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Martin LessardGM fait un pied de nez à Facebook

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 publié le 16 mai 2012 à 15 h 14
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À quelques jours de la sortie en bourse de Facebook (et en plein Webcom, la messe techno des gens en marketing, lire le billet de Nadia), la nouvelle ne pouvait pas plus mal tomber :  GM cessera de faire de la pub sur Facebook (article du Wall Street Journal).

Le constructeur automobile américain conserve ses pages Facebook, mais a décidé de ne plus investir un sou dans la publicité sur le site (celle que vous voyez sur le côté droit). Pourquoi? Parce que cela a très peu d’effet sur les gens qu’il vise.

On s’en doutait un peu!

Oh, ma tante vient d’ajouter de belles photos de ses chatons sur sa page Facebook! Tiens? Une pub de GM! Je clique, j’achète!

GM n’est pas un joueur de poker. Troisième plus grand annonceur au pays de l’Oncle Sam, quand il dit que ça ne vaut pas la chandelle, ça ne vaut pas la chandelle. GM ira investir ses 10 millions ailleurs.

L’article du WSJ rapporte aussi que plusieurs autres compagnies émettent des doutes sur la valeur de cet investissement publicitaire sur Facebook. PCWorld ajoute même que les publicités sur Google sont 10 fois plus efficaces que celles de Facebook.

La bourse ou l’avis (de GM)

Pour Facebook, c’est un coup dur : le modèle de la publicité reste un pilier important de sa stratégie de valorisation boursière. Est-ce que la sortie de GM aura un impact sur le cours des actions de Facebook?

Bien sûr, GM ne vend pas exactement des produits qu’on achète de façon impulsive. Mais cela montre à quel point, même si la plateforme possède près de 1 milliard d’abonnés, Facebook n’est pas nécessairement l’eldorado pour tous.

« Placer de la publicité » ne semble pas marcher très bien dans le contexte des médias sociaux. Que GM conserve tout de même ses pages Facebook signifie bien que la plateforme lui est encore utile. Y gagner l’attention de l’auditoire se joue d’une tout autre façon… Le modèle de la publicité perd des plumes face à un véritable travail de fond sur les médias sociaux, où le mot « social » est plus important que « média ».

Plus d’un marketeur au Webcom est sûrement en train de penser la même chose.

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Les imprimantes 3D pour la maison sont maintenant abordables. Pour 500 $, on peut acheter le Solidoodle et fabriquer ses propres objets en plastique.

Jusqu’à tout récemment, une imprimante 3D coûtait de 1200 $ à 2000 $!

Qui a besoin d’une imprimante 3D?

  • Les artistes en arts visuels ou les architectes qui veulent présenter des maquettes.
  • Les artisans qui veulent avoir un prototype de leurs produits (figurines, tasses, modèles, etc.).
  • Les parents qui veulent fabriquer de petits jouets, des pièces ou des figurines pour leurs enfants.
  • N’importe quel bricoleur, finalement, qui a besoin  d’une pièce sur mesure pour réparer quelque chose.

Comment ça marche?

Les objets à fabriquer doivent être de petite taille (un cube de 6 pouces de chaque côté dans le cas du Solidoodle).

On envoie un fichier électronique à l’imprimante (un plan en 3D) et elle fait le reste. La tête de l’imprimante 3D dépose de minuscules gouttes de polymère, par épaisseur de 0,3 mm, et l’objet est fabriqué par couches successives.

Le Solidoodle utilise des filaments ABS, mais, éventuellement, des imprimantes abordables verront le jour pour d’autres types de matériau (aluminium, métal, céramique, plâtre, etc.). Déjà, des « fab lab », des ateliers où l’on met à la disposition du public ces types de machines, mais industrielles, permettent de fabriquer des objets plus grands à peu de frais.

Si vous maîtrisez les logiciels 3D, ce ne sera pas compliqué pour vous de fabriquer des plans. Pour les autres, il existe des plans, gratuits, accessibles en ligne.

La liste des plans d’objets offerts peut vous sembler anecdotique aujourd’hui, mais dans quelques années, vous verrez, il y aura bien quelque chose qui vous plaira!

Quelles objets peut-on fabriquer?

Cliquez sur l’image pour avoir plus de détails.

Soucoupe à oeuf

Moule à chocolat

Jeu Connect Four

Porte-sacs

Téléphone iPhone

Pièces de plomberie

 

L’univers des objets en expansion accélérée

Et le plus extraordinaire là-dedans c’est que, de la même façon qu’on a vu un partage sans limites de l’information dans la dernière décennie, on verra apparaître des plans 3D pour toutes sortes de choses, faites par des passionnés, uniquement dans le but de rendre accessible leur réalisation.

Le choc qu’ont subi les médias avec le web se répétera dans l’industrie des objets manufacturés…

Martin Lessard#RadioLondres : le code secret des élections

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 publié le 8 mai 2012 à 12 h 19
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Durant les présidentielles en France, un curieux mot-clic a circulé : #RadioLondres. C’était le délire : plus de 4000 tweets à l’heure!

Des internautes français rusés ont tweeté les résultats avant l’heure légale sous cette forme inédite.

Or, un peu comme ici au pays, la loi française interdit la diffusion de sondages ou des résultats partiels avant la clôture des bureaux de vote (pour éviter qu’ils n’influencent les électeurs).

Et cette loi inclut aussi Internet. Mais sur Twitter, durant l’élection française de dimanche, les résultats circulaient, accessibles à qui savait les décoder.

Les Français twittent aux Français

La vraie Radio Londres, durant la Seconde Guerre mondiale, était destiné à transmettre des messages codés aux résistants français. On connaît tous les fameux vers de Verlaine, « les sanglots longs des violons de l’automne« , qui ont donné le signal du débarquement de 1944.

#RadioLondres, plus modeste, est un mot-clic utilisé par les internautes durant le jour de vote (au premier et second tour) pour signifier que leur message était codé. Les messages indiquaient des estimations des résultats officiels à venir.

« Poulet sorti du four avant la fin de la cuisson. Température de la cuisse gauche : 54 °C. Côté droit, les carottes sont cuites. »

« En Martinique le rhum hongrois n’est distillé qu‘à moins de 32 degrés alors que le hollandais est + de 68 degrés. »

« #Lesaviezvous Les Pays-Bas seraient la destination préférée de près de 63 % des Français des DOM-TOM. #radiolondres »

Et bien sûr, l’humour était au rendez-vous :

« On me signale qu’une calèche hongroise vient d‘être arrêtée à Varennes… »

Une allusion à la fuite de la famille royale lors de la Révolution française de 1789.

Qui peut arrêter une foule?

N’allez pas croire que tout sur #RadioLondres était véridique, loin de là. C’était plutôt la foire, et bien malin celui qui pouvait facilement deviner quels étaient les vrais résultats.

Mais l’exercice montrait bien le besoin de réformer une loi qui date d’un autre temps.

Que peut faire la loi quand des messages de recettes de gâteau contiennent les résultats avant l’heure légale de divulgation? Doit-on donner une amende à ceux qui utilisent un mot-clic réputé pour contourner la loi?

Bien sûr, la source du problème provient de l’existence même des ces sondages. Sans ces résultats, nul besoin de dire que #RadioLondres n’aurait rien eu à se mettre sous la dent.

Twitter, agent de démocratie?

Pour la France, ce sont les pays limitrophes qui créent une pression en divulguant les sondages avant l’heure. Au Canada, c’est le décalage horaire qui permet aux résultats partiels de circuler.

En janvier dernier, le gouvernement Harper a annoncé qu’il présentera un projet de loi visant à supprimer les articles de la Loi électorale du Canada interdisant la diffusion prématurée de résultats du scrutin.

Élections Canada appuie l’idée de modifier la loi :

« [L]’utilisation croissante des médias sociaux remet en question non seulement l’aspect pratique de la loi, mais aussi son utilité dans un monde où la distinction entre les communications privées et publiques s’érode rapidement. » (source)

#RadioLondres a été la démonstration hilarante qu’il vaudrait mieux réformer cette loi que de tenter de la faire sévir à l’heure où tout le monde est devenu un média.

(photo Kangrex)

Martin LessardCe que signifie la chute de Branchez-vous!

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 publié le 3 mai 2012 à 15 h 07
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Branchez-vous! (BV), le premier portail techno québécois indépendant, a passé l’arme à gauche hier. Ainsi en a décidé Rogers Media.

La chute de BV envoie le signal de la fin de la récré dans le créneau de la production de contenu à faible valeur ajoutée. Il ne semble plus y avoir de place pour tout le monde dans ce créneau. Or, un gros joueur vient de débarquer au pays. BV est probablement la première victime du Huffington Post.

« Malheureusement, les sites qui sont des joueurs solitaires ne font plus partie de la stratégie », précise la porte-parole de Rogers Media, sur Argent.

Qui pleura la disparition de Branchez-Vous?

« Je n’écrirai plus dans Branchez-vous. Le portail vendu à Rogers il y a deux ans a fermé ses portes sans préavis hier vers 14 heures. Je l’ai appris sur Twitter », raconte Pascal Henrard, chroniqueur à Branchez-vous depuis 7 ans.

« BV c’était souvent n’importe quoi, mais aussi un (petit) salaire pour des pigistes (parfois) très bons », lance Geneviève Lefebvre, auteure de Chroniques blondes et ChezJules.tv.

« Branchez-vous c’était aussi beaucoup de textes repiqués des grands médias, parfois sans attribution. Je ne pleurerai pas pour ça », écrivait hier Nathalie Collard de La Presse sur Twitter.

BV était la première plateforme qui était indépendante des grands groupes médiatiques à ses débuts. Même s’il n’a jamais réussi à vraiment prendre la première place, il faisait figure de pionnier dans le milieu. Bien sûr, le contenu était à moitié repiqué des autres médias (dixit son fondateur), mais c’était, au début, la plateforme qui a tenté de faire découvrir Internet aux Québécois (d’où son nom en forme d’impératif).

La vraie question est de savoir si oui ou non la disparition de BV va générer un vide sur le web.

Combat dans un créneau limité

Retrancher ce que vous voulez au web, ça ne sera toujours qu’une goutte d’eau qu’on enlève à l’océan. BV disparaît? Huffington le remplace.

L’attention des lecteurs est aujourd’hui captée par les réseaux sociaux numériques. Par la « conversation », par les échanges, les lecteurs sentent qu’ils participent à une certaine construction de l’information. Et c’est par le partage que se fait ou se défait une audience.

« La seule chose qui distinguait Branchez-vous! d’un site complètement anonyme était ses blogueurs. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas de gros noms pour attirer les lecteurs, qu’ils n’avaient pratiquement aucune visibilité (saviez-vous que Gérald Larose avait un blogue sur Branchez-vous?) et qu’ils n’étaient jamais cités dans les médias électroniques (même dans les médias sociaux, je voyais rarement leurs propos être repris ou cités. Problème). » précise Nathalie Collard dans son billet.

Dans le tsunami permanent de contenu qu’est devenu Internet, ce n’est plus « publier ou périr », mais « être retweeté ou périr ». C’est l’effet épileptique auprès des médias sociaux qui compte pour les propriétaires de plateforme.

Direction les limbes

Doit-on accepter pour autant que tous les contenus de BV disparaissent? Les archives nationales du Québec ne devraient-elles pas se porter acquéreuses des contenus de BV pour la postérité? C’est ce que demandait ce matin Michelle Blanc, auteure et blogueuse.

À moins de conserver les URL d’origine, tout transférer BV sur un autre serveur (ou pire, sur un disque dur) correspond à tout perdre dans les faits pour le commun des mortels. BV se retrouvera dans une sorte de limbes pour archivistes, pour témoigner d’une décennie qui a vu la montée en puissance du web dans toute la société (ça équivaut bien aux relations écrites des jésuites au début de la colonie!).

En tombant dans ces limbes, BV ne restera plus que le souvenir d’une tentative de combattre la surabondance de l’information par la production d’encore plus de contenu. Voyons maintenant comment les autres réussiront à s’en sortir…

Martin LessardGoogle et le vol de données WiFi

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 publié le 30 avril 2012 à 14 h 58
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Google a rendu accessible le rapport du FCC, le bureau fédéral américain des communications, concernant l’enquête sur les voitures de Google Street View qui captaient les signaux WiFi des résidences.

En 2010, le pot au rose est sorti quand les Européens ont découvert que Google collectait des informations sur les réseaux WiFi ouverts en même temps qu’elle photographiait le quartier pour son célèbre service de cartographie.

À cette époque, Google prétendait que c’était une erreur et qu’elle n’avait jamais eu l’intention de colliger quelques données que ce soit.

Google Street View

Sésame, ouvre-toi

Un réseau WiFi ouvert est un réseau qui ne chiffre pas les communications qui y ont lieu. En ayant les appareils et les logiciels adéquats, il y a moyen de capturer et de décoder facilement ce qui y circule (courriel, mots de passe, etc.)

Or, à la lecture du rapport, on voit bien que ce ne pouvait pas être une erreur de la part de Google. Plusieurs codeurs sont passés à tour de rôle dans le programme de captation de données; ce n’était donc pas un coup d’un ingénieur isolé. Malgré les dires répétés de Google, le rapport montre que les données emmagasinées étaient destinées à une analyse ultérieure.

« Nous enregistrons les signaux WiFi pour trianguler la position d’un utilisateur [au moment du passage de la voiture] et aussi ses données qui y circulent. »

Pour quelles raisons? Nul ne le sait. Les supérieurs des ingénieurs à la base de ce projet de collecte disent n’avoir pas vraiment lu le document de recherche avant de l’approuver. Pour plus de détails, consulter le blogue de Zorgloob ou le New York Times.

(cc) Lyudagreen

Ce géant qui vous veut du bien

Connaissant les ambitions démesurées du géant de Mountain View d’avoir toutes les informations du monde entier, les données personnelles sont son prochain eldorado.

La question de la vie privée à l’ère numérique donne bien du fil à retordre. D’un côté, on cherche à ne pas se faire espionner par les voitures de Google, mais de l’autre côté, on va mettre tous ses fichiers personnels sur leurs serveurs (voir l’article de Laurent sur Google Drive).

Les avantages du numérique d’un Internet omniprésent semblent dépasser les inconvénients d’une perte de vie privée. Ne pas participer à la vague numérique est-il une solution viable, alors que tous les services migrent en ligne? Vie privée, vie recluse?

Il est bien difficile de ne pas suivre. Commençons par verrouiller nos réseaux WiFi à la maison…