Martin LessardFestival international du startup 2015: maîtres et modèles

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 publié le 13 juillet 2015 à 14 h 19

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Personne n’arrive à savoir exactement combien il y a de jeunes entreprises technologiques au pays, pas même Philippe Telio:

« Il y a tellement de projets qui se développent et si peu qui aboutissent, que même si l’on tenait une base de données des startups technos au pays, dans six mois, elle serait à refaire. »

À Montréal, il y a un écosystème de jeunes entreprises informatiques bien dynamique. Très dynamique, même.

Voilà pourquoi Philippe Telio y a démarré, il y a 5 ans, le Festival international du startup (Startupfest), un événement de quatre jours axé sur l’entrepreneuriat et rassemblant plus de 2000 fondateurs, investisseurs et analystes d’ici et d’ailleurs.

« Je me suis beaucoup impliqué sur la scène startup montréalaise. Il ne m’est pas difficile de voir ce qui intéresse localement les gens. »

Philippe aime bien le Vieux-Port de Montréal. « La vue sur le port et sur la ville est magnifique. Ça ajoute un charme à l’événement ».

C’est là qu’il a décidé de tenir son festival, comme les années précédentes, mais cette fois-ci plus à l’ouest, près des vieux silos.

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Pour entrepreneurs de 7 à 77 ans

Le festival, qui en est à sa 5e année, présente de nombreux conférenciers venus transmettre leurs connaissances en mode blitz (de 10 à 20 minutes) et en format long (40 minutes). Il faut s’attendre à une avalanche de contenus. Les entrepreneurs seront ravis.

Le festival offre aussi, pour la première fois, une journée en famille gratuite.

En collaboration avec CBC, Kids Code Jeunesse, Robotique CRC et Mad Science, les jeunes de 10 à 16 ans pourront s’initier à l’entrepreneuriat, à la science, à la technologie, à l’ingénierie et aux mathématiques. Il y aura même un miniconcours, comme à l’émission Les dragons.

L’esprit du festival est simple: faire des affaires en passant du bon temps.

Il est fort probable que c’est dans les allées, sous les arbres d’un coin plutôt méconnu du Vieux-Port, que les plus belles conversations auront lieu.

L’homme derrière le festival

Philippe Telio est l’un des piliers de l’écosystème techno à Montréal. Son festival contribue à la structuration et à la visibilité du milieu entrepreneurial de la ville et du pays dans le monde.

Philippe a aussi participé à la mise sur pied de la maison Notman, un incubateur d’entreprises web au cœur de Montréal.

Il est aussi à la tête de l’Elevator World Tour, une série d’événements organisés à travers le monde, comme à Tel-Aviv ou à Toronto (dans l’ascenseur de la Tour du CN, justement!). Cela lui permet de prendre le pouls de la planète entrepreneuriale. Il peut ainsi préparer les contenus de son festival (conférences, ateliers, tables rondes) en fonction des attentes du milieu.

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Plan de l’installation du festival au Vieux-port

Scène montante

Si l’on demande à Philippe Telio ce qui manquerait à l’écosystème des jeunes entreprises informatiques à Montréal, Philippe Telio répond tout de suite:

« Toutes les occasions sont là. Développement d’entreprises, développement de technologies qui se démarquent dans le monde, tout est là à Montréal. Alors, il faut maintenant susciter, auprès de la population, ce désir [de devenir entrepreneurs et] de répondre à de vrais problèmes, puis de prendre le risque de se lancer dans quelque chose qui en sera la solution. Le bénéfice profite à tous. »

Ce dont il parle, c’est des jeunes entreprises informatiques capables de propulser l’économie dans le 21e siècle. De plus en plus de gouvernements, d’États ou de villes, particulièrement l’équipe du maire de Montréal, abondent dans ce sens.

L’écosystème des jeunes entreprises technologiques a pris une telle ampleur dans les dernières années que le Bureau de la ville intelligente de Montréal affiche ouvertement sa collaboration avec le milieu et développe lui aussi un accélérateur de projets technos.

La Ville de Montréal compte sur les jeunes entreprises informatiques et sur des idées nouvelles pour provoquer une vague d’innovations capables d’améliorer la vie de ses citoyens.

Le modèle des jeunes entreprises informatiques

Le moindre que l’on puisse dire, c’est que le modèle des jeunes entreprises informatiques ne manque pas de charme ni d’intérêt.

Du point de vue des investisseurs, privés ou publics, plancher sur plusieurs projets de front en même temps est une façon de diminuer les risques.

C’est cette répartition des risques de l’innovation qui rend cette approche intéressante.

Il est su d’avance que plusieurs projets échoueront, mais les chances que l’un d’entre eux réussisse sont plus grandes. La mesure du succès ne se calcule pas au nombre d’échecs (énorme), mais au succès (formidable) de quelques-uns des projets.

Cette approche a fait la fortune de Silicon Valley (et de bien des investisseurs) et a propulsé l’innovation technologique à des sommets inégalés.

Le modèle s’est répandu un peu partout sur la planète et de nombreuses villes le suivent (Toronto et Vancouver se démarquent très bien à l’échelle mondiale), y compris dans les pays émergents.

Tout indique que posséder un écosystème dynamique de jeunes entreprises informatiques deviendra un incontournable pour les villes, comme posséder un parc industriel ou un aéroport.

Personne ne veut manquer le bateau et toutes les villes souhaiteraient être de la fête.

Pour l’instant, cette fête, c’est à Montréal qu’elle se passe.

Festival international du startup, du 15 au 18 juillet 2015 dans le Vieux-Port.

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