Billets publiés le 16 mai 2014

Image tirée de l'article L'invasion des objets connectés

Image tirée de l’article L’invasion des objets connectés

La technologie portable faisait partie des grandes tendances répertoriées par Wired à la fin de 2013. Or, une étude du centre de recherche Pew parue cette semaine affirmait que le concept des objets branchés en avait pour encore une dizaine d’années avant d’être pleinement utilisé. Toute cette microtechnologie contient des promesses de santé, de productivité et de convivialité, mais l’hyperconnectivité a un prix, celui des brèches dans la vie privée et de la dépendance à une technologie toujours plus complexe.

De multiples points de vue pour une analyse plus juste

Le rapport de plus de 50  pages qu’a produit le centre Pew se distingue des recherches qu’on trouve en ligne en ce qu’il donne la parole à plusieurs types d’intervenants pour créer un portrait plus complet. Professeurs d’université, gourous du marketing web et sommités qui ont assisté à la création du web (on y trouve Howard Rheingold), chacun apporte des idées intéressantes sur les six thématiques abordées.

Les trois premières thématiques explorent les apports de la technologie portable, les enjeux liés au cumul et à l’analyse des données personnelles, pour s’avancer sur ce que l’on peut imaginer en 2014, en comparaison de ce qui sera possible au cerveau humain en matière d’hyperconnexion en 2025. Les trois autres thématiques portent sur les conséquences de cette connexion constante, sur le fossé qui se creusera entre branchés et « débranchés », et la réponse autant des organisations que des individus à cet afflux de données qui remodèlera nécessairement les rapports sociaux.

Quelques constats qui font réfléchir

Au-delà des distributeurs de papier hygiénique qui envoient un texto au concierge pour signaler qu’ils sont vides ou des chaînes de production intelligentes, mieux coordonnées, certains experts, dont Laurel Worth, se réjouissent que la quantification de soi puisse forcer les utilisateurs à aller au gym, sous peine de voir leurs chaussures de sport envoyer un tweet à propos de leur paresse et influer ainsi sur leur prime d’assurance. « Pardon? », demandent d’autres experts, pour qui il est évident que peu de consommateurs accepteront ce genre d’intrusion dans leur vie.

En fait, selon Nick Wreden, de l’Université de technologie de Malaisie, à Kuala Lumpur, il ne restera aucune zone de vie privée, même dans la jungle profonde. Mais, ajoute-t-il, beaucoup de consommateurs ont affirmé et prouvé qu’ils étaient prêts à sacrifier leurs données privées pour un bon de réduction de un dollar. Wreden exagère un peu, mais d’autres sondages auprès des consommateurs abondent dans le même sens (voir ce billet sur Triplex sur les données canadiennes). Peter R. Jacoby, poursuit dans la même veine que Wreden en ajoutant que d’ici 2025, beaucoup d’internautes auront délaissé tout semblant de vie privée, ce qui est nécessaire à l’accomplissement de l’Internet des choses.

L’Internet des choses s’abreuvera de toutes les données personnelles des utilisateurs, mais même en 2025, Paul Jones, de l’Université de Caroline du Nord, est persuadé qu’aucune technologie n’arrivera encore à lire dans les pensées des utilisateurs, même si la chose n’est pas hors de question dans un avenir plus éloigné.

Or, tandis que la frontière entre l’humain et la machine s’amenuise, Howard Rheingold remarque qu’un enfant ayant grandi dans un environnement totalement branché ne saura peut-être pas comprendre les limites des objets. Quand la poignée de porte reconnaît les gens, comment cet objet ne pourrait-il pas avoir encore de plus grandes perceptions? Et, dit-il, nous vivons déjà dans un monde où beaucoup de choses ne fonctionnent pas, et à trop attendre des objets, ce qui est cassé pourra le rester longtemps…

Autres sources sur ce sujet :

Martin Lessard a commenté le rapport de mars du centre de recherche Pew: Les ampoules connectées.

Un dossier du GREA (Groupe Romand d’étude des addictions) sur l’hyperconnectivité

L’invasion des objets connectés, sur Maxirobots.com