Martin LessardL’étonnante statistique sur G+ (peur des fantômes? s’abstenir!)

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 publié le 19 décembre 2013 à 14 h 51

J’ai toujours trouvé que Google Plus (G+) était un village fantôme. En fait, ce n’est qu’à moitié vrai. En posant la question sur mon mur dans G+, j’ai eu suffisamment de réponses pour voir qu’il y a bien des âmes qui y vivent.

Cependant, beaucoup de fantômes y rôdent, et je crois pouvoir le démontrer.

Une courbe bien droite

Voici les statistiques de fréquentation des médias sociaux par les Québécois en 2013 en fonction des plateformes et des tranches d’âge. (Source : CEFRIO)

Ne remarquez-vous rien d’étrange?

statcefrio

Alors que toutes les plateformes fluctuent d’une tranche d’âge à l’autre (et s’écrasent littéralement dans le peloton des 65 ans et plus), la courbe de G+ reste passablement droite, toutes tranches d’âge confondue.

Voici le même graphique, annoté :

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G+ réussi à ne baisser que de 11 points entre son sommet à 35-44 ans et la tranche des 65 ans et plus. Bravo! G+ navigue sans encombre dans un merveilleux vol plané, digne du commandant Piché!

Le ravin de l’âge d’or

Déjà que G+ ne se trouve ni dans le haut, ni dans le bas du graphique, mais au milieu, cela met la puce à l’oreille. Ce qui intrigue le plus, c’est davantage la faible variation entre les tranches d’âge.

Toutes les plateformes plongent dans ce qu’on pourrait appeler le ravin de l’âge d’or. Elles voient alors leurs fréquentations tomber à un niveau très bas par rapport à la tranche d’âge précédente.

Et la chute est encore plus grande si l’on compare le fond du précipice avec le sommet de la tranche d’âge la plus populaire pour chaque plateforme :

  • Facebook : 79 % (25 à 34 ans) contre 39 % (65 ans +)  = -40 points
  • YouTube : 85 % (8 à 24 ans) contre 33 % (65 ans +) = -52 points
  • Twitter : 17 % (8 À 24 ans) contre 4 % (65 ans +)  = -13 points
  • G+ : 42 % (35 à 44 ans) contre 31 % (65 ans +) = -11 points (!!)

Chaque groupe d’âge a sa plateforme favorite. Sur le mur Facebook d’un ami cette semaine, j’en ai eu encore la preuve :

Enfant : dans 9 mois, quand je vais avoir 13 ans, est-ce que je pourrai enfin avoir mon compte Instagram et Snapchat?

Parent : oui, tu pourras même avoir un compte Twitter!

Enfant : Nan. C’est poche Twitter. Personne est là-dessus.

À chaque génération ses outils.

Que G+ « plaise » à tout le monde est peu probable. Alors, quelle tranche est surreprésentée? Allez savoir! Probablement un peu dans tous les groupes d’âge, davantage à mon avis après 35 ans.

Enrôlé de force

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Avec G+, on ne peut plus compter la « présence » sur une plateforme de la même façon. En fait G+ est intriqué dans un ensemble de services Google, de Gmail à Hangout. D’une certaine façon, être sur le web, c’est souvent passer par les outils de Google.

Sans compter que certains ont « branché » leur compte Facebook ou Twitter pour qu’ils publient automatiquement aussi sur G+. Oui, ça bouge sur G+, mais une bonne partie de nos interactions ne sont que des échos.

Il y a bien des âmes dans le village G+, oui (et bien malin qui pourrait trouver une bonne définition sur ce que veut dire « être » sur G+), mais pour le reste, ce ne sont que des ombres sur les murs d’une réalité qui se passe ailleurs.

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