Billets classés sous la catégorie « 3D »

Catherine MathysMes 5 fabuleuses minutes avec Patrick Watson

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 publié le 17 octobre 2014 à 15 h 26

Il y a de ces expériences qui vous marquent. Après les avoir vécues, vous avez un peu l’impression d’avoir entrevu une partie de l’avenir. C’est ce qui m’est arrivé après avoir essayé le Samsung Gear VR avec le film Strangers with Patrick Watson, réalisé sur mesure pour l’appareil par Félix & Paul studios. Félix Lajeunesse, à l’occasion du Festival du nouveau cinéma, est venu parler des prouesses de la réalité virtuelle filmée en 3D à 360 degrés dans un après-midi de mini-conférences consacrées aux technologies et aux nouvelles écritures.

Samsung Gear VR : un appareil prometteur

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J’étais curieuse de voir le film, bien sûr, mais aussi de faire l’essai des lunettes Samsung Gear VR. Comme il est léger et facile à porter, on oublie vite l’appareil qu’on porte pour se transporter dans un autre lieu, dans une salle de répétition avec Patrick Watson, en l’occurrence. Dans un récent billet, mon collègue Maxime Johnson nous dévoilait les atouts du nouveau Samsung Gear VR.

« Le nouveau casque de Samsung est un appareil assez simple, où le logiciel nécessaire, l’écran et la plupart des autres composantes se retrouvent dans un téléphone intelligent, le Galaxy Note 4, et non dans le casque en tant que tel.

Le casque comporte quand même quelques éléments d’électronique, comme un capteur de mouvements supplémentaire et un pavé tactile sur la tempe de l’utilisateur, mais il s’agit principalement d’un boîtier de plastique simple, avec deux lentilles, qui permettent à l’utilisateur de voir l’écran du Galaxy Note comme s’il s’agissait d’un téléviseur de 175 pouces placé à 2 mètres devant lui. »

On se trouve effectivement entièrement captif de l’écran qu’on a devant les yeux. Si l’image est un peu floue, l’effet est tout de même saisissant au point ou on se sent entièrement intégré à elle plutôt que d’en être un simple spectateur.

La philosophie de Félix & Paul studios

Paul Raphaël et Félix Lajeunesse

Paul Raphaël et Félix Lajeunesse

Félix Lajeunesse, l’un des cofondateurs de Félix & Paul studios, a raconté au micro du FNC Pro, qu’il cherchait depuis longtemps à briser les conventions du cadre auquel on est habitué au cinéma. Il voulait atteindre le même niveau d’émotion que pouvait offrir le visionnement d’un film, mais sans nécessairement raconter une histoire ou passer par le jeu d’un acteur. Pour lui, l’un et l’autre sont des détours qu’il ne souhaitait pas emprunter. Il préférait trouver une manière d’atteindre directement les émotions du spectateur sans passer par un personnage.

Il a donc préféré créer une technologie 3D stéréoscopique qui lui permettait de s’attarder à du contenu contemplatif. C’est ainsi qu’il est allé tourner, par exemple, une ruelle de Shanghai où on pouvait simplement assister au passage du temps. Par la suite, la rencontre avec l’équipe d’Oculus a été déterminante. Le duo de Félix Lajeunesse et de Paul Raphaël a voulu mettre la caméra à la hauteur des yeux, comme si le spectateur regardait l’action directement, comme si la médiation du jeu de l’acteur ou du cadre de l’écran n’existait plus. L’expérience de Strangers with Patrick Watson est un exemple de ce qu’il est possible de faire sans trame narrative, ni décor, ni scénario. Le simple fait de se sentir présent suffit.

Strangers with Patrick Watson

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La liste d’attente est longue. L’activité dure 5 minutes mais il faut laisser refroidir l’appareil. Il a donc fallu s’inscrire pour avoir la chance de faire l’expérience dont on m’avait tant parlé. Enfin, c’est à mon tour. Je m’assois bien droit sur une petite banquette blanche. On place le téléphone Galaxy Note 4 dans l’appareil. On referme le tout avec une plaquette. C’est prêt. On me place les lunettes sur les yeux en prenant soin de guider ma main vers la roulette de la mise au point. C’est fait. On me place les écouteurs sur les oreilles. Vu de l’extérieur, tout cela ne doit pas être d’un grand chic. Tant pis. Je n’y pense plus, j’ai déjà décollé. La banquette blanche, les gens qui m’entourent, tout disparaît. Je me retrouve face à Patrick Watson assis devant son piano. Je suis avec lui dans sa salle de répétition. Il se lève, cherche une cigarette puis se rassoit. Il essaye quelques notes puis recommence. Au début, je n’ose pas regarder ailleurs. Après tout, j’assiste à un moment intime de création. Je suis presque incommodée par l’odeur de sa cigarette. C’est vous dire la puissance de l’engin. On se croit réellement en présence de Patrick Watson, tellement qu’on ne veut pas le froisser en détournant le regard.

Je finis par le faire, pour voir où on se trouve et pour voir aussi à qui il parle, puisqu’il échange des mots avec quelqu’un. Je ne vois personne, enfin presque. Derrière nous, le labrador noir de Patrick écoute tranquillement la musique de son maître. Il bâille même, à l’occasion. La pièce est pêle-mêle, un fouillis comme on se l’imagine dans l’atelier d’un artiste. Je regarde à droite, à gauche, au plafond et au plancher. J’inspecte tout, des lattes de bois franc au système de gicleurs. Je suis bien là. Rien ne m’échappe. Sauf moi-même. Je regarde vers le bas et je ne vois ni mes jambes ni mes mains. J’espionne sans être là. Incroyable sensation de vérité. Pendant 5 minutes, Patrick Watson chante pour moi. Au bout d’un moment, le défilement du générique me rappelle que c’est une fiction et qu’elle n’a jamais eu de réalité.

J’enlève les écouteurs, je remets les lunettes à la gentille personne qui se trouve devant moi. Je retrouve la pièce lumineuse où avait lieu l’essai. Je sens d’ores et déjà qu’il s’agit d’une véritable révolution technologique et que je viens de toucher à l’avenir. J’ai déjà hâte à mon prochain voyage. D’ici là, le Samsung Gear VR sera en vente dans les prochaines semaines, selon Félix Lajeunesse. Devinez ce que je vais demander pour Noël?

Martin LessardSélectionnez votre organe à imprimer

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 publié le 23 juin 2014 à 13 h 59

Les imprimantes 3D semblent être des objets de science-fiction. Alors, imaginez des imprimantes 3D pour imprimer… des organes!

Mais soyons francs, il y a encore un sacré bond qui sépare les imprimantes 3D pour imprimer des figurines en plastique d’une imprimante 3D pour imprimer un organe, disons un coeur ou un foie. Mais la distance s’amenuise!

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Les imprimantes 3D d’organes font des progrès

Les machines utilisées sont quasi identiques (elles ressemblent grosso modo à votre imprimante à jet d’encre), mais fabriquer un organe demande beaucoup de préparation en amont, et beaucoup de soin en aval.

  • Un organe, comme toute prothèse, doit être fait sur mesure. De nombreux examens, d’échographies, de radiographies de l’individu doivent être faits pour créer une image de synthèse suffisamment détaillée qui servira de guide pour la reconstruction.
  • Des cellules humaines doivent être utilisées.
  • L’organe, une fois imprimé, doit être déposé dans une incubatrice.

C’est à cette troisième étape que se trouve surtout la réelle complexité du processus d’impression d’organes en 3D. Un coeur ou un foie n’est pas un objet inerte. Une fois imprimé, ce n’est encore qu’un agrégat de cellules collées ensemble. Il n’y a pas de bouton pour faire démarrer l’organe. Il faut être capable de réanimer le tout pour en faire un organe qui fonctionne de lui-même.

Organovo, une firme spécialisée dans ce domaine, a réussi à faire vivre un minifoie humain… pendant 40 jours. Encore trop peu pour l’instant.

Actuellement, la difficulté réside dans la fabrication des vaisseaux sanguins : ils sont extrêmement difficiles à « imprimer ».

Une veine n’est pas comme une paille vide. C’est long, petit, et il y a diverses couches de cellules à l’intérieur qui filtrent le sang et soutiennent les parois. Quelque chose de très complexe pour une imprimante 3D. Et comme le coeur ou le foie sont des organes qui dépendent essentiellement de l’irrigation sanguine, il y a donc un sérieux défi.

La science a déjà réussi à imprimer des oreilles à l’aide de silicone, ou des mâchoires à l’aide de titane, mais des organes complets avec seulement du tissu humain? Ce n’est pas encore à la portée de la main.

Ce printemps, une percée a été faite de ce côté. Une équipe de l’Université de Louisville, dans le Kentucky aux États-Unis, a réussi à imprimer des valves cardiaques et des veines pour le coeur. Cela ouvre la porte à la possibilité de fabriquer un coeur complet d’ici trois à cinq ans.

La science-fiction devra bientôt renouveler ses clichés.

Imprimez-moi ça, docteur

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Produire couche par couche l’organe voulu est encore une technologie émergente, mais c’est une technologie qui a le potentiel de surpasser toutes les autres.

Le premier avantage est que cette technologie ouvre la voie pour une production de masse. Non pas une production qui permettrait de remplir des rayonnages des magasins Future Shop, mais plutôt une production à la chaîne où, peut-être, l’impression 3D pourrait même être faite in vitro dans le corps même.

Le vieillissement de la population a fait littéralement bondir la demande d’organes sains. Il y a donc un réel besoin pour une solution comme l’impression 3D d’organes.

Il est à parier que dans le domaine biomédical, plutôt tôt que tard, des compétences en ingénierie tissulaire, en architecture cellulaire ou en design organique seront des métiers très recherchés.

Nos universités créeront alors à la pelle des protodocteurs Frankenstein, du nom du personnage de fiction devenu dans la culture du précédent siècle l’archétype du savant fou.

Mais grâce à l’aura et aux promesses de l’imprimante 3D, cette image ne colle déjà plus à la réalité…

Prototype d'arme intelligente, image dans calwatchdog.com/

Prototype d’arme intelligente, image dans calwatchdog.com/

Après le téléphone, la montre et les vêtements intelligents, c’est au tour des armes à feu d’être affublées de cet adjectif. En effet, les « smart guns » font présentement la manchette aux États-Unis en raison d’une réaction très négative chez les défenseurs du deuxième amendement, celui qui garantit à tout citoyen américain le droit de porter des armes.

Intelligent, mais jusqu’à quel point?

Le « smart gun » actuel ne permet pas encore l’installation d’applications, la possibilité de modifier le type de munitions ou de viser automatiquement, voire tout autre atout des armes de science-fiction. On parle donc d’arme intelligente, car elle permet d’activer une mesure de sécurité qui n’autorise que le propriétaire de l’arme à l’utiliser. C’est un principe retrouvé dans plusieurs œuvres de fiction, dont le film Cosmopolis de David Cronenberg, la bande dessinée Judge Dredd ou la série Metal Gear.

Les réactions négatives à l’arme intelligente

Cette mesure de sécurité semble en apparence tout à fait désirable, même pour les plus ardents défenseurs du port d’armes. Alors pourquoi y a-t-il des réactions négatives? Un article détaillé de The Verge explique l’origine de la controverse. Un armurier du New Jersey avait annoncé qu’il offrirait un modèle de pistolet intelligent, le Armatix iP1, à partir du 1er mai 2014. L’arme ne fonctionne que si elle se trouve à moins de 25 centimètres d’une montre que doit porter son propriétaire. En quelques heures, l’armurier a reçu de nombreuses plaintes, et lui et sa famille ont même reçu des menaces de mort s’il continuait à offrir l’arme.

L’arme intelligente et rien d’autre

La raison de ces menaces, explique David Kopel du Washington Post, est une loi votée en 2003 au New Jersey. Cette loi indique qu’à partir du moment où une arme de poing intelligente (le terme légal utilisé est « arme de poing personnalisée ») sera commercialisée par un détaillant, la vente de pistolets ordinaires devra être interdite dans un délai maximal de 29 mois. The Verge rappelle qu’à l’origine, l’état du New Jersey croyait que les armes intelligentes deviendraient réalité rapidement, mais leur conception n’a pas été sans son lot de problèmes et de critiques. À l’instar des mesures d’identification personnelles de nos téléphones intelligents qui ne sont pas fiables à 100 %, plusieurs craignaient, dont la National Riffle Association (NRA) et les agences de sécurité, que la mesure de sécurité soit facile à contourner. D’autres groupes, notamment le Violence Policy Center, considèrent que ce dispositif de sécurité, même largement appliqué, ne réglera en rien les problèmes de violence aux États-Unis.

Mais du point de vue philosophique?

Le créateur du Armatix iP1, Ernst Mauch, a réagi lui aussi dans le Washington Post pour défendre le principe et la philosophie de son invention. Selon lui, l’intégration de cette technologie aura un effet positif pour les amateurs de tir et en augmentera même le nombre. L’arme intelligente ne contredirait pas les valeurs de ceux qui défendent le droit au port d’armes. La réaction de groupes comme la NRA serait donc injustifiée, selon M. Mauch.

Dans un contexte où l’arme imprimable 3D sera bientôt réalité (comme en témoigne le dernier clip de l’artiste M.I.A.), est-ce que ce genre de mesure est encore valide? La notion même d’armes à feu est au coeur du problème. Si des dispositifs de sécurité additionnels peuvent paraître désirables, contribueraient-ils vraiment à réduire les crimes violents? Surtout quand on peut s’imprimer une arme ou encore pirater avec un peu d’effort n’importe quelle barrière de sécurité.

 

Les fichiers de sources libres pour imprimer des armes avec une imprimante 3D ont fait beaucoup parler d’eux au cours des derniers mois. Au-delà du danger pour la sécurité que représente l’arme de plastique à imprimer chez soi, c’est toute la marchandisation de l’objet et son contrôle par des entreprises qui volent en éclats avec l’imprimante 3D. Même les théoriciens de la consommation s’y intéressent et les artistes ont un œil sur la chose…

Cody Wilson et sa compagnie Defense Distributed

Cody Wilson fait encore les manchettes cette semaine avec son pistolet à imprimer en 3D, le Liberator. Cet étudiant en droit de 25 ans est connu pour avoir lancé sur le web des fichiers de sources libres destinés à imprimer en trois dimensions des armes à feu et se classe maintenant dans le palmarès des personnalités le plus dangereuses du magazine Wired. Avec sa compagnie Defense Distributed, il remet en question le contrôle des armes à feu et la centralisation du pouvoir sur l’information. Cela dit, il n’est pas le seul à voir dans l’imprimante 3D le pilier d’une révolution culturelle. Journalistes, auteurs et artistes y voient aussi un catalyseur de réflexion.

Les détecteurs de métaux trompés et la sécurité flouée

Au début du mois de juillet, deux journalistes qui transportaient cette arme ont réussi à tromper la vigilance des gardes de la Knesset (lire Journalists print gun, point it at Netanyahu), le parlement israélien, pour s’approcher du premier ministre, Benyamin Nétanyahou. L’arme n’était pas chargée, mais la démonstration était faite : l’arme produite par une imprimante 3D peut tromper les détecteurs de métal et la sécurité. Or, il y a encore plus à considérer en matière de sécurité, car après une série de tests menés par des Australiens – qui ont révélé que l’arme était dangereuse autant pour le porteur que pour la cible - les autorités allemandes examinent présentement le Liberator.

Détourner le cycle de la marchandisation

C’est ce qu’a fait l’artiste et auteur australien McKenzie Wark avec #3Debord. L’auteur du célèbre livre Hacker Manifesto (que vous pouvez télécharger ici) a diffusé en juin un fichier .stl permettant d’imprimer chez soi une armée de figurines représentant Guy Debord, fondateur du situationnisme et auteur de La société du spectacle (fiche du livre et fichier à télécharger) : « En ce moment, pour les Américains, bien sûr, la pièce de design conceptuel la plus éloquente est l’arme imprimable en 3D… » Mais, pour l’artiste, l’impression en 3D du philosophe mythique Guy Debord pose des questions plus pertinentes sur la disparition d’une culture libre en Amérique au XXIe siècle.

C’est bien là tout un postulat ironique. Cette petite œuvre conceptuelle met en exergue toutes les problématiques sociales derrière l’imprimante 3D. Alors que plusieurs célèbrent déjà les possibilités infinies que permettra la démocratisation de cette technologie, on oublie les problèmes tournant autour de la notion de marchandise qu’exposait le fondateur du situationnisme, notamment l’isolement : « Le système économique fondé sur l’isolement est une production circulaire de l’isolement. L’isolement fonde la technique, et le processus technique isole en retour. De l’automobile à la télévision, tous les biens sélectionnés par le système spectaculaire sont aussi ses armes pour le renforcement constant des conditions d’isolement des foules solitaires. » (La société du spectacle, 1967)

La communauté numérique dissoute dans la consommation

L’isolement que produit le système de la marchandise s’oppose ainsi à la communauté numérique qui se développe autour de l’impression en 3D, mais peut-on vraiment parler d’une libération? Selon Wark, ce n’est pas le cas. Il ne s’agit pas d’une « rupture technologique magique », malgré des effets au niveau du développement de prototypes. Mais comme pour Wilson, Wark y voit la possibilité de créer des « œuvres spéculatives » et critiques.

Cody Wilson et McKenzie Wark explorent tous deux, à leur façon, les possibilités derrière cette technologie et s’en servent comme d’un outil critique. Par le militantisme crypto-anarchiste de Wilson ou avec #3Debord, un acte artistique qui se situe historiquement dans la tradition situationniste, on peut déjà discerner les effets importants de la stéréolithographie sur l’histoire humaine.

Cody Wilson imprime un fusil et en fait l’essai.

http://www.youtube.com/watch?v=_YIaAXg7Rbc#at=73

Sources complémentaires

Manifeste crypto-anarchique, commenté dans la revue Ressources et offert en version imprimable.

Pirate Bay distribute governement censored 3D printed gun schematics, sur Geek.com

Martin LessardDemain, les prothèses intelligentes

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 publié le 11 juillet 2013 à 13 h 30

Les imprimantes 3D se démocratisent de plus en plus. Autrefois réservées aux industriels qui pouvaient se les payer, les imprimantes arrivent sur les tablettes des magasins comme Bureau en gros.

Mettez cette technologie entre les mains de tous, dit-on, et vous verrez les objets subir le même sort que les contenus à l’ère d’Internet : une dématérialisation et un partage tous azimuts.

Ce qui était moins prévisible, par contre, c’est que cette révolution puisse aussi toucher le corps humain…

L’oreille cassée

OK, bien sûr, ce n’est encore qu’embryonnaire, presque anecdotique, mais l’expérience des chercheurs de l’Université Princeton ouvre la voie au cyborg.

Avec une simple imprimante 3D, comme celle destinée au grand public, il leur a été possible de confectionner une oreille à partir de cellules humaines et de nanoparticules d’argent pour former un cartilage avec une antenne radio : une oreille bionique, quoi!

Et le résultat, vous pouvez le voir dans cette vidéo : des oreilles qui « écoutent » la musique de Beethoven.

J’écrivais ici il y a deux ans que la frontière entre le biologique et la machine était décidément de plus en plus poreuse. À ce moment-là, des chercheurs avaient réussi à faire un semi-conducteur à coller sur la peau, comme on le fait avec un tatouage temporaire. Ce timbre électronique permettait de capter les signes vitaux de la personne et de les transmettre à un appareil médical.

Cette fois-ci, on monte d’un cran.

Deux fils relient l’antenne de cette oreille bionique à la cochlée (qui transforme le son en impulsions nerveuses pour le cerveau).

De plus, rien n’empêche cette oreille de capter des fréquences au-delà de ce qu’une oreille humaine peut capter. On pourrait ainsi fabriquer des « oreilles augmentées » qui entendent les infrasons ou des ultrasons.

Imprimer des organes avec des imprimantes 3D, ça fait déjà quelques mois que les chercheurs explorent cette piste. Mais la nouveauté, cette fois-ci, c’est le mélange de tissus et d’électronique. En général, il est assez compliqué de

  1. Mélanger tissus biologiques et circuit électronique (pour des raisons mécaniques et thermiques) et;
  2. Obtenir des formes 3D stables et solides.

C’est chose faite maintenant!

Et un morceau de robot!

En réussissant cet exploit, les chercheurs ont ouvert la voie au véritable cyborg, cet être vivant augmenté par l’électronique.

Mais ce n’est pas demain que vous pourrez vous greffer vous-même une oreille bionique dans votre cuisine.

Ce qui s’ouvre devant nous, c’est une ère de la « prothèse intelligente ». Une prothèse intelligente pourra communiquer son état, et donc être plus utile.

Un ménisque du genou qui serait endommagé pourrait être remplacé par un « ménisque intelligent ». Celui-ci pourrait alors prévenir un autre dommage dû à la friction, par exemple. Un détecteur à l’intérieur pourrait prévenir le médecin d’une anomalie, qui serait perçue trop tard autrement.

Nous sommes sur le bord de voir apparaître des morceaux de notre corps connectés au reste de la toile. Une personnalisation du corps tous azimuts peut être entrevue dans un horizon prévisible.

Et l’on dira alors que les implants de silicone sont une version 1.0, et les prothèses intelligentes une version 2.0 d’une mutation du genre humain en cours…

Source : retronaut.com

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