La popularité d’Instagram est loin de se démentir. Cette application pour iOS (la version Android est toujours en développement) permet de mettre un filtre sur les photos prises avec notre iPhone, puis de les partager à son réseau. Laurent en a parlé en détail en janvier 2011 dans son billet « Instagram : rien ne sert d’écrire, seulement faire la mise au point ». Instagram n’est plus seulement utilisé par ceux qui l’ont adopté de façon précoce : l’équipe de Barack Obama publie avec des moments de la campagne présidentielle, et l’Académie l’a utilisé pendant le gala des Oscars, comme je le mentionnais dans mon billet « Les Oscars et les médias sociaux ».
Au Québec, de plus en plus de réalisateurs s’en servent, comme Francis Leclerc (Mémoires affectives, Apparences), Podz (Les sept jours du talion, 19-2) ou Jean-François Rivard (Les Invincibles). Ce dernier me disait justement qu’Instagram lui avait redonné le goût de faire de la photo. « J’ai ressorti mon appareil et j’essaie de faire de bonnes photos sans tous les filtres que nos téléphones nous offrent. » Avec Instagram, il s’amuse à faire des mises en scène créatives avec des poupées et des figurines. « J’aime cette application, car elle me permet de voir en un cliché le point de vue de quelqu’un, au lieu d’un statut Facebook qui m’informe de ce que la personne fait ou de ce qu’elle mange. Reste que sur Instagram, il y a aussi des gens qui publient des photos de ce qu’ils mangent… et ça m’ennuie. »
Évidemment, comme tout réseau social, sa pertinence dépend de qui l’on suit. Il vaut mieux trouver des gens qui ont les mêmes intérêts plutôt que de suivre systématiquement nos amis et connaissances.
Le troisième Rallye Instagram

En août dernier, Laurent a publié le billet « Rallye Instagram : le festival des photos filtrées ». Le rallye a pris de l’ampleur, et sa troisième édition commence ce samedi. L’instigatrice de cet événement populaire est Marie-Claude Beaulieu, directrice de production à La Cavalerie, une agence de publicité. En utilisant Instagram, elle s’est rappelé des rallyes photo auxquels ses amis avaient participé. Alors, elle s’est dit qu’un rallye virtuel serait intéressant. Elle l’a proposé à des utilisateurs québécois d’Instagram. Rapidement, plusieurs ont souhaité participer et ont partagé l’information dans leur réseau. Ce qui devait se faire à petite échelle est rapidement devenu un événement attendu. « Lors du premier rallye, il y a eu environ 20 équipes de 2. Lors du deuxième, on était 30 équipes de 2. Pour ce troisième rallye, on compte un peu plus de 40 équipes de 2 », précise Marie-Claude Beaulieu. Elle pense toutefois à l’avenir s’en tenir à un maximum de 50 équipes, sinon « ce serait trop gros à suivre, moins drôle et moins participatif. Là, il y a quelque chose de familial, même si c’est plein de gens qui ne se connaissent pas ». En effet, puisque tout se fait virtuellement, peu importe où on habite au Québec, on peut participer.
Puisque plusieurs prix sont décernés (certains par les participants, d’autres par des photographes professionnels), on demande maintenant à chaque participant de payer des frais d’inscription de 5 $. « Je pourrais toujours chercher des commanditaires, mais je manque un peu de temps », avoue Marie-Claude Beaulieu, qui organise le rallye pendant son temps libre et qui choisit les dates de l’événement selon son agenda. « Véronique Boisjoky et Marie Charest m’aident beaucoup. Ce n’est pas soi qui fait tout, surtout cette année », tient-elle à préciser.
Cette fois, parmi les participants, on trouve plusieurs réalisateurs, tous des adeptes d’Instagram : Francis Leclerc, Jean-François Rivard, Jean-François Asselin, Rafaël Ouellet et Podz.
« C’est ma deuxième participation au rallye, explique Jean-François Rivard. J’aime l’idée d’une compétition artistique et amicale. Je trouve que c’est un beau défi créatif de faire 30 photos en 9 jours sur des thèmes précis. Ça garde le cerveau en forme. »
Marie-Claude Beaulieu avoue ne pas trop savoir pourquoi ce rallye est devenu aussi populaire. « Peut-être parce que ce sont les participants qui votent à la fin pour décerner la majeure partie des prix. Il y a également un prix hommage (l’an dernier, il a été décerné aux Invincibles), et un ami photographe vote pour l’esthétisme sans connaître le nom des participants. Les soirées de remise des prix (il y en a une à Montréal et une à Québec) permettent aux gens de se rencontrer. Une espèce de communauté du rallye est ainsi née. »
Pour suivre le rallye
- Le rallye commence donc ce samedi avec le dévoilement des 30 catégories. Par la suite, les équipes auront 9 jours pour réaliser leurs œuvres en respectant les règles énoncées sur l’événement Facebook.
- Les participants devront accompagner chaque photo publiée par 3 mots clics : leur nom d’équipe, le mot clic de la catégorie et le mot clic officiel du rallye (#ri3).
- Le nom de toutes les équipes et leurs noms d’usagers Instagram se trouvent sur la page Facebook du rallye.
- Les utilisateurs d’Instagram peuvent suivre les participants ou le mot clic #ri3 directement dans l’application ou l’interface web Inkstagram
- Les non-utilisateurs d’Instagram peuvent suivre le mot clic #ri3 en utilisant l’interface web Gramfeed.
Laurent et moi participeront d’ailleurs au rallye cette année, mais pas dans la même équipe.
Voici des photos prises lors du dernier rallye :
Le thème famille, photo de Maxime Gagnon de l’équipe MatetMax, gagnante du deuxième rallye, prix décerné par le public

Le thème Steve Jobs, photo de Véronique Boisjoly de l’équipe Lesinstamoms

Le thème Joyeux Noël, photo de Mélyssa Dubois, de l’équipe Lucky Living, gagnante du deuxième rallye, prix décerné par François Roy, photographe à La Presse
