à la ville par le biais des technologies émergentes et des algorithmes de plus en plus performants lui permet de s’agrandir, de « s’augmenter », un peu comme les Pays-Bas ont réussi à prendre du terrain sur la mer et à assécher des terres pour les occuper.

La technologie ouvre ainsi de nouveaux territoires pour la ville.

Ce à quoi on assiste en ce moment est un débat pour s’entendre sur la façon d’aménager ces nouveaux territoires.

Domaines d'intervention

Les coureurs des bois numériques

Sur ces territoires ainsi en friche se trouvent aussi les nouveaux coureurs des bois modernes, si vous permettez que je poursuive sur la même métaphore. Ce sont les entrepreneurs de compagnies en démarrage dans le domaine de la technologie.

Or, juste à point, MTL NewTech, un organisme à but non lucratif de promotion des jeunes entreprises web à Montréal, propose demain soir, mardi 7 octobre, une soirée consacrée aux petites entreprises qui offrent des solutions pour rendre la ville un peu plus intelligente.

Domaines d'intervention

Quatre compagnies d’ici y seront présentées : TransitApp, Provender, Navut et PotLoc.

Vous connaissez deux d’entre elles, car j’en ai déjà fait mention sur Triplex :

- Transit, une application qui permet de se repérer dans les transports en commun encore mieux qu’avec les outils de la société de transport locale.

- Provender, un marché en ligne qui optimise l’offre et la demande entre les petits fermiers et les restaurants mieux que ne le ferait la chaîne industrielle actuelle.

Les deux autres entreprises locales en démarrage sont tout aussi intéressantes :

- Navut, un service en ligne pour aider les familles à repérer le meilleur quartier pour eux quand ils emménagent dans une nouvelle ville.

- Potloc, un service de consultation hyperlocal pour permettre de connaître quel type de commerces les citoyens souhaitent voir dans leur quartier.

Ces quatre exemples montrent à quel point les coureurs des bois sont déjà en train, aujourd’hui même, de bâtir cette ville intelligente.

Ils optimisent par technologies interposées des ressources qui ne pouvaient pas être exploitées auparavant de cette façon.

À mon avis, si vous souhaitez voir tout de suite comment les petits blocs de cette ville intelligente se mettent en place, c’est là que ça se passe (il restait des billets gratuits pour l’événement au moment d’écrire ces lignes).

L’histoire nous a appris que les coureurs des bois n’ont jamais attendu une autorisation pour explorer les nouveaux territoires qui s’offraient à eux.

La ville, morceau par morceau, entre dans le 21e siècle.

À lire aussi sur Triplex :

Demain, la ville intelligente (l’exemple de la ville de Québec)

Startup Festival : l’entrepreneuriat technologique qui change le monde

Rester à Montréal, pour innover (le cas de Sébastien Provencher)

Martin LessardGartner 2014 : ce qui monte, ce qui tombe

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 publié le 11 août 2014 à 12 h 44

Chaque année, la firme de recherche Gartner publie un tableau du cycle des technologies où les tendances de l’heure sont placées sur une courbe de maturité.

Ce tableau offre en un coup d’oeil la trajectoire présente et future de ce qui passionne le monde techno.

Celui de 2014 est sorti ce matin. Regardons ce qui a changé depuis l’an passé.

Le tableau 2014 de Gartner
« Hype Cycle for Emerging Technologies »

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Ceux qui descendent

Parmi ceux qui se trouvaient placés au « pic de leur buzz » (Peak of inflated expectations) en 2013 et qui empruntent maintenant le chemin de la « descente en enfer » (Trough of disillusionment), on retrouve la ludification, l’impression 3D et les données volumineuses, le fameux « big data ».

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Ludification

La ludification (en anglais, gamification) est la promesse que, par l’adjonction de certains principes du jeu, un certain travail ou apprentissage sera plus facile, ou du moins plus agréable. Quand, dans le dernier mois seulement, on voit des articles parler de l’usage de la ludification pour le dentiste, pour l’innovation ou comme mesure de performance dans la gestion des employés, on devine qu’on a atteint un point de saturation.

Impression 3D

L’impression 3D, aussi fabuleuse que puisse être cette technologie, n’a pas besoin d’aide pour susciter elle-même des désillusions pour le grand public. La chute des prix rendra son accès plus démocratique, mais le besoin d’imprimer de petites pièces en plastique ne suivra pas une courbe inverse à son prix. Gartner se s’y trompe pas quand elle sépare l’impression 3D pour l’entreprise de celle du grand public. Sa place est surtout dans le monde de l’entreprise et, d’ailleurs, Gartner lui prédit une maturité d’ici deux à cinq ans pour ce domaine.

Données volumineuses

Les données volumineuses, les lecteurs de Triplex n’en seront pas surpris, entament cette année leur « descente en enfer » (Trough of disillusionment). On avait ici même souligné le tournant lorsque Google Flu Trends avait été critiqué pour ses erreurs d’évaluation. C’est par le truchement de l’échec du parangon du big data qu’on a pu mesurer les attentes démesurées qui entourent encore cet amalgame d’outils, de processus et de traitements des données massives, et en temps réel, pour extraire des informations utiles.

L’inflation des attentes et l’effet de mode entourant ces trois technologies vont maintenant se résorber pour revenir à un niveau plus réaliste d’ici deux à cinq ans, toujours selon Gartner.

Ceux qui montent

Tiens, tiens, l’Internet des objets! Gartner ne se trompe pas en le mettant ainsi au sommet. L’attention médiatique à ce sujet est à son comble cette année.hcsstLa promesse de ces objets connectés communiquant ensemble est la véritable innovation de cette décennie. Après la montée fulgurante des médias sociaux, où nous nous sommes tous retrouvés connectés, ce sont maintenant les objets, tous les objets, qui sont potentiellement candidats à une interconnexion tous azimuts.

Mais, comme il est à son pic, il faut s’attendre qu’il devra inévitablement se mesurer au triple écueil de l’interconnexion, de la sécurité et de la vie privée.

Dans Triplex, on avait déjà signalé la création de l’Open Interconnect Consortium (OIC), qui élaborera des spécifications et des programmes de certification pour la connexion sans fil entre n’importe quels types d’appareils qui feront partie de l’Internet des choses connectées. L’écueil de l’interconnexion sera vraisemblablement résolu d’ici la fin de la décennie.

Mais la sécurité? Que se passe-t-il quand on se fait pirater son thermostat? (La semaine dernière, des pirates à la conférence Black Hat à Las Vegas ont réussi à pirater le Nest de Google).

Et la vie privée? Veut-on que des données intimes de notre vie intra muros soient accessibles à l’extérieur? (Evgeny Morozov le souligne dans le Monde diplomatique du mois d’août.)

À long terme, l’Internet des objets profitera de sa descente programmée en enfer (après le pic, la chute) pour résoudre ces problèmes fondamentaux.

Ceux à surveiller

Les tableaux de Gartner, dont c’est le 20e anniversaire cette année, permettent toujours de relativiser l’importance des nouvelles technologies tout en montrant que certaines sont arrivées à maturité et que d’autres émergent.

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Reconnaissance automatique de la parole

La reconnaissance de la parole (Speech recognition) sera prête d’ici deux ans, selon Gartner. Cette technologie permet la retranscription de discours en texte écrit. Attendez-vous bientôt à voir l’indexation massive des vidéos en ligne : on pourra retrouver un segment à partir d’une recherche textuelle.

Analyse en temps réel en mémoire

L’analyse en temps réel en mémoire (In-memory analytics) est sortie du purgatoire pour entrer dans la « remontée héroïque » (Slope of enlightment). Cette technologie permet aux systèmes d’entreprises d’accélérer le processus d’analyse en accédant directement à la mémoire vive, sans passer systématiquement par les bases de données. C’est un verrou important pour le big data.

L’interface cinétique

L’interface cinétique (Gesture control), entre aussi dans cette courbe montante et on peut s’attendre à pouvoir commander une interface par une gestuelle précise d’ici quelques années, faisant ainsi passer le film de science-fiction « Rapport minoritaire, où Tom Cruise contrôle un ordinateur par la parole et les gestes, pour un documentaire (lire sur Triplex : Le « Rapport minoritaire » n’est plus une fiction)

« Smart advisors »

Ajoutés à la liste cette année, les « smart advisors », de puissants systèmes à la Watson, ont été placés en début du « pic de leur buzz ».

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Jusqu’en 2020, Gartner voit s’épanouir une prolifération d’assistants numériques, sensibles au contexte, qui, par l’entraînement et l’infonuagique, seront à même de nous guider dans certaines décisions. Inutile de dire que cette promesse est attendue depuis les débuts de l’informatique et qu’il semble que nous n’ayons jamais été aussi près d’y accéder.

Mais, n’est-ce pas, il reste encore l’étape de la « descente en enfer »…