Billets publiés le 6 mars 2014

Le plus récent jeu basé sur la célèbre série de Trey Parker et Matt Stone, South Park : The stick of truth, s’est fait attendre. Sa sortie a été repoussée après la fermeture de THQ. Ubisoft Montréal a fait l’acquisition du bureau montréalais de THQ et a ensuite repris les rênes de la commercialisation du jeu conçu par Obsidian. Jamais n’avait-on trucidé l’ennemi à coups de flatulences ou erré dans les décors d’une série télévisée animée!

south-park-stick-of-truth-us-esrb-ps3jpg-885b18Premières impressions

Le jour de la sortie, ma geek moitié et moi nous sommes procuré notre édition limitée. Fans de la série, nous avions trouvé les bandes-annonces et la controverse de censure en Europe convaincants. Ouverture de la boîte, installation sur la PS3, nous plongeons. Après une courte mise en situation avec explication des commandes, nous comprenons que le jeu nous permet d’explorer le village à notre guise. Après trois heures, nous n’avions terminé que quelques missions secondaires, préférant rencontrer les personnages et fouiller en détail les maisons et les commerces (dont le bar et la chambre à coucher de la mère de Cartman).

Quand le jeu devient plus qu’un support promotionnel de la série

Notre première réaction a été que ce jeu est l’actualisation des ambitions d’un vieux support promotionnel que la plupart ont oublié : les CD-ROM interactifs. Beaucoup de films et de séries télévisées offraient ce genre de documents qui permettaient de visiter les lieux ou d’en savoir plus sur les personnages. Si certains cas avaient l’avantage de servir d’ouvrages de références sur un récit, la plupart étaient médiocres et sans intérêt. Pensons aux cinq « jeux » (les guillemets sont nécessaires) produits autour des célèbres Monty Python, peut-être les seules failles dans leur carrière. Pour citer un article de 1997, écrit par Marc Glaser : « Le public n’a aucun intérêt pour les fins multiples et une version compressée du film sur leur écran d’ordinateur. Les gens veulent de bons jeux. »

Depuis 1997, on peut compter sur les doigts de la main les jeux de qualité basés sur une licence de film ou d’émission télévisuelle. Le premier jeu inspiré de South Park, un jeu de tir à la première personne, sorti en 1998, a reçu des critiques allant de catastrophiques à médiocres. Même chose pour les jeux adaptés des films de Iron man. Mais South Park : The stick of truth, développé en étroite collaboration avec Parker et Stone, est une réussite. Il est difficile de déposer la manette une fois embarqué dans ce village virtuel : ce jeu offre une immersion complète grâce à la possibilité d’exploration spatiale.

L’immersion totale dans le jeu

Le chercheur Mike Willems, de l’Université de Twente, a publié en 2013 un document de recherche intitulé Creating Meaning Agency through Spatial Exploration in Digital Interactive Storyworlds. Il y décrit les techniques qui permettent d’atteindre ce point d’immersion : le fait de partir de zéro, la liberté de mouvement et les événements d’histoire dynamiques. South Park : The stick of truth répond à tous ces critères. L’avatar est créé de toutes pièces, on peut virtuellement aller où on veut, la place du joueur et le contexte de l’univers ludique (même si on connaît la série) se définissent au fur et à mesure qu’on explore, et les péripéties de l’histoire surviennent au fil des découvertes. Il est vraiment satisfaisant de simplement déambuler et de parler avec les personnages, de chercher des trésors et de personnaliser son avatar avec des objets trouvés un peu partout.

Évidemment, rien n’est parfait dans ce bas monde. Comme le fait remarquer le critique du site IGN, Ryan McCaffrey, cette liberté implique également qu’il manque parfois d’explications sur ce qu’on peut ou ce qu’on doit faire. Mais en dehors de ce problème, il n’y a rien de majeur à reprocher au jeu.

Le verdict : ce qu’en disent la joueuse capricieuse et le spécialiste

Joueuse capricieuse, qui se fatigue vite des missions sans fin, j’ai apprécié la visite des lieux (qui ne rêve pas de visiter les décors de ses séries préférées?), l’humour irrévérencieux qui se dégage des missions et l’ambiance générale. Voici ce qu’en pense ma geek moitié, Frédérick Maheux qui s’avère être un spécialiste du jeu vidéo (il a, entre autres, collaboré à la recherche qui a mené à l’exposition au MCQ) : « Jouer au touriste dans le célèbre village vaut le détour, mais derrière, il y a les mécaniques. Pour les combats, le système se veut simple et se complexifie peu à peu, mais sans devenir frustrant. Le gros problème surgit lors de l’exploration durant les missions. Ce qui est un jeu de rôle se transforme en jeu d’aventure qui rappelle le pire des années 90. On est laissé à nous-mêmes sans trop savoir quoi faire pour progresser. Il faut tester les nombreuses options, et parfois, même ça n’est pas suffisant. Ça nuit malheureusement au rythme et frustrera les joueurs moins assidus. »

Maxime JohnsonDes changements majeurs pour ICI Tou.tv

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 publié le 6 mars 2014 à 10 h 41

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Une refonte importante, un nouveau volet payant et un partenariat avec Rogers et Telus : Radio-Canada a dévoilé aujourd’hui ce qu’on pourrait appeler la version 2.0 de sa plateforme de visionnement en ligne ICI Tou.tv.

Alors que certains appréhendaient la fin de la gratuité d’ICI Tou.tv, ce n’est finalement qu’un nouveau volet de la plateforme, Extra, qui nécessitera un abonnement mensuel.

Extra devrait, à son lancement d’ici la fin du mois, proposer 400 nouveaux titres HD aux utilisateurs d’ICI Tou.tv, notamment Au bout du lac, la version française de Top of the lake, et Engrenages. Bonne nouvelle, le volet ne changera en rien l’offre habituelle d’ICI Tou.tv, dont les 1200 titres (un épisode de série ou un film) actuellement en ligne continueront d’être accessibles gratuitement.

« Les séries en rattrapage, celles qui sont diffusées à notre antenne, et les webséries originales continueront aussi à l’avenir d’être offertes sur la portion gratuite de Tou.tv », précise Marie-Philippe Bouchard, directrice générale Musique et Services numériques de Radio-Canada. Les séries et les films acquis à l’étranger et ailleurs au Canada seront pour leur part désormais répartis entre la portion gratuite et la portion payante du service.

« La proposition d’aujourd’hui vise à répondre à un besoin des consommateurs », croit Marie-Philippe Bouchard. L’auditoire moderne recherche notamment des moyens variés pour accéder à ses contenus, et une offre francophone qui lui permet d’avoir accès par exemple à l’ensemble des saisons d’une série particulière, ce qui sera possible avec Extra.

Le prix de l’abonnement à Extra n’a pas été annoncé pour le moment.

Gratuit pour les abonnés de Rogers et de Telus
Extra ne sera toutefois pas payant pour tout le monde, puisque les abonnés à un service postpayé de Rogers et de Telus auront accès gratuitement à la nouvelle plateforme, autant avec un appareil mobile qu’avec un ordinateur.

Les utilisateurs d’appareils mobiles devront évidemment faire attention à leur consommation de données. Ceux qui ont un plus petit forfait pourront toutefois écouter ICI Tou.tv par le biais de n’importe quelle connexion Wi-Fi ou filaire, peu importe leur fournisseur d’accès Internet. Dans le cas des abonnés de Telus, ceux-ci auront aussi accès au contenu d’ICI Tou.tv sur la plateforme Télé OPTIK.

Notons que les titres d’Extra continueront d’afficher de la publicité comme ceux du volet standard d’ICI Tou.tv pour les abonnés de Rogers et de Telus, mais que les utilisateurs payants, eux, en seront exemptés, tant dans la portion gratuite que dans la portion payante du service.

Une refonte majeure
ICI Tou.tv aura finalement droit à une refonte majeure, qui devrait être mise en ligne d’ici la fin du mois de mars.

Les utilisateurs du site web et des applications mobiles d’ICI Tou.tv pourront notamment se créer un profil personnel, ce qui leur permettra de trouver leurs séries favorites plus facilement. D’autres nouveautés devraient aussi être annoncées au fur et à mesure de leur arrivée sur la plateforme.

Un nouveau modèle d’affaires
L’arrivée d’Extra et le partenariat avec deux des principaux opérateurs mobiles au Canada devraient permettre à Radio-Canada de diversifier ses revenus, mais aussi d’assurer la croissance d’ICI Tou.tv.

« Le partenariat avec Rogers et Telus devrait aussi nous permettre d’étendre notre portée, puisque nos partenaires vont s’activer à faire valoir à leur clientèle les avantages de l’offre ICI Tou.tv », juge Marie-Philippe Bouchard.

Selon Radio-Canada, ICI Tou.tv compte en moyenne 3,7 millions de branchements chaque mois. Détail intéressant, les branchements provenant des plateformes mobiles (iOS et site mobile) ont augmenté de 44 % entre 2012 et 2013. On dénombre 138 millions de branchements sur ICI Tou.tv depuis le lancement de la plateforme en janvier 2010.