Archives de l'auteur

Philippe MarcouxJe déménage

par

 publié le 8 mars 2011 à 11 h 16

Non, ce n’est pas parce que les voisins sont trop bruyants. Ils le sont, mais j’ai fini par m’attacher aux deux jeunes geeks d’en haut. Ils vont me manquer. Non, je pars parce que ma partie de notre Triplex est devenue trop petite pour ma famille qui va prendre de l’expansion avant longtemps. Manque de place et manque de temps, c’est de l’entretien, un Triplex comme le nôtre.

Mais ne vous en faites pas pour moi, j’ai trouvé un acheteur. Il s’appelle Martin Lessard et il a l’air de s’y connaître pas mal plus que moi en techno (les méchantes langues parmi vous diront que ce n’est pas très difficile). Il n’est pas très âgé pour un gars qui va remplacer le vieux grincheux que je suis, mais je ne crois pas que vous allez y perdre au change. Bonne chance mon ami, voilà les clés et les mots de passe. Prends bien soin de nos lecteurs et sois gentil avec les voisins. Si tu veux leur faire un cadeau, je te suggère une vieille console de jeu vidéo (plus elle est vieille mieux c’est) pour Laurent. Pour Gina, c’est plus compliqué. Surtout pas un jeu. Les jeux, c’est du sérieux pour Gina, c’est son travail. C’est comme offrir des fleurs à un fleuriste, c’est pas recommandé. Non j’irais plutôt vers un truc hi-tech hyper avancé qui peut véritablement changer le monde… si tu en trouves un qu’elle n’a pas déjà repéré avant toi!

Bon, alors me voilà sur le trottoir avec mon iPhone, mon portable et… OK, je peux maintenant vous l’admettre, je n’ai pas de tablette électronique. J’en ai emprunté une à différents amis pour pouvoir vous parler de telle ou telle innovation exclusivement offerte sur une tablette, mais jusqu’à maintenant, j’ai résisté au chant des sirènes… soyons honnête, il n’y a qu’une sirène dans le marché des tablettes… d’Apple.

D’ailleurs, c’est parce que jusqu’à maintenant il n’y avait qu’Apple de vraiment présent dans le marché que j’ai résisté. Je n’aime pas du tout l’attitude de Jobs inc. qui veut tout garder dans son petit jardin fermé. Je suis un apôtre du web totalement ouvert et je refuse que la machine que j’utilise ait son mot à dire sur le contenu auquel je peux accéder ou les achats que je peux faire. Je vous donne de l’argent, vous me donnez une machine qui me donne un accès total à Internet, le reste je m’en occupe. Mais non, vous voulez profiter de votre position de quasi-monopole pour faire plus de fric et me forcer à toujours acheter vos produits, ou à tout le moins ceux sur lesquels vous recevez une redevance. Ça me fait penser à ces compagnies qui, il y a plusieurs années, payaient leurs employés en jetons qui n’avaient de valeur que dans l’épicerie de la même compagnie. Les employés mangeaient à leur faim, mais pour ce qui est de la liberté et la concurrence, on repassera.

Donc pas d’iPad pour moi. Mais comme je dois aller en Asie bientôt (c’est une longue histoire reliée à l’expansion de ma famille…) j’ai tout de même envie de m’acheter une tablette pour le voyage. Les sirènes de l’iPad 2 se font soudainement entendre. Sortie au Canada juste à temps pour le voyage… Non, non, je résiste. Je veux acheter un produit concurrent. Qu’est-ce que vous dites? Toutes ces extraordinaires tablettes comme la Xoom de Motorola, la Galaxy Tab de Samsung ou la Playbook de RIM ne sont pas encore disponibles? (Oui, je sais que la petite Galaxy est disponible. Je parle du modèle plus grand qui a été annoncé, mais qui n’est pas en vente). Non, ce n’est pas possible. Toutes ces compagnies qui prétendent faire concurrence à Apple qui a déjà vendu près de 15 millions de son iPad n’ont pas pu faire l’erreur fondamentale de sortir leur produit APRÈS l’arrivée du nouveau-né d’Apple. Et pourtant…

C’est pire que ça encore. La Xoom de Motorola, que la plupart des observateurs considèrent comme LA tablette qui peut véritablement faire ombrage à l’iPad-2, se vendra passablement plus cher que le bébé de Steve Jobs, en plus de n’être vendue qu’en une seule version, contrairement à l’iPad, qui offre six modèles différents. Comme je n’ai pas du tout envie de donner encore plus d’argent tous les mois à mon fournisseur de téléphonie cellulaire, je ne veux pas payer plus pour une tablette qui aurait accès à Internet par le réseau 3G. Dommage, il n’y a pas de Xoom sans 3G. Pathétique!

Je n’ai pas encore succombé, mais si vous ne me proposez pas une solution de rechange, je saute à l’eau pour rejoindre les sirènes… Au fond, je l’aime Big Brother Jobs!

Bon, eh bien, je vous laisse là-dessus. Merci à vous tous d’avoir pris le temps de me lire et de commenter mes billets. Cela dit, je ne déménage pas très loin. J’aurai moins de temps pour le faire, mais je sévirai toujours @philippemarcoux et @cbmlm_presse pour des liens vers les articles d’intérêt que je découvre tous les matins.

Un merci tout spécial à Gina et à Laurent. Ça a été un plaisir et un privilège d’être votre… coloc! Prenez bien soin de notre Triplex!

Un dénommé Bruno Guglielminetti, dont vous avez peut-être déjà entendu parler, a eu une formule particulièrement heureuse cette semaine alors qu’il parlait de la « journée sans Facebook » de lundi et qu’il a simplement souligné qu’une telle journée était « un luxe » que seules les démocraties pouvaient s’offrir. Pas mal, le jeune homme. Il devrait se prononcer plus souvent sur les questions touchant à la technologie.

Sans blague, vous n’êtes probablement pas surpris que le bon mot de Bruno m’ait plu puisque j’ai déjà commis un billet sur le rôle des médias sociaux dans l’organisation des soulèvements populaires qui brassent le monde arabe ces jours-ci. Et c’était même avant que la plupart d’entre nous apprennent l’existence de Wael Ghonim, un cadre de Google créateur de la page Facebook « We are all Khaled Said », qui est devenue un point de ralliement pour ceux qui allaient devenir les manifestants qui obtiendraient le départ du président égyptien.

Le problème, c’est que par la suite, nous avons aussi appris que, contrairement aux gens de Google ou de Twitter, ceux de Facebook ont refusé de s’enorgueillir du rôle que leur service a joué, malgré eux, dans ce « printemps arabe ». Ils semblaient même avoir compliqué les choses pour Wael Ghonim en fermant sa page Facebook parce qu’elle était administrée par un pseudonyme, ce qui est contraire aux règles du géant des médias sociaux. Jacob Weisberg, de Slate, leur a d’ailleurs âprement reproché cette attitude.

Mais voilà que, si on se fie à des courriels obtenus par le site The Daily Beast, les choses sont passablement plus compliquées. En effet, ces courriels tendent à démontrer que, tout en refusant de prendre position officiellement, Facebook a tout de même fait des efforts pour aider Waed Ghoneim à garder sa page active tout en respectant les règles de Facebook… et en ne mettant pas sa vie en danger.

La position de Facebook est au mieux inconfortable. Être le point central pour un mouvement populaire qui est en train de changer le monde, c’est bien pour les relations publiques en Occident. Mais Facebook est d’abord et avant tout une entreprise privée qui cherche à faire des profits et qui aimerait bien se développer dans certains pays (lire la Chine) où la venue d’un outil révolutionnaire reconnu pourrait, disons, être mal vue.

D’autres géants du web ont créé la Global Network Initiative, une organisation dont les membres s’engagent à respecter un code de conduite et à prendre les moyens nécessaires pour protéger les droits de la personne. Pour le moment, Facebook ne s’est pas joint au mouvement, et c’est dommage. Cela dit, il semble tout de même que la compagnie de Mark Zuckerberg ait mis en place un meilleur système pour faciliter les communications entre Facebook et des utilisateurs qui auraient besoin de s’en servir tout en protégeant leur identité.

Difficile de dire si Facebook a agi correctement dans toute cette affaire. Mais une chose est certaine, tout ça soulève plusieurs questions sur le pouvoir que détiennent tous ces services gratuits sur Internet qui sont contrôlés par des entreprises privées sans aucune obligation morale ou autre envers leurs utilisateurs si ce n’est de protéger leur identité autant que faire se peut. C’est ce que Facebook a fait dans le cas de la Tunisie alors que le régime Ben Ali tentait apparemment de pirater les pages de ses opposants. C’est bien, mais c’est aussi nettement insuffisant.

Mais est-ce que’on peut en demander plus à une entreprise privée? Est-ce que les mouvements populaires partout dans le monde devraient utiliser d’autres outils créés spécifiquement pour eux? Mais est-ce que justement le fait que « tout le monde » soit sur Facebook n’est pas à l’origine de la force de cet outil omniprésent et apparemment omnipotent? Mais, encore une fois, si Facebook est perçu comme la pièce maîtresse de la guillotine de ces nouveaux révolutionnaires, le service ne sera pas bienvenu dans les pays même où il pourrait être le plus utile. Et dans ce contexte, est-ce que le flou artistique maintenu par Facebook au sujet des droits de la personne n’est pas la meilleure stratégie pour le moment? Pas simple, tout ça.

Les gens derrière le « luxe » de Bruno Guglielminetti voulaient qu’on se débranche pendant une journée pour réfléchir à l’incidence de Facebook dans notre société. De toute évidence, cette réflexion est nécessaire même si elle prend sûrement plus qu’une journée et que, si vous voulez mon avis, on n’a pas besoin de se débrancher pour la faire.

Sur un tout autre sujet : les pionniers de l’information hyperlocale derrière RueMasson.com célèbrent leur premier anniversaire ces jours-ci. Bonne fête, les amis, et longue vie à votre site et à tous les sites d’information locale que votre « rue » inspirera!

Il y a deux ans, au retour d’un voyage en Grande-Bretagne, j’ai remarqué que les photos que je venais de télécharger dans mon ordinateur portaient un petit « i » dans le coin en bas à droite quand je les regardais avec iPhoto (ceci n’est pas une plogue pour Apple, ce que je vais vous raconter s’applique à tous les ordinateurs et, surtout, à toutes les photos). Quelle ne fut pas ma surprise quand, en cliquant sur le « i » en question, j’ai vu apparaître une sympathique carte Google qui pointait, avec une certaine précision, vers un petit chemin de terre perdu au milieu du Lake District britannique… là où j’avais pris la photo avec mon téléphone intelligent.

Première réaction, sur le coup : Cool! Très pratique pour reconnaître les photos de voyage. Deuxième réaction, plus virulente : C’est quoi ça, je n’ai jamais demandé à mon téléphone de faire ça. Big Brother sort de ce corps!

Les plus branchés parmi vous me diront que même si ça s’est passé il y a deux ans, il était vraiment temps que j’apprenne que tous les appareils photo numériques inscrivent sur les photos ce que les Anglais appellent du « meta-data », de l’information sur l’information. Type d’appareil, réglages utilisés pour prendre la photo, parfois une miniature de l’original de la photo et… la géolocalisation, si l’appareil a une fonction GPS, ce qui est de plus en plus fréquent. En fait, vous avez raison, il était temps que je découvre tout ça. D’ailleurs, vous remarquerez que je ne vous en ai pas parlé jusqu’à maintenant.

Mais voilà que je reçois un courriel d’une lectrice de Triplex qui m’envoie un lien vers ce reportage (pas terrible) provenant d’un bulletin de nouvelles américain où l’on met les gens en garde contre le fait que ces métadonnées restent avec la photo si vous l’envoyez par courriel ou si vous la téléchargez sur un site web. Ce faisant, n’importe qui pourrait en deux clics savoir avec précision où la photo a été prise. Si tel est votre intention, bravo, mais dans le cas contraire, ça peut être désagréable.

Et puis la même semaine, une collègue de travail me demande si je savais que lorsqu’on prenait une photo avec un appareil qui avait une fonction de géolocalisation… Vous avez compris le reste. Là, je me suis dit que ça méritait peut-être une mention.

Donc 1) Sachez que toutes vos photos numériques comportent plus ou moins de métadonnées selon l’appareil utilisé. 2) Pour ce qui est de la géolocalisation, il est généralement possible de l’éteindre en passant par les réglages de l’appareil photo. Une fois que ce sera fait, vos photos arrêteront de dire à tout le monde où vous habitez. 3) Il existe des logiciels pour effacer les métadonnées déjà inscrites sur vos photos. Je n’en ai pas essayé, mais les mêmes sont recommandés à peu près partout où je suis allé voir sur Internet. Laissez-vous aller dans la section commentaires si vous en avez fait l’essai.

En passant, la même collègue de travail m’a posé une joyeuse colle techno l’autre jour. Comment est-ce que sa fille a réussi à envoyer un tweet avec un iPod touch alors que le réseau sans fil de la maison était débranché? Elle n’a pas d’autre appareil dans sa chambre et n’a apparemment pas le mot de passe du WiFi du voisin. Ma réponse : Île sans fil, mais je ne sais pas s’ils ont un émetteur dans son quartier. Des idées, Sherlock?

Pendant qu’on est dans les messages d’intérêt public, j’ai récemment appris un truc plutôt sympathique pour créer des mots de passe presque impossible à deviner. C’est tout simple, vous inventez une phrase évidente du genre : « Le premier blogue que je lis le matin est toujours Triplex. » Vous prenez ensuite la première lettre de chaque mot – lpbqjllmett – et voilà votre mot de passe facile à se rappeler, impossible à deviner. Si vous avez besoin d’un chiffre, vous n’avez qu’à remplacer le « p » de « premier » par un « 1 ». Non, ce n’et pas ça le mot de passe du WordPress de Triplex!

Et je termine avec mon coup de cœur inversé de la semaine : La chaîne rôtisserie. Une chaîne de télévision qui vous montre des poulets sur la broche qui tournent au-dessus d’un feu ouvert 24 heures sur 24. Non, je ne suis pas assez tordu pour avoir inventé ça. Ça commence lundi en Ontario, gracieuseté de… Chalet Suisse! Oui, c’est pire que le feu de foyer. Et ce n’est même pas offert en HD!

Bon, je vous laisse. Je vais halluciner un peu en regardant quelques minutes de la chaîne « enseigne de barbier ».

Philippe MarcouxIPv6, le bogue de l’an 2011

par

 publié le 22 février 2011 à 11 h 29

Je suis désolé de vous dire ça comme ça, mais la fin du monde est à nos portes et c’est un peu de votre faute. Bon, arrêtez de rire, je suis très sérieux. Internet va manquer d’adresses parce qu’on en utilise trop, un peu comme certaines régions finissent par manquer de numéros de téléphone parce qu’on en a désormais tous deux ou trois. Et quand Internet va manquer d’adresses, ça va mal aller.

En simple (de toute façon, je ne pourrais pas vous le raconter en compliqué…), Internet fonctionne avec un système d’adresses dites IP (Internet Protocol) qui permettent aux paquets d’informations qui se promènent sur Internet de savoir d’où ils viennent et où ils s’en vont. Lorsque vous tapez une URL comme ici.radio-canada.ca/triplex dans votre fureteur, vous êtes en fait en train de taper une adresse IP qui se cache derrière l’URL. Le système qu’Internet utilise présentement s’appelle IPv4, il a été créé en 1976 quand ses créateurs, qui n’avaient pas encore entendu parler de Facebook, pensaient que 4,3 milliards d’adresses devraient être suffisantes pour un bout!

Ils avaient tort, puisque au début de février 2011, l’organisme qui gère les adresses IP a distribué ses dernières adresses aux organismes régionaux qui, eux, les distribuent aux utilisateurs que nous sommes. Donc, on ne va pas en manquer demain, mais ça va arriver tôt ou tard, et quand ça va arriver, on va tous avoir un problème.

La bonne nouvelle, c’est que les experts ont prévu le coup il y a plusieurs années et ont inventé un nouveau système qui s’appelle IPv6 (IP version 6) et qui va nous donner un nombre à peu près infini d’adresses (3,4 X 10 à la puissance 38) et nous sauver de la catastrophe. La mauvaise nouvelle (ce ne serait pas aussi intéressant s’il n’y en avait pas une), c’est que IPv6 et IPv4 ne sont pas compatibles l’un avec l’autre.

J’en ai parlé avec Marc Blanchet de Viagénie, une firme de consultants en réseaux IP avancés, qui m’a expliqué que c’était un peu comme si, pour survivre, tous les appareils et logiciels qui font fonctionner Internet devaient apprendre une autre langue. C’est faisable, d’ailleurs c’est en train de se faire, mais pour passer à travers la transition, on va devoir avoir des appareils et des logiciels bilingues pendant un bon bout de temps. Et quand on parle de « tous » les appareils et logiciels qui font fonctionner Internet, c’est du sérieux. Toute la chaîne de l’infrastructure va devoir être adaptée. Les applications (comme votre fureteur), les systèmes d’exploitation de toutes les machines, les appareils qui forment les réseaux et les serveurs… de partout dans le monde!

Encore là, il y a de bonnes nouvelles. La plupart des systèmes d’exploitation et des applications que nous utilisons ont déjà appris la nouvelle langue, et il ne s’agira plus que de leur dire de commencer à la parler quand ce sera le temps. Mais il y a une mauvaise nouvelle (je parie que cette fois là vous l’avez vue venir). C’est que pour les fournisseurs d’accès Internet et les organisations qui ont des infrastructures importantes sur le net, ça va coûter cher, et c’est une dépense difficile à passer à ses clients. Sauf certaines exceptions, ces entreprises et gouvernements-là ne sont donc pas pressés de passer à IPv6 avant que ce soit absolument nécessaire.

Mais tout le monde est conscient du problème, et même si, dans plusieurs cas, ils le font sans trop d’enthousiasme, il semble que tout le monde ait compris que c’était inévitable. (Il faut, selon Marc Blanchet, mettre une étoile dans le cahier du gouvernement du Québec, qui a été à l’avant-garde dans ce dossier.)

D’ailleurs, certains des sites Internet les plus populaires (Facebook, Google, Yahoo, etc.) ont décidé de participer à la «  Journée mondiale IPv6 » le 8 juin prochain. Il y aura des fêtes de rue, des feux d’artifice et de la barbe à papa pour tout le monde… OK, il n’y aura rien de tout ça, mais les experts vont profiter de cette journée pour tester leurs nouvelles infrastructures IPv6 et voir si tout ça fonctionne comme prévu. Et si ça ne fonctionne pas? Eh bien, ils feront les ajustements nécessaires, et nous, pauvres mortels, n’en saurons rien parce que nous continuerons à utiliser IPv4 comme si de rien n’était.

Et combien de temps peut-on survivre comme ça avec IPv4? Bonne question. Il n’y a pas de réponse satisfaisante à cette question. Tout ce que je peux vous dire, c’est que selon Marc Blanchet, ça se compte en années, pas en mois.

Alors, je viens de lire ton billet au complet pour absolument rien, Philippe? Pas du tout! D’abord, vous allez pouvoir impressionner vos amis avec vos nouvelles connaissances sur IPv6 (ça se glisse très bien dans la conversation) et, en prime, j’ai obtenu un petit conseil pour vous, gracieuseté de Marc Blanchet : tous vos logiciels, applications et appareils devraient être mis à jour ou remplacés par vos différents fournisseurs sans que vous ayez à trop vous en préoccuper, sauf… votre routeur sans fil! Si vous devez le remplacer ou vous en acheter un pour la première fois, il serait sans doute judicieux de vous assurer qu’il est compatible avec IPv6, ce qui n’est pas le cas de tous les modèles.

Pour le reste, c’est comme le bogue de l’an 2000, vous pouvez continuer votre chemin insouciant… en espérant que ça fonctionne!

J’en ai assez d’avoir le sentiment de faire quelque chose de pas vraiment légal quand je regarde la télévision!

Vous vous en doutez, comme collaborateur à une émission matinale à la radio, j’ai des horaires un peu particuliers. Une des conséquences de ça est que je ne peux à peu près jamais regarder les séries télévisées à l’heure où elles sont diffusées. Bien entendu, je pourrais les enregistrer et les regarder plus tard, mais à quoi bon, puisque la plupart des diffuseurs ont maintenant fait le saut vers Internet et offrent plusieurs de leurs émissions sur le web peu de temps après leur diffusion à l’antenne. C’est d’ailleurs tout à leur avantage, parce que lorsque j’enregistre une émission sur mon enregistreur numérique, j’utilise le sympathique bouton FF pour éviter les publicités alors que sur le web, on est obligé de les laisser jouer.

Je suis donc un adepte de la télévision sur Internet. Mais parfois, j’ai l’impression que tant les diffuseurs que les fabricants de la technologie pour accéder à ces émissions ont été forcés d’offrir ce service et le font à reculons sans trop penser au consommateur. Le service est offert légalement par presque tous les diffuseurs. Pourtant, chaque fois que je veux regarder la télé sur Internet, j’ai l’impression d’être le super pro de la technologie dans un épisode de Mission : impossible.

Votre mission, si vous l’acceptez, sera de regarder en toute légalité une émission de télévision offerte sur Internet (insérez ici la musique de circonstance et la mèche qui traverse l’écran). Je trouve mon ordinateur portable, que je branche sur ma télé avec un câble HDMI. Je branche le son dudit ordinateur dans mes haut-parleurs. Je synchronise le tout avec l’application de contrôle à distance que j’ai téléchargée sur mon iPhone. Je sais que ce serait plus simple si j’achetais une des boîtes dont ma collègue Gina Desjardins parlait dans un récent (excellent!) billet. Mais attention, toutes les boîtes ne vous donnent pas accès à toute l’offre d’émissions sur le web. Il faut que le fabricant de la boîte et le producteur de contenu se soient entendus.

Bon, l’aspect technique est réglé, mais je dois maintenant fouiller dans mon dossier pour y trouver la photo d’un de mes fidèles collaborateurs (pour ceux qui ont perdu le fil de l’histoire, je suis de retour dans ma métaphore Mission : impossible) qui pourra m’aider à trouver un épisode de l’émission que je veux regarder si effectivement cette émission est sur le web.

Sans blague, le choix des émissions et des épisodes qui sont effectivement offerts semble totalement aléatoire. À l’exception de Tou.tv, qui fait un excellent travail dans ce domaine (non, je n’écris pas ça pour faire plaisir au patron), la plupart des diffuseurs n’offrent qu’un ou deux épisodes de quelques-unes de leurs émissions choisies on ne sait trop comment. Et bonne chance si vous voulez savoir lesquels sans vous taper tous les sites web des différents fournisseurs de contenu.

Un ami m’a récemment parlé du logiciel Boxee, que vous pouvez télécharger gratuitement (vous pouvez aussi acheter une boîte qui se branche sur la télé et qui fonctionne avec le même logiciel) et qui répertorie presque toute l’offre légale de télévision sur le web de votre coin de pays et vous permet d’y accéder assez facilement. Je dis bien « assez » facilement. Boxee manque encore pas mal de convivialité et j’ai dû aller lire quelques forums sur Internet pour comprendre comment l’utiliser pour accéder à Tou.tv . Un pas dans la bonne direction, mais pas une véritable solution.

Aux États-Unis, Clicker fait beaucoup jaser. Tapez le nom d’une émission, et si elle existe légalement, Clicker la trouve et vous y donne accès. Rien à télécharger, juste une page web et un moteur de recherche efficace. Mais c’est, bien entendu, un service beaucoup trop avancé pour qu’il soit offert au Canada…

Si, comme plusieurs le prétendent, la télé sur le web représente l’avenir de la télévision, qu’on la rende vraiment accessible pour le consommateur moyen qui ne peut pas avoir recours à toute l’équipe de Jim Phelps (on est encore dans Mission: Impossible).

Je sais que ce capharnaüm est dû essentiellement à des questions de droits de diffusion et à la complexité des négociations entre les webdiffuseurs, les propriétaires de contenu et toute une série d’autres ayants droit. Mais je n’en demande pas tant, une boîte qui donne accès à tout, un guide-télé web exhaustif en ligne et plus d’émissions et d’épisodes.

À moins que, justement, tous ces intervenants n’aient pas vraiment envie qu’on prenne l’habitude de regarder ce contenu sur Internet… auquel cas, faites comme si je n’avais rien dit. D’ailleurs, ce billet s’autodétruira dans cinq secondes…

***********

Sur un tout autre sujet, un groupe de recherche de l’Université Laval prépare une étude sur les blogueurs politiques citoyens et est à la recherche de blogueurs qui écrivent sur la politique et qui voudraient bien répondre à leur sondage. Ça semble assez intéressant comme étude. En tout cas, j’ai hâte d’en lire les conclusions.