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David Karp, créateur de Tumblr source Wikicommons

Quand je pense à Yahoo!, je pense surtout à tous les rendez-vous ratés de ce précurseur qui, aujourd’hui, tient tout juste sa place parmi les géants du web, alors qu’il avait tant à promettre. Avec Marisa Mayer à sa tête, Yahoo! cherche toujours et par tous les moyens à se maintenir au sommet. Or, qui dit sommet sur le web dit « jeune », et Tumblr  remplit parfaitement ce mandat. Yahoo! annonçait lundi l’acquisition du site pour plus d’un milliard de dollars, sans oublier de promettre à sa jeune clientèle de ne pas tout foutre en l’air…

Tumblr, la plateforme de blogage simplifiée et à la page

Tumblr a vu le jour en 2007, et son créateur, David Karp, a aujourd’hui 26 ans – pour en savoir plus sur sa vie, consultez cet article de Business Insider. En plus de permettre la création d’un blogue en quelques minutes, Tumblr est aussi un réseau social d’actualités où l’on peut partager les billets de son blogue ou tout simplement interagir avec ses contacts. Tumblr se veut encore plus convivial que Blogger, le populaire réseau de Google. C’est sur Tumblr que des tendances, autant sociales qu’artistiques, naissent. En ce moment, c’est le meilleur réseau pour prendre le pouls des mouvances actuelles et découvrir les signes et symboles auxquels s’identifient certains. Des troubles alimentaires à l’automutilation en passant par la mode, sur Tumblr on exprime ce qu’on ne pourrait dire devant grand-maman sur Facebook.

Yahoo! et les rendez-vous manqués de la courte histoire du web

En 2007, dans une entrevue avec le légendaire Charlie Rose, Esther Dyson, ex-journaliste techno des publications Wall Street Journal et Forbes, alors investisseuse en technologies émergentes pour la compagnie EdVenture, expliquait comment Google était devenu son unique moteur de recherche, car il saisissait tous les enjeux de ce secteur. Yahoo! s’est alors retranché dans la création de communautés et de groupes de discussions. Jusque-là, tous les morceaux étaient en place pour que Yahoo! devienne le chef de file du réseautage social. Ça n’a pas été le cas, puisque Facebook est arrivé en 2004 pour ensuite prendre la tête des réseaux sociaux vers 2006 avec un postulat révolutionnaire : l’information suscite la communication. Jusque-là, on croyait que la communication servait à lancer l’information, mais dans le réseautage social, c’est en donnant certains renseignements sur soi que l’on développe des liens avec des gens hors de notre réseau habituel, mais qui partagent certains de nos goûts.

La plaisanterie qui circulait sur Tumblr après l’annonce de son acquisition par Yahoo!. Cliquez pour le grand format.

Tumblr le prochain Instagram?

Bref, Yahoo! aurait pu être Google ou Facebook, mais est resté Yahoo! même après avoir acquis Flickr, le site de réseautage photo, en 2004. En fait, Flickr avait tout pour être très populaire – la convivialité, les photos classées par mots-clés (ou « tags ») et surtout une fréquentation enviable et des milliards de photos téléchargées. Mais, pour les photos, Instagram est devenu le réseau social de référence, qui soulève les foules et fait parler les médias. C’est probablement la raison pour laquelle certains, comme Slate (lire l’article sur les comparaisons que fait surgir cette acquisition), ont immédiatement demandé, sitôt la transaction faite et annoncée, si Tumblr serait le prochain Instagram. Enfin, souhaitons qu’il ne devienne pas entre les mains de Yahoo! le prochain MySpace…

Mais tout commence bien, chacune des parties utilisant dans son communiqué le mot « fuck » pour rassurer la galerie : Marisa Mayer promet « not to fuck it up » et David Karp s’enthousiasme d’un « fuck yeah ». Va en paix, folle jeunesse.

Autres sources d’information :

Le communiqué émis par Tumblr

La nouvelle sur Radio-Canada

Les adolescents américains préfèreraient Tumblr à Facebook

Quelques grandes acquisitions de Yahoo! et ce qu’elles sont devenues depuis (en anglais)

Canipre c’est du sérieux…

Vous payez pour un service Internet afin de surfer et télécharger à votre guise, mais certaines entreprises comptent bien arrêter le mauvais pirate qui sommeille en vous… La compagnie canadienne Canipre s’érige en protectrice de la propriété intellectuelle. Et si vous faites partie des centaines de milliers d’adeptes de BitTorrent au Canada, vous devriez vous y intéresser de près.

Derrière les poursuites contre les petits pirates : Canipre

Certains se souviendront peut-être d’une affaire de piratage en 2011 et 2012, autour du film Le démineur (The Hurt Locker) de la réalisatrice Kathryn Bigelow. La compagnie de production Voltage Pictures requérait du fournisseur web ontarien TekSavvy de lui fournir les identités  de 1000 adresses IP canadiennes qui avaient obtenu illégalement le film. Cette affaire s’était alors rendue devant les tribunaux et la reprise des audiences est prévue en juin. C’est Canipre qui avait offert à Voltage Pictures les services de surveillance des téléchargements au Canada et accumulé les données pour monter cette liste. La surprise : la compagnie est située à Montréal.

Justiciers de la propriété intellectuelle

En visitant le site de Canipre, on comprend vite l’orientation que la firme a prise. La page d’accueil offre des citations aléatoires, comme « Ils savent tous que c’est mal, mais ils le font quand même ». Le design du site à la fois sobre et percutant, tout en noir et blanc avec des titres en rouge, n’est pas sans rappeler l’esthétique des sociétés militaires privées. Dans les textes, on parle de « bad guys » et de mesures fortes, mais aussi de résultats : quelque 3,5 millions de demandes d’avis de retraits de fichiers ont connu un taux de réussite de 100 %.

Selon le directeur général de Canipre, Barry Logan, l’avantage de la compagnie est de comprendre la culture du piratage. Il affirme que Canipre a une très longue liste de clients qui n’attendent que l’opportunité de pouvoir aller en cour au Canada. Si Teksavvy se voit obligé de remettre les informations de ces clients, ce serait une première dans l’histoire canadienne et une nouvelle étape dans le combat des compagnies privées contre le piratage.

Le Canada et les lois américaines

Au Canada, la pénalité maximale que prévoit la loi C-11 pour le piratage de fichiers, peu importe le nombre de fichiers, est de 5000$, tandis qu’aux États-Unis, on applique une amende de 150,000$ par fichier. Cela dit, la justice américaine a le bras long et Alan Philipps résident de Calgary, l’a su en 2011, quand il été sommé de payer 60,000$ par un juge américain, une peine réduite. Devant les accusations initiales, Alan Phillips avait refusé de se défendre, prétextant qu’il n’était pas assujetti  aux lois américaines.

Les pirates de banlieue

Si le web ne connait pas beaucoup de frontières, les limitations territoriales sur les amendes auront certainement pour effet de rendre les poursuites moins menaçantes. Aux États-Unis, la plupart des poursuites se règlent par des ententes hors cour, la situation risque d’être plus complexe au Canada. On peut imaginer que si tous les individus derrières les IP pirates détectés par Canipre sont poursuivis, chaque cas s’éternisera en procès pour  se solder par une amende qui ne vaudra pas le cout des procédures juridiques.

Au-delà des possibles compensations financières, Barry Logan de Canipre affirme que son mandat en est un de sensibilisation contre les habitudes de piratage chez les internautes. Tandis que d’une part les fournisseurs internet font leurs choux gras des besoins grandissants en matière de téléchargement, d’autre part des entreprises comptent faire des affaires d’or en prévenant le piratage. Il sera intéressant de voir le rôle que joueront les fournisseurs internet dans ce dossier.

Alors que sur le web circulent des vidéos montrant des crimes réels, des artistes voient leurs œuvres de fiction censurées et décriées pour une utilisation trop explicite de la violence. Au cours des derniers jours, deux cas de censure ou de soubresauts de morale ont fait les manchettes : le faux film « snuff » Broken, de Nine Inch Nails, retiré de Vimeo, et les critiques contre la violence poétique du récent clip d’Indochine, «College boy», réalisé par Xavier Dolan. Pourquoi s’attaquer à ces œuvres de fiction?

On trouve déjà tout sur le web, n’en rajoutez point!

Par curiosité, j’ai sondé l’opinion de Simon Laperrière, programmateur à Fantasia et auteur d’un mémoire sur le mythe du film « snuff ». À son avis, ce qui choque pour ces deux clips n’est pas tant la dureté de leurs images, mais plutôt leur accessibilité : « Internet, on le sait, est une plateforme de diffusion qui, contrairement à la télévision et de façon plus prononcée que la littérature, résiste à toute tentative de censure. Une simple requête sur un moteur de recherche suffit pour accéder à des documents qu’on pourrait qualifier d’obscènes. » Les autorités ont beau, selon lui, s’obstiner à faire retirer des œuvres, celles-ci réapparaissent toujours tôt ou tard, remises en ligne par un internaute qui en a gardé un exemplaire.

Censuré en théorie, mais dans les faits…

College boy est hautement symbolique et se termine avec une crucifixion suivie d’une exécution. On peut imaginer que cela ait fait grincer les dents des groupes catholiques. Cela dit, Françoise Laborde, présidente du Conseil supérieur de l’audiovisuel, faisait elle aussi un geste symbolique en le bannissant de la télévision. Car nul besoin de la télé pour diffuser un clip. Comme le souligne Dolan dans une lettre ouverte publiée dans le Huffington Post Québec, « les plateformes de diffusion en ligne ont pu nous assurer, depuis jeudi dernier, un nombre de visionnages approchant le million ». Qu’on se le tienne pour dit : la télévision n’est plus un vecteur incontournable de popularité.

Par exemple, l’artiste Riff Raff diffuse des vidéoclips pour des pièces qui ne sont pas encore endisquées et a présentement plus de 35 millions de vues sur sa chaîne YouTube. De même, il expose sur Vine, à raison de plusieurs miniclips par jour, sa vie quotidienne qui serait, faut-il le dire, censurée par bien des chaînes de télé.

Quand le web profond remonte à la surface…

Au début de la semaine, en préparation du retour du groupe Nine Inch Nails, son directeur artistique, Rob Sheridan, publie sur Vimeo Broken, un court-métrage culte. Le film circulait depuis 1992 et pouvait être vu sur Daily Motion ou Pirate Bay; il a pourtant été retiré du réseau en moins de deux heures. Les raisons de son retrait? Violence extrême, obscénité, etc. On y propose une suite d’images monstrueuses, allant du faux-snuff hyperréaliste à des séquences de tortures surréalistes, mêlant tour à tour grotesque et brutalité. Créée il y a 20 ans, cette œuvre est assez similaire au cinéma d’horreur actuel. Alors pourquoi une telle réaction, sur le web de surcroît?

Simon Laperrière considère que la présence de ces clips en ligne « réactualise une conception primitive d’Internet où il apparaît comme un territoire barbare où circulent librement les pires atrocités ». Selon lui, le public perçoit ces vidéos comme la pointe d’un iceberg, puisque leur présence sur des médias populaires comme YouTube et Vimeo sous-entend qu’il pourrait s’y trouver du contenu encore plus obscène.

Le retrait du court-métrage de Nine Inch Nails a effectivement incité des fans à découvrir ce film, toujours offert sur les plateformes pirates. Et il ne fait aucun doute que la couverture médiatique autour du clip de Dolan a suscité la curiosité de plus d’un de ces jeunes que le CSA voulait protéger.

Interrogé par The Verge, Ron Sheridan concluait que le retrait de Broken par Vimeo ne faisait qu’ajouter une aura de mystère à l’œuvre. Simon Laperrière conclut en ce sens que « la grande ironie de ce débat est que la dénonciation de l’excès de liberté de partage du web ne fait que le mettre en pratique en invitant chaque individu à découvrir par lui-même ces clips qui génèrent la polémique. Xavier Dolan a donc raison de remercier Françoise Laborde pour la visibilité infinie que lui auront donnée ces propos dénonciateurs ».

Qui sera le prochain artiste à tirer profit des honneurs de la censure?

Une des versions de l’illustration de la campagne Creative Cloud

La nouvelle fait jaser, mais sans trop surprendre les habitués de la marque : Adobe abandonne la version de la Creative Suite vendue en boîte pour se concentrer sur le Creative Cloud et la formule du paiement par abonnement. Adobe promeut la chose en assurant à ses clients que le processus de création se trouvera ainsi amélioré, car les outils seront mieux connectés et que les projets seront constamment synchronisés.

Tout est sur le CC et vous y serez aussi

Les créatifs habitués aux logiciels Photoshop, Illustrator, InDesign, Premier Pro, After Effect, Flash et Dreamweaver ne pourront désormais y accéder qu’en version CC, soit Creative Cloud. Adobe ne semble pas s’attendre à un grand choc, puisque ce projet de passage au Creative Cloud a été amorcé au printemps 2012 : en mars 2013, il comptait déjà 500 000 abonnés. En annonçant ces résultats en mars dernier, Adobe affirmait que les ventes de logiciels en boîte étaient en baisse de 16 %, tandis que les abonnements à la version nuagique des mêmes logiciels étaient en hausse de 53 %.

Un modèle qui réduit le piratage et offre des entrées de revenus constantes

Ce changement survient quelque 10 ans après qu’Adobe a enfin fusionné ses différents logiciels pour créer la Creative Suite. Jusqu’à tout récemment, Adobe connaissait une hausse de ventes tous les deux ans, quand sa suite était mise à jour. Du point de vue de la gestion des revenus, le modèle des différents abonnements ou d’options à ajouter assure des entrées de revenus réparties tout au long de l’année. De plus, les mesures pour contrer en partie le problème du piratage demandaient des investissements importants en gestion des droits numériques, souvent au détriment du consommateur, qui devait lui aussi gérer ses droits d’utilisation.

Si les médias spécialisés étaient plutôt optimistes devant ce changement, les commentaires des lecteurs en disaient beaucoup sur le choc que causera pour beaucoup ce nouveau fonctionnement.

Les nouveautés présentées le 6 mai 2013

Pour en savoir plus sur Creative Cloud et les différentes formules de paiement

Ce sujet traité sur The Next Web et sur DigitalArts

Nadia SeraioccoSept mythes sur la cybersécurité

par

 publié le 2 mai 2013 à 10 h 26

Source : Wikimedia, Jarrod Hacker

Quand il est question de cybersécurité, on a tous des certitudes. Cela dit, dans l’ombre, des pirates informatiques ne demandent rien de mieux que de prouver qu’on est rarement aussi bien protégé qu’on le croit. Il faut donc trop souvent avoir été la cible d’un virus dur à éradiquer pour devenir plus méfiant. Si on a tâté la chose, on a souvent percé au grand jour quelques mythes concernant la sécurité de nos appareils. En voici donc quelques-uns dans lesquels il fait bon sabrer et quelques autres qui révèlent de nouvelles tendances…

1. Mon cellulaire et ma tablette ne risquent rien
Mauvaise nouvelle pour ceux qui en sont persuadés : l’an dernier, le nombre de logiciels malveillants destinés à infecter les appareils mobiles a augmenté de 58 %. Que font ces logiciels? Ils peuvent voler les données stockées sur un appareil mobile (numéros de téléphone, contacts, etc.) ou encore accéder au GPS de l’appareil pour suivre à la trace son utilisateur.

2. Les réseaux sociaux les plus connus ne comportent aucune menace
En fait, les réseaux sociaux les plus populaires sont une cible de choix pour les fraudeurs. Dans ce cas, les méthodes sont plus subtiles et prennent souvent la forme d’un sondage, d’une carte cadeau ou d’un message personnel piégé.

3. Les produits Apple sont immunisés contre les virus
Là, j’avoue que j’ai été un peu surprise, car les faits sur lesquels reposait cette réputation étaient bien vrais jusqu’à tout récemment. Or, si les pirates ciblent plus souvent les PC, en avril 2012, plus de 600 000 ordinateurs portant une petite pomme ont été infectés en une seule attaque.

4. Un petit logiciel antivirus gratuit et hop! on est protégé
Encore faut-il bien s’y connaître et utiliser lesdits logiciels de la bonne façon… Souvent, ce n’est pas le cas. En téléchargeant un peu n’importe quoi, il arrive qu’on tombe sur un logiciel piégé par lequel des cybercriminels verrouillent l’ordinateur à distance et réclament une rançon au propriétaire pour le libérer. Il faut donc s’assurer que son ordinateur est protégé et que les logiciels utilisés sont adéquats.

5. En y regardant de plus près, on peut détecter si un site est fiable
Il semble que non. Depuis 2011, le nombre de sites malveillants est en croissance. Alors qu’autrefois, pareil site annonçait ses couleurs par son design ou les nombreuses fautes dans ses textes, les fraudeurs ont raffiné leur art. Les sites semblent au premier coup d’œil tout à fait légitimes, et on connaît même une hausse des sites qui imitent les réseaux sociaux.

6. Je ne fréquente pas de sites louches, donc je ne risque rien
Les fraudeurs savent bien où trouver un public peu méfiant et, dans 61 % des cas d’infection, ce sont souvent sur des sites tout à fait respectables qu’on attrape un virus. Dans le top 5 des catégories de sites fiables qui se retrouvent infectés, on trouve des sites d’entreprises, de technologie et d’achats en ligne.

Source : Symantec, Internet security threat report

7. Un ordinateur infecté montre tout de suite des signes de son infection
Mais non! Une des stratégies de ceux qui conçoivent les virus est de les rendre discrets assez longtemps pour recueillir le plus de données possible sur l’utilisateur de l’ordinateur. Dans les pires cas, un ordinateur infecté devient le maillon d’une chaîne d’envoi de pourriels. On parle alors d’ordinateur zombie, contrôlé à distance. Sans se rendre jusque-là, ceux qui ont eu des virus savent à quel point la chose peut-être insidieuse.

Quelques chiffres sur la question

  • En tout, 31 % des attaques ciblées étaient dirigées contre des entreprises de moins de 250 employés.
  • Le volume de pourriels a continué de décroître, représentant 69 % de l’ensemble des messages électroniques.
  • Le nombre de sites d’hameçonnage (phishing) ciblant les réseaux sociaux a augmenté de 125 %.
  • Les attaques en ligne ont progressé de 30 %.
  • En 2012, 5291 nouvelles failles ont été découvertes, dont 415 sur des systèmes d’exploitation mobiles.

Ces chiffres et mythes proviennent de l’étude Internet threath security report  de Symantec, qui fabrique les logiciels antivirus Norton.