Martin LessardCe que neuf banques cherchent vraiment à faire avec le bitcoin

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 publié le 17 septembre 2015 à 11 h 08

Cette semaine, on a une preuve de plus que bitcoin s’impose dans la grande finance internationale. Neuf grandes banques travaillent actuellement ensemble « pour offrir une solution numérique de services financiers basés sur le blockchain ».

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Appelé aussi keychain block, ou registre des transactions, le blockchain est une espèce de grand livre comptable ouvert où sont enregistrées les transactions des bitcoins du monde entier, et ce, depuis l’apparition de la célèbre cryptomonnaie.

Tout récemment, je vous faisais remarquer que la cryptomonnaie gagnait en popularité et que plusieurs nouvelles récentes indiquaient qu’un changement majeur était en cours (Lire Gartner 2015 : ces technos qui tombent ou qui montent).

J’écrivais que penser la cryptomonnaie seulement en termes de spéculation bitcoin, c’était comme juger la valeur du web en 1993 à partir de ses GIF animés.

C’est la chaîne de blocs de transactions de bitcoins, pas la monnaie bitcoin elle-même, qui est au coeur de cette transformation qui rendrait possible le stockage en toute sécurité des données de transaction en dehors des réseaux fermés des banques.

Le registre des transactions a le même profil que le HTML à l’époque : sous une apparence simplette, le code offre pourtant des opportunités qui peuvent avoir des effets majeurs – comme le web sur la société depuis son apparition.

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Le but : éviter la chute des banques?

Les banques participantes incluent Goldman Sachs, JPMorgan, Royal Bank of Scotland, UBS et Crédit Suisse. Celles-ci se sont associées à R3, une jeune société en démarrage de New York, pour développer des prototypes et des protocoles basés sur le registre des transactions.

Ce n’est pas un signe qu’il faut se ruer vers un guichet bitcoin pour s’en procurer. Le registre a plus d’avenir que le bitcoin lui-même.

Un tel registre permettrait d’enregistrer, de réconcilier et de déclarer des transactions financières avec un degré de sécurité et de transparence qui n’a d’égal que sa marge d’erreur, quasi nulle, et son faible coût. Du moins telle est la promesse.

À la clé, ces neuf banques cherchent peut-être à sauver leur peau. Si leurs recherches mènent à des avancées significatives, on peut entrevoir deux scénarios qu’on pourrait résumer grossièrement ainsi :

  1. L’intégration du registre entraîne une décentralisation totale des marchés financiers où les acteurs des marchés peuvent se passer des infrastructures centrales.
  2. Son intégration se fait à l’intérieur d’infrastructures internes existantes et la barrière à l’entrée continue d’exister.

Pour le commun des mortels, il se pourrait que tout cela reste invisible (comme pour le HTML, que personne ne remarque aujourd’hui). Mais si cela fonctionne, je crains que certaines institutions ou des emplois dans des institutions financières disparaissent.

Verrons-nous alors des titres de journaux annoncer des licenciements massifs dans les banques, comme jadis on annonçait des licenciements massifs dans des usines?

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