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Martin LessardRetinad : détecter les émotions en réalité virtuelle

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 publié le 10 février 2016 à 15 h 57

L’industrie du contenu a toujours tablé sur la possibilité d’interagir avec le lecteur, l’auditeur ou le spectateur.

Que ce soit sous les formes les plus anciennes (courrier, téléphone) ou les plus nouvelles (réseaux sociaux, forums), les producteurs de contenus se servent de cette rétroaction pour sonder le coeur de leur auditoire.

Si un usage plus prédominant de la technologie a facilité les échanges à grande échelle, cela n’a en rien modifié le type d’échange. Cela reste une forme d’échange épistolaire, qu’il soit limité à une émoticône sur Twitter ou à une longue tirade sur Facebook.

La technologie permet d’aller plus loin, beaucoup plus loin.

Depuis l’apparition des appareils mobiles, que ce soit les cellulaires dits intelligents ou les montres connectées, il est maintenant possible de capter des caractéristiques physiques d’une personne. Ces capteurs personnels en disent beaucoup plus sur nous qu’on le pense.

Les émotions d’un coup de tête

Retinad est une jeune pousse montréalaise qui cherche à décoder nos émotions dans le tout nouveau domaine de la réalité virtuelle.

Mise sur pied il y a à peine un an, cette entreprise qui emploie huit personnes et qui se présente comme une plateforme d’analyse des usagers de la réalité virtuelle a développé une piste qui semble prometteuse : décoder les émotions à partir des mouvements de la tête.

Profitant du fait que les contenus en réalité virtuelle nécessitent obligatoirement l’usage d’un casque, l’équipe de concepteurs a conçu un module d’extension (plug-in) permettant de décoder les émotions que l’on ressent en se « promenant » dans les mondes virtuels.

Le président et cofondateur de Retinad, Samuel F. Poirier, explique en entrevue que leur technologie est un savant calcul algorithmique capable d’isoler au moins quatre émotions correctement (le stress, la joie, la colère et la peur) à partir de subtils mouvements de la tête.

Les deux cofondateurs de Retinad : Anthony Guay et Samuel Poirier [Photo courtoisie Retinad]

Les deux cofondateurs de Retinad : Anthony Guay et Samuel Poirier [Photo courtoisie Retinad]

Ces indicateurs deviennent l’ultime rétroaction pour les concepteurs de contenus de réalité virtuelle. Il est possible d’utiliser ces indicateurs pour moduler le déroulement de l’action.

Trop de stress? Pas assez de peur? L’auteur d’un déroulement immersif pourrait programmer certains paramètres pour créer une expérience vraiment personnalisée. Le module d’extension est embarqué à même le logiciel de contrôle du lecteur de réalité virtuelle.

Là où il me semble que cette innovation est très porteuse, c’est en préproduction. Il est possible de tester quelles émotions procurent certains environnements immersifs et de faire des ajustements en conséquence, selon ce que l’auteur souhaite provoquer.

Lorsqu’on le combine à un détecteur de mouvement de l’oeil, donnée que leur outil analyse aussi, ajoute Samuel Parent, il est possible de mieux comprendre ce que les contenus créent comme émotion chez le spectateur.

Écran interface de Retinad

Écran interface de Retinad

La détection d’émotions est un domaine en pleine ébullition, et c’est précisément là que le numérique se dirige.

Apple a récemment acquis Emotient, une entreprise spécialisée dans la détection d’émotions grâce à l’intelligence artificielle. Microsoft aussi a développé un outil de détection d’émotions.

Assurément, Retinad entre sur un terrain où se joue la prochaine partie de poker numérique.

Martin LessardImage. Image. Lien. Image.

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 publié le 5 février 2016 à 10 h 53

Imaginez-vous sur un fauteuil roulant. Maintenant, roulez. Je vous expliquerai plus tard le titre de ce billet.

Vous êtes sur le trottoir. Tout va bien, ça roule. Vous avez le vent dans les cheveux (OK, juste une petite mèche qui bouge). Le monde vous appartient.

Hop! Entrons dans ce bâtiment. Une belle bibliothèque.

Imaginez-vous une belle bibliothèque et la possibilité de parcourir les étagères à la recherche de livres pour nourrir vos neurones, tout en humant le doux parfum du papier jauni.

Vous la voyez, cette scène? Oui? Magnifique. Continuons.

Malheureusement, trois marches séparent le trottoir de l’entrée de la bibliothèque.

Cette bibliothèque aurait pu tout aussi bien être en haut du mont Everest que ça aurait été pareil. Vous ne pouvez pas y accéder.

Il y a pire.

Disons qu’en fait il y a une rampe d’accès à cette bibliothèque. Ouf, sauvé!

Vous contournez les marches et entrez dans la bibliothèque. Vous retrouvez cette odeur enivrante des pages jaunies qui vous attirent tant.

La vie semble vous sourire à nouveau. Vous roulez alors dans les rangées.

Manque de bol, toutes les tablettes sont trop hautes pour que vous puissiez attraper un livre.

Pour vous, que ces livres soient là ou sur la station spatiale internationale, c’est la même chose. Elles ne sont pas accessibles.

Soyons plus cruels. Changeons l’histoire et rendons ces livres accessibles.

Ça y est, vous voilà comblé. La vie vaut la peine d’être vécue. Vous ajoutez une dizaine de livres à votre panier.

Vous roulez jusqu’au comptoir pour les emprunter. C’est un scanneur. Vive la technologie.

Malheureusement, le scanneur n’a pas de boutons et aucune instruction n’est affichée.

Il n’y a personne autour pour vous aider. Pire, tout le monde s’en fout.

L’accessibilité au contenu de cette bibliothèque vous est désormais complètement inaccessible, pour toujours.

La rampe d’accès au web

L’accessibilité web désigne un ensemble de normes qui permettent aux personnes handicapées de percevoir, de comprendre et de consulter du contenu web, et d’interagir.

L’accessibilité du web, dit plus simplement, c’est une rampe d’accès au contenu pour ceux qui présentent un handicap.

Vous avez des problèmes de vision, donc l’écriture vous est à tout jamais inaccessible? Faux. Archifaux.

Sur le web, tout est numérique.

L’affichage à l’écran n’est qu’une des façons d’accéder au contenu. Lire avec ses yeux n’est pas la seule façon d’accéder au contenu.

On peut accéder au texte avec un lecteur audio.

Alors, tant que les balises sont au bon endroit (l’équivalent de la rampe ou des étagères accessibles), il est possible grâce à la technologie de faciliter l’accès au contenu web.

Sans des balises claires et descriptives, ce que leur programme de lecture va « voir » c’est : Image. Image. Lien. Image.

Autrement dit, si vous créez des pages web (l’équivalent des livres dans une bibliothèque), mais que vous ne placez pas de balises descriptives sur les images et les liens, vous privez une partie de la population d’accéder à vos contenus.

L’accessibilité web est en fait simplement une façon de s’assurer que trois bêtes petites marches devant votre entrée empêchent des gens d’entrer.

L’accessibilité à ici.Radio-Canada.ca

Radio-Canada a lancé cette semaine sa politique d’accessibilité web.

Voici le genre de petits détails qui font toute la différence pour les personnes handicapées :

  • Contraste sur la page (pour les malvoyants)
  • Hyperliens avec intitulés clairs
  • Titre au-dessus de toute illustration de données ou d’un formulaire
  • Intitulés des champs de formulaire clairs et situés à proximité du champ auquel ils renvoient
  • Champs des formulaires proposant la valeur requise
  • Sous-titrage et/ou vidéodescription
  • Navigation par clavier (et non juste avec la souris)

Vous trouverez tous les autres petits changements, imperceptibles, mais essentiels, sur cette page :
http://ici.radio-canada.ca/accessibilite/

Bonne lecture.

Les meilleurs disques durs actuels, archivés dans les meilleures conditions, peuvent conserver quelques téraoctets de données pendant 50 ans.

L’ADN peut conserver des centaines de milliers de téraoctets d’information pendant plus de 2000 ans.

L’ADN serait-il une façon économique et écologique d’archiver nos données numériques dans le futur?

Tu me racontes des salades!

Une chercheuse slovène a démontré récemment qu’il était possible de stocker l’information dans l’ADN d’une plante de tabac (Nicotiana benthamiana).

On pourrait remplacer des centres de données énergivores par des jardins verdoyants! L’image fait rêver. Imaginez! Vous décrochez une feuille de la plante et un simple fragment suffit pour accéder à l’encyclopédie Wikipédia ou à toutes les sonates de Beethoven.

Dans une vidéo publiée récemment, elle explique la percée dans ce domaine :

Stocker des données dans l’ADN n’est plus de la science-fiction. Mais ce qui est encore de la science-fiction, c’est bien d’avoir un tel centre de données végétal dans sa propre cour.

Il reste encore bien des embûches avant de réaliser ce rêve à grande échelle. Mais dans les laboratoires, c’est déjà possible.

De génération en génération

L’expérience faite par cette chercheuse slovène montre que tous les descendants de la plante possèdent le message qui a été introduit dans l’ADN de celle-ci. Le message a été correctement décodé chez tous les descendants.

Pour être plus précis, le message a été cloné dans le plasmide d’une cellule de tabac. Le plasmide est une molécule d’ADN distincte de l’ADN chromosomique et capable de réplication autonome. Le plasmide joue ici le rôle d’une clé USB que la cellule trimbale dans ses poches et qu’elle copie d’une génération à l’autre.

La preuve de concept est donc faite : coder l’ADN d’une plante est aussi fiable que d’enregistrer des données sur les disques durs actuels et offre une bien meilleure protection naturelle.

Et c’est beaucoup plus durable! Il est question ici d’une durabilité de plusieurs centaines d’années sans aucune maintenance particulière.

Ces archives que l’on se doit de conserver

Pour comprendre l’intérêt de son approche, il faut savoir que les précédents essais en laboratoire des autres chercheurs portaient principalement sur de l’ADN synthétique.

Produire de multiples copies de cet ADN synthétique coûte encore cher.

On estime le coût à environ 12 000 $ le Mo pour encoder l’information, et à 200-500 $ le Mo pour le décoder.

Par contre, l’ADN d’une plante est en mode lecture seulement.

Encoder des données dans l’ADN d’une plante sera surtout une solution pour l’archivage des données à long terme en lecture seulement.

Par exemple :

  • Archives légales des gouvernements;
  • Données ouvertes ou du domaine public;
  • Données scientifiques ou statistiques;

Stocker de volumineuses données sur autre chose qu’un nuage informatique polluant est déjà, en soi, une promesse intéressante qui justifie qu’on explore la voie de l’encodage dans l’ADN.

Semer la connaissance à tout vent

Qui serait intéressé par une telle technologie sur des graines de semence? Il me semble que les bibliothèques ont tout intérêt à utiliser cette technologie en premier.

Une bibliothèque pourrait numériser sa collection complète une bonne fois pour toutes et ne plus être obligée de changer de technologie tous les 25 ans.

Les archives pourraient être numérisées et déposées dans l’ADN d’une semence d’une plante. De telles plantes pourraient être cultivées dans plusieurs plantes qui supporteraient divers climats.

Les bibliothèques du futur ne seraient pas plus grosses que des cafés et il pourrait en avoir à tous les coins de rue.

On y trouverait des postes de consultation, un peu comme les postes de microfiches actuellement, mais ces postes feraient du séquençage en temps réel de l’ADN.

Ces postes serviraient d’accès aux archives de l’humanité. Et ça, ça fait rêver.

Martin LessardErreur 404 pour la francophonie

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 publié le 28 janvier 2016 à 11 h 38

À quoi peut bien servir l’aide directe ou indirecte à Wikipédia pour la francophonie? À éviter que le français ne soit écarté comme langue sérieuse.

Encyclopédie contre encyclopédie

Mardi dernier, dans Le Devoir, M. Dufresne, éditeur de l’Encyclopédie de l’Agora, a lancé un cri d’indignation à propos de Wikipédia.

Il en a contre les gens qui font l’éloge inconditionnel de l’encyclopédie libre, nommément Pierre Graveline, directeur général de la Fondation Lionel-Groulx, qui appelle à ne pas « manquer le bateau de la plus grande entreprise de partage et de diffusion des connaissances de l’histoire de l’humanité ».

Wikipédia, écrit M. Dufresne, est une « oeuvre commune dans laquelle tous les citoyens du monde se reconnaissent en tant qu’individus, mais à condition d’être complices d’une mise à l’écart de tout sentiment d’appartenance à des groupes nationaux et idéologiques ».

Selon lui, cela entraîne « l’élimination des jugements de valeur au profit des faits nus (ou prétendus tels) [avec] pour effets secondaires d’empêcher l’apparition de tout mouvement d’opposition à l’empire [américain] ».

C’est le principe de neutralité et d’objectivité emprunté aux journalistes qui crée cet effet secondaire dont parle M. Dufresne.

Il aurait souhaité plutôt l’établissement d’un réseau mondial d’encyclopédies nationales qui redonneraient leur souveraineté aux nations et laisseraient s’exprimer de véritables points de vue, et non pas un consensus despotique.

Malheureusement, M. Dufresne se trompe de combat.

Le siècle de l’éblouissement

Son Encyclopédie de l’Agora est bien fille de l’Encyclopédie de Diderot, la première à être éditée en français, entre 1751 et 1772.

Diderot utilisait son encyclopédie pour faire passer l’esprit des Lumières dans une époque sombre. L’Encyclopédie de l’Agora est dans la même veine.

Wikipédia est d’une tout autre nature et d’une tout autre époque. Wikipédia est fille du dictionnaire à une époque non pas sombre, mais complètement aveuglante.

Nous sommes dans le siècle de l’éblouissement. Le problème de l’accès au contenu a été définitivement résolu. Le problème réside maintenant dans le type et la qualité des contenus auxquels on a accès.

Wikipédia est un fil d’Ariane auquel la population se raccroche quand il est aveuglé par autant de contenus. C’est le premier accès à la connaissance.

Nous espérions tous que ce soit plutôt l’Encyclopédie de l’Agora, le Larousse, les sources universitaires ou les revues scientifiques, mais ce n’est pas le cas.

Quand un site web comme Wikipédia fait partie des sites les plus consultés sur la toile, ce n’est pas le temps de disperser ses billes. C’est cette encyclopédie qu’il faut aider.

Une source hors ligne est une source hors jeu

Les mises en garde de M. Dufresne tiennent toujours. Mais il est mille fois plus dommageable qu’un francophone qui fait l’effort de chercher par lui-même à acquérir une connaissance soit laissé en plan.

Wikipédia francophone contient 3000 articles de moins que Wikipédia anglophone. Quand un francophone commence sa recherche, il a plus de chance de trouver une source sur Wikipedia anglophone, excellent au demeurant.

Lentement, un à un, ces demandeurs de connaissance comprennent que la langue anglaise est la seule qui les émancipe de leur condition d’ignorant. Ils apprennent que leur propre langue est un filtre qui les empêche de saisir le monde et de le comprendre.

Une source francophone qu’on ne trouve pas est une source qui n’existe pas. Tel est le lot du siècle de l’éblouissement.

Aussi critiquable que Wikipédia puisse l’être, elle est le premier pas dans la recherche de la connaissance, le tremplin vers d’autres sources comme l’Encyclopédie de l’Agora, le Larousse, les sources universitaires ou les revues scientifiques, justement.

La Francophonie, comme organisation, souhaite fêter les « 220 millions de francophones sur les 5 continents […] à travers des concours de mots, des spectacles, des festivals de films, des rencontres littéraires, des rendez-vous gastronomiques, des expositions artistiques ».

Mais qu’en est-il du numérique, ce sixième continent?

Si la Francophonie n’encourage pas d’une de façon directe ou indirecte la création d’articles sur Wikipédia, elle ne joue pas son rôle.

Chaque erreur 404 (« page web non trouvée ») qu’un francophone rencontre est une occasion manquée d’être éduqué dans sa langue.

Martin LessardZcast, votre propre radio parlée

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 publié le 25 janvier 2016 à 12 h 28

Vous vous rappelez Periscope et Meerkat? Ce sont ces applications qui vous permettent de diffuser de la vidéo en direct de votre cellulaire en un seul clic.

La nouvelle application Zcast, sortie jeudi dernier, se présente comme le Meerkat de la baladodiffusion.

Plus proche de Meerkat que de Periscope par son interface, Zcast offre la possibilité, en un seul clic, de diffuser, en direct, une conversation en ligne (offert seulement sur iOS et sur le web, pour l’instant).

Il est possible d’inviter des amis à se joindre à soi pour animer la conversation. Pour l’instant, il faut utiliser un compte Twitter pour se connecter comme diffuseur.

L’avantage numéro un, comme pour Meerkat et Periscope, c’est la possibilité de savoir qui est à l’écoute et d’interagir avec l’auditoire (par le truchement de l’outil de clavardage).

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Est-ce l’avenir de la radio?

Si l’on compare l’évolution de la vidéo directe sur l’internet mobile après la sortie de Meerkat et de Periscope, il y a fort à parier que de multiples compagnies vont aussi se lancer dans l’aventure et proposer des solutions similaires de diffusion audio en direct.

Est-ce pour autant une révolution en radio? Il me semble prématuré de penser que Zcast sera le fossoyeur de la radio telle qu’on la connaît.

Disons que l’arrivée de Zcast ajoute une pierre au nouvel édifice de la démocratisation des médias en général et de la radio en particulier.

En permettant la diffusion en direct simplifiée, Zcast est ce qui se rapproche le plus de la radio traditionnelle.

Vous avez Radio-Canada dans vos poches

Dans vos poches, vous avez maintenant à la fois le studio d’enregistrement et la diffusion en ligne. Vous avez donc la capacité d’avoir votre propre ICI Première dans vos poches!

Ce qui demande une équipe complète pour la société d’État ne prend plus maintenant qu’un appareil cellulaire récent et quelques applications gratuites ou presque.

Devant cette « concurrence », puisque toutes les barrières technologiques et financières à l’entrée ont été réduites au minimum, qu’ont vraiment les radios traditionnelles de plus à proposer?

Les radios traditionnelles ne pouvant plus se définir par leur monopole technique, elles se distinguent maintenant des nouveaux médias (à défaut de trouver un terme plus adéquat) par deux choses : son auditoire, qu’il a réussi à capter au fil des ans, et sa part du marché publicitaire (ou de subvention, dans le cas d’une société d’État).

Cet auditoire et ces parts de marché permettent aux radios traditionnelles d’investir à la fois dans la qualité technique et dans la qualité de programmation.

Mais cette logique professionnelle qui les distingue des amateurs (au sens noble du terme) les fait glisser inexorablement vers du contenu généraliste.

Déjà, grâce à la baladodiffusion, il est possible d’entendre parler de philosophie, d’histoire ou de sciences et d’écouter des débats d’idées (politiques, artistiques ou sociologiques) plus de 5 ou 10 minutes.

Sur ce terrain, la radio traditionnelle est poussée à jongler rapidement entre les sujets, allant le moins possible en profondeur, pour plaire à tout le monde à la fois.

La baladodiffusion vise plutôt l’inverse et permet aisément de s’attarder sur une thématique pointue. La radio parlée en direct, avec Zcast, peut dorénavant le faire aussi.

L’arrimage avec la radio

Mais n’allez pas croire que ce sera un raz-de-marée. Cette nouvelle radio en direct viendra surtout se loger dans les interstices que la radio traditionnelle ne pourra pas occuper, coincée dans sa logique généraliste.

Zcast vient de coller une pièce importante du casse-tête, qui libère les producteurs de balados de la programmation en différé dans laquelle ils sont cantonnés.

En accédant au direct, ces producteurs de contenus audio vont peut-être prendre goût à l’enivrant vertige d’être en direct et de capturer une part de l’auditoire traditionnel à la recherche d’autres options radiophoniques.

L’arrimage que je vois poindre, c’est la possibilité pour la radio généraliste de harnacher des voix originales de la même façon que le Huffington Post a harnaché les blogueurs. Sur la plateforme web du Huffington Post, il y a un mélange de journalistes payés et de commentateurs bénévoles.

Une station de radio pourrait offrir l’agrégation de ces nouvelles voix comme un complément à sa programmation principale.

Pourquoi pas? À suivre, donc.