Billets publiés le 16 janvier 2014

Trois mois après les élections municipales, certains ne se remettent pas encore des résultats, alors que d’autres jubilent. Mais quels sont les facteurs d’une victoire? Nicolas Kruchten, chef du département d’ingénierie de produit pour Datacritic, apporte quelques éléments de réponse grâce une carte qui illustre les résultats.

La carte, ses détails et leur provenance

CarteMTLKruchten a créé une carte qui présente les résultats par districts et par sections de vote, révélant des tendances très fortes selon les secteurs de la ville. Il a conçu cette carte à partir des informations offertes sur le portail de données ouvertes de Montréal. Il a extrait l’information désirée, les résultats pour les quatre candidats les plus importants, grâce à un script qu’il a programmé. L’information a ensuite été intégrée dans un fichier JSON (Java Script object notation) et appliquée à une carte qu’il a ensuite colorée. Cet exercice donne une visualisation de données qui livre une illustration claire des choix de la population.

En effet, on remarque un fort penchant pour l’équipe Coderre dans l’est de la ville. Les citoyens du centre de l’île, notamment des secteurs Rosemont et du Plateau, ont plutôt appuyé l’équipe Bergeron. L’équipe Joly s’est démarquée dans l’extrémité ouest de la ville.

Mieux comprendre les tendances

RosemontCes rassemblements semblent appuyer certaines hypothèses quant aux tendances des votes. Par exemple, il ne fait aucun doute pour Ryan D. Enos, professeur adjoint à l’Université Harvard, que le milieu immédiat dans lequel nous vivons et les voisins ont une influence directe sur notre vote. La plupart de ses expériences sociales touchent davantage la question des minorités, principalement à partir de l’hypothèse d’une tension entre les communautés afro-américaines et hispanophones à Los Angeles. Sans prétendre qu’il s’agisse d’une réalité montréalaise, il ne faut pas écarter le fait que chaque quartier de Montréal propose une identité et un mode de vie qui correspondent à ce que recherche tel ou tel type de Montréalais, ce qui a très certainement une influence sur le vote.

Ce genre de document mériterait certainement d’être commenté par des sociologues et des tenants d’autres approches scientifiques liées aux communautés urbaines. Avec un taux de participation de 43 % à Montréal, les citoyens ont manifesté un intérêt réel. Il serait donc intéressant de voir plus en profondeur le sens de cette élection.

Selon Jérôme Lussier, blogueur pour le magazine l’Actualité, il n’y pas de drame, mais il reste qu’il y aurait lieu de produire une carte similaire pour mettre en parallèle avec les résultats actuels, les données en provenance des quartiers où le taux de participation a été le plus faible.