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Martin LessardBreather : un espace au bout des doigts

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 publié le 23 avril 2014 à 11 h 47

Breather est une jeune entreprise de Montréal qui propose un nouveau concept de location d’espace par l’intermédiaire d’une application mobile. On peut réserver à l’heure un petit bureau pour rencontrer un client ou se reposer. La promesse est simple : « paix et tranquillité, sur demande ».

Grâce à la technologie, la réservation se fait à même votre Android ou votre iPhone (ou sur le web) et le déblocage des portes se fait à distance.

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Pour l’instant, l’entreprise offre une dizaine de bureaux à Montréal et à New York (et à San Francisco bientôt). Julien Smith, connu aussi comme coauteur de Trust Agents et The Impact Equation, est à la tête de cette compagnie.

« Nous utilisons un logiciel de cryptographie pour nous assurer que les portes se déverrouillent uniquement pour les gens qui ont réservé et pour que les portes se referment à la fin de la période de réservation. »

Vous ouvrez l’application et vous touchez l’icône pour déverrouiller : vous recevez ensuite le code pour déverrouiller la porte. Pas de clé, pas de soucis. Le bureau comprend tout ce dont vous avez besoin : wifi, chaises, bureau et prises de courant.

C’est l’ingénieur logiciels en chef de Breather, Evan Prodromou, un des rares développeurs web d’ici à avoir sa page Wikipédia, qui a intégré un logiciel de cryptographie à la plateforme qu’il a construite de zéro avec l’aide son équipe. Evan a été à la tête de wikitravel (guide de voyage collaboratif) et identi.ca (un Twitter ouvert), projets phares des années 2000 un peu oubliés depuis l’adoption massive des médias sociaux commerciaux.

À 15 $/h (25 $ à New York), c’est probablement le bureau (ou l’endroit pour faire une sieste) le moins cher en ville pour les travailleurs autonomes à la recherche d’un pied-à-terre. Ça les change aussi d’une rencontre d’affaires sur un coin de table dans un café.

Une idée simple comme bonjour, rendue possible avec l’adoption massive du mobile et la montée irrésistible des objets connectés (comme les serrures électroniques).

Cet article fait partie d’une série de billets consacrés à la découverte d’entreprises naissantes du domaine de la technologie (ou qui utilisent les nouvelles technologies) et qui sont fondées ou dirigées par des gens d’ici.

Martin LessardTransit : l’expert en transport en commun

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 publié le 16 avril 2014 à 9 h 34

À quelle heure passe le bus? Transit vous trouve la réponse plus vite que votre ombre. Cette application mobile est un incontournable pour tous ceux qui prennent le transport en commun.

Offerte dans 63 régions métropolitaines dans le monde (en fait, surtout en Amérique du Nord), elle couvre notamment Montréal, Québec, Sherbrooke, Ottawa, Toronto, Winnipeg, Calgary, Vancouver, et j’en passe.

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Ouvrez l’application sur votre cellulaire et vous verrez tous les moyens de transport collectif (métro et autobus) aux alentours par simple triangulation GPS.

L’ingéniosité de Transit? Vous n’avez pas besoin d’entrer les numéros de lignes d’autobus ni de savoir où se trouvent les arrêts. Indiquez votre destination, et Transit vous propose le trajet à emprunter et le temps estimé pour vous y rendre à partir de votre position actuelle.

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La version 3.0 est sortie tout récemment. De nouvelles fonctionnalités ont été ajoutées, comme une liste d’arrêts par lignes, un mode de comparaison visuel des différents itinéraires, et un mode hors ligne qui permet de consulter des horaires sans connexion Internet.

Sam Vermette, cofondateur de Transit, m’a indiqué qu’avec l’arrivée du beau temps, il compte offrir une mise à jour incluant le partage de vélo (comme le Bixi) et l’autopartage (comme Communauto ou Car2go).

Transit est offert gratuitement sur Android et iPhone.

Transit App est une firme montréalaise. Ce billet fait partie d’une série de billets consacrés à la découverte d’entreprises naissantes du domaine de la techno (ou qui utilisent les nouvelles technologies) et qui sont fondées ou dirigées par des gens d’ici.

Martin LessardCrew, la plateforme des meilleurs développeurs web

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 publié le 11 avril 2014 à 17 h 02

Ooomf, une compagnie en démarrage de Montréal, offre une plateforme qui permet aux développeurs web ou de mobilité de trouver de talentueux professionnels à la pige. Par les temps qui courent, c’est une denrée très rare.

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La compagnie vient de trouver récemment 2,1 millions de dollars supplémentaires pour se financer et en a profité pour changer le nom de son service pour Crew. Un nom un peu plus simple à retenir.

crew

Ce n’est pas la seule plateforme à offrir l’accès à des ressources humaines (il y a ODesk et Freelancer.com), mais ce qui différencie Crew des autres, c’est que les pigistes présents sur la plateforme sont choisis avec soin (environ 1 personne sur 20 est acceptée).

Ça m’a fait prendre conscience, en voyant les portfolios des pigistes sur la plateforme, qu’il y a aussi beaucoup d’autres bonnes compagnies en démarrage qui se trouvent ici, chez nous.

Je vais commencer la semaine prochaine une courte série de billets de découvertes d’applications faites par des gens de ce coin-ci de la planète.

Martin LessardLes métiers du futur dans la mire des machines

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 publié le 8 avril 2014 à 13 h 10

« Dans 20 ans, la demande en ressources humaines pour plusieurs corps de métier sera substantiellement réduite. Je ne crois pas que tous ont intégré ça dans leur schème de pensée », disait Bill Gates récemment, selon l’article paru dans le New York Times sur l’effet des algorithmes sur le marché du travail (Hey, robot : Which cat is cuter?).

robot

Ça m’a fait penser à une étude qui remonte à la fin de 2013, « Le futur de l’emploi : quel degré d’automatisation sont susceptibles d’atteindre les professions » (PDF anglais original, article en français), étude qui, à ma grande surprise, a fait peu de bruit.

La moitié (47 %) des 702 emplois analysés risquent d’être remplacés par l’automatisation! Cette automatisation ne toucherait pas seulement des métiers manuels. Certaines compétences cognitives que l’on croyait réservées aux humains seront concurrencées tôt ou tard par la montée en puissance de l’intelligence artificielle.

La technologie numérique excelle dans tout ce qui est routinier et qui demande de suivre des règles. On peut tenir pour acquis que, si une tâche peut être automatisée (et en vaut la peine), elle le sera.

Graphique Source THE FUTURE OF EMPLOYMENT (p.37)

Je ne garantirais pas à 100 % que ces professions vont disparaître, mais si j’étais un jeune qui s’oriente vers une de ces carrières, je me questionnerais sérieusement sur les raisons qui ont poussé les chercheurs à prédire une baisse dans 10 ou 20 ans!

Robotique, algorithme et votre 4%

chanceautomatisation Source The Atlantic

Si on s’accorde pour dire que la puissance brute des ordinateurs augmente grosso modo tous les deux ans, les défis informatiques d’aujourd’hui seront divisés par 1000 en deux décennies.

C’est une estimation approximative, évidemment. Donnons un exemple : si un hypothétique algorithme fait le 16e du travail d’une personne aujourd’hui, il fera le travail de 2 personnes dans 10 ans et de 64 personnes dans 20 ans. Voyez.

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Déjà, l’idée même qu’une voiture puisse se conduire seule dans un centre-ville (avec tout ce que cela implique comme gestion du mouvement et des obstacles) était impensable il y a une décennie et sera une réalité dans 10 ans. Avis aux chauffeurs et aux autres machinistes.

De plus, les algorithmes de grandes données toucheront, à long terme, même des emplois aux tâches cognitives non routinières. Avec l’amélioration de leur dextérité et de leurs senseurs, des robots mettent déjà leur nez dans les diagnostics et les interventions chirurgicales. Les écoles font déjà des expériences avec des MOOCS qui remplacent des heures d’enseignement dispensées par des professeurs. Les agents immobiliers et les détaillants font face à une désintermédiarisation causée par des services en réseaux, qui mettent en relation des acheteurs et des vendeurs.

Les comptables ne seront pas remplacés par des robots, mais si on peut utiliser les chaînes de blocs de transaction (keychain block) des cryptomonnaies (Voir le billet sur Triplex) comme un grand livre comptable partagé, on voit que la menace peut venir de partout.

Tous ne perdront pas leurs emplois, mais les perspectives de croissance en seront grandement limitées.

Changements, possibilités d’emploi et CV

Si j’étais un gouvernement qui s’intéresse aux « vraies affaires », je me mettrais à la tâche tout de suite. Une augmentation exponentielle de la puissance des ordinateurs, comme on l’a vu plus haut, demande une réaction très en amont pour voir venir les coups.

À court terme, je m’assurerais à tout le moins que les écoles ne forment pas une main-d’oeuvre à faible valeur ajoutée dans cette société de demain. Un jeune de 20 ans qui entre aujourd’hui dans un métier « potentiellement automatisable » devra peut-être se replacer à 40 ans.

La notion de ce qui est une « faible valeur ajoutée » dépend grandement des avancées technologiques, mais on peut résumer ainsi : il ne fait pas bon se tenir sur le chemin des robots, surtout si on a un emploi qui ne demande pas qu’on fasse appel au jugement.

Orienter sa carrière vers autre chose que de la manipulation d’objets, de chiffres ou de mots, soit un travail de routine, et se diriger plutôt vers des emplois qui demandent de l’intelligence, de la réflexion et de l’analyse me semble être une bonne façon de voir l’avenir.

Ne paniquons pas trop vite non plus. Les avancées technologies offrent aussi, comme toujours, de nouvelles occasions d’emploi. Mais, à la vitesse où les changements peuvent se faire, commencer par l’éducation, pour nos dirigeants, est la meilleure façon de profiter de ces occasions et de prévenir les coups.

Le rapport du GIEC sur l’évolution du climat publié lundi dernier n’annonce pas que de bonnes nouvelles. Nous serions près du « point de non-retour ».

L’homme est plus que jamais responsable du réchauffement climatique. Mais qu’en est-il de la technologie? En quoi aggrave-t-elle la situation? Pourrait-elle renverser la situation?

Certaines solutions de haute technologie sont proposées, parfois délirantes, parfois efficaces. Mais on ne se le cachera pas, c’est à l’être humain de faire le premier pas.

Le constat

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Le graphique ci-dessus indique un inéluctable point de bascule vers 2030 (soit dans un peu plus de 15 ans). La zone en gris représente les tendances observées qui confirment les prédictions. Notez, toutefois, que ça ne confirme que les courbes montantes pour l’instant (et celle descendante des ressources non-renouvelable).

« Il s’agit là, grosso modo, de la poursuite des tendances observées depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale – on n’a donc pas encore observé les points de bascule […] Il est dans ce cas difficile d’affirmer avec force que la modélisation sera avérée pour les prochains 5 à 10 ans, affirme Ianik Marcil, économiste indépendant. En revanche, comme le modèle semble toujours robuste et que ses hypothèses correspondent toujours à la réalité actuelle, on peut craindre que la prédiction soit juste. »

Ianik Marcil précise que les trois derniers rapports annuels du FMI, de la Banque mondiale et du forum de Davos « pointent tous les changements climatiques, la crise alimentaire et le prix/la pénurie des combustibles fossiles comme les principaux facteurs de risques majeurs pour l’économie mondiale pour les prochaines années ».

Est-ce que la technologie peut changer la situation?

La méthode du démiurge

La géoingénierie est la réponse musclée que certains voient pour contrecarrer le réchauffement plantaire. S’il fait trop chaud dans la maison, baissons le thermostat!

Irons-nous jusqu’à déclencher artificiellement des volcans capables d’émettre des millions de tonnes de dioxyde de soufre dans la stratosphère? L’éruption du mont Pinatubo aux Philippines en 1991 avait refroidi la planète de 1 degré avec le rejet de particules en haute atmosphère. Une façon de vouloir manipuler le climat qui fait peur !

Il a aussi été suggéré de mettre de gigantesque miroir dans l’espace pour détourner les rayons du soleil. Une variante de cette idée est de mettre une lentille dispersante de plusieurs kilomètres de large (mais de quelques millimètres d’épaisseur) pour dévier les rayons solaires.

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Une autre idée : saupoudrer du sel de mer dans les nuages au-dessus des océans augmenterait le nombre de gouttelettes dans les nuages, ce qui ferait augmenter son albédo (indice de réflexion de la lumière). Ces nuages refléteraient davantage de rayons solaires dans l’espace avec un albédo plus élevé.

Dans la région arctique, il serait pensable de pomper l’eau et de la vaporiser sur la calotte glacière pour en augmenter l’épaisseur. Ce qui marche à Sotchi peut fonctionner aux pôles. En conservant cette masse de glace, non seulement on maintient l’albédo de la Terre, mais on garde au froid le pergélisol limitrophe qui contient le méthane, aux effets de serre terrifiants.

Ces propositions technologiques semblent sortir tout droit du cerveau d’un savant fou. Mais elles ne sont pas plus folles que l’idée de la terraformation de Mars de la NASA (cyniquement, en faisant ce qu’on fait de mieux ici : augmenter l’effet de serre).

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Pour ma part, il ne m’apparaît pas très futé de laisser des enfants jouer avec le thermostat (à l’échelle géologique, nous sommes des nouveau-nés) et vouloir ainsi contrôler la température de la planète. Qui est en mesure de prendre une décision pour l’ensemble du globe? Si vous avez déjà été en colocation avec des frileux, vous savez que chacun a sa vision de ce que doit être une bonne température.

De toute façon, ces idées ne réduisent en rien la quantité de CO2, source du problème.

La réduction à la source

Le transfert des connaissances et des technologies. Au lieu de jouer dans l’écosystème planétaire, on joue dans l’économie planétaire : si les pays possédant les technologies vertes donnaient leurs connaissances à d’autres pays roulant encore sur de l’énergie polluante, ça ferait déjà une belle différence. On touche toutefois ici à une vache sacrée, le marché!

Le réseau de distribution d’électricité optimisée (smart grid). Des senseurs optimisent la production, la distribution et la consommation pour améliorer l’efficacité énergétique de l’ensemble, et ce, entre les villes et les pays, où une maison pourrait revendre son surplus sur le réseau.

Le numérique vert. Greenpeace a sorti cette semaine son palmarès de l’infonaugique écologique. L’infonuagique (cloud computing) consomme massivement de l’énergie pour faire tourner tous ces serveurs (et les refroidir), ce qui nous permet d’accéder de partout à nos courriels dans Gmail, à nos fichiers musicaux dans iTunes/iCloud ou à nos livres sur Amazon.

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(On y apprend qu’Apple utilise 100 % d’énergie renouvelable pour son parc de serveurs, Google, 48 %, et Amazon, un maigre 15 %. Quand on pense qu’Apple avait été montré du doigt il n’y a même pas deux ans comme un grand pollueur par Greenpeace, on reprend espoir.)

L’idée ici est de se convertir aux énergies vertes.

La méthode de la prévention

Avec un réseau et des ordinateurs plus verts, on peut espérer ne pas ajouter davantage au problème.

Pour l’agriculture, l’utilisation des drones se développe. Ils permettraient aux agriculteurs de cartographier leurs cultures, d’appliquer avec précision les engrais ou de gérer l’eau. Des fermes verticales sont à l’essai pour rapprocher des centres urbains la nourriture qui aurait été, sinon, transportée sur des milliers de kilomètres.

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Pour améliorer le stockage de l’eau et les techniques d’irrigation, on peut penser que des senseurs, distribués dans Internet des objets, pourraient protéger et optimiser les réserves aquifères.

En ville, des bâtiments seraient en mesure de gérer intelligemment l’énergie par une gestion adéquate à haute efficacité (fenêtres qui transforment les rayons solaires en électricité pour l’éclairage, toits verts pour réduire les îlots de chaleur, air conditionné qui détecte s’il y a des gens dans la pièce, etc.)

La voiture intelligente, électrique ou non, qui se conduit toute seule peut réduire la consommation d’énergie par une conduite optimisée. Des avions électriques ou solaires sont à l’essai. Les moteurs de Tesla sont testés sur des bateaux.

Ces solutions de prévention (qui touchent les secteurs les plus polluants de notre société) ne sont plus du domaine de la science-fiction. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Car elles ne remplacent en rien la volonté collective, de l’individu aux organismes mondiaux et dans tous les recoins de la planète, de sortir du cercle vicieux d’un climat déréglé.

Une volonté forte pourra faire en sorte que ces technologies soient mises en place rapidement et massivement. Mais on ne se le cachera pas, c’est à l’être humain de faire le premier pas.