Catherine MathysTéléphones : préférer la vitesse à la sécurité

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 publié le 22 mars 2016 à 13 h 44

Depuis plusieurs semaines, on voit Apple monter au front pour protéger nos données. En effet, vous avez sûrement entendu parler de cette demande du FBI qui souhaite qu’Apple mette au point un logiciel capable de déverrouiller les iPhone. La requête a été formulée pour accéder aux données contenues dans l’iPhone du tueur de San Bernardino. Maintenant, on apprend que le FBI pourrait accéder aux données sans passer par Apple.

Edward Snowden n’est pas surpris.

Every credible expert knew there were alternative means. That #FBI went so far on so little demonstrated a disregard of facts: bad faith.

— Edward Snowden (@Snowden) 22 mars 2016

Il semble donc que Tim Cook se soit battu pour rien. Pas seulement parce que le FBI n’avait finalement pas vraiment besoin de lui pour arriver à ses fins, mais surtout parce que la sécurité de nos données ne nous importe pas tant que ça, au fond.

La sécurité? Bof.

Un sondage Reuters et Ipsos, mené entre le 11 et le 16 mars auprès de 1703 Américains, indique qu’un seul Américain sur 10 estime que des questions de sécurité, comme le chiffrement des données ou la protection des mots de passe, sont le critère le plus important à l’achat d’un téléphone. C’est plutôt la performance et le prix qui intéressent les consommateurs.

Quand on leur pose la question de la confiance qu’ils accordent aux diverses grosses entreprises qui gèrent leurs données, Apple ne bénéficie pas d’une vague de sympathie, contrairement à ce qu’on aurait pu penser. Environ 60 % des répondants au sondage ont indiqué faire confiance à Apple pour la protection de leurs données. C’est le même résultat quand on pose la question à propos de Google, d’Amazon ou de Microsoft.

People gather at a small rally in support of Apple's refusal to help the FBI access the cell phone of a gunman involved in the killings of 14 people in San Bernardino, in Santa Monica

 

Les cancres : Facebook et Yahoo

Les deux entreprises auxquelles on semble accorder moins de confiance sont Facebook et Yahoo. Respectivement 39 % et 44 % des répondants font confiance à ces plateformes tentaculaires pour protéger leurs données. Il faut dire que, malgré le discours officiel de ces entreprises axé sur la sécurité, de nouvelles failles de sécurité font toujours surface. Voici la dernière en liste sur Facebook, trouvée par Anand Prakash, un chercheur en cybersécurité, qu’il a dévoilée dans un billet de blogue intitulé « Comment j’aurais pu pirater tous les comptes Facebook ».

Ce genre de publicité négative semble avoir des conséquences. Mais l’inverse n’est pas forcément vrai. La levée de boucliers d’Apple n’aura finalement pas eu un réel effet positif sur l’image de l’entreprise. La bataille médiatisée autour de la demande du FBI n’en aura pas fait une compagnie exemplaire à ce chapitre, aux yeux des consommateurs.

C’est Snowden qui doit être bien découragé qu’on accorde si peu d’importance à la sécurité de nos téléphones. La surveillance? Oui, et après?

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