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Martin LessardL’illusion de sécurité en ligne

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 publié le 23 juillet 2015 à 15 h 13

Ciel! Les données de mon mari!

Le piratage du site de rencontre AshleyMadison.com, cette semaine, soulève de nouveau la question de la conservation et de la sécurité des données personnelles.

Ce site qui favorise les rencontres extra-conjugales a vu sa base de données de 37 millions de membres se faire pirater.

Pour mettre ce chiffre en perspective, c’est davantage que la population du Canada au complet.

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Le site se vante d’être très pointilleux sur la discrétion et l’anonymat, et maintenant, les pirates menacent de divulguer tous les noms en ligne.

Si un site qui met la vie privée au coeur de ses préoccupations se fait ainsi voler ses précieuses données, le doute s’installe quant à la réelle sécurité des données en ligne.

En tout cas, 37 millions de personnes vont peut-être le découvrir à leurs dépens.

Et vous n’avez rien vu encore

AshleyMadison.com n’est que la dernière d’une longue liste de cas de piratage de données personnelles.

Même le gouvernement américain a vu ses propres serveurs (ceux du Office of Personnel Management) se faire pirater, exposant ainsi 21 millions de dossiers personnels, a-t-on appris récemment.

Ces dossiers sont des enquêtes sur les antécédents des employés de l’État américain. Ils contiennent pratiquement tout sur leur vie en raison de la position critique qu’ils occupent dans l’organisation.

Le doute quant à la réelle sécurité des données en ligne se transforme maintenant en désespoir.

Les données sont-elles en sécurité en réseau? Tout ce qui est connecté est-il voué à être piraté un jour? Il semble que oui, et ce n’est qu’une question de temps.

Est-ce qu’on peut se rassurer avec les développements à venir?

Un journaliste de Wired a expliqué cette semaine comment sa voiture a pu être contrôlée à distance par des (amis) informaticiens.

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Le journaliste a demandé à deux collègues de trouver un moyen de pirater sa voiture connectée. Ils ont réussi à arrêter sa voiture en plein milieu de l’autoroute.

La leçon est claire.

Cette société hyperconnectée dans laquelle nous entrons à toute allure est une passoire où les petits malins du clavier s’amuseront comme des petits fous.

En particulier cet Internet des objets qui se construit tout autour de nous. À moins d’un changement majeur dans sa façon de fonctionner, il ne sera pas plus sécuritaire que l’Internet des humains — et même potentiellement plus dangereux.

C’est ce qui explique pourquoi Symantec et Frost Data Capital ont annoncé, cette semaine, qu’elles allaient inclure dans leur incubateur de jeunes entreprises web ayant comme principale mission de chercher des solutions pour augmenter la sécurité de l’Internet des objets.

À ces menaces de dévoilement massif d’infidélités s’ajoutera, un jour, le sabotage massif d’objets connectés dans notre entourage immédiat. Le premier fait des coeurs brisés, le second brisera peut-être des vies. L’enjeu est aussi simple que ça.

Notre dépendance au réseau nuira peut-être à notre santé. Faudra-t-il coller un avertissement sur les routeurs vendus au pays?

La nouvelle demande de brevet déposée par d’Apple fait sourciller. Malgré son nom inoffensif, « Méthode et système pour fournir des publicités sur des terminaux mobiles« , elle fait un peu peur.

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Cette technique offrirait de la publicité ciblée en fonction des informations recueillies sur les utilisateurs. Jusque-là, pas de quoi fouetter un chat.

Toutefois, une fois ces données couplées à Apple Pay, il est possible d’examiner le solde bancaire d’une personne et d’afficher des publicités en fonction du budget de celle-ci. Hum.

C’est comme si vous vous promeniez tout nu dans un centre commercial et que les marchands vous proposaient des produits en fonction de la quantité d’argent que vous tenez dans vos mains.

La main invisible (d’Apple)

L’approche – si simple, qu’on se demande pourquoi un brevet est nécessaire – est une façon assez originale, du point de vue du marchand, de mieux cibler le public pour une publicité.

En effet, les vendeurs aiment éviter de dépenser leurs dollars publicitaires si des gens ne peuvent pas se payer leurs produits.

Toutefois, si l’on demandait au consommateur son avis, je ne suis pas sûr que cette approche ferait l’unanimité. Comment les informations privées seront-elles protégées pour effectuer ce genre de transaction? Pas trop de détails là-dessus.

Produits en solde ou solde des comptes?

Si la technologie provient d’Apple Pay, il y a tout de même une chance que l’information reste privée. On peut donc penser que le solde de notre compte bancaire le sera aussi.

Par contre, il me semble que nous avons encore là une autre belle illustration d’une valorisation de nos données privées sans véritables contreparties.

Il existe une évidente asymétrie des forces ici, où une compagnie pourrait savoir en temps réel le solde dans les « poches » des gens (Apple possède déjà les numéros de presque 1 million de cartes de crédit de ses clients grâce à iTunes), alors que nous, simples citoyens, n’avons pas notre mot à dire.

On peut se demander si Apple va réellement implanter une telle technologie. Dans le monde des brevets américains, il arrive qu’on dépose un brevet simplement pour empêcher un concurrent de le faire.

N’empêche, avec un tel système, il ne restera plus grand-chose qu’Internet ne saura pas de nous…

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Personne n’arrive à savoir exactement combien il y a de jeunes entreprises technologiques au pays, pas même Philippe Telio:

« Il y a tellement de projets qui se développent et si peu qui aboutissent, que même si l’on tenait une base de données des startups technos au pays, dans six mois, elle serait à refaire. »

À Montréal, il y a un écosystème de jeunes entreprises informatiques bien dynamique. Très dynamique, même.

Voilà pourquoi Philippe Telio y a démarré, il y a 5 ans, le Festival international du startup (Startupfest), un événement de quatre jours axé sur l’entrepreneuriat et rassemblant plus de 2000 fondateurs, investisseurs et analystes d’ici et d’ailleurs.

« Je me suis beaucoup impliqué sur la scène startup montréalaise. Il ne m’est pas difficile de voir ce qui intéresse localement les gens. »

Philippe aime bien le Vieux-Port de Montréal. « La vue sur le port et sur la ville est magnifique. Ça ajoute un charme à l’événement ».

C’est là qu’il a décidé de tenir son festival, comme les années précédentes, mais cette fois-ci plus à l’ouest, près des vieux silos.

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Pour entrepreneurs de 7 à 77 ans

Le festival, qui en est à sa 5e année, présente de nombreux conférenciers venus transmettre leurs connaissances en mode blitz (de 10 à 20 minutes) et en format long (40 minutes). Il faut s’attendre à une avalanche de contenus. Les entrepreneurs seront ravis.

Le festival offre aussi, pour la première fois, une journée en famille gratuite.

En collaboration avec CBC, Kids Code Jeunesse, Robotique CRC et Mad Science, les jeunes de 10 à 16 ans pourront s’initier à l’entrepreneuriat, à la science, à la technologie, à l’ingénierie et aux mathématiques. Il y aura même un miniconcours, comme à l’émission Les dragons.

L’esprit du festival est simple: faire des affaires en passant du bon temps.

Il est fort probable que c’est dans les allées, sous les arbres d’un coin plutôt méconnu du Vieux-Port, que les plus belles conversations auront lieu.

L’homme derrière le festival

Philippe Telio est l’un des piliers de l’écosystème techno à Montréal. Son festival contribue à la structuration et à la visibilité du milieu entrepreneurial de la ville et du pays dans le monde.

Philippe a aussi participé à la mise sur pied de la maison Notman, un incubateur d’entreprises web au cœur de Montréal.

Il est aussi à la tête de l’Elevator World Tour, une série d’événements organisés à travers le monde, comme à Tel-Aviv ou à Toronto (dans l’ascenseur de la Tour du CN, justement!). Cela lui permet de prendre le pouls de la planète entrepreneuriale. Il peut ainsi préparer les contenus de son festival (conférences, ateliers, tables rondes) en fonction des attentes du milieu.

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Plan de l’installation du festival au Vieux-port

Scène montante

Si l’on demande à Philippe Telio ce qui manquerait à l’écosystème des jeunes entreprises informatiques à Montréal, Philippe Telio répond tout de suite:

« Toutes les occasions sont là. Développement d’entreprises, développement de technologies qui se démarquent dans le monde, tout est là à Montréal. Alors, il faut maintenant susciter, auprès de la population, ce désir [de devenir entrepreneurs et] de répondre à de vrais problèmes, puis de prendre le risque de se lancer dans quelque chose qui en sera la solution. Le bénéfice profite à tous. »

Ce dont il parle, c’est des jeunes entreprises informatiques capables de propulser l’économie dans le 21e siècle. De plus en plus de gouvernements, d’États ou de villes, particulièrement l’équipe du maire de Montréal, abondent dans ce sens.

L’écosystème des jeunes entreprises technologiques a pris une telle ampleur dans les dernières années que le Bureau de la ville intelligente de Montréal affiche ouvertement sa collaboration avec le milieu et développe lui aussi un accélérateur de projets technos.

La Ville de Montréal compte sur les jeunes entreprises informatiques et sur des idées nouvelles pour provoquer une vague d’innovations capables d’améliorer la vie de ses citoyens.

Le modèle des jeunes entreprises informatiques

Le moindre que l’on puisse dire, c’est que le modèle des jeunes entreprises informatiques ne manque pas de charme ni d’intérêt.

Du point de vue des investisseurs, privés ou publics, plancher sur plusieurs projets de front en même temps est une façon de diminuer les risques.

C’est cette répartition des risques de l’innovation qui rend cette approche intéressante.

Il est su d’avance que plusieurs projets échoueront, mais les chances que l’un d’entre eux réussisse sont plus grandes. La mesure du succès ne se calcule pas au nombre d’échecs (énorme), mais au succès (formidable) de quelques-uns des projets.

Cette approche a fait la fortune de Silicon Valley (et de bien des investisseurs) et a propulsé l’innovation technologique à des sommets inégalés.

Le modèle s’est répandu un peu partout sur la planète et de nombreuses villes le suivent (Toronto et Vancouver se démarquent très bien à l’échelle mondiale), y compris dans les pays émergents.

Tout indique que posséder un écosystème dynamique de jeunes entreprises informatiques deviendra un incontournable pour les villes, comme posséder un parc industriel ou un aéroport.

Personne ne veut manquer le bateau et toutes les villes souhaiteraient être de la fête.

Pour l’instant, cette fête, c’est à Montréal qu’elle se passe.

Festival international du startup, du 15 au 18 juillet 2015 dans le Vieux-Port.

Martin Lessard« Uberisation » : le grand transfert d’emplois

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 publié le 10 juillet 2015 à 16 h 22

Il arrive régulièrement que des organisations m’appellent pour savoir comment faire le saut et « plonger dans le numérique ». Je regarde toujours mon calendrier à ce moment-là : 2015.

Il y a 10 ans, ça aurait été innovateur. Aujourd’hui, ça suinte la crainte de manquer le dernier métro.

Mais bon, on lance bien des lecteurs de carte USB en 2015, alors je me dis qu’il n’y a pas de mauvais moment pour plonger.

Plonger dans le numérique

Il y a un hic, par contre, à employer la métaphore du « plongeon dans le numérique ». En 2015, on n’y plonge plus, on y est déjà, carrément immergé jusqu’au cou. Comme les riverains d’une rivière qui déborde de son lit à la fonte des neiges.

Dans un premier temps, la façon de réagir est la peur. C’était le sujet de mon premier billet : Le travail c’est la santé (sauf si un robot vous tue).

Puis, dans un deuxième temps, on accepte que la techno définisse une grande partie des tâches de travail. C’était le sujet de mon deuxième billet : Un « travail augmenté », que vous le vouliez ou non.

Mais aujourd’hui, dans ce troisième et dernier billet sur la technologie perturbatrice d’emplois, j’aborderai simplement un fait : certaines entreprises ou industries ont tout simplement intérêt à muter entièrement.

Dans ce registre, on peut citer le spécialiste des pirouettes, l’incontournable IBM qui, de fabricant de dactylos est passé à fabricant d’ordinateurs, d’abord gigantesques, puis micros, avant de se réinventer comme boîte de service.

Dans le monde des jeunes entreprises Internet, on appelle ça « pivoter ». Sous cet angle, IBM, incontestablement, est un derviche tourneur du numérique.

Le grand pivot

Regardez bien autour de vous. La façon dont vous travaillez deviendra une série télé rétro à la Mad Men dans 20 ou 30 ans seulement.

On parle « d’uberisation » du travail (néologisme créé en réaction à l’application Uber qui met en émois la planète taxi).

Ce qu’on désigne par ce terme, c’est l’irruption d’une masse critique de travailleurs indépendants coordonnés par une plateforme numérique leur permettant de rivaliser efficacement avec les entreprises classiques d’un secteur donné.

Des industries, pas juste celle du taxi, se font dire qu’elles sont menacées d’uberisation. Comme jadis on parlait de se faire « napsteriser », du nom du site de partage qui a mis l’industrie de la musique à genoux.

Une uberisation n’est pas nécessairement une « destruction des emplois », mais plutôt un transfert des emplois des salariés vers les indépendants. Le travail à la demande, fait de façon beaucoup plus réactive grâce au numérique, place en position de force les pigistes.

Quand les nouveaux services arrivent avec des qualités inédites et de véritables formes d’innovation, le consommateur est généralement preneur. Et l’industrie classique, si elle ne réagit pas, devient perdante.

Taxi contre Uber

« L’industrie du taxi doit se moderniser. Ce sont les gens d’affaires qui doivent s’ajuster », a dit le ministre Robert Poëti, ministre des Transports du Québec et ministre responsable de la région de Montréal.

Il sortait d’un huis clos avec les chefs de file de l’industrie — où Uber n’a pas été invité à participer! On peut douter que l’industrie devienne le nouveau derviche tourneur si le réel acteur qui change la donne n’est pas invité à la table des discussions.

L’autre absent est le ministre du Travail. Il aimerait sans doute apprendre comment se transformera la force de travail quand l’uberisation frappera d’autres industries. Le Code du travail a été mis sur pied pour régir, entre autres, les entreprises et les relations avec les employés. Il faudra assurément réviser un jour les règles pour inclure ces nouvelles forces de travail.

Un jour ou l’autre, quelqu’un devra coordonner la décroissance du salariat causée par cette économie dite « participative ».

Participer de force à la nouvelle économie

Si l’uberisation du travail commence toujours avec des passionnés qui aiment cette liberté que procurent les nouvelles conditions de travail, il ne faut pas se leurrer. Tout cela va entraîner une foule d’autres personnes qui seront forcées de « pivoter ».

Ne serait-ce que parce que les compagnies elles-mêmes devront pivoter. L’uberisation ou l’automatisation est souvent l’une des deux causes du pivot.

L’industrie du taxi cherche à « plonger dans le numérique », mais elle est aux prises, finalement, avec les deux causes en même temps!

Que le numérique détruise des emplois sans les remplacer (scénario pessimiste) ou, au contraire, selon l’hypothèse de Schumpeter, qu’elle les transforme (scénario optimiste, dit de la destruction créative), nous sommes bien obligés, aujourd’hui, d’avouer que nous entrons dans un monde hybride.

En pensant maintenant comment se coordonne la décroissance du salariat avec la montée certaine du « post-salariat », nous pourrions éviter de prolonger indûment l’inconfort que vivra la société dans cette transition.

Pour faire suite à mon billet d’hier — Le travail c’est la santé (sauf si le travail vous tue) — sur les signes de la montée de l’automatisation dans notre environnent de travail et de vie, je vous propose un billet pour bien comprendre comment les robots s’imbriqueront dans notre quotidien.

Source : wikipedia

Source : wikipedia

Ces compétences que nous garderons

C’est en lisant ce matin le compte-rendu d’Hubert Guillaud (« Travailler avec les robots ») sur son passage au salon Innorobo 2015 à Lyon, en France, la semaine dernière, qu’on remarque tout le chemin parcouru et la direction que cela prend.

« L’enjeu n’est pas de robotiser [le travail], mais de développer la collaboration. […] La coopération et la complémentarité semblent, dans l’industrie aussi, devenir une nouvelle clef de lecture de l’avenir de la robotique. »

Si les robots, dit-il, évoluaient au salon il y a cinq ans dans des espaces distincts, surtout sur les estrades, ils sont aujourd’hui davantage parmi les visiteurs. Circulant au milieu de la foule (« doucement, mais décidés »), ces robots montrent quelle place ils entendent prendre dans notre monde : ils seront « autour de nous ».

Source: Flickr

Source: Flickr

Ce bras qui ne ferait pas de mal à une mouche

Pour être parmi nous, les machines devront être plus attentives à notre présence.

C’est donc dans cette perspective qu’il faut voir la prouesse de ce bras robotisé, nommé Baxter.

Regardez la vidéo ci-dessous où l’on voit des enfants manipuler le bras en toute sécurité.

Baxter possède le souci de son environnement, souci qui aurait été utile pour sauver la vie de ce travailleur allemand écrasé par un bras robotisé la semaine dernière (voir mon précédent billet).

Sa dextérité en fera une seconde paire de mains, en quelque sorte, pour exécuter une variété de tâches manuelles et répétitives.

Et sa « douceur » fera fondre probablement les craintes de beaucoup de gens en ce qui concerne le danger des machines.

Des robots, des robots partout

Ils prendront en main les tâches répétitives, que nous serons obligés de leur laisser. Nous travaillerons avec la machine, pas contre les machines.

ll n’en faut pas plus pour faire dire à Amazon, dans un article publié aussi ce matin sur le site du MIT, que l’avenir est à la « collaboration avec la machine ».

L’article décrit ces usines où les travailleurs collaborent avec des centaines de robots (des robots Kiva) dans un entrepôt de 1 million de pieds carrés.

Source Kiva Systems

Source Kiva Systems

Des centaines de robots Kiva soulèvent les étagères (jusqu’à 450 kilos) et les apportent au travailleur, qui n’a ensuite qu’à sélectionner la bonne marchandise et la mettre dans une boîte d’expédition.

Il y a assurément des emplois qui seront touchés. Mais ce ne sont pas nécessairement les plus intéressants.

Amazon se défend de dire qu’il cherche à se débarrasser des travailleurs, qui restent très utiles dans la sélection finale.

C’est plutôt une complémentarité entre les humains et les robots. C’est l’argument de l’augmentation du travail humain (« augment job ») par la machine.

Ces tâches qui nous échapperont

Dans les faits, les robots Kiva d’Amazon ne font que du travail ne demandant pas beaucoup d’effort cognitif : aller chercher une étagère contenant un objet.

Si l’on observe la progression des technologies — et si elle se poursuit de façon exponentielle —, il arrivera inévitablement un point où la machine menacera aussi des emplois demandant un effort cognitif.

Dans un article du magazine The Atlantic de ce mois-ci, on mentionne ces recherches qui suggèrent que les patients sont plus sincères en thérapie lors d’une « discussion » avec une machine parce qu’elle n’est pas encline à  faire des remarques d’ordre moral.

Source: Psychology Today

Source : Psychology Today

Évidemment, il faudra attendre la semaine des quatre jeudis pour remplacer tous les psychologues.

Par contre, le fait de savoir qu’une portion, même très étroite, de leur expertise peut être automatisable en dit long sur les capacités de la machine aujourd’hui.

Poussés vers le haut?

À court et moyen terme, les emplois qui demandent un travail cognitif seront bousculés, mais pas remplacés.

C’est dans la portion du travail demandant la répétition ou la mémorisation (basée sur des protocoles, des procédures ou des formules) que l’on verra l’automatisation être plus agressive.

  • Le droit est une matière qui se prête très bien au traitement logique, de l’automatisation de la rédaction d’actes juridiques à la recherche de jurisprudence.
  • La comptabilité, grâce au Blockchain de bitcoins, pourra peut-être voir, un jour, ses grands livres comptables être entièrement automatisés. (Lire sur Triplex Le bitcoin « coloré » : le futur d’un marché financier 2.0?)
  • Les laboratoires de pharmaceutiques verront des robots gérer la plupart des gestes délicats, de la manipulation des produits à la gestion des stocks en passant par les processus de tests.

Il existe même une page web qui peut vous indiquer si votre propre emploi est à risque.

Les compétences vont se déplacer vers des tâches plus créatives, qui nous demandent de saisir des nuances, d’avoir de l’entregent et d’être flexibles.

Ces emplois sont plus stimulants, moins routiniers. C’est donc une chance.

La question qui en émergera concernera les gens qui ne réussiront pas à s’élever à un niveau cognitif suffisant pour répondre à ces nouveaux besoins du marché.

Et c’est une question politique, sociale et bien humaine. Pas nécessairement technologique.

Mais il ne faut pas attendre demain pour y répondre.