Catherine MathysVie privée : les meilleurs trucs de Snowden

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 publié le 12 novembre 2015 à 16 h 55

Plus de deux ans après leurs premiers courriels, le journaliste Micah Lee et Edward Snowden se rencontrent pour la première fois à Moscou. Il en résulte une entrevue publiée ce matin dans The Intercept, dans laquelle Snowden nous livre ses meilleurs trucs pratico-pratiques pour protéger notre identité en ligne.

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L’importance du chiffrement

Selon Snowden, la première chose que nous devrions faire est de crypter nos appels et nos messages textes. Pour ce faire, il recommande l’application Signal, produite par Open Whisper Systems. C’est gratuit et offert en versions iOS et Android.

Il recommande aussi de crypter nos disques durs. Advenant le vol de notre ordinateur, l’information contenue ne serait donc pas accessible. Micah Lee a d’ailleurs écrit la marche à suivre sur Windows, Mac et Linux pour crypter.

La fragilité du mot de passe

On parle souvent des mots de passe et de leur vulnérabilité, et pour cause. Nous utilisons souvent les mêmes mots de passe pour tout. Or, si un service que nous avons cessé d’utiliser en 2007 se fait pirater et que nous utilisons le même mot de passe pour notre Gmail, ce sont toutes nos données personnelles qui sont à risque.

Un gestionnaire de mots de passe crée un mot de passe unique pour chaque site sans le fardeau de devoir le mémoriser. Les exemples sont nombreux, comme KeePassX, un logiciel gratuit, en code source ouvert et qui n’archive jamais rien dans le nuage.

L’autre façon de nous protéger est l’authentification à deux facteurs qui nous oblige à utiliser, en plus du mot de passe, un autre moyen de confirmer notre identité, un message texte, par exemple. Si jamais notre mot de passe est découvert, la personne qui cherche à obtenir nos informations devra aussi combiner ce deuxième facteur d’authentification avant d’avoir accès à nos données. Ce service existe déjà pour Gmail, Facebook, Twitter, Dropbox, GitHub, Battle.net, et une longue liste de sites énumérés ici.

Tor : l’outil essentiel

Snowden semble catégorique, le navigateur Tor est la technologie la plus importante pour protéger notre vie privée. Il l’utilise chaque fois qu’il veut aller en ligne. C’est le moyen, entre autres, qu’a utilisé Snowden pour sécuriser ses communications avec Poitras et Greenwald. Tor n’est pas infaillible, mais il sécurise nos activités en ligne en ce sens qu’elles ne sont plus géolocalisables. De cette manière, nous ne laissons pas de trace en ligne. L’outil peut aussi s’avérer très intéressant pour ceux qui vivent dans des endroits où Internet est étroitement surveillé.

Le meilleur comportement en ligne?

Ne publions pas tout. C’est très simple. Nous n’avons pas besoin de tout divulguer à chaque moment, c’est ce qui nous rend vulnérables, selon Snowden. Pas besoin de mentionner le nom de notre pharmacie ou le nom de jeune fille de notre mère à Facebook, surtout si ça fait partie des réponses aux questions de sécurité qui nous permettent de récupérer notre mot de passe sur Gmail, par exemple.

Ce n’est pas qu’il est contre la divulgation d’informations. Snowden est contre la divulgation involontaire d’information. C’est très différent. Selon lui, certaines méthodes de communication nous trahissent de façon invisible et silencieuse. Chaque fois que nous arrivons sur une page, l’information est colligée, interceptée, analysée et archivée, tant par les gouvernements que par les entreprises privées.

Il est possible de réduire cette tendance lourde en suivant ces quelques conseils. Snowden recommande d’ailleurs aussi les bloqueurs de publicité, ne serait-ce que pour une question de sécurité. Certains fournisseurs comme Comcast ou encore AT&T se sont déjà servis de bornes wifi publiques, comme celles d’un aéroport, pour injecter de la publicité dans les connexions http.

Et les téléphones intelligents?

Snowden trouve que les gens oublient trop souvent que les téléphones en général sont des traceurs qui enregistrent tous leurs déplacements. Le téléphone parle toujours de nous, même quand nous ne l’utilisons pas. Loin de lui l’idée d’en cesser l’utilisation, mais il nous faut en être conscient et nous demander si nous souhaitons être associés à tous les lieux que nous visitons.

 

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