Catherine MathysGoogle : les femmes en informatique à l’honneur

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 publié le 9 mars 2016 à 15 h 04

Ce samedi, la conférence Google’s Women Techmakers aura lieu pour la première fois à Montréal. Organisée par Laurence de Villers et Annie Caron en collaboration avec le GDG Android Montréal, elle réunira une quinzaine de présentateurs à l’École de technologie supérieure à Montréal.

D’où vient ce programme?

Women Techmakers est un programme créé par Google afin de souligner le talent des femmes dans le milieu de l’informatique.

Dans les deux dernières années, plus de 200 événements ont été tenus dans 52 pays dans le but de promouvoir le talent et la passion des femmes, d’augmenter leur visibilité dans la communauté et de permettre la création d’un réseau de contacts dans l’industrie des technologies.

La conférence de samedi est la seule offerte au Canada.

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Le problème du recrutement des femmes

J’ai voulu en savoir plus sur la genèse de l’événement. Les deux instigatrices, Annie Caron et Laurence de Villers, sont dans la vingtaine. La première est en train de terminer son bac en génie logiciel et la deuxième travaille comme développeuse de solution mobile depuis environ un an. C’est avec cette dernière que je me suis entretenue.

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« On aurait aimé avoir des modèles pour nous inspirer à étudier en informatique. Dans les deux cas, Annie et moi sommes tombées dans le domaine un peu par hasard et on trouvait qu’il n’y avait pas assez de filles en informatique ou en technologie de l’information. On a de la difficulté à comprendre pourquoi ça ne semble pas intéresser beaucoup les femmes.

Quand on fait nos choix de carrière, plus jeunes, personne ne nous mentionne que l’informatique peut être une option intéressante. Quand t’es bonne en mathématiques, on te dit de devenir comptable. Si t’es bonne en science, tu peux devenir médecin. C’est très bien. Mais pourquoi l’informatique n’est-elle jamais mentionnée? »

Le recrutement est certes un des défis. Les étudiantes demeurent sous-représentées dans certains domaines. Selon une étude datant de 2013, parmi les diplômés de 25 à 34 ans, la proportion de femmes était de 59 % en sciences et technologies, mais de 23 % en génie et de 30 % en mathématiques et sciences informatiques.

Ce qui est frappant dans cette étude, c’est qu’on y lit que les femmes sont systématiquement moins susceptibles que les hommes de choisir un programme en STGM (sciences, technologies, génie, mathématiques et sciences informatiques), peu importe leurs aptitudes en mathématiques.

« Parmi les femmes qui sont allées à l’université, 23 % de celles qui étaient classées dans les trois catégories supérieures de scores du PISA (programme international pour le suivi des acquis des élèves) (sur six) ont choisi un programme d’études en STGM, alors que c’était le cas de 39 % des hommes classés dans les trois catégories inférieures de scores du PISA. »

Un milieu de travail hostile?

Une fois les études terminées, quel genre de milieu de travail les femmes retrouvent-elles? J’ai posé la question à Laurence de Villers.

« Ce n’est pas juste un milieu d’hommes. Bien sûr, on est entouré majoritairement d’hommes dans notre travail, mais je ne vois pas pourquoi les femmes ne choisiraient pas ce domaine. Il n’y a pas de facteurs comme la force physique pour expliquer leur absence. Pas besoin de muscles pour faire de l’informatique. »

Laurence me mentionne qu’elle n’a jamais vécu de discrimination dans son travail en informatique ou dans ses stages. Mais elle sait que certaines perceptions sont tenaces. Elle se souvient, par exemple, d’un cas où elle travaillait comme technicienne dans un Bureau en gros, et un client a demandé à parler à un homme.

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« Mais dans le milieu des technologies comme tel, les gens souhaitent qu’il y ait plus de femmes. Je le ressens. Plus il y a de diversité en tout genre, mieux c’est pour une entreprise. »

Et elles sont là, les femmes

Annie Caron et Laurence de Villers veulent montrer que les femmes sont bel et bien présentes dans les technologies, mais encore faut-il savoir où les trouver. C’est pour le prouver que la conférence propose 17 présentations, pratiquement toutes animées par des femmes.

Les thèmes abordés tournent essentiellement autour de deux pôles, celui des affaires ou celui de la programmation. Vous trouverez par exemple Nancy Naluz, fondatrice de Ladies Learning Code à Montréal et développeuse au sein de Dynamo, ou encore Françoise Provencher, organisatrice des PyLadies Montréal et analyste de données pour Shopify. Mais il y a aussi la gestion des mégadonnées, l’analyse de données, la gestion de projets, l’ergonomie numérique et j’en passe.

Qu’ils soient présentés par un homme (oui, il y en a un) ou par une femme, les exposés de la conférence proviennent d’organisations qui tentent d’amener plus de femmes en informatique. C’était l’un des soucis des organisatrices. Cela dit, l’événement est bien sûr ouvert à tous, hommes et femmes.

Google’s Women Techmakers est une conférence que Laurence de Villers et Annie Caron souhaiteraient présenter à Montréal chaque année. Les billets pour l’événement de samedi sont en vente jusqu’au 10 mars, 11 h 30.

Pour plus d’informations et pour acheter des billets, vous pouvez visiter le site.

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