Archives de l'auteur

Chaque année, la firme de recherche Gartner publie son « cycle des innovations technologiques » dans lequel les tendances à la mode sont représentées sur une courbe de maturité.

Ce tableau spéculatif nous donne, en un coup d’oeil, une idée de ce qui passionne – et de ce qui passionnera dans l’avenir – le monde techno.

La liste de 2015 a été publiée récemment. Voyons ce que nous pouvons y apprendre.

Le tableau 2015 de Gartner
Hype Cycle for Emerging Technologies

gartner2015

À noter cette année

Parmi ceux qui, en 2014, se trouvaient au pic de leur engouement (Peak of inflated expectations) et qui empruntent lentement le chemin de la « descente aux enfers » (Trough of disillusionment), on trouve l’Internet des objets et l’informatique portable (wareable).

La promesse de ces objets connectés qui communiquent entre eux fait vibrer la technosphère depuis plusieurs années maintenant. Mais, les lecteurs de Triplex n’en seront pas surpris, nous répétons régulièrement ici que l’augmentation démesurée des attentes fera bien des déçus (lire sur Triplex : Chute des objets intelligents).

Il ne faut pas penser nécessairement que ces innovations sont à jeter à la poubelle. C’est plutôt le contraire. Mais pour éviter qu’elles disparaissent, il faudra que l’industrie règle en priorité le problème de la sécurité informatique et de la protection de la vie privée.

Seulement cet été, j’ai relevé trois nouvelles de piratage d’objets connectés :

Quand les objets dits intelligents auront envahi nos maisons, nos vêtements et nos voitures, il sera trop tard pour constater qu’une faille fondamentale les rend mortels.

Le FBI commence même à s’inquiéter du fait que les avions peuvent être maintenant détournés par Internet. Inquiétant.

Entre vous et moi, je trouve que le problème de l’Internet des objets commence avec son nom. Internet, c’est maintenant une lapalissade. C’est le réseau le moins sécuritaire et le plus dangereux en termes de sécurité informatique.

Tant qu’Internet reste dans l’équation, ou qu’Internet ne se mue pas en un réseau plus sécuritaire, je ne vois pas comment cette technologie pourra échapper à la « descente aux enfers ».

À surveiller demain

La réalité virtuelle

Il y a aussi autre chose qui fait beaucoup jaser dans le monde des technos, presque autant que l’Internet des objets (qui est en fait la renaissance de la domotique des années 70-80).

La réalité virtuelle découle des simulateurs aériens, des jeux vidéos… et du vénérable View-Master. On attend depuis longtemps un accès vraiment grand public au vieux rêve des mondes virtuels (popularisés par le film Tron en 1982).

Gartner a laissé la réalité augmentée dans la courbe de « descente aux enfers » comme l’an passé (elle s’y trouve depuis 2013), et avec raison. En effet, cette technologie, bien qu’elle existe déjà, n’est pas tout à fait prête pour un déploiement grand public. Même si l’industrie subit une forte pression pour sortir quelque chose, elle a préféré prendre son temps. Mais le compte à rebours est lancé.

Sony Morphus et Oculus Rift promettent des lunettes de réalité virtuelle cet hiver.

Prudente, Gartner a mis la réalité virtuelle à la limite de l’étape suivante (celle de la « remontée héroïque » — Slope of enlightment). Si la déception est au rendez-vous, Gartner pourra dire qu’elle nous avait prévenus.

La cryptomonnaie

Placée l’an dernier par Gartner juste au bord du précipice de la « descente aux enfers », avec un horizon évalué à 5 à 10 ans avant la maturité, la cryptomonnaie (bitcoin et compagnie) figure déjà cette année au bas de la falaise de la déception, prête à se relever de sa chute.

Ce revirement est très rapide. En comparaison, l’Internet des objets avance à la vitesse de l’escargot, car il est au sommet de sa popularité (Peak of inflated expectations) depuis 2013. La cryptomonnaie se dirige rapidement vers la « remontée héroïque » (Slope of enlightment) et voit son horizon de maturité abaissé à 2 ou 5 ans!

Depuis le début de l’année, la cryptomonnaie gagne effectivement en popularité. On peut citer trois nouvelles publiées uniquement depuis quelques mois :

Les lecteurs de Triplex connaissent bien le blockchain (le grand livre comptable numérique du bitcoin) puisqu’on en a expliqué ici son potentiel d’innovation au début de 2014 (on l’appelle aussi keychain block, ou chaîne de blocs de transactions).

En effet, surtout depuis le lancement cet été d’Ethereum, une plateforme bâtie autour du blockchain, et depuis l’arrivée de toute une ribambelle de jeunes entreprises dévouées au blockchain, cette technologie pourrait changer la façon de faire des échanges (pas juste monétaires) et montre l’énorme potentiel des échanges par cryptomonnaie dans plusieurs sphères de la société.

Penser la cryptomonnaie seulement en termes de spéculation bitcoin (avec ses nombreux rebondissements, de la chute de la plateforme Mt. Gox en février 2014 au schisme ce mois-ci parmi les mineurs de bitcoins), c’est comme juger la valeur du web en 1993 à partir de ses GIFS animés.

C’est la chaîne de blocs de transactions de Bitcoin, pas la monnaie bitcoin, qui est au coeur d’une véritable transformation des échanges numériques automatisés qui s’affranchirait des intermédiaires actuels.

Les promesses ne sont pas encore tenues (loin de là), mais puisque la cryptomonnaie entreprend selon Gartner sa « montée héroïque » vers le « plateau de maturité », attendez-vous peut-être à entendre parler d’une vague d’innovations importantes (et en apparence aussi inoffensives) que l’arrivée des pages web dans nos vies il y a 20 ans.

Uniquement depuis le début de l’année, de nombreux articles ont traité du fait que le blockchain aurait la capacité de modifier cinq industries différentes :

Ce n’est évidemment pas un gage de succès, mais si vous vous cherchez une technologie dans laquelle vous souhaitez ne pas être une technonouille dans 10 ans, je commencerais à votre place à lire sur le sujet dès maintenant…

Connaissez-vous Politwoops? Ce site se consacre à surveiller les messages des politiciens sur Twitter. Ou pour être plus précis, aux messages que les politiciens publient, mais qu’ils effacent ensuite pour une quelconque raison.

L’intention du site est on ne peut plus claire : lisez ce que les politiciens ne veulent pas que vous lisiez.

politiwoops-s

Vous comprenez qu’avec cette attitude un tantinet conspirationniste, mais qui intéresse ceux qui veulent tout savoir, Politiwoops a rapidement su attirer l’attention des gens qui cherchent à surveiller leurs politiciens.

Or, lundi, on a appris que le site Politwoops s’est vu retirer tous ses accès à Twitter.

Effacez ce tweet que je ne saurais lire

Pourquoi un politicien effacerait-il un tweet qu’il a écrit? Pour une simple erreur orthographique, ou encore parce qu’il regrette l’excès de rage qui lui a fait écrire un message auquel il ne croit pas réellement. Ou parce qu’il n’est pas autorisé par sa ligne de partie à le dire.

Peu importe la raison, Politwoops conserve sur son site tous ces tweets effacés.

Le site Politwoops était accessible dans une trentaine de pays, dont le Canada, jusqu’à la fin de semaine dernière, quand Twitter lui a tout simplement annoncé qu’elle bloquait l’accès à son service.

Sans son accès automatique à Twitter, Politwoops est évidemment incapable de surveiller tous les tweets effacés.

Twitter affirme que les conditions d’utilisation de son service n’autorisent pas le type d’usage qu’en faisait le site Politwoops. Politwoops, aux États-Unis, avait déjà perdu l’accès aux services de Twitter il y a trois mois. La surprise n’est donc pas totale.

Ce que Politwoops reproche à Twitter , c’est qu’en 2012, cette dernière semblait pourtant d’accord pour lui accorder le droit d’utiliser ses services! Twitter aurait brutalement fait volte-face au printemps dernier et serait revenue sur sa décision : fini le droit pour Politwoops de collectionner les tweets effacés.

La raison? « Imaginez combien il serait stressant – intimidant, même – de tweeter si c’était permanent et irréversible », annonce Twitter en invoquant un « droit à l’oubli pour les politiciens », ces derniers étant considérés ici comme de simples utilisateurs, comme vous et moi.

Politwoops dénonce cet égalitarisme de façade, car « ce que les élus disent en public est un document public. Ça devrait être accessible à tous », croit-il.

Ce « droit à l’oubli numérique » est en fait, si l’on veut être clair sur les mots, un droit de « ne pas être siphonné par un algorithme mille fois plus rapide que notre ombre ».

Dans les faits, un tweet maladroit d’un politicien risque encore d’être copié et conservé, mais pas de façon automatique. Ce devra être une opération manuelle faite par des lecteurs qui sont vites sur la gâchette.

Et ces lecteurs véloces devront avoir la crédibilité nécessaire pour prouver l’authenticité de leur copie-écran. Bonne chance.

L’utilisateur est le nouveau citoyen

Ce qui s’est joué ici, à mon avis, relève de la symbolique.

Twitter, toujours à la recherche de son âme en ces temps de tourmente, resserre la vis et ne veut plus assumer le rôle social que Politwoops et consorts veulent lui faire jouer, c’est-à-dire être le gardien de la « Parole publique ».

Twitter refuse d’avoir un rôle dans l’agora, cette « place de la démocratie virtuelle ». Elle ne veut qu’être une plateforme numérique où des utilisateurs ouvrent et ferment leurs comptes. Ce que ces derniers y font entre les deux leur appartient.

Sa mission n’est pas de devenir la « mémoire du monde », mais d’offrir le meilleur service à ses clients. Elle ne veut pas s’insérer dans une logique journalistique en cautionnant le verbatim automatique de tous les politiciens.

Bref, sur la plateforme de Twitter, un politicien est un utilisateur comme les autres, et si celui-là veut effacer son tweet, il en a bien le droit.

Pour la volonté d’éclairer le débat public, Twitter dit aux journalistes de se débrouiller tout seuls.

Martin LessardCalculer le taux d’ensoleillement sur son toit

par

 publié le 21 août 2015 à 15 h 46

Après avoir subi le mois de juillet le plus chaud de l’histoire de l’humanité, après avoir passé le cap du un degré d’augmentation de la température planétaire à cause de l’activité humaine, et après avoir épuisé en moins de huit mois (le 13 août dernier) toutes les ressources renouvelables que la planète peut produire en un an, il est peut-être temps de trouver une solution aux problèmes environnementaux.

Google nous propose un moyen de mesurer le taux d’ensoleillement sur nos toits et de calculer ce qu’on pourrait économiser en énergie si nous utilisions cette source.

Google Sunroof est un outil original qui permet au commun des mortels de savoir s’il serait rentable d’installer des panneaux solaires sur son propre toit. Sur Google Map, des images aériennes montrent la quantité de soleil qu’un toit peut recevoir.

sunroof3

Le service n’est malheureusement pas offert dans tous les endroits. Une ville vraiment « intelligente » a tout intérêt à ce que ce type de service soit offert à ses citoyens.

Il reste à voir si l’équation financière tient la route. Un panneau solaire coûte assez cher pour un individu et le retour sur l’investissement n’est jamais sur le court terme.

Mais de toute façon, l’économie est une bien piètre conseillère quand il s’agit de considérer l’environnement. On le se sait bien, l’économie actuelle génère des externalités négatives en polluant la planète. Un chauffage au mazout se rentabiliserait bien moins vite si l’on devait payer davantage pour la pollution engendrée.

Le coût d’un panneau solaire semble démesuré pour un simple citoyen, alors qu’il est une véritable aubaine du point de vue de l’humanité sur le long terme.

Avec Google Sunroof,  la possibilité de calculer le taux d’ensoleillement sur nos toits est un début de solution. Bien des gens seront peut-être tentés de faire le saut grâce à ce simple outil de visualisation. Ingénieux.

Martin LessardC’est téléchargé dans le ciel!

par

 publié le 18 août 2015 à 15 h 32

Un rapport déposé discrètement en ligne au début du mois décrit la faisabilité d’envoyer un contingent, tenez-vous bien, de 4600 microsatellites pour répondre au besoin de 5 milliards d’utilisateurs de réseau mobile d’ici 2028.

Source : NASA

On sait que SpaceX, Google et Facebook sont déjà dans la course pour déposer dans le ciel, respectivement, des microsatellites, des montgolfières et des drones afin d’alimenter les zones mal connectées sur la planète.

Comme le document émane d’un ingénieur de Samsung, on peut supposer que la firme coréenne veut se lancer dans la course. Toutefois, il n’y a eu aucune annonce officielle à ce sujet.

Ce que la lecture du document révèle, c’est que l’enjeu stratégique de bâtir un réseau dans le ciel devient urgent.

Faire circuler 1 zettaoctet par mois

Le document fait la prédiction que, d’ici 2028, il faudra avoir en place un réseau mobile capable de traiter 1 zettaoctet par mois. À titre de comparaison, 1 zettaoctet, c’est exactement 1 milliard de téraoctets, soit la capacité d’un petit disque dur.

En 2013, le réseau mobile avait déjà atteint 1 exaoctet par mois (1/1000 de zettaoctet). Or, le débit sur le réseau mobile, calcule l’auteur du document, décuple tous les cinq ans. Tous les cinq ans, il faut donc s’attendre à voir le débit sur le réseau multiplié par dix!

Le bande passante augmente à chaque nouvelle génération technologique. Le 3G offrait 1 Mo/s en 2000, et le 5G offrira 10 Go/s en 2020. Mine de rien, c’est 10 000 fois plus.

samsung

Source : Samsung Electronics

Pour gérer ce tsunami prévu dans une quinzaine d’années (ce qui signifie seulement deux ou trois cycles d’innovation dans l’industrie), l’auteur propose un mélange ingénieux de microsatellites à bas coût, placés en très basse orbite, utilisant des fréquences d’ondes libres et avec une technologie permettant 1 To/s seulement chacun.

C’est en combinant tout ça dans une flottille de 4600 microsatellites que l’auteur prédit qu’il est possible d’offrir cette capacité de 1 zettaoctet combiné par mois pour 2028.

L’entreprise qui réussira à accaparer le ciel en premier possède un avantage énorme sur ses concurrents afin de devenir le fournisseur mondial numéro un de demain.

Source : Samsung Electronics

Source : Samsung Electronics

Ciel, mon réseau!

Je vous épargne les détails techniques, mais ce réseau dans le ciel offre un délai (latency) tout à fait comparable à des installations au sol. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la mise à jour de ces microsatellites est relativement simple et peu coûteuse par rapport à un réseau d’étendue similaire au sol.

Qu’importe si c’est avec Samsung, si celle-ci se décide à se lancer dans l’aventure, ou avec l’un des trois autres concurrents dans la course, ce qui se dessine dans le ciel, c’est que l’avenir du réseau va se passer dans l’espace.

Énorme surprise dans le monde d’Internet avec l’annonce, hier, que Google devient Alphabet.

Alphabet est le nouveau nom du conglomérat qui chapeautera l’ensemble des activités du géant de la recherche Internet.

Ce qu’il faut comprendre, dans un premier temps, c’est que le nom Google inc., en tant que compagnie publique cotée en bourse, va avoir un nouveau nom, Alphabet inc.

alphabet

Le nom Google ne disparaît pas. Le moteur de recherche continue de s’appeler Google. L’outil ne change donc pas de nom. C’est la maison-mère de l’ensemble des activités du groupe qui change de nom.

Ce qui a été annoncé hier, c’est la création d’une société au-dessus de Google. Google devient une filiale à part entière de cette société appelée Alphabet, qui chapeautera dorénavant l’ensemble des activités du groupe.

Concrètement, ce qui va changer, c’est que toutes les actions de Google inc. deviendront bientôt des actions d’Alphabet inc.

Symboliquement, le changement de nom reflète non seulement une refonte de la structure de Google, mais une affirmation du changement de cap du groupe vers l’innovation tous azimuts.

Ce que cache un nom

On peut dire que Google était à l’étroit avec son nom.

Vous savez, en moins de 20 ans, le nom Google est devenu un synonyme du web pour bien des gens.

Mais le web, en 20 ans, n’est devenu qu’une simple petite portion de la révolution numérique en cours, qui est beaucoup plus grande.

La révolution numérique, en ce moment, c’est l’Internet des objets, ce sont les données massives, les voitures autonomes, la réalité virtuelle, la santé branchée.

Ce changement de nom ne fait que clarifier son rôle : Google est une société de portefeuille de compagnies en haute technologie numérique.

Google était à l’étroit parce que son nom est associé au moteur de recherche. Ça faisait de l’ombre aux autres innovations. En changeant de nom, Google donne de la visibilité aux autres compagnies qu’elle possède.

Google devient une filiale qui reste donc responsable du moteur de recherche et de la publicité en ligne, de la cartographie avec Google Map, de YouTube et du système d’exploitation mobile Android.

Ce qui va être nouveau pour bien des gens, c’est de découvrir toutes les autres compagnies que Google a acquises au fil du temps.

Je vais juste vous rappeler les plus récentes, les lecteurs de Triplex les connaissent bien :

  • Calico, une compagnie fondée il y a un peu plus d’un an axée sur les mégadonnées en recherche de maladies et avec le mandat de découvrir ni plus ni moins comment prolonger la vie.
  • Boston Dynamics, une compagnie achetée, connue pour ses robots utilisés par la DARPA, le bras « recherche et développement » de l’armée américaine.
  • DeepMind, une compagnie britannique spécialisée en intelligence artificielle, et plus précisément en deep learning.
  • Fiber, le fournisseur d’accès Internet ultrarapide de 1 Gig
  • Nest, le thermostat connecté.

En changeant de nom de Google inc. à Alphabet inc., les dirigeants envoient un message clair que le web est devenu trop petit pour eux.

L’innovation numérique, aujourd’hui, dépasse Internet.

Ce qui s’en vient à grande vitesse et qui va changer nos vies, c’est ce que je nommais plus haut : le réseau des objets connectés dans nos maisons, l’automatisation des véhicules, la santé branchée, l’intelligence artificielle et la réalité augmentée.

Sortir de l’ombre de Google

La raison avancée par Google pour cette réorganisation est la mise en place d’une plus grande transparence pour plaire aux investisseurs. Il faut savoir que ces derniers sont souvent méfiants envers les projets de recherche de Google. Quelqu’un qui pense investir dans Google pense investir dans le moteur de recherche et la publicité. Pas dans des lunettes ou des lentilles de contact!

Maintenant que le nom est Alphabet, on sait clairement que c’est une société de portefeuille axée sur l’innovation technologique.

Ça laisse les coudées franches aux dirigeants pour faire d’autres acquisitions.

Un exemple. Il y a une rumeur qui court depuis quelques mois maintenant concernant l’acquisition de Twitter.

Twitter est en bourse depuis presque deux ans, et ça ne va pas très bien. Nombre de gens pensent que Google aurait intérêt à acheter Twitter.

Maintenant, avec Alphabet, cette hypothétique acquisition semble plus logique. Twitter serait juste une compagnie de plus dans le portefeuille d’Alphabet. Google et Twitter resteraient indépendants.

La nouvelle structure permettra de voir plus clairement qui fait quoi et avec quelle marge de manoeuvre.

À court terme, ce qu’on va voir, ce sont les résultats des compagnies parallèles, celles qui étaient dans l’ombre de Google.

On pense à Loon. Loon est un produit fou, ou qui semblait fou il y a quelques années, mais qui semble être la prochaine vache à lait du groupe.

Loon est un service de relais Internet par montgolfières. Ce sont d’immenses ballons qui flottent au-dessus de régions mal connectées à Internet, en Afrique et en Asie par exemple. Il y a un fort potentiel d’affaires pour aller connecter 1 milliard de personnes supplémentaires.

Il y a aussi Wing, un service de livraison par drone.

Ces deux produits, issus des laboratoires de recherche et développement de Google, n’ont plus vraiment rapport avec le moteur de recherche.

Ce laboratoire de recherche s’appelle Google X, et c’est une véritable pépinière d’innovations. C’est aussi de là qu’est sortie la voiture autonome Google Self-driving Car.

Maintenant, Alphabet va pouvoir détailler les avancées de tous ses produits de façon séparée.

Que peut-on espérer à long terme?

Une compagnie qui fonctionne bien est une compagnie qui suit bien sa mission : la mission de Google est de collecter toutes les informations qui existent en ligne.

Mais la technologie évolue tellement rapidement, et le web n’est maintenant plus qu’une partie de l’équation, alors, pour Google, à long terme, rester concentré sur le moteur de recherche est une limite.

En 10 ans, le marché a changé brutalement. Il y a maintenant des cellulaires, des tablettes, des montres connectées. Dans 10 ans, le web ne sera plus reconnaissable.

Google, le moteur de recherche, existera sûrement dans 10 ans, mais peut-être que le web sera moins important dans nos vies.

Avec Alphabet, la société de portefeuille peut voir venir les innovations, les provoquer même.

Alphabet ne sera jamais prisonnière d’un seul modèle d’affaires. Son modèle d’affaires est de faire l’acquisition ou de développer des compagnies innovantes. Certaines vont marcher, d’autres non.

Mais Alphabet ne sera pas contrainte par un seul modèle, celui de la recherche en ligne. Au fond, Google a simplement affiché sa diversité.

Attendez-vous à voir sortir de nouveaux noms de compagnies qui vont innover dans toutes les directions. D’où le nom Alphabet, pour toutes ces compagnies, présentes et à venir.

G, c’est pour Google.