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Martin LessardLe retour de la Semaine de l’informatique libre

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 publié le 2 septembre 2014 à 13 h 22

Après une pause de six années, la Semaine québécoise de l’informatique libre (SQIL) est de retour pour une sixième édition, qui se déroulera du 20 au 28 septembre 2014 un peu partout au Québec.

En ce qui me concerne, ce sera la table ronde sur L’internet après Snowden prévue le mardi 23 septembre 2014 qui occupera mon attention durant cette Semaine de l’informatique libre.

Organisé en collaboration avec la Chaire d’excellence de l’Université de Montréal en droit de la sécurité et des affaires électroniques, FACIL et Mozilla, le débat portera sur la vie privée et la gouvernance du net après les révélations de surveillance massive en ligne.

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J’aurai la chance d’y participer, au côté, entre autres, de Jérémie Zimmermann, cofondateur de La Quadrature du Net et coauteur du livre Cypherpunks (avec Julian Assange de WikiLeaks).

2014, l’année du tournant

Par un hasard du calendrier, 2014 clôture plusieurs époques importantes pour Internet :

  • 45 ans depuis la naissance d’ARPANET (octobre 1969, connexion de deux ordinateurs pour former l’ancêtre d’Internet)
  • 25 ans depuis la naissance du web (Tim Berners-Lee et Robert Cailliau au CERN)
  • 10 ans depuis la naissance du web 2.0 (ou, plus précisément, de la conférence « Web 2.0 », où John Battelle et Tim O’Reilly décrivaient pour la première fois le « web comme une plateforme« , qui est devenue la façon aujourd’hui de « consommer le web » jusqu’à lors vu que comme un ensemble de « pages web »)

Depuis les révélations de Snowden, il ne fait aucun doute que nous entrons dans une autre ère de développement d’Internet et que la vie privée, la gouvernance et le logiciel libre verront leur rôle redéfini.

Le logiciel libre porte une part d’utopie (collaboration, transparence, intelligence collective) qui n’a ni contrecarré l’arrivée de la surveillance, ni empêché des failles comme Heartbleed (lire Maxime sur Triplex : 5 choses à savoir sur Heartbleed), mais qui pourrait être une solution pour l’avenir du réseau. Reste à s’entendre sur la façon de le faire.

Justement, parlons de gouvernance, cette promesse d’une collaboration juste sur la façon de s’entendre. Cette gouvernance possède certaines parts d’ombre. Comment éviter qu’elle prête flanc à des détournements? Pour l’avenir d’Internet, qui aura réellement voix au chapitre?

Si les États prennent le dessus sur les autres acteurs de la partie civile, ou si des entreprises ou des institutions réussissent à tirer toute la couverture à eux, il y aura alors un réel danger pour l’avenir d’un Internet libre pour les citoyens.

La SQIL 2014 est un moment pour réfléchir à ces questions.

Libre de faire de l’informatique

sqil2014

La SQIL consiste principalement en des activités organisées par diverses organisations bénévoles passionnées par le logiciel libre et qui cherchent à faire connaître les avantages du « libre ».

Le logiciel libre autorise les utilisateurs à exécuter, à copier, à distribuer, à étudier, à modifier et à améliorer le logiciel qu’ils ont entre leurs mains. Avec les logiciels propriétaires (comme Word, Excel, iTunes, Safari), ce n’est pas légal. Les licences d’utilisation restreignent l’utilisateur sur ce qu’il peut faire.

L’idée fondamentale derrière le logiciel libre est donc de laisser un accès libre au code source du logiciel.

L’accès au code source est important, car c’est une condition nécessaire pour savoir ce que le programme fait réellement. L’accès offre une transparence et garantit une certaine forme d’appropriation des outils informatiques pour les utilisateurs, même si nous ne sommes pas tous assez compétents pour interpréter le code nous-mêmes.

Voici un aperçu des activités de la SQIL 2014 dévoilé aujourd’hui :

Le programme complet des activités se trouve ici : http://2014.sqil.info/activites

Renaissance de la SQIL

Portée depuis les débuts par son principal instigateur, Robin Millette, la SQIL est tombée en hibernation après qu’il s’est retiré de la vie active de militant de l’informatique libre en 2007.

Robin reste une figure de proue du mouvement et a été, entre autres, membre du conseil d’administration du FACIL, un organisme à but non lucratif dont le mandat est de promouvoir l’adoption, l’usage et la démocratisation de l’informatique libre.

« L’association FACIL, qui avait accepté depuis 2005 de gérer ce rendez-vous annuel, n’a pas trouvé les ressources nécessaires pour continuer cet
effort et s’est plutôt concentrée sur une seule Journée internationale du logiciel libre (Software Freedom Day) », me précise Robin.

L’association FACIL a pris un virage plus politique en 2008, notamment pour contester l’administration gouvernementale québécoise qui « refusait d’envisager et même d’évaluer l’option du logiciel libre dans les appels d’offres ».

En novembre l’an dernier, les membres de FACIL ont adopté un plan d’action qui vise à assurer la pérennité de leur organisme en augmentant ses effectifs et en assurant une permanence pour l’organisme. La SQIL est vue comme une activité de recrutement et de financement.

C’est finalement Amazon qui a mis sur la main sur Twitch.tv, la plateforme communautaire spécialisée dans le jeu vidéo, pour 970 millions de dollars américains.

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On se rappelle, en mai dernier, Maxime nous mentionnait sur Triplex que Google s’intéressait à Twitch. Il la décrivait ainsi:

Twitch permet aux joueurs de jeux vidéo de diffuser leurs parties sur Internet et de les commenter, pendant que des internautes les regardent et participent à une séance de clavardage. En plus de la diffusion de parties privées, des compétitions professionnelles, comme les tournois de la ligue eSports, sont également présentées en ligne.

Trois bonnes raisons peuvent expliquer qu’Amazon fasse l’acquisition de Twitch.tv

  1. Twitch représente 43 % du volume de tous les flux vidéo en direct sur Internet. À titre de comparaison, Ustream ne représente qu’à peine 11 %, selon Business Insider.
  2. Twitch dépasse Hulu, la plateforme de rattrapage télé américaine pour ce qui est du pic de trafic sur le territoire américain, selon le Wall Street Journal
  3. Twitch permet à des joueurs de gagner jusqu’à 100 000$ et plus par année, selon Forbes.

Amazon est donc en droit de penser que Twitch.tv a une réelle valeur et qu’il y a de l’argent à se faire.

La guerre des écrans

Pour comprendre la logique stratégique de l’acquisition de Twitch, il faut le voir sous l’angle d’une « guerre des écrans ».

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Du côté des « petits écrans », Apple et Google dominent le marché. Amazon avait sorti son Fire Phone pour s’attaquer à ce marché. Or, Maxime nous avait signalé dès juin que les ventes étaient en dessous des attentes.

Pour enfoncer le clou, The Guardian nous apprenait hier qu’il est très probable que le nombre de téléphones vendus ne dépasse pas 35 000. Autrement dit, rien.

À l’exception du Kindle pour le livre électronique, le petit écran appartient donc pour l’instant aux deux autres géants.

La bataille du salon

Mais là où Twitch positionne Amazon, c’est sur l’écran de télévision, là où une « bataille du salon » fait rage depuis des années et où personne n’est encore déclaré gagnant.

C’est en se rappelant que le jeu vidéo a dépassé en revenus Hollywood depuis déjà plusieurs années qu’on peut expliquer qu’Amazon soit intéressé par Twitch.

L’écran télé, celui où « on regarde des films et des séries », fait  place à un « écran jeu » où davantage d’heures sont passées à jouer.

Amazon (et juste avant lui, Google) a voulu ajouter Twitch à son portefeuille. Il acquiert l’attention captive de millions de jeunes et se positionne sur ce qui semble être la bataille décisive pour gagner « l’écran du salon ».

Le temps nous dira si c’était une bonne stratégie.

Martin LessardHitchbot, l’ambassadeur des robots parmi nous

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 publié le 22 août 2014 à 12 h 15

HitchBot, le petit robot auto-stoppeur qui est parti d’Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 27 juillet dernier est arrivé hier à Victoria, en Colombie-Britannique.

Le projet avait une mission : découvrir si les robots peuvent faire confiance… aux humains! C’est une expérience, on s’en doute, à la fois artistique, sociale et scientifique.

Pour être toutefois sûrs que Hitchbot ne se fasse pas voler et démonter en petites pièces dès les premiers instants où on le laisserait tout seul, ses constructeurs (qui connaissent bien les humains!) l’ont fabriqué dans des matériaux peu nobles.

Le robot ressemble à un gros pot de peinture avec des pattes et des bras en tube de styromousse, affublé de gants de jardinage.

hitchbot

Il est surmonté d’une tête avec un écran DEL pour afficher un petit sourire. Il possède une caméra et un micro, et est capable de soutenir une conversation de base grâce à son programme de reconnaissance vocale (son « intelligence » est tirée de Wikipédia).

Hitchbot a accès au 3G et à wifi et il a partagé son périple sur les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter.

On le recharge à l’aide de l’allume-cigarettes.

L’enfer, c’est nous autres

HitchBOT est une création de professeurs canadiens de l’Ontario. C’est une expérimentation sur les rapports robot-humains grâce à l’intelligence artificielle et à la reconnaissance vocale.

Comme il ne pouvait marcher, le robot devait faire de l’auto-stop. Toujours le pouce en l’air, il est déposé sur le bord de la route en espérant que des âmes charitables l’amènent à destination.

On peut penser que, plus il y avait de monde au courant de son périple, plus il avait de chances de réussir à arriver à destination, au lieu de finir dans une décharge publique.

L’intérêt de cette sympathique expérimentation tient au fait qu’aujourd’hui on fabrique des robots de plus en plus puissants pour résister à toutes sortes d’environnements, mais qu’on n’a jamais testé sa résistance à… l’environnement social humain.

Si on pense que les robots seront un jour parmi nous, il faut commencer à faire des tests maintenant et à en lâcher quelques-uns dans la nature pour voir comment la société humaine va réagir.

Il semble que la « première rencontre » se soit bien passée.

Les robots sont là

Les robots finiront par arriver dans nos vies, soyez-en sûrs. Et cette semaine, c’était le cas pour les clients de l’hôtel Aloft, à Cupertino, en Californie.

Deux robots-concierges ont maintenant pour tâche d’apporter des articles aux clients dans leur chambre.

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Par exemple, si un client appelle à la réception pour se faire monter une bouteille d’eau, le préposé dépose la bouteille dans le panier du robot et programme ensuite le numéro de la chambre.

Ce qui serait fait les doigts dans le nez par un jeune « Spirou » est tout de même un petit exploit pour le robot. Il doit être capable de se repérer dans l’hôtel, de prendre l’ascenseur (il communique par sans-fil pour appeler l’ascenseur et choisir l’étage) et de se rendre à la bonne porte — tout cela sans écraser qui que ce soit.

Notez en passant que ces robots-concierges n’acceptent pas de pourboire, mais aiment recevoir des tweets avec le mot-clic #MeetBotlr comme remerciement.

Ce qui est nouveau ici, ce n’est pas qu’un robot puisse se promener tout seul dans un immeuble (ce type de robots existent déjà dans certaines grosses usines ou manufactures), mais de voir ces robots passer du côté du service à la clientèle!

Les frictions à venir

Ici aussi, c’est du côté de l’acceptation sociale que se passe le vrai test (si l’expérience est concluante, la chaîne d’hôtels placera des robots dans ses 100 autres hôtels).

À Shangai, ce mois-ci, un restaurant vient d’ouvrir où des robots sont dans la cuisine pour préparer la nourriture et dans la salle pour servir les clients. Ce sera probablement davantage une attraction touristique qu’un restaurant pour bien manger, mais, tout de même, vous voyez où je veux en venir.

Le problème ne se situe pas dans le fait que nous refuserions de nous faire servir par un robot – au contraire! –, mais dans celui qu’il nous faudra vaincre cet irrépressible malaise qui nous prend à la gorge en pensant que le sympathique robot qui nous sert « vole des jobs » à de vrais humains (lire mon billet Se faire remplacer par un iPad?).

Je suis moins sûr que cela passera comme une lettre à la poste, ou pour utiliser une nouvelle métaphore, comme un « Hitchbot à travers le Canada »…

Martin LessardRobots : tous pour un, un pour tous

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 publié le 19 août 2014 à 9 h 59

Il serait tellement plus simple de voir sortir un C3PO des laboratoires de robotique pour nous donner un aperçu de l’état d’avancement en ce domaine.

Mais nous n’y sommes pas encore. Il nous faut nous contenter d’avancements majeurs qui n’ont l’air d’absolument rien aux yeux du grand public.

Tenez, prenez cet exploit de l’Université de Harvard, qui a annoncé récemment avoir fait fonctionner le plus grand essaim de robots du monde.

Jusqu’à récemment, des robots arrivaient à se coordonner en petits groupes limités d’une douzaine de membres, parfois d’une centaine.

Cette fois, c’est plus de 1000 robots.

Le nouvel horizon de la robotique

Pour la première fois, 1024 petits robots ont formé de façon autonome des formes 2D complexes comme des étoiles ou des lettres de l’alphabet.

Les petits robots, appelés Kilobots, gros comme des balles de ping-pong, ont été choisis parce qu’ils ne coûtent pas chers à fabriquer.

Kilobots

Kilobots

Ils ont chacun un microcontrôleur intégré, des capteurs infrarouges, des transmetteurs pour communiquer et un petit moteur de vibration qui leur permettent de se déplacer tout droit ou pour tourner. Chaque robot ne peut communiquer qu’avec les autres robots à proximité immédiate.

Pour faire la forme finale désirée, on transmet d’abord à tous les robots l’image 2D. Puis on place quatre robots fixes qui servent de point de départ.

Ensuite, certains des robots commencent à se déplacer de façon autonome pour aller s’accumuler successivement afin de créer la forme en un long mouvement collectif.

OK. Il ne faut pas être pressé. Ça peut prendre environ 12 heures à ces robots pour s’assembler selon la forme prescrite.

Mais mine de rien, l’exploit, ici, c’est que les robots arrivent à avoir un comportement de groupe, comme les fourmis, alors qu’ils n’ont aucune coordination centrale. Tout l’intérêt réside dans la conception d’un algorithme capable de créer un système auto-organisé autonome.

Robots, arrangez-vous tout seuls!

Cet essaim de robots en particulier développé à Harvard n’a d’intérêt que pour cet algorithme capable de faire collaborer autant d’éléments indépendants.

Remplacez ces petits robots par des minidrones ou des voitures autonomes, et vous avez tout à coup devant vous ce qui ressemble à l’avenir de la robotique : une forme de coordination cybernétique autonome.

Kilobots

Kilobots

En fait, ces robots pourraient être de différentes grandeurs, l’algorithme n’ayant pas besoin d’être changé complètement pour autant. Exemples.

  • Petits, ils seraient utiles pour passer des câbles dans des tuyaux ou s’assembler comme des pièces de blocs LEGO.
  • Plus petits encore, à un niveau nanométrique, ils pourraient s’insérer dans le réseau vasculaire pour faire un diagnostic ou un traitement quelconque (bloquer ou débloquer une artère).
  • Plus grands, à notre échelle, ils pourraient être des drones agricoles chargés d’analyser un champ.
  • Plus grands encore, c’est tout le réseau routier, composé de ces éventuelles voitures autonomes qu’on nous promet, qui pourrait profiter de l’algorithme.

Et bien sûr, pour ceux qui ont vu la première trilogie de La guerre des étoiles, cet algorithme pourrait aussi servir à coordonner un bataillon d’éventuels robots-combattants. Et comme on sait que, de nos jours, la réalité rattrape la fiction…

Autonomes, mais grégaires

Cette expérience de Harvard est un pas dans la direction de meilleurs systèmes auto-organisés. L’algorithme doit encore beaucoup évoluer pour qu’elle puisse réellement être efficace hors laboratoire, à grande échelle.

Michael Rubenstein, le chercheur de Harvard derrière cette expérience, a dit vouloir améliorer son programme de telle sorte que chaque robot puisse agir de façon vraiment autonome. Éventuellement, ils seront capables de s’assembler dans une forme ad hoc en fonction de l’environnement sans qu’on ait à le leur dire.

Pour ceux que le sujet intéresse, le plan des Kilobots ainsi que le logiciel sont accessibles en code source libre sur le site du projet de recherche en système auto-organisé de Harvard.

Avec la démocratisation des caméras montées, comme les caméras Go Pro ou Google Glass, on voit apparaître de plus en plus de vidéos qui documentent un parcours ou un moment précis.

Malheureusement, ces vidéos sont parfois beaucoup trop longues et ennuyeuses.

Certains, pour régler ce problème, font des vidéos en accéléré (timelapses), qui permettent de mieux résumer un parcours ou un événement.

Malheureusement encore, ces vidéos en accéléré accentuent les mouvements, et l’image est si instable qu’on en a la nausée.

Par exemple :

Adoucir les mouvements de caméra

Trois chercheurs de Microsoft ont développé une façon de condenser et de stabiliser ce type de vidéo à la première personne pour donner un rendu plus souple et professionnel.

Dans une démonstration assez époustouflante, on voit comment ils ont réussi à lisser les images, leur donnant presque un air d’image générée par ordinateur.

Cette vidéo vous convaincra :

La technique consiste à cartographier le parcours et à donner un nouveau rendu d’images d’un point de vue différent pour adoucir les sauts et les tournants brusques dans la vidéo originale.

Leur logiciel crée une carte 3D des lieux où a été tourné le film original, puis recrée les photos selon la meilleure trajectoire qui adoucit les mouvements de caméra.

Cette trajectoire est créée par un algorithme qui extrapole les images intermédiaires entre deux images clés (comme on le ferait pour un dessin animé) et génère une vidéo de haute qualité qui assure la stabilité d’une image à l’autre.

Dans un simple accéléré, des images sont retirées, ce qui brise les raccords d’une image à l’autre. Dans cet hyperlapse, les images sont reconstruites pour éviter ces bris de raccord.

Hyperlapse : l’accéléré des professionnels

L’hyperlapse, un terme apparu la première fois pour une vidéo sortie sur Vimeo en 2012 (Voir Berlin Hyperlapse), permet de redynamiser des ensembles de photos pour qu’ils soient agréables à consulter.

Un exemple fantastique de ça est Google Street Views Hyperlapse, qui recrée des parcours à partir des photos prises comme si c’était une vidéo originale.

Les chercheurs de Microsoft n’ont pas précisé quand leur solution pourrait être un jour commercialisée, mais ils estiment que ce sera éventuellement une application offerte sur Windows.

hyperlapse