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La nouvelle demande de brevet déposée par d’Apple fait sourciller. Malgré son nom inoffensif, « Méthode et système pour fournir des publicités sur des terminaux mobiles« , elle fait un peu peur.

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Cette technique offrirait de la publicité ciblée en fonction des informations recueillies sur les utilisateurs. Jusque-là, pas de quoi fouetter un chat.

Toutefois, une fois ces données couplées à Apple Pay, il est possible d’examiner le solde bancaire d’une personne et d’afficher des publicités en fonction du budget de celle-ci. Hum.

C’est comme si vous vous promeniez tout nu dans un centre commercial et que les marchands vous proposaient des produits en fonction de la quantité d’argent que vous tenez dans vos mains.

La main invisible (d’Apple)

L’approche – si simple, qu’on se demande pourquoi un brevet est nécessaire – est une façon assez originale, du point de vue du marchand, de mieux cibler le public pour une publicité.

En effet, les vendeurs aiment éviter de dépenser leurs dollars publicitaires si des gens ne peuvent pas se payer leurs produits.

Toutefois, si l’on demandait au consommateur son avis, je ne suis pas sûr que cette approche ferait l’unanimité. Comment les informations privées seront-elles protégées pour effectuer ce genre de transaction? Pas trop de détails là-dessus.

Produits en solde ou solde des comptes?

Si la technologie provient d’Apple Pay, il y a tout de même une chance que l’information reste privée. On peut donc penser que le solde de notre compte bancaire le sera aussi.

Par contre, il me semble que nous avons encore là une autre belle illustration d’une valorisation de nos données privées sans véritables contreparties.

Il existe une évidente asymétrie des forces ici, où une compagnie pourrait savoir en temps réel le solde dans les « poches » des gens (Apple possède déjà les numéros de presque 1 million de cartes de crédit de ses clients grâce à iTunes), alors que nous, simples citoyens, n’avons pas notre mot à dire.

On peut se demander si Apple va réellement implanter une telle technologie. Dans le monde des brevets américains, il arrive qu’on dépose un brevet simplement pour empêcher un concurrent de le faire.

N’empêche, avec un tel système, il ne restera plus grand-chose qu’Internet ne saura pas de nous…

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Personne n’arrive à savoir exactement combien il y a de jeunes entreprises technologiques au pays, pas même Philippe Telio:

« Il y a tellement de projets qui se développent et si peu qui aboutissent, que même si l’on tenait une base de données des startups technos au pays, dans six mois, elle serait à refaire. »

À Montréal, il y a un écosystème de jeunes entreprises informatiques bien dynamique. Très dynamique, même.

Voilà pourquoi Philippe Telio y a démarré, il y a 5 ans, le Festival international du startup (Startupfest), un événement de quatre jours axé sur l’entrepreneuriat et rassemblant plus de 2000 fondateurs, investisseurs et analystes d’ici et d’ailleurs.

« Je me suis beaucoup impliqué sur la scène startup montréalaise. Il ne m’est pas difficile de voir ce qui intéresse localement les gens. »

Philippe aime bien le Vieux-Port de Montréal. « La vue sur le port et sur la ville est magnifique. Ça ajoute un charme à l’événement ».

C’est là qu’il a décidé de tenir son festival, comme les années précédentes, mais cette fois-ci plus à l’ouest, près des vieux silos.

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Pour entrepreneurs de 7 à 77 ans

Le festival, qui en est à sa 5e année, présente de nombreux conférenciers venus transmettre leurs connaissances en mode blitz (de 10 à 20 minutes) et en format long (40 minutes). Il faut s’attendre à une avalanche de contenus. Les entrepreneurs seront ravis.

Le festival offre aussi, pour la première fois, une journée en famille gratuite.

En collaboration avec CBC, Kids Code Jeunesse, Robotique CRC et Mad Science, les jeunes de 10 à 16 ans pourront s’initier à l’entrepreneuriat, à la science, à la technologie, à l’ingénierie et aux mathématiques. Il y aura même un miniconcours, comme à l’émission Les dragons.

L’esprit du festival est simple: faire des affaires en passant du bon temps.

Il est fort probable que c’est dans les allées, sous les arbres d’un coin plutôt méconnu du Vieux-Port, que les plus belles conversations auront lieu.

L’homme derrière le festival

Philippe Telio est l’un des piliers de l’écosystème techno à Montréal. Son festival contribue à la structuration et à la visibilité du milieu entrepreneurial de la ville et du pays dans le monde.

Philippe a aussi participé à la mise sur pied de la maison Notman, un incubateur d’entreprises web au cœur de Montréal.

Il est aussi à la tête de l’Elevator World Tour, une série d’événements organisés à travers le monde, comme à Tel-Aviv ou à Toronto (dans l’ascenseur de la Tour du CN, justement!). Cela lui permet de prendre le pouls de la planète entrepreneuriale. Il peut ainsi préparer les contenus de son festival (conférences, ateliers, tables rondes) en fonction des attentes du milieu.

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Plan de l’installation du festival au Vieux-port

Scène montante

Si l’on demande à Philippe Telio ce qui manquerait à l’écosystème des jeunes entreprises informatiques à Montréal, Philippe Telio répond tout de suite:

« Toutes les occasions sont là. Développement d’entreprises, développement de technologies qui se démarquent dans le monde, tout est là à Montréal. Alors, il faut maintenant susciter, auprès de la population, ce désir [de devenir entrepreneurs et] de répondre à de vrais problèmes, puis de prendre le risque de se lancer dans quelque chose qui en sera la solution. Le bénéfice profite à tous. »

Ce dont il parle, c’est des jeunes entreprises informatiques capables de propulser l’économie dans le 21e siècle. De plus en plus de gouvernements, d’États ou de villes, particulièrement l’équipe du maire de Montréal, abondent dans ce sens.

L’écosystème des jeunes entreprises technologiques a pris une telle ampleur dans les dernières années que le Bureau de la ville intelligente de Montréal affiche ouvertement sa collaboration avec le milieu et développe lui aussi un accélérateur de projets technos.

La Ville de Montréal compte sur les jeunes entreprises informatiques et sur des idées nouvelles pour provoquer une vague d’innovations capables d’améliorer la vie de ses citoyens.

Le modèle des jeunes entreprises informatiques

Le moindre que l’on puisse dire, c’est que le modèle des jeunes entreprises informatiques ne manque pas de charme ni d’intérêt.

Du point de vue des investisseurs, privés ou publics, plancher sur plusieurs projets de front en même temps est une façon de diminuer les risques.

C’est cette répartition des risques de l’innovation qui rend cette approche intéressante.

Il est su d’avance que plusieurs projets échoueront, mais les chances que l’un d’entre eux réussisse sont plus grandes. La mesure du succès ne se calcule pas au nombre d’échecs (énorme), mais au succès (formidable) de quelques-uns des projets.

Cette approche a fait la fortune de Silicon Valley (et de bien des investisseurs) et a propulsé l’innovation technologique à des sommets inégalés.

Le modèle s’est répandu un peu partout sur la planète et de nombreuses villes le suivent (Toronto et Vancouver se démarquent très bien à l’échelle mondiale), y compris dans les pays émergents.

Tout indique que posséder un écosystème dynamique de jeunes entreprises informatiques deviendra un incontournable pour les villes, comme posséder un parc industriel ou un aéroport.

Personne ne veut manquer le bateau et toutes les villes souhaiteraient être de la fête.

Pour l’instant, cette fête, c’est à Montréal qu’elle se passe.

Festival international du startup, du 15 au 18 juillet 2015 dans le Vieux-Port.

Il était attendu. Le voilà maintenant accessible. Le plan d’action Montréal, ville intelligente et numérique (PDF).

Les autres villes du pays y puiseront probablement une bonne source d’inspiration. Aperçu.

Un plan structuré en six chantiers

Ce plan est très encourageant. On pourrait bien sûr faire mieux, mais en 2015, l’avantage premier de ce plan est d’exister… enfin!

C’est à se demander à quoi les précédentes administrations pensaient pendant que le bateau numérique passait. Il y a donc beaucoup de rattrapage dans ce plan et il ne faut pas en tenir rigueur à ses auteurs.

Ce plan indique clairement, noir sur blanc, combien de projets sont sur la table (70), qui en sont les porteurs (et donc qui en sont imputables) et leurs échéanciers (la plupart de un à trois ans).

Source: BVIN Montréal

Source: BVIN Montréal

  • Chantier 1: Le WiFi public
  • Chantier 2: Réseau très grande vitesse, multiservice
  • Chantier 3: Créneau économique ville intelligente
  • Chantier 4: Mobilité intelligente
  • Chantier 5: Démocratie participative
  • Chantier 6: Services publics numériques

L’accès pour tous au centre-ville

On peut se demander pourquoi le WiFi et la fibre optique ne sont pas considérés comme un seul et même chantier, puisqu’ils concernent tous les deux l’accès au réseau, pierre angulaire de toute stratégie numérique.

Le WiFi sera déployé sur certains axes commerciaux et dans les quartiers du centre-ville de Montréal.

Source : BVIN Montréal

Source : BVIN Montréal

On se rassure en découvrant que Bureau de la ville intelligente se place ici comme promoteur du chantier, et vous pouvez vous attendre à ce que le dossier avance promptement.

Quant au déploiement de la fibre optique, même si la ville ne se trouve qu’à l’étape de balisage et de concertation, savoir qu’elle considère enfin l’accès haute vitesse comme un point important est de bon augure.

À surveiller : la vitesse d’avancement des travaux. Ici, les gens imputables doivent comprendre que ce double chantier n’est que le rattrapage du temps perdu. Livrer le tout en 2017 sera peut-être une prouesse à leurs yeux, mais ne pourra au grand jamais être retenu dans les livres d’histoire comme un acte visionnaire puisque la Ville aurait dû démarrer tout cela il y a 10 ans.

Le « créneau économique ville intelligente »

On peut se demander si le chantier 3 (créneau économique) n’aurait pas dû, lui, être scindé en sous-chantiers.

Le lien peut être difficile à saisir entre des FabLab dans les bibliothèques, le portail des données ouvertes, le Festival international du startup, l’Institut de recherche opérationnelle, etc.

Le lien se fait sur le plan de l’aspect exploratoire pour encourager un écosystème d’innovations technologiques. Tous les projets ne vont pas nécessairement marcher, mais l’approche permet de maximiser les chances de réussite globale.

Source : BVIN Montréal

Source : BVIN Montréal

À surveiller : une note globale d’avancement qui serait attribuée à ce chantier ne voudra rien dire. Il faut suivre chaque projet indépendamment pour savoir si les porteurs font bien ce qu’ils ont promis.

La mobilité intelligente

Ici, le retard est relatif. C’est l’adoption massive des téléphones mobiles et des tablettes qui rend possible aujourd’hui le déploiement du chantier de la mobilité.

Source: BVIN Montréal

Source: BVIN Montréal

Le coeur de ce chantier concerne la collecte de données en temps réel provenant de divers services de la Ville de Montréal :

  • Entraves, congestion, état de service du transport collectif
  • Capture de données de stationnement en temps réel et prédiction des places de stationnements disponibles
  • Taxis, synchronisation des feux, Géo-Trafic

Rendre accessible l’ensemble des données en temps réel pour optimiser la mobilité des usagers sur l’ensemble du territoire me semble devenu une nécessité à la fois pour gagner du temps et pour sauver l’environnement.

À surveiller : les porteurs de projets sont des agences ou des services municipaux (accompagnés de leurs fournisseurs externes). Il faudra veiller au grain pour que le citoyen soit réellement au coeur de leur préoccupation.

Démocratie participative et services publics numériques

Ces deux derniers chantiers, mais non les moindres, englobent l’optimisation et la qualité de vie en milieu urbain.

Même si ce n’est pas la faute du Bureau de la ville intelligente et numérique qui a déposé le plan, on peut sentir nos cheveux se dresser en voyant le chantier « Services publics numériques » : tous les projets, ou presque, sont en phase découverte avec un horizon d’un à trois ans!

Il est difficile d’imaginer ce qui a bien pu se passer pour qu’en 2015, les services publics ne soient qu’à l’étape d’exploration du numérique! Est-ce une question de financement? Alors ce plan devrait résoudre le problème!

Source : BVIN Montréal

Source : BVIN Montréal

À surveiller : la ventilation des budgets afin que l’argent n’aille pas trop dans les poches des grosses firmes informatiques qui n’ont pas encore prouvé qu’elles savaient marier agilité, frugalité et numérique.

Que doit-on penser de ce plan de ville intelligente?

On peut donner pour l’instant la chance au coureur. Jusqu’à maintenant, l’administration Coderre a tenu ses promesses sur le projet de ville intelligente.

On a maintenant la liste des projets et les échéanciers! Et ces dates mènent, pour la plupart, aux prochaines élections municipales.

On pourra donc juger sur les réalisations, et non sur les promesses, avant de les réélire.

Martin LessardPayer avec le sourire

par

 publié le 25 mars 2015 à 11 h 33

La semaine dernière, le dirigeant d’Alibaba a annoncé qu’il allait bientôt offrir à ses consommateurs la possibilité de « payer par sourire » (par égoportrait, en fait).

L’idée fait sourire! Oups, vous venez d’effectuer un achat! Toutefois, l’idée n’est pas folle pour autant.

C’est peut-être en fait une libération pour les 300 millions d’utilisateurs d’Alipay, la plateforme de paiement d’Alibaba. Ils ne seront plus obligés de se souvenir de leur mot de passe.

Selon Juniper Researchs, les paiements en ligne basés sur le geste ou la biométrie vont atteindre près de 5 milliards de dollars en 2019. Ils représentent à peine 2 millions de dollars aujourd’hui.

Biométrie contre mot de passe

La reconnaissance faciale et la gestuelle sont de sérieux candidats pour faciliter le paiement mobile et en ligne.

À ces nouvelles technologies d’interface personne-machine, il faut ajouter des fonctionnalités déjà offertes dans plusieurs téléphones existants.

  • Smart Scroll : la fonction que Samsung offre sur ses téléphones intelligents. Elle permet de faire défiler une page simplement par un mouvement de tête ou du poignet.
  • Touch ID : la fonction des iPhones qui permet de déverrouiller son téléphone en appuyant  sur le bouton d’accueil où un capteur tactile analyse votre empreinte digitale.

Le défi ici est de court-circuiter entièrement le besoin d’un mot de passe pour chaque transaction.

Non seulement le consommateur a-t-il tendance à oublier son mot de passe, mais, en ligne il doit le changer régulièrement pour des raisons de sécurité, ce qui augmente le risque qu’il l’oublie.

Faciliter l’achat (réduire la friction, comme on dit dans le milieu) est le défi le plus important pour le commerce en ligne, et pour le commerce de détail hors ligne. Pour ce dernier, c’est l’annonce du paiement sans mot de passe.

Je ne sais pas si, un jour, on devra prendre un égoportrait chaque fois qu’on voudra acheter quelque chose, mais ce sera évidemment plus utile d’avoir une technologie de biométrie efficace que d’essayer de se souvenir de son mot de passe à la caisse devant une longue file de consommateurs impatients.

Dans un tel contexte, le téléphone mobile deviendra à l’avenir l’outil de paiement privilégié — et sécuritaire, car c’est son propriétaire qui en a le contrôle. Apple Google et bien d’autres travaillent très fort dans ce sens.

Si on leur disait qu’on pourra bientôt payer avec son téléphone mobile plus vite qu’avec sa carte de crédit, je suis sûr que beaucoup de marchands afficheraient un très grand sourire. Oups, ils viendraient d’effectuer un achat!

Catherine MathysOù sont les femmes dans les technologies?

par

 publié le 6 mars 2015 à 14 h 41

À la veille de la Journée internationale des femmes, permettez-moi de m’intéresser à la place des femmes dans les technologies. À lire certains articles publiés dans les dernières semaines, on en vient à se demander comment la mentalité d’un milieu qui cultive l’avenir peut être, à l’inverse, aussi rétrograde?

Où sont les femmes?

Le magazine Newsweek s’est penché sur la question ces dernières semaines. Force est de reconnaître que la Silicon Valley n’a jamais produit de Mme Gates ou Zuckerberg. Bien sûr, certaines femmes se sont taillé des places enviables comme Meg Whitman (PDG de Hewlett-Packard), Sheryl Sandberg (numéro 2 de Facebook) ou encore Marissa Mayer (PDG de Yahoo), mais elles sont bien peu nombreuses, et ces femmes ont pris la tête d’entreprises déjà existantes.

We Can Do It

L’article dresse un portrait plus sombre de la situation où la misogynie est érigée en système : menaces de violence, blagues sexistes, recrutement et licenciements fondés sur le genre, procès pour harcèlement sexuel et structures de financement qui privilégient toujours le même modèle de jeunes hommes entrepreneurs.

Des hommes financés par des hommes

Un récent rapport de la Fondation Kauffman décrit les principaux défis auxquels les entrepreneures font face. Parmi les obstacles cités, on retrouvait surtout les difficultés de trouver du financement (près de 80 % des 350 femmes interviewées ont utilisé leur argent pour lancer leur entreprise). C’est que les firmes de capital de risque sont composées à 96 % d’hommes. Il y a 20 ans, c’était 97 %. Les 5 premières ne comptent aucune femme parmi les partenaires principaux.

Résultat? Il semblerait que les projets menés par des femmes soient tout simplement mis de côté. Selon une étude du Collège Babson, citée dans l’article de Newsweek, seulement 2,7 % des 6517 entreprises qui ont reçu du capital de risque entre 2011 et 2013 étaient menées par des femmes. Pourtant, le rapport Kauffman, cité précédemment, mentionne que les entreprises en démarrage dirigées par des femmes ont un retour sur investissement plus élevé de 31 %.

Une culture bien implantée, même chez les femmes

Quand un milieu est créé pour et par de jeunes hommes blancs de classe moyenne, les technologies qu’ils conçoivent reflètent davantage leurs besoins et leurs centres d’intérêt. Newsweek cite l’exemple de Siri, l’assistant vocal d’Apple, qui, jusqu’en 2011, pouvait fournir à ses utilisateurs une prostituée ou du Viagra, mais pas d’adresse de clinique d’avortement. Ceux et celles qui osent dénoncer le déséquilibre des genres sont souvent menacés. Parlez-en à celles, qui comme Anita Sarkeesian, tentent de renverser la vapeur en dénonçant le sexisme inhérent aux jeux vidéo.

Toutefois, n’allez pas penser qu’il n’y a que les hommes qui entretiennent ce système misogyne. Les quelques femmes qui se sont rendues au sommet ne sont pas des exemples de féministes convaincues. Dans une récente entrevue, Marissa Meyer, PDG de Yahoo, mentionnait que, dans l’industrie des technologies, le genre n’était pas important. Bien sûr, son commentaire n’est pas passé inaperçu.

Marissa Mayer

Marissa Mayer, PDG de Yahoo

Dans les jours qui ont suivi, les réponses ont déferlé, dont celle-ci, publiée dans le Huffington Post par la journaliste Jillian Berman. Dans son article, elle énumère les raisons pour lesquelles les questions reliées au genre sont à la fois difficiles à éviter et centrales à bien des aspects de l’industrie, à commencer par le nombre de femmes parmi les employés. Des géants comme Google, Apple et Facebook ne comptent bien souvent pas plus de 30 % de femmes dans leurs effectifs. Yahoo, l’entreprise de Marissa Meyer, en compte 37 %, mais seulement 23 % de ses cadres supérieurs sont des femmes.

Cela dit, il faut le mentionner, certaines entreprises font des efforts, par exemple Intel, qui investit dans le recrutement de femmes et de minorités visibles.

L’exode des femmes

Malgré certains efforts, les femmes qui parviennent à se tailler une place dans le domaine ne semblent pas rester longtemps. Jillian Berman fait référence à une étude du Harvard Business Review qui indique que le nombre de femmes œuvrant dans les technologies qui s’en vont après 10 ans s’élèverait à 41 %, contre 17 % chez les hommes. Parmi les principaux facteurs figure, notamment, l’environnement de travail hostile.

De plus, les disparités salariales n’aident, bien sûr, en rien. Elles sont pourtant moindres dans l’industrie des technologies qu’ailleurs, mais elles augmentent avec l’ancienneté.

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Dans la Silicon Valley, les femmes diplômées gagnent de 40 à 73 % de moins que leurs collègues masculins. Et, comme le conclut Jillian Berman, des commentaires comme ceux de Satya Nadella ne contribuent pas à améliorer cet état de fait. Le PDG de Microsoft, a dit l’an dernier que les femmes ne devraient pas demander d’augmentation de salaire et qu’elles recevraient ce qu’elles méritaient. Bien qu’il se soit rétracté par la suite, on sent bien dans ses propos et ceux de bien des acteurs de la Silicon Valley que la culture misogyne est malheureusement bien incrustée dans les mentalités et le système en place.