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Nadia Seraiocco

Twitter TV tel que vu par Venture Beat

On ne s’étonne plus de l’intrusion de plus en plus fréquente de contenus publicitaires sur les réseaux sociaux les plus populaires. Pourtant, l’annonce de l’ajout de vidéos publicitaires sur Facebook ou encore de clips promotionnels d’émissions ou de films sur Twitter en fera sourciller plusieurs. Du côté de Facebook, on promettait hier qu’on respecterait les limites des utilisateurs.

1 million de dollars pour diffuser une vidéo sur Facebook

Le programme de publicités vidéo de Facebook est attendu pour l’été prochain et devrait représenter de très bons revenus pour la compagnie. En ce moment, Facebook négocierait avec plusieurs agences afin de sceller quelques partenariats publicitaires en vue de commencer la diffusion des vidéos en juin ou en juillet. Soyez rassurés, Mark Zuckerberg jure que chaque utilisateur ne verra jamais plus de trois vidéos par jour sur son fil de nouvelles. Pour certains, c’est déjà trop.

Il faut savoir que lorsqu’un client paye 1 million de dollars pour diffuser une vidéo, il faut qu’elle soit vue. Or, pas question pour les utilisateurs de choisir quels contenus ils souhaitent voir : les vidéos de 15 secondes démarrent qu’on le souhaite ou non. Selon Business Insider, l’idée est d’aller chercher des revenus dans le même bassin que celui dévolu à la publicité télé. On en revient donc au modèle de la publicité intrusive, qu’on croyait révolu avec les réseaux sociaux.

Des clips d’émissions ou de films sur Twitter

Le modèle que propose Twitter est un peu différent. De toute évidence, le réseau social souhaite aussi augmenter ses revenus publicitaires, mais alors que Facebook est parmi les sites où l’on passe le plus de temps, Twitter, en ajoutant des vidéos, espère aussi que ses utilisateurs passeront plus de temps sur son site. La démarche est en ce sens un peu différente, et les contenus qui seront diffusés le sont aussi. En négociant avec Viacom, le conglomérat qui possède entre autres les chaînes MTV, CMT, Comedy Central et Paramount Pictures (la liste complète est ici), Twitter souhaite ajouter des clips d’information et de divertissement, auxquels pourra être ajoutée de la publicité.

Il faut savoir qu’en 2007, Viacom avait poursuivi Google et YouTube pour contrefaçon. Or, ce partenariat avec Twitter est peut-être une manière de reprendre du terrain dans le secteur du visionnement de clips.

Twitter inventera-t-il un nouveau modèle pendant que Facebook copie la télé?

Bien qu’évidemment présenté ainsi, le modèle promu par Twitter semble plus novateur et intéressant pour l’utilisateur que celui développé par Facebook. D’autant plus que le lien entre Twitter et la télé est de plus en plus fort (voir le site de Seevibes à ce propos). Facebook, sans grande surprise, semble une fois de plus prendre la voie de la publicité plus traditionnelle et s’éloigne de plus en plus d’un modèle innovant qui utiliserait les forces des réseaux sociaux.

Il faudra donc surveiller l’implantation de ces deux projets d’intégration de la vidéo. Je peux déjà imaginer les hauts cris qui se feront entendre quand celui de Facebook démarrera!

Sources :

Bloomberg : « Twitter said to seek deals with Viacom, NBC to feature TV »

The Verge : « Facebook thinks you might like up to three video ads in your  news feed everyday »

 

 

Martin Lessard

Twitter a fait l’acquisition de Bluefin Labs. Les lecteurs de Triplex connaissent bien Seevibes dont on a parlé à plusieurs reprises dans ce blogue. Eh bien, Bluefin Labs est le Seevibes américain : c’est une firme qui offre des solutions d’analyse et de valorisation de l’audience sociale de la télévision pour les diffuseurs et les agences média. (Lire mon billet La revanche de la télé sur Internet, ou bien l’inverse?)

Avec la mesure en ligne, les publicitaires et les télédiffuseurs peuvent connaître ce qui se dit sur Twitter ou Facebook durant la diffusion des émissions de télévision.

Après un partenariat avec Nielsen, spécialiste de la mesure d’audience, Twitter développe encore davantage son aspect « télévision sociale« , terme consacré pour exprimer l’arrimage de la télévision et des médias sociaux.

Laurent Maisonnave, de Seevibes, à Montréal, ajoute : « Pour les derniers qui n’étaient pas encore convaincus, [ça] démontre la valeur et l’intérêt pour l’industrie des médias et de la publicité d’avoir des chiffres sur lesquels négocier la valeur de l’audience sociale. »

La socialisation autour des contenus télévisuels ne date pas des médias sociaux. Les échanges existaient déjà quand on regardait une émission en famille, mais d’une expérience privée, les médias sociaux en font maintenant une expérience collective.

La force du mot-clé

Twitter est, avec Facebook, la plateforme la plus utilisée pour permettre aux téléphages d’échanger leurs commentaires durant une émission.

C’est ce qui est appelé le « deuxième écran » : les gens utilisent leur cellulaire, leur ordinateur portable ou leur iPad pour faire des commentaires sur ce qu’ils voient, sachant que d’autres personnes écoutent la même chose qu’eux. (Lire le billet de Nadia Écouter la télé en consultant son téléphone : la tendance se confirme.)

Vous avez sûrement croisé récemment un #SuperBowl, un #canadien ou un #tlmep sur Twitter? Eh bien, c’est ça.

Selon Bluefin, il y a eu 30,6 millions de mentions du Super Bowl dimanche dernier. Il y en avait 12,2 millions l’an passé pour le même événement. S’il y a un signe que le second écran devient réellement significatif dans la consommation télévisuelle, c’est celui-là.

Twitter en tête du deuxième écran?

L’arrimage entre la télévision me semble plus fort avec Twitter à mon avis. Il est plus facile de trouver des amateurs de votre émission favorite sur Twitter que sur Facebook. Sur Facebook, vos proches n’aiment pas nécessairement la même émission que vous. Sur Twitter, il suffit de retrouver un mot-clé pour se trouver dans une foule qui adore la même chose que vous.

Twitter et la télévision partagent le même goût du temps réel. Ils s’alimentent mutuellement. Ceux qui ont regardé la première émission de la nouvelle saison 19-2 le savent. Le « deuxième écran » fait partie de plus en plus des habitudes d’écoute et Twitter l’a bien compris en faisant l’acquisition de Bluefin. Twitter cherchait un moyen de rentabiliser sa plateforme. Voilà probablement un pas dans cette direction.

Avec cet outil, Twitter sera en mesure de prendre une position dominante sur la « télévision sociale », car il peut maintenant aller voir les annonceurs et les diffuseurs et leur dire ce qui marche ou non auprès de l’audience. La somme de tous nos petits tweets forme un ensemble beaucoup plus parlant qu’on ne le croit.

L’acquisition de Bluefin par Twitter montre que ce dernier se positionne fermement sur le terrain du divertissement et de l’événementiel. Attendez-vous bientôt à voir votre flux Twitter être davantage pollué de mots-clés reliés au monde de la télévision et du sport. C’est là que se trouve l’argent…

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Il n’y a plus de doute possible, pour ceux qui en auraient encore, la télévision a bien réussi son arrimage avec les médias sociaux avec ce qu’il est convenu d’appeler le « second écran ».

Nadia nous rappelait cet été que plus de la moitié des adultes qui possèdent un téléphone mobile l’utilisent en écoutant la télé. Ils l’utilisent soit pour se distraire pendant les pauses publicitaires, soit pour vérifier les informations qui circulent à la télévision, ou encore pour commenter l’émission en direct.

Gina avait déjà expliqué, ici et ici sur Triplex, le phénomène de la « télévision sociale », expression consacrée pour décrire plus précisément les échanges sur les réseaux entourant la diffusion d’une émission. Elle citait le fondateur de Seevibes, Laurent Maisonnave, installé à Montréal, qui disait que « c’est la revanche de la télé sur Internet. »

Pour mesurer l’audience dans les médias sociaux, c’est Seevibes qui bat la mesure dans l’industrie de la télévision canadienne. La firme affiche le palmarès (francophone, anglophone, à la grandeur du pays) des émissions qui obtiennent le plus haut niveau d’interactions de la part des téléspectateurs sur les réseaux sociaux. Voyons voir.

Classement Seevibes

Le classement de Seevibes donne l’indice de popularité des émissions tel qu’exprimé sur les réseaux sociaux.

Voyons une partie du palmarès de la semaine du 16 au 22 septembre que Laurent Maisonnave m’a fait parvenir, à ma demande, pour le marché francophone au Québec et qui est normalement donné à ses clients seulement :

On voit dans le tableau ci-dessus que la télé de Radio-Canada, globalement, vient en tête. Par contre, en ce qui concerne les émissions individuelles, c’est plutôt V et TVA qui dominent, comme on le voit dans le tableau ci-dessous :

On constate que ce ne sont pas nécessairement les émissions auxquelles on pourrait s’attendre. Les habitudes d’écoute passive ne concordent pas nécessairement avec les habitudes des internautes télévores. La « télévision sociale » a un public distinct de la télévision traditionnelle.

Côté câblodiffuseur

Les trois premiers canaux du palmarès câblo de Seevibes sont Musique Plus, RDS et Casa, et suivent ensuite, dans l’ordre, ARTV, RDI et TV5.

D’une émission à l’autre, le second écran passe soit par Facebook, soit par Twitter dans des proportions très variées. Par exemple, dans le tableau suivant, les deux premières émissions du palmarès hebdomadaire sur le câble québécois francophone ont soit une interaction quasi exclusive sur Twitter, soit presque entièrement sur Facebook.

Laurent Maisonnave explique ces grandes différences par le type de stratégies des diffuseurs.

Radio-Canada privilégierait en général Twitter, et TVA, Facebook. Mais le type d’émission influence aussi le canal par lequel les téléspectateurs s’interpellent. Une émission en direct ou une téléréalité semble mieux se porter sur Twitter. Facebook, dit-il, se prête mieux, à l’inverse, à des conversations asynchrones.

On peut comprendre. Gazouiller 140 caractères permet de ne pas perdre le fil de l’émission, alors qu’un long commentaire sur Facebook peut demander plus de concentration et certains peuvent souhaiter le faire après l’émission.

Une symbiose se développe entre certaines émissions télé et les internautes. Les interactions de ces derniers sont probablement la meilleure publicité qu’une émission puisse avoir.

Les possibilités du second écran

Laurent Maisonnave est un homme occupé. C’est lui qui va animer dans deux semaines le Social TV Boot Camp au Mipcom à Cannes, la Mecque du marché de la télévision (et où le Canada est le pays à l’honneur cette année). Seevibes et son concurrent américain Bluefin Labs font partie des références mondiales dans le domaine de la mesure d’audience télévisuelle sur les médias sociaux.

Cette « télévision sociale » semble prendre de l’ampleur, car il est bien sûr question de gros sous ici. La manne publicitaire qui se tourne de plus en plus vers Internet fait mal aux télédiffuseurs. En montrant ainsi que ces internautes sont aussi devant les écrans de télé, ils peuvent espérer retenir les annonceurs.

Ceux qui sont intéressés par ce domaine peuvent inscrire dans leur agenda au 28 novembre prochain l’événement Le 2e écran en télévision – la nouvelle interactivité, organisé par le Groupe Évolumédia de Gilbert Ouellette à la Grande Bibliothèque de Montréal où conférenciers, présentateurs et panélistes du Québec (dont Laurent Maisonnave), du Canada, des États-Unis et de l’Europe seront présents pour parler de la monétisation des contenus, des médias sociaux et des possibilités du second écran.

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Nadia Seraiocco

La famille de 1958 réunie autour du petit écran de son salon. Sur Wikimedia, par Evert F. Baumgardner

C’est le temps des vacances et peut-être, depuis l’avènement du mobile qui donne le don d’ubiquité, ressentez-vous une envie encore plus marquée de décrocher. La peur de manquer quelque chose, ou le FOMO (de fear of missing out), nous rend souvent esclaves du web, au point où ce qui se passe devant nous doit faire l’objet d’un commentaire sur les réseaux sociaux. Plusieurs de nos commensaux, à l’heure des repas, pourraient alors nous rappeler l’inélégance de notre comportement, voire de notre déficit d’attention à leur égard. Pour vous consoler un peu, sachez que les accros au mobile écoutent même la télé avec leur téléphone intelligent en main…

Quand l’écran de télé ne suffit plus : jongler avec deux écrans ou plus

Selon une étude récente menée par le Pew Research Institute, plus de la moitié des adultes qui possèdent un téléphone mobile, soit 52 %, l’utilisent en écoutant la télé. Ceux qui ne sont pas adeptes de la chose me demanderont : « Mais pourquoi? » Eh bien, pour 38 % de ces consommateurs avides de médias, le téléphone sert à les distraire pendant les pauses publicitaires. Ils prennent leurs messages textes et surfent sur leur téléphone intelligent. Les plus sceptiques, une catégorie qui regroupe 22 % des personnes ayant participé à l’étude, ont leur téléphone en main afin de vérifier les informations qui circulent à la télé. Un petit pourcentage des téléspectateurs (6 %) de cette étude garde le téléphone en main pour voter pour ses candidats préférés dans les émissions de type concours.

Un comportement plus lié à l’âge qu’au sexe

Enfin un domaine ou l’égalité entre hommes et femmes n’est pas contestable! Autant d’hommes que de femmes se promènent le téléphone cellulaire soudé à la main. Quand on parle d’âge, toutefois, vous ne serez pas étonné de lire que les 18-24 ans sont quelque 80 % à écouter la télé cellulaire en main, pourcentage qui baisse à 72 % chez les 25-34 ans et qui diminue encore de 12 % dans le groupe des 35-44 ans.

La télévision sociale à portée de la main, littéralement…

Sur le blogue de Seevibes, une compagnie sise à Montréal, j’ai trouvé un billet de blogue qui faisait état des événements télévisés de 2011-2012 les plus « twittés ». Dans cette liste figurent, faut-il s’en étonner, le Super Bowl, le spectacle de Madonna à la mi-temps du même match et l’Euro 2012. C’est aussi sur ce blogue que j’ai trouvé une autre preuve de l’existence des écrans multiples dans une même pièce. Selon une étude menée par ces spécialistes, le téléphone pendant qu’on écoute la télé, c’est bien, mais la tablette numérique, c’est encore mieux! Et c’est cet appareil qu’on utiliserait de plus en plus pour ajouter du piment à l’expérience de la télé.

Plusieurs émissions de télévision « animent » maintenant leur communauté en ligne pendant leur diffusion (pensons au succès de Tout le monde en parle ou d’Un souper presque parfait). Il n’y a donc qu’un pas à faire pour ajouter des contenus complémentaires aux émissions accessibles par le biais d’applications mobiles.

Autre article sur ce sujet :

More Americans on their phones while watching tv

Nadia Seraiocco

Crédit photo : Ariel Garten, par Interaxon.ca

Dans mon plus récent billet, je vous ai donné un aperçu du type d’invités que Montréal s’apprêtait à recevoir. Si des activités du volet pré-Connect 2012 ont déjà lieu, cette semaine faste s’amorcera demain avec Boule de cristal, suivi mercredi de Webcom puis, jeudi, de Mixmédias. Je vous propose mes choix, qui ne sont que des suggestions dans cette manne…

Boule de cristal se présente comme l’événement en TI, et pour cette neuvième édition, la gestion de données sera au cœur de toutes les présentations, déclinée en différents thèmes : la visualisation, la gestion, l’innovation, l’exploitation et l’infonuagique. Des quelque 20 conférenciers, je ne manquerai pas Gordon Bell, chercheur principal pour Microsoft, et Ariel Garten, CEO de Interaxon, que l’on surnomme Brain Guru et qui fera une présentation ayant pour thème le contrôle des ordinateurs par le cerveau, mais tout en laissant le cœur parler. Beaucoup de présentations démystifieront certains aspects de l’infonuagique, dont celle de Mac Devine, directeur technique du Cloud Portfolio pour IBM Global Technology Services.

Le lendemain à Webcom, on parlera de marketing et de stratégies numériques, bien évidemment par le biais du cybercommerce et des réseaux sociaux. Bertrand Duperrin, conseiller à NextModernity, expliquera « Comment améliorer l’efficacité quotidienne grâce aux principes de l’entreprise 2.0 appliqués aux flux de travail », un sujet qui intéressera les entreprises et apportera un autre point de vue quant à la place du 2.0 en entreprise. Pour cette douxième présentation, Webcom tient en parallèle un événement consacré au gouvernement 2.0. L’instigateur du récent rapport à ce sujet, le député libéral Henri-François Gautrin, ouvrira les conférences de la journée. Vous pourrez par ailleurs suivre ce pan de la programmation en direct sur le web.

Le jeudi 17 mai, Mixmédias Montréal se consacrera à l’état présent des contenus numériques en discutant de contenus, de webtélé, de télé connectée et de revenus. La directrice de la distribution, des ventes et des partenariats américains pour Google TV, Adrienne McCallister, livrera une conférence sur l’avenir de la télévision. La conférence de Richard Millington, directeur général de FeverBee et de The Pillar Summit, discutera du ROI (retour sur investissement) des communautés pour les entreprises et les médias. Quelques Montréalais qui ont ouvert la voie en matière de gestion des contenus web et de réflexion sur les médias seront de la partie, dont Michelle Blanc pour parler de monétisation des contenus, Laurent Maisonnave pour participer au panel sur la «Social TV» et les développements commerciaux qu’elle permet, et Craig Silverman, qui abordera la transition du papier au web.

Très souvent, les prix élevés de ces grandes conférences créent une impression d’inaccessibilité, or Boule de cristal et Webcom offrent une formule d’inscription sans frais pour les présentations de fin de journée, et Mixmédias offre l’événement Montréal Web Vidéo à un prix raisonnable.

Information complémentaire :

Le rapport Gautrin : Gouverner ensemble