Maxime JohnsonGoogle rejette CSS Regions : le web n’aura pas l’air d’un magazine en 2014

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 publié le 28 janvier 2014 à 10 h 45

Adobe CSS Regions

Une technologie d’Adobe visant à permettre aux designers web de créer des pages Internet offrant une allure plus près des magazines que des sites traditionnels ne sera finalement pas intégrée au moteur de rendu Blink de Google, utilisé par les navigateurs Chrome et Opera.

Google change ainsi son fusil d’épaule, après avoir pourtant supporté la technologie CSS Regions d’Adobe pendant quelques années.

« Je ne crois plus que CSS Regions devrait être intégré à Blink », a expliqué la semaine dernière l’ingénieur logiciel pour Google Eric Seidel à un programmeur d’Adobe, dans une discussion accessible sur le web.

Pour Seidel et d’autres contributeurs actifs au moteur de rendu Blink, CSS Regions d’Adobe ralentirait trop Chrome, alors que les objectifs avoués de Google pour 2014 sont plutôt d’améliorer les performances de son navigateur, surtout sur les plateformes mobiles.

Non seulement CSS Regions occuperait 10 000 des 350 000 lignes de code du moteur Blink, mais la technologie serait aussi répandue dans plus de 140 fichiers différents, une quantité énorme, comparée notamment à d’autres technologies modernes comme CSS Grid ou CSS Flexbox, s’étonne Eric Seidel.

Safari et Internet Explorer supportent déjà CSS Regions
Le projet d’Adobe n’est pas mort pour autant. D’ailleurs, la technologie est déjà intégrée au moteur de rendu WebKit et utilisée dans les navigateurs Safari 6.1 (et plus) pour Mac et Safari pour iOS 7. Le navigateur de Microsoft Internet Explorer supporte aussi la technologie en partie depuis Internet Explorer 10.

En tout, ce serait environ 15 % des internautes qui utiliseraient présentement un navigateur compatible en tout ou en partie avec la technologie d’Adobe.

Force est toutefois de constater que sans Google et Mozilla – qui a aussi refusé d’implanter la technologie dans son navigateur Firefox – il sera difficile pour Adobe de convaincre les designers d’employer CSS Regions dans leurs futures pages web.

Un problème réel, mais pas la bonne solution
Le refus de Google d’utiliser le CSS Regions n’est toutefois pas lié au manque d’intérêt envers la technologie d’Adobe.

« Regions corrige certaines faiblesses très réelles de la plateforme web, explique Eric Seidel. Mais je crois que Blink (espérons-le avec l’aide d’Adobe) devra trouver une façon plus simple et plus petite pour corriger ces faiblesses. »

Reste à voir si cette nouvelle façon sera une version plus efficace de CSS Regions, ou une technologie entièrement nouvelle, ce qui pourrait retarder encore de quelques années l’établissement d’un nouveau standard de type magazine sur le web.

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