Maxime JohnsonComment les voitures autonomes affrontent l’hiver

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 publié le 18 janvier 2016 à 12 h 43

hiver

Les voitures autonomes arrivent. Si les véhicules de Google, Ford, Mercedes et autres se débrouillent déjà assez bien lorsque les conditions routières sont parfaites, la chose est plus complexe l’hiver, lorsque la visibilité est réduite et que les chaussées enneigées cachent les lignes sur la chaussée. Ces défis ne sont toutefois pas insurmontables, estime le fabricant Ford, qui a profité du Salon de l’auto de Détroit la semaine dernière pour lever le voile sur ses tests hivernaux.

Conduire sur une route enneigée
ford autonome

Le principal défi de la conduite hivernale est celui des routes enneigées.

« Nos voitures autonomes possèdent des cartes 3D très détaillées et elles utilisent normalement la route pour savoir où elles se trouvent précisément sur ces cartes », explique Jim McBride, le directeur technique responsable de la conduite autonome chez Ford.

Les voitures autonomes de Ford sont équipées d’une multitude de capteurs, comme un GPS, des caméras et des lidars, une sorte de radar fonctionnant au laser. Pour se retrouver sur les cartes, les voitures n’utilisent pas de GPS, une technologie trop imprécise, mais principalement le lidar, qui permet de voir de façon très nette tout autour de l’automobile.

« On regarde la réflectivité de la chaussée avec un lidar, ce qui nous permet d’avoir une sorte d’empreinte digitale de la route », précise Jim McBride. Puisque chaque partie de route est unique, le véhicule sait exactement où il se trouve, et il n’a même pas besoin des lignes pour savoir s’il est du bon côté du chemin.

Mais que faire lorsque la chaussée est recouverte de neige? « Au lieu d’analyser le sol en 2D, la voiture utilise alors ses lidars pour regarder en 3D tout autour du véhicule », ajoute le directeur technique rencontré à l’occasion du Salon de l’auto de Détroit. Les immeubles, les arbres, les panneaux de signalisation : tout est utilisé pour permettre au véhicule de se situer.

S’adapter à une visibilité réduite
lidar 1

Les voitures autonomes n’utilisent jamais qu’un seul capteur pour se déplacer – elles en utilisent plutôt plusieurs à la fois. Le fonctionnement de ces capteurs peut être compromis par la neige lors d’une tempête, ce à quoi la voiture doit s’adapter.

Si un panneau de signalisation est masqué par la neige, la voiture peut compenser en utilisant par exemple les données enregistrées sur sa carte de l’endroit.

Les lidars fonctionnent quant à eux correctement lorsqu’il neige, mais les flocons (et la pluie) nuisent à la qualité des images reçues. « Nous avons des algorithmes qui nous permettent d’effacer ces flocons, jusqu’à un certain point », précise Jim McBride, pour qui cette technologie devrait s’améliorer avec le temps, à mesure que les voitures autonomes de Ford auront à conduire l’hiver.

Que faire lorsque la conduite n’est plus sécuritaire?
lidar 2

Il y a bien sûr une limite à tout ceci.

En tout temps, les véhicules autonomes doivent savoir à quel point les conditions météorologiques se détériorent, en plus d’évaluer si leurs capteurs fonctionnent correctement et s’ils sont encore assez efficaces pour poursuivre la conduite.

« Quand les conditions sont trop dangereuses, la voiture est programmée pour aller se garer d’une façon sécuritaire avant que la situation devienne problématique », raconte le directeur technique. Sur l’autoroute, celle-ci pourrait se rendre jusqu’à une halte routière s’il y en a une à proximité, et en ville, elle pourrait trouver un stationnement dans un commerce, par exemple.

« Une chose est certaine, elle ne redonnera pas le volant au conducteur au pire moment », précise Jim McBride. Bref, le pilote n’aura pas à prendre le volant en un instant, dans les pires conditions routières.

Une fois garé, le conducteur pourra toutefois décider s’il souhaite attendre que la tempête passe ou repartir en prenant lui-même le volant.

Si le véhicule juge que ses multiples capteurs à 360 degrés et ses cartes 3D archiprécises sont insuffisants pour prendre la route de façon sécuritaire, mieux vaudrait toutefois s’y fier et choisir la première option.

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