Archives de l'auteur

apple_googleLa guerre entre Apple et Google s’est trouvée un nouveau champ de bataille : le jeu vidéo. Selon le Wall Street Journal, les deux géants promettent une visibilité préférentielle aux développeurs qui offrent un produit en exclusivité sur leur plateforme. C’est le cas, par exemple, de Hitman Go pour iOS qu’a critiqué mon collègue Maxime Johnson, mais cette pratique devient, de plus en plus, un élément stratégique incontournable.

Le lucratif marché du jeu mobile

Ce n’est pas étonnant, car les jeux sont les applications les plus lucratives. Sur les 16 milliards dépensés l’an dernier pour des applications, 70 % proviendraient de jeux. Ceux offerts gratuitement au départ avec options d’achat rapporteraient encore plus. Les enjeux sont donc importants; il est question de dominer le marché. Pourtant, ni Apple ni Google n’offrent d’argent comptant, seulement des avantages marketing et promotionnels. Ce qui, tout de même, n’est pas négligeable dans un marché saturé. L’App Store recevrait près de 2000 soumissions de jeux par mois.

La guerre des consoles

Si le phénomène est nouveau pour le mobile, ce n’est pas le cas pour le jeu vidéo en général. La guerre des consoles, surtout à partir de la concurrence entre Nintendo et Sega dans les années 80, a toujours misé sur les jeux exclusifs pour vendre des consoles. À cela ce sont ajoutés, depuis, les médias sociaux, la compatibilité pour la lecture d’autres médias, etc., mais le nerf de la guerre a toujours été lié aux jeux. Selon Erik Kain de Forbes, c’est ce qui manque pour la génération actuelle de consoles : des jeux à la fois exclusifs et incontournables.

Cette situation est en train de changer à la faveur de Sony. Depuis le mois de février, avec Outlast du développeur montréalais Red Barrels, la PS4 offre une quantité impressionnante de titres exclusifs : 11 contre 1 seul pour la Xbox One au mois d’avril. En plus d’un prix d’entrée concurrentiel (100 $ de moins), c’est une autre raison expliquant pourquoi la PS4 domine les ventes. Une console de jeux, après tout, sert à jouer.

Mais bien que la vente de consoles mobiles soit écrasée par celle des jeux mobiles, Lewis Ward, un analyste de IDC, prétend que l’exclusivité des jeux n’est pas un critère dans le choix d’un appareil mobile. Après tout, ces appareils ont d’autres utilités (écoute de musique, photographie et, bien sûr, communication) qui l’emportent sur le jeu.

 

galaxy-s5-fingerprint-scannerEst-ce que les compagnies de technologie web et de mobilité visent à éradiquer le mot de passe? C’est ce que prétend Russel Brandom, journaliste pour The Verge. Selon lui, ce n’est pas une coïncidence si les chefs de file y investissent temps et énergie. L’industrie du zero password mettrait de l’avant un enjeu qui sera rapidement incontournable dans les années à venir.

Le lecteur d’empreintes digitales comme seul moyen d’identification?

Par exemple, le nouvel appareil de Samsung, le Galaxy S5, est lui aussi équipé d’un lecteur d’empreintes digitales. La différence avec son rival, l’iPhone 5S, est qu’il permet également de se connecter à PayPal. Il ne s’agit donc plus simplement d’activer son téléphone : l’identification par empreintes autorisera aussi des transactions. Évidemment, quelques jours après le lancement, il a été démontré et illustré dans un article de BGR que le lecteur d’empreintes était très facile à pirater. Et le risque de faille, côté sécurité, est encore plus grand que pour l’iPhone 5S. L’appareil d’Apple exige, en plus de l’empreinte, un mot de passe, ce qui n’est pas le cas pour le Galaxy S5. Un porte-parole de PayPal a affirmé dans l’article de BGR que l’authentification par empreintes digitales reste néanmoins plus sûre que d’entrer seulement un mot de passe ou de payer par carte de crédit. Mais le doute est là, et dans le contexte actuel post-scandale NSA, qui voudrait prendre le risque?

L’iPhone plus sécuritaire, mais encore?

La réalité n’est pas plus rose du côté d’Apple.  Le Touch ID de l’iPhone 5S est, encore aujourd’hui, truffé de problèmes. Alors, pourquoi des compagnies aussi importantes qu’Apple et Samsung persistent-elles à courir ces risques? Il y a très certainement une volonté de changer nos habitudes de sécurité. Même les développeurs indépendants visent à éliminer le concept de mot de passe. C’était l’objectif de William Henderson, derrière son application Knock, qui permettait d’activer son portable en « cognant » sur son iPhone (rapporté sur Triplex en novembre dernier).

Mais au-delà des possibilités de la technologie, les utilisateurs sont-ils vraiment prêts à changer de paradigme quant à la sécurité pour le web et la mobilité? Dans ce domaine, les habitudes ont peut-être la vie dure, mais Heartbleed constitue un réveil brutal qui expose les failles de procédures connues. Le fait même d’archiver des données, comme les mots de passe, implique nécessairement qu’il est possible pour un individu de mettre la main sur ces données.

Comme le fait remarquer Russel Brandom, l’instauration d’un protocole zero-knowledge proof par identification de l’iris ou des empreintes digitales, où l’authentification ne nécessite pas de fournir de données supplémentaires, ne pourrait être que plus sécuritaire que les moyens utilisés jusqu’à maintenant.

Nadia SeraioccoLe wifi partout, même sur les ailes d’Air Canada

par

 publié le 15 avril 2014 à 10 h 58

gogo-inc-logoAir Canada annonçait récemment que le wifi serait offert à partir du mois de mai dans ses vols nord-américains. Le service sera assuré par la société Gogo, qui fournit actuellement le wifi pour environ 80 % des avions américains. L’accès sera évidemment payant, mais Air Canada promet une « tarification concurrentielle ».

Un réseau wifi comme avantage compétitif

Cette nouvelle arrive au même moment qu’un article de Reuters sur la guerre du wifi entre les différentes compagnies aériennes. Que ce soit pour des raisons d’affaires ou simplement pour se divertir, l’accès à un réseau fiable et rapide est désormais une exigence pour tous les voyageurs. Le retrait l’an dernier de l’interdiction d’utiliser ses appareils électroniques au moment du décollage et de l’atterrissage aux États-Unis témoigne de cette nouvelle façon de voyager. Quoique ce ne soit pas encore appliqué à l’international, on peut s’attendre à un assouplissement progressif des règles.

On ne dira pas bravo, mais plutôt enfin!

L’omniprésence des appareils mobiles connectés au web n’est pas une nouvelle réalité. Alors, pourquoi est-ce que les compagnies aériennes ont attendu, et attendent encore, si longtemps? La réalité est que malgré la logique et toute la bonne volonté, elles ne veulent pas courir le risque d’investir dans leur flotte et se retrouver ensuite avec un système désuet. Peter Ingram, chef financier de Hawaiian Airlines, fait ce parallèle éloquent : « Nous ne voulons pas nous retrouver avec du Betamax.« 

Les compagnies aériennes doivent choisir non seulement les équipements à installer, mais aussi le type de bande qui sera offert dans leurs avions, notamment la bande Ka ou la bande Ku. Cette dernière, par exemple, offrirait une plus grande bande passante, mais serait moins fiable que la Ka.

Selon le président de Lufthansa, Christoph Franz, le coût monétaire pour équiper tous ses avions atteindrait les centaines de millions de dollars. Pendant ce temps, certains craignent davantage pour la santé des voyageurs. Il suffit de faire une brève recherche sur Google pour trouver des articles et des guides (parfois farfelus) pour se prémunir contre les radiations émises par les appareils électroniques. Reste que pour Santé Canada, le wifi à faible intensité n’est pas dangereux pour le public.

Autres articles sur le wifi et les transports

Le wifi dans le métro de Toronto, sur Triplex

Cellulaires dans le métro pour bientôt, Journal de Montréal

instagram-application-mobile-photo4La firme Piper Jaffray vient tout juste de publier son rapport sur les habitudes de consommation des adolescents. Comme on peut s’y attendre, quelques pages portent sur les achats en ligne et les réseaux sociaux. Toutefois, si les marques préférées se maintiennent souvent quelques saisons, les chefs de file des réseaux sociaux que sont Facebook, Twitter et Instagram se livrent toute une bataille. Or, pour le printemps 2014, Instagram vient de devancer Facebook.

Devant Facebook et Twitter

PiperJaffrayDes 7500 adolescents interviewés par Pipper Jaffray, 30 % préfèrent Instagram à Twitter et à Facebook, qui récoltent respectivement 27 % et 23 % de la faveur des jeunes. L’an dernier à pareille date, 33 % des adolescents avaient manifesté une préférence pour Facebook, alors suivi de près par Twitter (30 %), tandis qu’Instagram était bien loin derrière avec 17 %.

Pour ce qui est des autres réseaux utilisés, Tumblr demeure le préféré de 5 % des jeunes utilisateurs depuis l’automne 2013. Quant à Google+, alors qu’il suscitait un grand intérêt pour 5 % des jeunes en 2013, il s’est, depuis l’automne, tenu sous la barre des 5 %. Pinterest ne bouge pas depuis un an, séduisant à peine 2 % des adolescents.

Un gain pour Facebook?

Si les jeunes utilisateurs préfèrent Instagram à Facebook, ce n’est pourtant pas au détriment du grand réseau, cela vient plutôt appuyer le fait que le milliard de dollars investi par la compagnie de Zuckerberg dans le populaire service de partage de photos valait son pesant d’or ou de « J’aime ». En fait, selon un analyste de Pipper Jaffray, Gene Munster, c’est ce genre de décision qui fait que le cours de l’action de Facebook se maintient dans un marché en constante transformation.

Eh oui, les acquisitions permettent aux géants des réseaux sociaux non seulement de compléter leur offre, mais de demeurer concurrentiels dans différents segments du marché.

Si les tendances de consommation des adolescents vous intéressent, ou tout simplement pour voir ce qu’ils aiment, consultez le rapport complet de Pipper Jaffray (PDF en anglais).

Nadia SeraioccoMonument Valley, pour la beauté du jeu

par

 publié le 7 avril 2014 à 12 h 56

En ce qui a trait au jeu mobile, l’App Store est la plateforme idéale pour découvrir des jeux qui sont d’avant-garde tant par leur esthétique que leurs mécaniques. À  l’Halloween, je vous présentais trois jeux d’horreur offrant des expériences uniques. Avec le printemps enfin à nos portes, en voici un autre, nettement plus lumineux : Monument Valley. Un jeu sans doute un peu trop court, mais dont le visuel est à couper le souffle.

Une architecture inspirée d’Escher

De quoi évoquer Esher dans ce design...

De quoi évoquer Escher dans ce design…

Le concept est simple : le joueur doit guider la princesse Ida dans divers monuments. Il suffit de manipuler les différents leviers et manivelles pour créer un chemin, puis toucher la destination du doigt pour qu’Ida se déplace automatiquement vers l’objectif. La complexité vient du fait qu’il s’agit d’une architecture non euclidienne, c’est-à-dire qui ne respecte pas les règles de géométrie. Les lieux deviennent ainsi des casse-têtes spatiaux dignes des œuvres de M.C. Escher, où il est nécessaire d’adapter notre perception pour réussir. Il faut penser au triangle de Penrose et au cube de Necker plutôt qu’à un trajet linéaire.

Cela dit, on s’habitue rapidement à percevoir le jeu selon ses propres règles. Monument Valley n’est jamais trop difficile, même pour quelqu’un qui n’est pas amateur de jeux de logique. Outre le dernier niveau, qui est beaucoup plus complexe que les autres, il n’y a aucun risque d’être frustré. C’est avant tout une expérience esthétique et contemplative. Ce jeu est beau, très beau. La conception des monuments est tout à fait éblouissante, et l’on regrette, une fois les niveaux terminés, que le tout soit passé si rapidement. La musique et les effets sonores, même s’ils sont secondaires, accompagnent avec brio les déambulations de la princesse.

Une expérience un peu brève

photo 2Le grand défaut de ce jeu est, justement, qu’il est trop court. Avec seulement 10 niveaux qui peuvent prendre un maximum de 10 minutes à compléter chacun, il faudra au joueur appliqué un trajet de métro ou une grasse matinée pour en faire le tour. Le féru de jeux sera surpris par le prix de 3,99 $ (en vente dans l’App Store) en raison de la durée du jeu, ce qui ne sera pas un problème pour le joueur contemplatif, dont je suis, qui aura investi dans une oeuvre.

Ustwo, la boîte derrière ce jeu, se spécialise avant tout en interfaces d’utilisateurs pour des clients allant de Google à J.P. Morgan. Leurs autres jeux, Whale Trail (qui est gratuit) et Blip Blup, démontrent le même souci esthétique avec une jouabilité plus près des jeux d’arcade, au sens classique.