Billets publiés le 25 février 2015

Maxime JohnsonTest du Parrot Bebop Drone

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 publié le 25 février 2015 à 12 h 20

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Les drones ont la cote, et l’entreprise française Parrot a été un joueur important dans la démocratisation de ces avions télécommandés. Le nouveau quadricoptère de la société, le Bebop Drone, se veut une version plus puissante et plus avancée de son populaire A.R. Drone. Il coûte plus cher, mais il est également bien plus amusant.

Le Bebop Drone se situe à mi-chemin entre un drone professionnel et un drone jouet.

Côté professionnel, le Bebop Drone offre des caractéristiques convaincantes, comme une hauteur maximale de 150 mètres, une portée de 250 mètres, un vol assez stable et une vitesse maximale impressionnante de 13 m/s. Il est toutefois un peu moins solide dans les airs qu’un véritable drone professionnel, surtout au vent, et sa caméra intégrée, bien que convenable, laisse un peu à désirer.

Côté jouet, le Bebop nous fait sentir instantanément comme un enfant de huit ans avec un cerf-volant, et sa bonne vitesse devrait même plaire aux amateurs d’adrénaline. Le maniement du Bebop est toutefois assez ardu, ce qui vous rappelle rapidement que ce n’est pas une babiole. Tout comme son prix élevé de 650 $, d’ailleurs.

Comment ça fonctionne
Bebop ipad

Le Bebop Drone est un drone léger de 400 grammes seulement. Dès qu’on l’allume, le Bebop crée un réseau wi-fi auquel il est ensuite possible de se brancher avec un téléphone ou une tablette. C’est avec l’application FreeFlight 3 de Parrot – la même que celle utilisée pour tous les autres drones de l’entreprise – que vous contrôlerez l’appareil.

L’application a ses forces et ses faiblesses, dont le fait qu’elle soit constamment une grosse publicité pour les appareils de Parrot. Une fois en mode télécommande, elle est toutefois assez polyvalente, offrant trois modes différents pour diriger le drone et la possibilité d’ajuster différents paramètres, comme la hauteur et la vitesse maximales.

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Une fois connecté au drone, il suffit d’appuyer sur un bouton pour le faire décoller (et le faire atterrir par la suite). L’application offre aussi quelques fonctionnalités supplémentaires, dont la possibilité de demander à l’appareil de retourner automatiquement à son point d’origine grâce à son GPS intégré.

Malheureusement, cette dernière fonctionnalité n’est pas toujours des plus efficaces. Le drone perd souvent contact avec les satellites GPS et, par conséquent, on ne peut plus s’en servir. De plus, il faut attendre le signal GPS avant de décoller, ce qui peut être un peu long. On peut aussi faire voler le Bebop Drone à l’intérieur, en lui installant des coussinets protecteurs. Mais pour l’apprécier pleinement, il faut l’utiliser dehors.

Autonomie
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Le Bebop est livré avec deux piles qui vous donnent une autonomie de vol d’environ 10 minutes chacune.

Au passage, notons que la pile est assez difficile à insérer dans l’appareil (il faut en fait tirer sur une petite ficelle pour faire sortir un gros câble du boîtier). Une fois que l’on comprend le principe – qui n’est mystérieusement pas expliqué dans les instructions -, c’est correct, mais ce n’est pas le procédé le plus évident, et au froid l’hiver, vous risquez de rager quand viendra le temps de la changer.

Malheureusement, les piles sont longues à recharger. Vous ne pourrez donc pas non plus en utiliser une pendant que l’autre recharge, et vous devrez limiter votre plaisir à 20 minutes à la fois.

Appareil photo
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Outre les pirouettes aériennes, le Bebop Drone permet aussi de filmer des vidéos et de prendre des photos avec sa caméra grand-angle de type hypergone (fisheye) et son capteur de 14 mégapixels.

Ici, le succès est plus mitigé.

La caméra fonctionne bien, mais la qualité de l’image, elle, laisse un peu à désirer. Les photos peuvent être impressionnantes, surtout si vous êtes haut, mais elles ne sont jamais excessivement belles, même de proche. On est d’ailleurs assez loin de la qualité d’une GoPro ou même d’un téléphone intelligent haut de gamme moderne. C’est dommage.

On apprécie toutefois le grand angle de la caméra. L’image est bien sûr déformée par l’objectif hypergone, mais elle l’est moins qu’avec certains appareils. Notons que les photos prises pendant qu’on filme, c’est-à-dire la plupart du temps puisque le drone enregistre par défaut lorsqu’il est en vol, sont pour leur part au format 1080p. Il n’y a alors aucune déformation sur les côtés.

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Le Bebop Drone est doté d’une mémoire interne de 8 Go, soit une capacité suffisante pour vos 20 minutes de vol, mais guère plus. Il est donc important de vider sa mémoire (avec un ordinateur ou votre appareil mobile en mode wi-fi) après chaque séance si vous ne voulez pas manquer de mémoire plus tard, pendant une cascade impressionnante par exemple.

Surtout que si vous dépassez la limite, vous ne pourrez plus vous servir du transfert wi-fi et devrez alors absolument employer un ordinateur pour récupérer vos fichiers, ce qui est loin d’être pratique si vous êtes à l’extérieur.

Un mode de transfert sur clé USB, ou encore une fente pour charger une carte microSD, auraient certainement été appréciés.

Attendez-vous à vous écraser
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Le Bebop Drone est stable, mais sachez que vous vous écraserez certainement à l’occasion.

Lors de mon premier vol, l’appareil s’est arrêté brusquement, sans aucune raison, et est tombé de 4 mètres de haut, ce qui m’a d’ailleurs rendu beaucoup moins confiant quand j’ai voulu aller encore plus haut. Cela m’a aussi surtout rappelé l’importance de ne jamais voler au-dessus d’un endroit peuplé ou de la route.

Je l’ai monté jusqu’à environ 45 mètres. À cette hauteur, le drone reçoit la visite des oiseaux (vraiment), et la connexion entre l’appareil mobile et le drone n’est plus tout à fait fiable. Le signal vidéo fige et l’appareil ne répond plus toujours à nos commandes. Il est bon de noter que la descente est aussi beaucoup plus longue que la montée; vous devrez donc vous assurer que votre pile possède encore suffisamment d’autonomie.

Les raisons pour s’écraser sont variées. Même si ça ne m’est pas arrivé, je peux très bien imaginer quelqu’un faire foncer son drone par erreur dans un poteau ou un arbre. Aussi, le drone s’enfonce souvent dans la neige lorsqu’un coup de vent le pousse et qu’il vole à basse altitude.

Le Bebop Drone n’est d’ailleurs pas excessivement stable au vent, même s’il s’agit d’une faible brise. Il est alors encore plus difficile à contrôler qu’à l’habitude. Mieux vaut le sortir uniquement par beau temps.

Jusqu’à présent, le drone s’est toujours sorti indemne de ses chutes. Reste à voir si ce serait la même chose après deux ans de vol.

Amusant, mais imparfait
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Le Bebop de Parrot est un excellent drone. Il est puissant et assez polyvalent pour permettre aux amateurs plus avancés de se laisser aller, mais aussi aux plus jeunes de s’amuser.

Il y a toutefois place à l’amélioration. Sa caméra est en deçà de la qualité qu’on aurait espérée, surtout si on avait un usage semi-professionnel en tête, et les instructions de Parrot pour profiter pleinement du drone sont déficientes.

Il a aussi les mêmes défauts que les autres drones similaires sur le marché, comme une autonomie limitée et un prix d’achat élevé, surtout considérant qu’il s’agit d’un appareil électronique qui termine ses vols la plupart du temps au sol, les quatre pattes en l’air.

Après 20 minutes de vol, un grand sourire aux lèvres, on n’a toutefois qu’une idée en tête : courir à la maison recharger les piles pour retourner jouer dehors le plus rapidement possible.