Billets publiés le 7 janvier 2014

Maxime JohnsonCES : l’Internet des objets (et son problème)

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 publié le 7 janvier 2014 à 16 h 47

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Le Consumer Electronic Show bat son plein à Las Vegas, et déjà, une tendance semble s’imposer cette année : celle de l’Internet des objets. Même si ces objets connectés à l’Internet et qui interagissent entre eux sont plus présents que jamais au CES, ils ont encore un défaut majeur, l’absence de standards ouverts qui permettraient au concept de vraiment décoller.

L’Internet des objets est en pleine expansion. D’après le fabricant de processeurs Intel, 15 milliards d’appareils connectés pourraient être en circulation d’ici 2015, et 200 milliards, d’ici 2020.

Ces appareils peuvent prendre différentes formes. Au CES 2014, Samsung présente notamment sa solution Smart Home, où il suffit par exemple de dire à sa montre intelligente qu’on quitte son domicile pour automatiquement éteindre ses ampoules et son climatiseur.

LG offre pour sa part une autre solution d’appareils connectés, avec lesquels il est possible de communiquer par messagerie instantanée. Un utilisateur pourra par exemple écrire à sa laveuse pour savoir où elle en est rendue dans son cycle.

D’autres solutions déjà sur le marché, comme WeMo de Belkin, offrent désormais plus d’appareils qui peuvent être contrôlés par un téléphone intelligent ou des alarmes intelligentes (pour, par exemple, allumer un gadget dès qu’un joueur des Canadiens marque un but), comme des ampoules et même une mijoteuse.

Qui achète tout au même endroit?
Les écosystèmes fermés – ou simplement qui fonctionnent mieux entre appareils d’une même compagnie – ne sont pas nouveaux. Et il est même souvent normal d’acheter des appareils similaires chez un même fournisseur (ceux qui s’intéressent à un iPhone s’intéresseront probablement aussi à un iPad, par exemple).

Malheureusement, l’Internet des objets est beaucoup plus large.

Téléphone, téléviseur, enregistreur numérique, réfrigérateur, poêle, laveuse, sécheuse, ampoules, climatiseur, système de chauffage, ordinateurs, four à pain, cafetière, réveille-matin, porte de garage… La liste des objets qui peuvent potentiellement être connectés et communiquer entre eux est pratiquement sans fin.

Et malheureusement – ou plutôt heureusement -, personne n’achète tous ses appareils chez un seul et même fabricant et ses partenaires (Samsung compte par exemple permettre à d’autres compagnies d’intégrer son système Smart Home, et Belkin fait la même chose avec son système WeMo).

Pour être vraiment intéressant, et pour vraiment avoir du succès auprès du grand public, l’Internet des objets devrait fonctionner avec tous les appareils connectés, peu importe leur marque. Car, avec plusieurs systèmes sous le même toit, le tout risque simplement d’être un fouillis archicomplexe.

On a proposé quelques protocoles plus ouverts pour l’Internet des objets au fil des années, mais comme on peut l’observer au CES 2014, ce n’est pas la voie que l’industrie a choisie.

Dommage, puisqu’il aurait été bien plus facile de s’entendre maintenant sur un système unifié que ce le sera dans quelques années, lorsque les objets connectés seront déjà sur le marché et dans nos maisons.