Catherine MathysQuand Google ne suffit pas : l’avenir de la recherche intelligente

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 publié le 12 février 2016 à 14 h 26

L’explosion de l’information publiée en ligne n’est pas un phénomène nouveau. Mais la constante progression amène de nouveaux défis, notamment celui de harnacher cette quantité phénoménale d’information. Chaque seconde, 29 000 gigaoctets d’informations sont publiés dans le monde, soit 2,5 exaoctets par jour, ce qui équivaut à 912,5 exaoctets par an. Si vous aimez faire une indigestion de chiffres (et que vous avez un peu de temps à perdre), vous pouvez vous amuser à regarder les chiffres bouger.

Toute cette information se complexifie et s’accumule de façon désordonnée de telle sorte que certaines entreprises se spécialisent dans le développement d’outils qui permettent de mieux chercher et digérer ce flux continu d’information trouvée sur le web.

C’est le cas de Darwin Ecosystem, une entreprise américaine fondée par Thierry Hubert en 2007, qui vient d’implanter sa division en recherche et développement à Montréal.

darwin

L’entreprise a mis au point une technologie capable de redonner du sens à de grandes quantités de données non organisées.

Un outil de recherche intelligent

D’ailleurs, Thierry Hubert s’est inspiré de la théorie du chaos, particulièrement le postulat de Lorenz, pour mettre au point son algorithme pour faire l’agrégation de l’information. Lorenz est ce scientifique américain qui est derrière la théorie de causalité de l’effet papillon, popularisée par la fameuse métaphore soulignant qu’« un seul battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut déclencher une tempête au Texas ». D’où le logo de l’entreprise Darwin Ecosystem, qui est un papillon.

Le postulat était celui de dire que dans un environnement fermé et dynamique, l’activité des éléments qui interagissent peut montrer des mouvements compréhensibles et prévisibles.

« J’ai pris le même postulat et j’ai dit qu’un autre environnement fermé est le cognitif humain. Les éléments en interaction dans le cognitif humain, c’est l’information. J’ai donc établi un algorithme de corrélation temporelle des flux d’information pour en extraire et en visualiser les mouvements. »

Au départ, l’entreprise aidait ses clients à détecter les anomalies, les mouvements, les modèles en place. D’ailleurs, Hubert s’était attaqué à la plateforme Twitter, en 2012. « Le grand problème de Twitter, c’est qu’ils investissent énormément sur le gain de popularité en première phase et en deuxième phase sur l’acquisition d’information, mais ne maîtrisaient absolument pas le concept de consommation d’information. »

L’évolution de DAO

L’équipe de Darwin a été invitée au Thomas Watson Research Center d’IBM à New York pour travailler avec les technologies SoftLayer et InfoSphere Streams. « C’était incroyable, on a ouvert le système et un de mes ingénieurs m’a dit : ‘Je viens de transposer une partie de l’algorithme et on gagne sur un facteur 1:170′. » Darwin est donc devenu partenaire d’IBM.

Maintenant, c’est un outil qui s’ouvre davantage au grand public que Darwin Ecosystem propose avec DAO (Darwin Awareness Optimizer). La clientèle naturelle de ce genre de technologies provient habituellement du domaine du marketing, ceux qui tentent de suivre l’évolution d’une marque, par exemple. Mais Hubert avait autre chose en tête.

« Plutôt que de cibler les spécialistes et les grosses organisations, on a décidé de créer des solutions à la portée de tout utilisateur pour changer la méthode dont il fait des recherches, dont il consomme l’information. »

En gros, l’algorithme de DAO peut passer en temps réel à travers toutes les données générées par une multitude de sources (des sites de nouvelles, des fils RSS, des réseaux sociaux) dans le but de compiler l’information trouvée par grappes de thèmes émergents, qui gravitent autour d’un mot-clé. Le résultat donne un portrait global d’un sujet, il permet de comprendre son contexte et de suivre son évolution.

Alors qu’une recherche normale dans Google vous donnera les réponses les plus populaires à une question donnée, avec DAO, vous pouvez également suivre la tendance que prend votre sujet de recherche. C’est ce que la plateforme appelle des missions. Vous pouvez en faire l’essai vous-même, les premières recherches sont gratuites pendant quelques semaines. L’outil est accessible depuis toutes les plateformes et l’abonnement de base vous coûtera 20 $ américains. Vous aurez ainsi droit à un total de 10 missions.

Est-ce l’avenir de la recherche en ligne?

 

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