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Martin LessardLe syndrome Philea pour les pays du Nord

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 publié le 18 novembre 2014 à 13 h 09

Le dernier « mot » de Philea, la sonde qui a atterri sur la comète « « Tchouri », a été « zzzzz ».

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La sonde est tombée en hibernation, dès que ses batteries se sont épuisées. Elle se réveillera dans quelques mois, quand elle sera près du soleil et fera le plein d’énergie solaire avec ses panneaux.

Peu d’entre nous supporteraient de voir notre cellulaire en faire de même et ne se réveiller qu’au printemps, quand les jours seront plus ensoleillés.

Pourtant, avec le retour du froid dans notre pays, c’est toujours le risque qui attend les voitures électriques. C’est ce que j’appelle le syndrome Philea.

Dans les limbes, le temps d’une recharge

La durée de vie limitée des batteries de voitures électriques est due, entre autres, à la perte d’énergie causée par la production de chaleur.

Selon la seconde loi de la thermodynamique, la chaleur des zones chaudes se déplace vers les zones froides, ce qui crée une perte d’énergie qui épuise la batterie (voilà pourquoi dans le froid extrême, les batteries résistent mal — parlez-en à Philea!).

Des chercheurs du Luxembourg qui ont étudié ce qui se passait au niveau nanoscopique ont trouvé une parade à ces flux d’énergie qui épuisent les batteries.

Disons, si vous me permettez une image, que c’est comme s’ils avaient trouvé une façon de créer au niveau nanoscopique l’équivalent de nos « snowbirds, ces voyageurs hivernaux qui quittent le froid pour aller vers le Sud.

Avec l’avancée de la nanotechnologie, les chercheurs ont expliqué comment il était possible d’évaluer plus adéquatement les fluctuations d’énergie à un niveau nanoscopique, et donc de mieux contrôler la perte d’énergie au niveau macrocosmique en faisant migrer le froid vers le chaud (contrairement au flux naturel).

Représentation d'un circuit permettant de faire transiter les électrons

Sketch d’un circuit permettant de faire des échanges d’énergie au niveau des électrons (source Arxiv.org)

Ces idées doivent d’abord être testées en laboratoire avant de pouvoir être transposées à grande échelle.

Les batteries au pays des flocons de neige

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On pourra trouver futile le fait de vouloir donner à nos gadgets énergivores quelques heures de plus pour envoyer des tweets.

L’enjeu en fait, pour nous, qui vivons dans des pays nordiques, c’est d’arriver à fabriquer une batterie de voiture électrique plus efficace dans nos climats hivernaux.

Nos gouvernements doivent s’en préoccuper et soutenir toutes les recherches qui vont en ce sens, car c’est une question à la fois économique et sociétale : la voiture électrique reste la seule à pouvoir nous offrir un avenir plus durable du côté de la mobilité.

La mobilité est un élément de compétition importante entre les pays.

Or, sans une avancée du côté de l’efficacité des batteries, la voiture électrique nous forcera à nous mettre en hibernation dès que la température baisse, tout comme c’est le cas pour Philea.

La surveillance de masse sur le web par les États n’est probablement pas une fatalité.

On n’est qu’à un pas du moment où un navigateur comme Firefox intègre en natif les codes du projet Tor.

Le projet Tor est un réseau qui permet de naviguer sur le web de façon anonyme. L’appel vers une page web est chiffré et passe par une série de serveurs successifs, ce qui rend très difficile le traçage de la source de l’appel (c’est-à-dire, vous).

Pour fêter les 10 ans de son navigateur Firefox, la fondation Mozilla a annoncé lundi un partenariat avec deux organisations, le Center for Democracy & Technology et le projet Tor.

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Les collaborations dans le domaine de la protection de la vie privée des utilisateurs en lignes se cumulent.

Récemment, Facebook a créé une adresse sur Tor (https://facebookcorewwwi.onion) pour permettre à des usagers situés dans des États à la morale élastique (ne pensez pas qu’il s’agit seulement de dictatures!) de se connecter au service sans se faire repérer.

Mozilla a aussi annoncé vouloir ajouter des serveurs puissants sur le réseau Tor.

On pourrait donc imaginer que Mozilla envoie ainsi un signal d’une migration prochaine des serveurs web vers Tor ou d’une intégration des codes de Tor à même le code natif des navigateurs.

En effet, c’est au niveau du navigateur que s’amorce un appel anonyme.

Si les grands fabricants de ce monde emboîtent le pas et intègrent par défaut Tor (et placent des serveurs puissants sur ce réseau), on peut imaginer que cela pourrait être la première réplique sensée de la société civile et des entreprises contre la surveillance massive de l’État.

Martin LessardMuseomix 2014 : les invasions numériques

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 publié le 10 novembre 2014 à 16 h 30

Museomix? C’est ce sprint créatif et technologique qui a lieu annuellement au coeur d’un musée, le temps de le remixer, de prendre ce qui existe déjà et le transformer.

Je ne sais pas pour vous, mais ça sonne comme un beau défi!

Lancé à Paris en 2011, Museomix s’étend aujourd’hui à plusieurs musées (en France,  en Angleterre, en Suisse et au Québec). L’événement a eu lieu la fin de semaine dernière.

Ce qui m’a frappé en y faisant un tour, c’est de sentir toute cette folle énergie qui contraste avec le calme habituel de ces lieux. C’est un peu comme si on faisait une course à relais au milieu d’une bibliothèque.

On y sentait une frénésie, une envie intense de collaborer, le temps d’un week-end, pour réinventer le musée.

Dans le ventre du MBAM

Au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), qui a accepté de participer cette année, 12 équipes de 6 ont eu à peine 3 jours pour sortir chacun un « prototype fonctionnel » pour le public.

Du lever du soleil jusqu’à bien tard dans la nuit, le musée s’est transformé en laboratoire d’innovation ouvert et participatif où les nouvelles technologies permettent d’offrir une tout autre perspective sur les collections du musée.

Dans le ventre du Musée, des découpeuses laser, des imprimantes 3D, des cartes Arduino et Rasberry Pi, des Occulus Rift, des picoprojecteurs, des écrans tactiles, des scanneurs 3D, etc.

« Lors des années précédentes, l’exercice de Museomix en était surtout un de médiation. Cette année, les organisateurs ont décidé d’innover dans la formule elle-même et de proposer de nouveaux défis, dont celui de faire du développement des affaires et de s’intéresser à la propriété intellectuelle », écrit Valérie Sirard sur le blogue de Museomix Montréal.

Les équipes sont composées de divers spécialistes (un artisan, un codeur, un graphiste, etc.), dont un expert du musée qui permet de recadrer de façon réaliste les projets.

Une des équipes, par exemple, devait créer une expérience immersive qui propose un contenu riche aux visiteurs, mais capable aussi d’intéresser un commanditaire.

Une autre devait réfléchir à la façon de faire prendre conscience aux visiteurs que le droit d’auteur, dans un musée, est important. Cette équipe a d’ailleurs proposé une application mobile qui calcule le coût des droits d’auteur : pas le coût de l’oeuvre, le coût des droits d’auteur pour prendre une photo de l’oeuvre!

Le musée de demain?

Lors de la présentation des prototypes finaux au public hier après-midi, la ministre de la Culture, Mme Hélène David, qui a déposé récemment le premier, et tant attendu, plan culturel numérique du Québec, a déclaré que ce type de laboratoire qu’est le Museomix permettait de voir « comment le numérique allait servir à améliorer l’expérience muséale ».

C’est le « musée de demain », dit-elle :

Je ne sais pas si c’est le musée de demain, mais le temps d’un week-end, c’était le musée des geeks.

Un tel « remixage du musée » me fait penser à ces mélanges entre le rap ou la techno avec l’opéra ou le classique.

Est-ce encore de l’opéra et du classique? En tout cas, c’est surtout de la musique rap ou techno.

Museomix est davantage un concentré de ce que pourrait être un musée porté par des bénévoles passionnés. Ils veulent s’impliquer et changer la façon de faire les choses (il y avait autant de bénévoles qui travaillaient pour Museomix que de participants dans les équipes de création).

C’est peut-être moins la continuité du musée tel qu’il existe actuellement qu’une simulation d’un musée après une invasion numérique.

Si c’est le musée de demain, il s’agit d’un génial party d’artisans, de geeks et d’amants de l’art qui souhaitent détourner le musée de sa mission de montrer l’art pour en faire un lieu branché qui utilise comme prétexte le lieu pour « jammer l’art » en compagnie de passionnés comme eux.

L’art de faire une vinaigrette


Le Museomix est un événement qui mélange l’huile et l’eau, si vous permettez l’image, deux liquides qui ne restent jamais bien longtemps ensemble.

En effet, peut-on réellement mélanger des professionnels des musées qui ne connaissent peut-être rien à la culture du numérique et du DIY (faites-le vous-même) avec des geeks qui ne connaissent peut-être rien à l’exigeante réalité de la conservation muséale? Le musée et la technologie peuvent-ils se mélanger sans se séparer après le brassage?

Pourtant, on sent que la sauce commence à prendre, année après année. Le défi consiste à garder cet équilibre fragile entre les idées iconoclastes et la réalité orthodoxe des musées.

La technologie change beaucoup de chose. Elle changera assurément aussi les musées dans le futur.

D’ici là, le Museomix connecte, le temps d’un week-end, ce futur imaginaire avec la réalité d’aujourd’hui, question de se prendre non pas pour un conservateur de musée, mais pour un « révolutionnaire de musée ».

Martin Lessard3 actions pour augmenter l’attrait de la francophonie

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 publié le 5 novembre 2014 à 12 h 05

Alexandre Wolff, responsable de l’Observatoire de la langue française, avait dit en début d’année que, « sachant qu’en 2010, on recensait 220 millions de francophones dans le monde, […] on peut estimer à 750 millions les parlants français à l’horizon 2050. » (source : Challenge.fr)

Dans Le Devoir de ce matin, Christian Rioux, citant les résultats d’une grande enquête réalisée par l’Observatoire de la langue française (« La langue française dans le monde 2014″) qui sera publiée la semaine prochaine, souligne que (source : Le Devoir):

  • le français est la quatrième langue la plus utilisée sur Internet;
  • la troisième plus populaire dans le monde des affaires;
  • la deuxième langue la plus employée pour l’information internationale dans les médias.

En voilà une bonne nouvelle!

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Le français, la quatrième langue sur Internet

Les francophones figurent au quatrième rang parmi les utilisateurs d’Internet. C’est bien, mais ce n’est pas tout!

M. Rioux nous apprend que le français est aussi  :

  • la troisième langue la plus utilisée dans les blogues;
  • la sixième plus populaire, quant au nombre de pages Web publiés dans cette langue;
  • et pratiquement la quatrième langue la plus utilisée pour les contenus, les logiciels de communication et sur les réseaux sociaux.

C’est vraiment une très bonne nouvelle!

(synthèse en PDF disponible ici)

C’est en Afrique que le bassin de francophones est appelé à croître le plus.

Toutefois, prévient M. Rioux, « il faudra recruter 900 000 nouveaux enseignants d’ici 2015. D’ici 2030, c’est plus de 2 millions d’enseignants qu’il faudra trouver afin d’assurer cette progression ».

Oh, oh…

L’Internet à la rescousse du français

Si l’Organisation internationale de la francophonie s’en tenait à ce calcul, donné plus haut, je ne sais pas comment elle ferait pour soutenir la langue française. Autant jeter l’éponge tout de suite.

Non. En fait, encore une fois, Internet pourrait être la solution — toujours cet optimisme débordant qui coule dans mes veines.

Le français, pour les Africains, est un atout incroyable pour les études, le travail et l’accès à l’information.

L’un des quatre axes stratégiques d’intervention de la francophonie numérique déterminés en 2012, est celui-ci:

  • Produire, diffuser et protéger les biens communs numériques francophones.

À mon avis, cela tombe sous le sens que trois actions peuvent être entreprises tout de suite, et à moindre coût :

1. Traduire Wikipédia

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Aujourd’hui, la première porte d’entrée dans le monde de la connaissance est Wikipédia. Je me retrouve pourtant sans cesse à consulter la version anglaise pour trouver une entrée ou pour obtenir plus de détails.

Il faut que les futurs apprenants de la langue française comprennent qu’ils seront dans un TGV et non dans un train de campagne s’ils apprennent notre langue. Wikipédia est un symbole de succès.

En sautant un Sommet de la Francophonie et en investissant l’argent ainsi économisé dans une armée de rédacteurs, on pourra rattraper notre retard. Commençons par les termes utilisés en science, en géographie et dans l’actualité.

2. Offrir des formations en ligne ouvertes à tous
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Internet augmente de façon spectaculaire les capacités autodidactes des personnes curieuses. Ce sont ces leaders de demain qui doivent être aidés aujourd’hui.

Les MOOCs (massive open online course), traduit par CLOM (cours en ligne ouvert et massif) ou FLOT (formation en ligne ouverte à tous), est le moyen le plus élémentaire de soutenir l’apprenant autodidacte.

En sautant une Conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage et en investissant l’argent ainsi économisé dans une armée de professeurs prêts à monter des cours en ligne, on pourra créer un réseau qui permettrait à quiconque équipé d’un écran et d’un accès Internet d’apprendre notre langue.

3. Rendre ouvertes les données publiques

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Si les données gouvernementales sont ouvertes par défaut (et fermés par nécessité, dans le cas de données privées), nous ouvrons les portes d’un territoire immense pour les développeurs informatiques.

Ces données ouvertes représentent la lumière dans un monde opaque. C’est une façon pour les francophones de voir leur réalité représentée par un assemblage significatif de statistiques croisées, qui permet de réfléchir et d’agir.

En sautant un forum de la Francophonie et en investissant l’argent ainsi économisé dans une armée de programmeurs voulant prêter main-forte aux pays d’Afrique francophones pour ouvrir leurs données, on pourra inculquer la culture de l’ouverture et de la transparence très rapidement.

Faut que les bottines suivent les babines

Cette expression québécoise signifie qu’après avoir vanté sa capacité d’agir, il faut tenir parole. (L’étude de l’Observatoire constate que les régionalismes ont de plus en plus droit de cité dans les grands dictionnaires de la langue française. Je le signale à ma manière).

Je le répète, j’ai toujours cet optimisme débordant qui coule dans mes veines. On me pardonnera, je l’espère, de vouloir réduire le nombre de rencontres au Sommet pour la Francophonie. C’est pour faire réagir.

Car il me semble que lorsqu’on parle d’actions, il n’est plus le temps de parler, mais d’agir.

Martin LessardLe point sur la communication cerveau à cerveau (2/2)

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 publié le 29 octobre 2014 à 15 h 19

Dans la première partie, hier, je recensais les derniers exploits dans le domaine des neurosciences, en particulier sur le plan de la communication cerveau à cerveau.

Si les expériences de télépathie assistée par ordinateur sont encore embryonnaires — et entre vous et moi, on est encore loin d’avoir démontré leur entière pertinence — on peut bien songer à quelques applications d’une telle communication directe avec le cerveau dans un avenir proche.

Libérez ce cerveau

Imaginez que vous êtes Kate Allat, une femme qui a été 10 jours dans le coma en 2010, selon un article publié la semaine dernièreMort cérébrale, avaient diagnostiqué les médecins.

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Pourtant, durant tout ce temps, raconte-t-elle, elle a tout entendu.

Ne pouvant ni bouger ni communiquer avec son entourage, elle a entendu tout ce qui a été dit autour d’elle, y compris quand les médecins discutaient de la possibilité de la débrancher.

Puis elle s’est réveillée de son coma.

Est-ce qu’un outil de communication direct avec son cerveau lui aurait permis de communiquer avec l’extérieur de sa prison cérébrale?

L’interface cerveau machine

Un tel outil, qui n’est plus l’idée malade d’un savant fou, mais bien une réalité, pourrait notamment être utilisé pour entrer en contact avec des patients qui ne peuvent plus communiquer, notamment ceux atteints de paralysie totale ou du syndrome d’enfermement.

Récemment, on a testé une interface cerveau-machine capable de capturer des ondes cérébrales très précises. Cette interface permettre au cerveau d’un patient paralysé de communiquer directement avec une machine.

Devant lui, on a déposé un clavier. On lui a demandé de se concentrer sur une lettre du clavier.

Une série de petits flashs lumineux sont apparus sur les touches du clavier. On a observé un stimulus cérébral précis quand ce flash a touché la lettre sur laquelle le patient se concentrait.

Son cerveau avait réagi automatiquement en générant une onde d’une amplitude plus grande que les autres (le P300, qui survient à 300 ms après l’apparition du stimulus).

En capturant ce signal sur l’encéphalogramme, l’ordinateur comprend que le « doigt mental vient de taper sur le clavier« .

Le patient peut ainsi construire petit à petit un message vers le monde extérieur.

Le langage du cerveau

Les lecteurs de Triplex savent que deux initiatives vont, dans la prochaine décennie, tenter de cartographier le cerveau et de le simuler sous forme d’algorithmes. Une en Europe (Human Brain Project) et une aux États-Unis (BRAIN initiative). C’est un chantier aussi gros que la cartographie de l’ADN, il y a 20 ans,

À la fin du mois de septembre, pour fêter le premier anniversaire du BRAIN initiative, les Américains ont invité un étudiant chercheur de la Duke University à venir expliquer en quoi allaient consister ses recherches dans le cadre du Grand Challenge Scholars Program, un programme destiné à soutenir les ingénieurs qui recherchent des solutions aux grands défis scientifiques (dont la « rétro-ingénierie du cerveau« ).

Il a dit qu’il comptait travailler au développement d’un langage commun entre le cerveau et les machines, afin qu’ils puissent mieux communiquer ensemble

L’étudiant chercheur côtoie le Dr Miguel Nicolelis, qui travaille sur le projet Walk Again.

Walk Again est un exosquelette entièrement contrôlé par le cerveau. Il a permis à un adolescent paralysé de donner le coup d’envoi à un match de soccer au Brésil durant la Coupe du monde au printemps dernier.

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Les projets d’un peu partout convergent, lentement mais sûrement, vers une compréhension de plus en plus grande du cerveau humain.

Tous les exemples à ce jour sont encore anecdotiques ou alors spécifiques à un handicap particulier. Mais ils montrent tous que la communication directe avec le cerveau est possible.

Observez bien ce qui se passe autour de vous. Toutes ces têtes aux cerveaux emprisonnés. Se pourrait-il que ce soit comme ça que les gens du futur nous perçoivent un jour?