Maxime JohnsonVoitures électriques : Faraday Future sort de l’ombre au CES 2016

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 publié le 5 janvier 2016 à 10 h 11

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Réinventer la mobilité. Voilà le défi que s’est donné Faraday Future, un jeune fabricant de voitures électriques mystérieux qui a finalement levé le voile, hier, sur une première voiture concept, sur ses ambitions et sur les moyens avec lesquels la compagnie compte les atteindre.

Qu’est-ce que Faraday Future?
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Faraday Future, ou FF pour les intimes, est une jeune compagnie installée en Californie qui a beaucoup fait parler d’elle au cours des derniers mois parce qu’elle a débauché des centaines d’employés, autant dans l’industrie automobile (Tesla, BMW, etc.) que dans les nouvelles technologies (Apple, Google et cie).

L’entreprise est bien financée, notamment par le géant Internet chinois LeTV, et s’apprête à ouvrir sa première usine au Nevada, un investissement de 1 milliard de dollars américains.

Même si son premier véhicule est encore loin, les observateurs s’entendent pour dire que Faraday Future avance rapidement; après tout, la compagnie a été fondée il y a 18 mois seulement.

Des objectifs ambitieux
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« Nous ne voulons rien de moins que complètement réinventer la mobilité », a lancé le chef de la recherche et du développement de Faraday Future, Nick Sampson, dans la première conférence de presse à vie de la compagnie, au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas.

Celui-ci espère faire dans l’industrie de l’automobile ce qu’Apple a fait dans l’industrie des téléphones cellulaires avec son iPhone. « Apple n’a pas que réinventé le téléphone. Elle a transformé les façons de communiquer et notre façon de vivre. C’est ce que nous voulons accomplir », ajoute celui qui a fait ses premières armes dans des compagnies comme Jaguar, Lotus et Tesla.

Un nouveau modèle pour l’achat de véhicules
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À quoi pourrait ressembler cette transformation? Faraday Future est encore vague sur ses plans, mais un des éléments importants de sa stratégie pourrait être son modèle d’affaires différent.

Au lieu de vendre ses voitures, Faraday Future espère notamment les offrir par abonnement, afin, par exemple, d’avoir un pick-up un dimanche après-midi pendant ses rénovations, une voiture sport un samedi d’été et une familiale le jeudi soir.

« Grâce au niveau de connectivité de nos voitures, les gens n’auront pas l’impression d’avoir une voiture partagée, ils auront l’impression d’être dans leur propre véhicule », promet Nick Sampson au cours d’un entretien après la conférence. Faraday Future souhaite que les conducteurs soient accueillis par une voiture de la couleur qu’ils ont choisie, avec leur musique à l’intérieur, les bancs déjà ajustés à leur taille et la climatisation à leur goût.

Une plateforme de création souple
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Faraday Future espère aussi transformer l’industrie automobile grâce à sa vitesse. « Nous avons développé une plateforme pour créer rapidement différents modèles de voitures », explique Nick Sampson.

À partir d’une même architecture automobile, le fabricant pourra ainsi créer autant un VUS qu’un pick-up ou une voiture sport, et ce, en changeant seulement la forme extérieure du véhicule, le type de moteur, la quantité de piles électriques, etc.

La jeunesse de l’entreprise pourrait aussi l’aider à être plus rapide que les géants de l’industrie, croit le chef de la recherche et du développement. « Il est beaucoup plus efficace de partir de zéro, avec la bonne mentalité, que de faire bouger une compagnie centenaire qui peut être entravée par des façons de faire d’une autre époque, ou par le fait que certaines de ses usines ne peuvent traiter qu’un type de matériel, ou ne faire qu’un type de moteur », illustre Nick Sampson.

FFZER01 : un concept uniquement
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Faraday Future a profité du Consumer Electronic Show pour dévoiler un premier concept de véhicule, le FFZER01.

Le véhicule futuriste, qui rappelle parfois un véhicule de course, parfois la Batmobile et parfois l’automobile conçue par Homer Simpson, est une voiture pouvant notamment atteindre une vitesse de pointe de 321 km/h et atteindre 100 km/h en trois secondes seulement.

Ces chiffres ne veulent évidemment pas dire grand-chose, étant donné que la voiture ne sera jamais produite. Il s’agit d’un projet développé à temps perdu, qui ne sert, pour l’instant, qu’à se mettre quelque chose sous la dent en attendant le dévoilement des véritables premières voitures de l’entreprise, qui seront lancées d’ici quelques années seulement et qui n’auront rien à voir avec la FFZER01.

En sortant de l’ombre cette semaine, Faraday Future a donné un aperçu du genre de compagnie qu’elle compte devenir. Le gros du travail reste toutefois à faire, et l’entreprise doit maintenant prouver que ses ambitions sont plus que de bonnes intentions.

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