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Martin LessardInternet des objets : le calme avant la bataille

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 publié le 22 mai 2015 à 15 h 42

Tout est en place pour un combat des standards dans le joli monde de l’Internet des objets.

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Les lecteurs assidus de Triplex savent depuis longtemps que la prochaine vague attendue d’innovations technologiques viendra de l’Internet des objets, cette horde d’objets connectés, communiquant entre eux et avec nous, que les grands industriels nous promettent pour notre plus grand bonheur (cela reste à voir).

Rien que ces 15 derniers jours, il y a eu suffisamment d’annonces pour signaler l’entrée dans une nouvelle phase de l’Internet des objets, celle de la guerre de standards.

  • Samsung ARTIK IoT, de nouveaux modules et une plateforme de développement qui serviront à développer et à déployer rapidement des objets connectés.
  • Qualcomm Atheros IoE a présenté QCA401x et QCA4531, deux nouveaux systèmes sur une puce (SoC) à faible consommation, compatibles avec leur standard AllJoyn IoT
  • .

  • Huawei LiteOS, un système d’opération de 10 Ko qui se configure tout seul avec tout autre système LiteOS.

Avec cette dernière annonce, vous comprendrez que le nerf de la guerre sera l’interopérabilité des systèmes.

Chacun montre patte blanche et déclare être ouvert aux autres systèmes, mais en fin de compte le marché ne décollera jamais s’il y a des dizaines et des dizaines de systèmes incompatibles entre eux.

Rumeurs au sujet des deux géants

Il y a également ces deux rumeurs très persistantes sorties cette semaine qui laissent entendre que Google et Apple seront aussi de la partie.

Google serait en train de travailler sur « Brillo », présenté comme une variante Internet des objets d’Android, et capable, semble-t-il, de fonctionner avec 64 Mo ou même 32 Mo de mémoire vive, avec ou sans écran.

Posséder un système d’opération de petite taille est crucial pour ce marché à venir. Ces objets doivent impérativement être miniatures et peu coûteux, en plus de consommer le moins d’énergie possible. D’entrée de jeu, Brillo possède une certaine compatibilité avec les téléphones Android.

L’autre rumeur qui circule est celle qui veut qu’Apple intègre l’application Home à iOS 9.

Les fervents admirateurs d’Apple seront en territoire connu, car l’application créera, semble-t-il, une représentation virtuelle des pièces de la maison afin de permettre l’organisation et la connexion des objets intelligents compatibles avec sa plateforme HomeKit.

Les armées sont en place. Le territoire à conquérir est devant elles, mais tout le monde ne pourra pas gagner.

Attendez-vous alors à cette bataille des standards, où l’enjeu est de savoir qui va propulser l’intelligence que l’on nous promet dans nos lampes, nos thermostats, nos appareils ménagers et autres objets domestiques.

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Martin LessardLe poids des notifications

par

 publié le 19 mai 2015 à 12 h 31

Le centre de notifications de votre appareil mobile (tablette ou cellulaire) vous accorde une importance similaire à celle que l’on reconnaît à un chef d’État.

Source Wikipedia

Source Wikipedia

Ce centre organise de façon linéaire tout ce qui arrive dans votre univers médiatique hyperpersonnalisé.

Moi-même, pendant les dernières heures, j’ai été alerté:

Mais, voilà, je ne suis pas le président d’une république, et toutes ces notifications semblent faire partie d’un complot pour m’attacher à mon écran.

Le poids des notifications, le choc de l’attention

Certes, j’ai bien sculpté mon réseau pour ne jamais recevoir de notifications au sujet de vidéos de chatons qui sautent dans des boîtes.

Toutefois, suis-je plus avancé si, dans mon centre de notifications, s’entassent des dizaines et des dizaines d’alertes sur le sort du monde et le destin de l’humanité, avec des liens toujours plus intéressants les uns que les autres?

Nous allons finir par revenir à nos bons vieux intermédiaires, triés sur le volet, en plus petit nombre, qui nous dirigent vers les bons contenus. (Lire mon billet sur le prescripteur zéro).

Malheureusement, plus ce nombre est petit, moins le tri est complet, mais, plus ce nombre augmente, plus il y a de chances que vous retombiez dans le problème de départ, soit trop de notifications!

S’il n’y avait qu’à trouver le juste nombre, ce serait relativement simple. Non, le problème, c’est que les notifications dans les applications sont fondamentalement inadéquates pour le monde de surabondance d’information dans lequel nous vivons.

Prenez Facebook, par exemple, dans lequel il n’y a aucun moyen de paramétrer les notifications pour que ce ne soit que ces quelques « prescripteurs zéro » qui puissent faire vibrer votre téléphone. À moins de les regrouper exclusivement sous la dénomination « amis proches », ce qui n’est pas très pratique, vous l’admettrez.

Source Wikipedia

Source Wikipedia

Vous avez compris, les applications n’ont pas tout à fait intérêt à mieux pondérer les notifications. Chaque application cherche à titiller notre curiosité et à jouer sur notre désir de ne rien manquer.

Sauf que j’ai 10, 50, 100 notifications qui ont toutes le même poids, la même valeur, mais ces chiffres n’indiquent pas l’importance de ce qui les a générés.

Mon centre de notifications devient alors un centre de distraction, inondé de notifications sans dimension, toutes égales, alignées sur tapis roulant pour venir me gaver le cerveau comme on gave les oies.

Alors s’opèrent deux choses.

Soit on devient indifférent à ces notifications, comme cette personne surprise par une pluie torrentielle qui accepte son sort et cesse de courir pour se mettre à l’abri.

Soit on désactive une à une les notifications, application après application, comme Bowman dans 2001, l’Odyssée de l’espace qui débranche la mémoire de HAL 9000, carte par carte, pendant que ce dernier le supplie de ne pas le faire.

Je penche pour cette deuxième option.

Mon centre de notifications n’est pas HAL 9000, mais j’entends déjà sa petite voix au fond de moi me dire : « Désolé, Martin, je crains que je ne puisse pas vous laisser faire ça. »

Désolé, centre de notifications, on se reverra à la prochaine génération. Clic.

Qui a besoin d’une autre application de messagerie mobile? Vous en avez probablement téléchargé quelques-unes pour finalement revenir à celle que vous aviez déjà.

Pourtant, cette nouvelle application mobile mériterait d’être adoptée par tous. Bleep, de la société BitTorrent, est probablement une des applications de messagerie les plus sécuritaires sur le marché.

bleeplogo

À l’ère de la surveillance numérique tous azimuts où des lois comme la Loi antiterroriste de 2015 (projet de loi C-51 adopté la semaine dernière à Ottawa) peuvent transformer de simples utilisateurs d’Internet en suspects à la merci d’un algorithme mal paramétré ou d’un agent zélé, savoir que notre messagerie serait soustraite de ses fouilles abusives est un baume.

Bleep, le sans-nuage

BitTorrent est la société derrière la plateforme de partage du même nom. Elle a rendu publique la semaine dernière son application de messagerie Bleep, après de longs mois en mode test.

La plupart des messageries offertes sont pourtant fiables. Pourquoi choisir Bleep?

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Source Bleep.pm

Prenons comme exemple l’iMessage d’Apple qui utilise le chiffrement de bout en bout. Malheureusement, ces messages cryptés, Apple les stocke dans son nuage et certaines métadonnées sont alors accessibles : la date d’envoi et le nom du point d’accès réseau (APN), soit l’identifiant qui permet à un utilisateur de téléphonie mobile de se connecter à Internet.

L’encodage des données garantit normalement la confidentialité, mais, tout comme une banque attire les braqueurs, un centre de données attire les pirates. On se rappelle encore les photos de célébrités qui ont été piratées dans l’iCloud d’Apple. Quand tout est centralisé, une brèche peut donner accès à tout.

Bleep au contraire ne conserve aucun message dans le nuage. Cela signifie que, lorsque vous envoyez un message à partir de Bleep, il passe directement de l’émetteur au destinataire.

Qui dit absence de centre de données, dit absence de possibilité pour un pirate ou un agent gouvernemental de fouiller dans nos messages ou leurs métadonnées, comme pour faire ses emplettes au supermarché.

Cela n’empêche pas quelqu’un de surveiller par-dessus votre épaule, mais cela empêche la surveillance de masse par un pirate confortablement installé dans son fauteuil avec ses pantoufles.

Bleep, la messagerie pair à pair

bleep

Bleep fonctionne en utilisant le réseau pair à pair de BitTorrent, qui permet à 170 millions d’utilisateurs actifs par mois de partager des fichiers. Fonctionnant de manière décentralisée, chaque poste est utilisé comme un relais, éliminant le besoin d’un centre pour coordonner.

Pour un usage encore plus sécurisé, il est possible d’utiliser Bleep avec l’option whisper qui supprime les messages après leur lecture (à la manière de Snapchat).

Il est aussi possible de donner un coup de fil, sans passer par un serveur central, directement de poste à poste.

Toutefois, l’enjeu principal de cette application mobile repose sur son adoption massive par les utilisateurs. Ce qui veut dire que, s’il n’y a personne de votre réseau qui l’utilise, vous ne pourrez pas envoyer de messages.

Voilà bien un paradoxe des nouvelles technologies: les nouvelles solutions adaptées pour l’ère post-Snowden ne peuvent émerger que si l’on abandonne  les vieilles applications de l’ère pré-Snowden.

bleedcode

Ce code permet de m’ajouter à votre liste de relations sur Bleep. Nous allons créer ce réseau décentralisé une personne à la fois!
Pour télécharger Bleep: http://www.bleep.pm

Il était attendu. Le voilà maintenant accessible. Le plan d’action Montréal, ville intelligente et numérique (PDF).

Les autres villes du pays y puiseront probablement une bonne source d’inspiration. Aperçu.

Un plan structuré en six chantiers

Ce plan est très encourageant. On pourrait bien sûr faire mieux, mais en 2015, l’avantage premier de ce plan est d’exister… enfin!

C’est à se demander à quoi les précédentes administrations pensaient pendant que le bateau numérique passait. Il y a donc beaucoup de rattrapage dans ce plan et il ne faut pas en tenir rigueur à ses auteurs.

Ce plan indique clairement, noir sur blanc, combien de projets sont sur la table (70), qui en sont les porteurs (et donc qui en sont imputables) et leurs échéanciers (la plupart de un à trois ans).

Source: BVIN Montréal

Source: BVIN Montréal

  • Chantier 1: Le WiFi public
  • Chantier 2: Réseau très grande vitesse, multiservice
  • Chantier 3: Créneau économique ville intelligente
  • Chantier 4: Mobilité intelligente
  • Chantier 5: Démocratie participative
  • Chantier 6: Services publics numériques

L’accès pour tous au centre-ville

On peut se demander pourquoi le WiFi et la fibre optique ne sont pas considérés comme un seul et même chantier, puisqu’ils concernent tous les deux l’accès au réseau, pierre angulaire de toute stratégie numérique.

Le WiFi sera déployé sur certains axes commerciaux et dans les quartiers du centre-ville de Montréal.

Source : BVIN Montréal

Source : BVIN Montréal

On se rassure en découvrant que Bureau de la ville intelligente se place ici comme promoteur du chantier, et vous pouvez vous attendre à ce que le dossier avance promptement.

Quant au déploiement de la fibre optique, même si la ville ne se trouve qu’à l’étape de balisage et de concertation, savoir qu’elle considère enfin l’accès haute vitesse comme un point important est de bon augure.

À surveiller : la vitesse d’avancement des travaux. Ici, les gens imputables doivent comprendre que ce double chantier n’est que le rattrapage du temps perdu. Livrer le tout en 2017 sera peut-être une prouesse à leurs yeux, mais ne pourra au grand jamais être retenu dans les livres d’histoire comme un acte visionnaire puisque la Ville aurait dû démarrer tout cela il y a 10 ans.

Le « créneau économique ville intelligente »

On peut se demander si le chantier 3 (créneau économique) n’aurait pas dû, lui, être scindé en sous-chantiers.

Le lien peut être difficile à saisir entre des FabLab dans les bibliothèques, le portail des données ouvertes, le Festival international du startup, l’Institut de recherche opérationnelle, etc.

Le lien se fait sur le plan de l’aspect exploratoire pour encourager un écosystème d’innovations technologiques. Tous les projets ne vont pas nécessairement marcher, mais l’approche permet de maximiser les chances de réussite globale.

Source : BVIN Montréal

Source : BVIN Montréal

À surveiller : une note globale d’avancement qui serait attribuée à ce chantier ne voudra rien dire. Il faut suivre chaque projet indépendamment pour savoir si les porteurs font bien ce qu’ils ont promis.

La mobilité intelligente

Ici, le retard est relatif. C’est l’adoption massive des téléphones mobiles et des tablettes qui rend possible aujourd’hui le déploiement du chantier de la mobilité.

Source: BVIN Montréal

Source: BVIN Montréal

Le coeur de ce chantier concerne la collecte de données en temps réel provenant de divers services de la Ville de Montréal :

  • Entraves, congestion, état de service du transport collectif
  • Capture de données de stationnement en temps réel et prédiction des places de stationnements disponibles
  • Taxis, synchronisation des feux, Géo-Trafic

Rendre accessible l’ensemble des données en temps réel pour optimiser la mobilité des usagers sur l’ensemble du territoire me semble devenu une nécessité à la fois pour gagner du temps et pour sauver l’environnement.

À surveiller : les porteurs de projets sont des agences ou des services municipaux (accompagnés de leurs fournisseurs externes). Il faudra veiller au grain pour que le citoyen soit réellement au coeur de leur préoccupation.

Démocratie participative et services publics numériques

Ces deux derniers chantiers, mais non les moindres, englobent l’optimisation et la qualité de vie en milieu urbain.

Même si ce n’est pas la faute du Bureau de la ville intelligente et numérique qui a déposé le plan, on peut sentir nos cheveux se dresser en voyant le chantier « Services publics numériques » : tous les projets, ou presque, sont en phase découverte avec un horizon d’un à trois ans!

Il est difficile d’imaginer ce qui a bien pu se passer pour qu’en 2015, les services publics ne soient qu’à l’étape d’exploration du numérique! Est-ce une question de financement? Alors ce plan devrait résoudre le problème!

Source : BVIN Montréal

Source : BVIN Montréal

À surveiller : la ventilation des budgets afin que l’argent n’aille pas trop dans les poches des grosses firmes informatiques qui n’ont pas encore prouvé qu’elles savaient marier agilité, frugalité et numérique.

Que doit-on penser de ce plan de ville intelligente?

On peut donner pour l’instant la chance au coureur. Jusqu’à maintenant, l’administration Coderre a tenu ses promesses sur le projet de ville intelligente.

On a maintenant la liste des projets et les échéanciers! Et ces dates mènent, pour la plupart, aux prochaines élections municipales.

On pourra donc juger sur les réalisations, et non sur les promesses, avant de les réélire.

Je ne suis pas un amateur de boxe. La vue de deux hommes qui se taquinent le museau avec des gants rembourrés ne m’enchante guère.

Pourtant, cette fin de semaine, ne me demandez pas quelle équipe jouait au hockey, j’étais en train de regarder le combat de boxe Mayweather-Pacquiao.

Oh, n’allez pas imaginer que je m’intéresse maintenant à ce sport de combat! D’ailleurs, je ne sais pas qui a gagné. Je m’intéressais plutôt à la façon dont ce match a été diffusé sur Twitter grâce à Meerkat et à Periscope.

En direct de votre salon

Meerkat et Periscope, les habitués de Triplex le savent, n’ont pas inventé le direct sur Internet, mais elles ont réussi à le démocratiser. Un clic et le tour est joué.

Cette fin de semaine, de nombreux amateurs de boxe, qui ont payé chacun 100 $ pour regarder le combat Mayweather-Pacquiao en direct à la télévision, ont utilisé Meerkat ou Periscope pour diffuser le combat en ligne.

Pour la qualité de l’image, on repassera. Toutefois, se retrouver chez les gens dans leur salon avec l’ambiance des amis qui commentent le match a été une expérience totalement nouvelle.

C’est comme assister à un match sportif dans un bar. Sauf que ce n’est pas toi qui décides quand ni comment tu regardes la télévision – et tes commentaires ne se font que par écrit. Pas content? Il y a une autre chaîne Meerkat ou Periscope.

On le sait bien, on ne va pas dans un bar pour écouter un match, on y va pour l’ambiance. Cette fin de semaine, cette atmosphère était sur Twitter avec Meerkat et Periscope.

Quand le second écran se prend pour le premier

Ce qui est appelé le « second écran » par l’industrie de la télévision, ce cellulaire ou cette tablette que l’on tient dans les mains lorsque l’on regarde le téléviseur, a pris le contrôle cette fin de semaine.

Ce n’était plus un direct du match de boxe, c’était un direct des gens dans leur salon qui sont en train d’écouter le match de boxe.

Avec Meerkat ou Periscope, tout sportif de salon, cellulaire à la main, devient le commentateur principal pour son auditoire.

Il est clair que ce type d’expérience ne plaira pas à tous – surtout pas aux ayants droit de la diffusion du match. Toutefois, cela illustre un usage émergent pour ces deux nouvelles applications : capturer l’ambiance de l’écoute en groupe.

Jusqu’à présent, les deux applications n’étaient offertes que sur iOS et leur taux d’adoption restait faible hors des États-Unis. Tout ça devrait changer bientôt puisque Meerkat est maintenant offerte en version bêta sur Android.

Depuis cette fin de semaine, la nouvelle mise à jour de Meerkat permet de publier des vidéos en direct sur des pages Facebook, afin de rejoindre un plus grand auditoire (s’éloignant ainsi de Twitter, qui devient de plus en plus le territoire de Periscope).

Ainsi, on a potentiellement les ingrédients pour une contre-attaque du second écran. Alors que les chaînes de télévision se sont enfin mises à développer des plans stratégiques pour animer l’auditoire autour du premier écran, voilà que cet auditoire vole la vedette et se met lui-même en scène. Du moins lors d’événements en direct.

Puisque nous approchons de la finale des éliminatoires de la LNH, je m’attends à ce que beaucoup d’amateurs sportifs se servent pour la première fois de Meerkat ou de Periscope afin de faire partager l’ambiance électrisante de leur salon à une foule de personnes, isolées devant leur cellulaire, qui ne demandent qu’à être, elles aussi, en groupe.

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L’esthétique de Meerkat et de Periscope

Periscope : ce que les médias peuvent y gagner

Periscope à Baltimore