Martin LessardVerrons-nous des robots sociaux en 2016?

Par

 publié le 28 décembre 2015 à 14 h 18

Alors, que faut-il surveiller en ce qui concerne la technologie en 2016?

Même s’il est bien hasardeux de se prononcer, la technologie étant tout sauf prévisible, nous pouvons nous aventurer à voir 2016 comme l’année de la montée des robots sociaux.

Ce type de robots ne date pas d’hier, surtout au Japon. Ces robots domestiques ne sont pas tout à fait considérés comme une nouveauté là-bas. Mais, en Occident, nous les trouvons encore très exotiques… et un peu gadget.

En 2016, notre perception concernant ces robots pourrait bien changer.

Jibo, gonflé à bloc

Jibo est un robot conçu par Cynthia Breazeal, professeure au MIT. Ce mois-ci, elle vient de récolter plusieurs dizaines de millions de dollars en financement pour son entreprise.

Équipé d’une caméra et d’un microphone, le robot Jibo est à peine plus gros qu’un grille-pain et ne se déplace pas. Sa seule fonction consiste à tenir compagnie aux membres de la famille.

Jibo reconnaît les visages, comprend les questions qu’on lui pose et répond avec une petite voix au ton très amical.

C’est un croisement entre Clippy, le trombone de Microsoft Office et Wall-E, le robot-vidangeur de Pixar.

Il se présente presque comme un animal de compagnie, mais peut agir comme un adjoint. Il peut lire vos courriels, vous rappeler un rendez-vous et raconter des histoires à vos enfants.

Je ne sais pas s’il faut appeler ça un robot. C’est plutôt un mélange de iPad rond et de Siri autonome. Toutefois, ce qui est important à noter est surtout sa fonction : être parmi les humains et interagir avec eux d’une façon suffisamment autonome pour qu’on lui prête une sensibilité anthropomorphique.

Pepper se rapproche de nous

Au Japon, Pepper se vend à plus de 1000 exemplaires par mois. Plus humanoïde que Jibo, haut de 1,20 m, il sait aussi distinguer les émotions, reconnaître les visages et adapter son comportement en fonction de l’environnement.

Pepper mise sur sa forme humanoïde pour s’intégrer.

Les Croisières Costa ont annoncé vouloir déployer des robots Pepper le printemps prochain sur certains bateaux. Toute une catégorie de voyageurs, plus âgés et fortunés, découvrira alors le « charme » de ces robots qui seront leurs guides pour planifier des excursions ou recommander des plats au restaurant.

La Société nationale des chemins de fer français en emploie déjà quelques-uns à titre d’essai dans certaines gares.

Ce type de robot s’introduit donc lentement en Occident et nous risquons d’en entendre davantage parler.

Social ou sociable?

Est social un robot qui réussit à s’intégrer dans notre environnement. S’il peut être sympathique et lire des histoires à nos enfants, pourquoi pas? Mais il ne faut pas se leurrer, sa réelle fonction sera de servir d’intermédiaire dans nos relations sociales.

Il sera le guide patient pour nous transmettre des informations. Il ne rechignera jamais à transmettre pour nous des messages aux autres. Il prodiguera une attention à distance à ceux que l’on aime.

Mais il ne sera pas notre ami; pas plus que nos « amis Facebook » ne le sont nécessairement dans la vraie vie.

Éventuellement, les robots sociaux vont se frayer un chemin jusqu’à nous.

Ils arriveront en premier comme des toutous sophistiqués. Peut-être même comme des filtres à la surabondance d’information sur les réseaux.

Ils seront potentiellement des anges gardiens pour les aînés isolés, leur rappelant gentiment certaines consignes en cas d’oubli (le bon moment de faire une marche, la date d’un rendez-vous ou l’heure de prendre des médicaments).

Dans notre monde composé d’interactions sociales, un tel robot qui serait capable de s’y intégrer aurait le droit de s’appeler « robot social ».

L’an 2016 sera peut-être celui où nous accepterons que ce soit possible.

Robotique