Nadia SeraioccoLes Québécois toujours plus présents sur les réseaux sociaux

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 publié le 28 juin 2013 à 12 h 05

Grand-maman met son statut Facebook à jour plusieurs fois par semaine. Et vous? (source Venture Beat)

Cette semaine, la plus récente étude NetTendances du CEFRIOétait commentée par presque tous les spécialistes des médias sociaux. Comme chaque fois, nous avons pu constater la popularité croissante des médias sociaux. La tendance n’ira pas en diminuant, c’est certain, mais plutôt que de s’inquiéter du temps passé en ligne, que peut-on déduire de cet engouement?

Une hausse remarquée chez les 55 ans et plus

Selon cette étude, 62,7 % des adultes québécois utilisent les médias sociaux. Cela correspond d’assez près au taux d’utilisation du géant en la matière, Facebook. Une tendance s’affirme aussi : les médias sociaux ne sont pas qu’une affaire de « jeunes », il y a même une progression marquée chez les internautes de 55 ans et plus. En fait, la proportion des utilisateurs de plus de 55 ans est passée de 58,9 % en 2012 à 73,9 % cette année.

Plus du tiers des Québécois sur Google+?

La communauté de Yul Contenu (sur Facebook), constituée de férus des médias sociaux, a remis en question certains résultats concernant les médias sociaux les plus populaires. Si YouTube et Facebook attireraient respectivement 66,9 % et 65,8 % des internautes québécois, ce qui paraît probable, Google+ aurait 35,4 % de la part du gâteau. Bien que Google+ fasse partie des services de Google et offre des fonctions fort intéressantes telles que les hangouts (conférence vidéo à plusieurs participants), il paraît surprenant que plus du tiers des internautes québécois se soient sur Google+. Ce réseau a un net avantage sur les autres  : comme il est lié aux sites les plus populaires, soit le moteur de recherche Google et YouTube, quand on crée une page pour son site ou son blogue, cela aide à améliorer le référencement dans les résultats de recherches Google. Si les Québécois s’en servent moins, c’est probablement aussi parce que ce réseau offre peu de contenus en français.

Pour juger de l’utilisation réelle que font les Québécois de Google+, il faudrait considérer le pourcentage de ceux qui ont un compte de messagerie Gmail, qu’ils utilisent aussi pour gérer leur compte YouTube et qui, par défaut, ont créé un compte G+ qu’ils n’utilisent pas, ou peu. Une fois ces données combinées, on aurait un taux plus réaliste de l’activité des Québécois sur le réseau.

Les Québécois sont branchés… Les entreprises le sont-elles?

Reste néanmoins que cette étude démontre que la présence des Québécois dans les médias sociaux est d’une importance capitale pour élaborer des stratégies de marketing ou de relations publiques. C’est pourquoi il est étonnant de constater, dans une autre étude du CEFRIO de 2010 (PDF, mise à jour en 2012), que seules 15 % des entreprises utilisent les médias sociaux. Et encore là, c’est souvent pour faire le lien avec la clientèle, mais encore peu souvent à des fins de communication interne.

En faisant une recherche rapide sur les site de recherches d’emploi au Québec, on remarque que le nombre de postes en communication et marketing qui demandent une expertise en médias sociaux augmente sans cesse. Et ces exigences se retrouvent dans une multitude d’industries, de la quincaillerie en région à l’entreprise spécialisée en transport. Bien évidemment, plusieurs entreprises ont créé un compte à seule fin de réserver leur nom sur les réseaux pour éviter l’usurpation d’identité. Mais nombre d’entre elles doivent encore croire qu’il s’agit d’une manière peu coûteuse, voire gratuite, de se faire de la publicité et d’augmenter leurs ventes.

Que faire de ces données?

Cette étude du CEFRIO vient appuyer le fait que tout responsable des communications ou du marketing aura constaté dans son quotidien : les Québécois sont dans les médias sociaux et s’y expriment beaucoup. Les entreprises ont donc tout à gagner en se manifestant sur Facebook, Twitter ou, pourquoi pas, Google+. Mais elles doivent le faire intelligemment sans dépendre d’un ROI (retour sur investissement) fictif, qui se mesure difficilement selon les paramètres du marketing classique.

L’engagement constant des membres d’une communauté qui en compte quelques milliers vaut bien souvent mieux que quelque 100 000 abonnés passifs qui ont oublié pourquoi ils ont un jour cliqué sur le bouton « J’aime ».

 Sources complémentaires

L’étude NetTendances du CEFRIO à propos des réseaux sociaux (en PDF)

Sur E-Gouv Québec : Google+ l’art de séduire par le référencement

Dans Le Soleil, lors du Printemps des réseaux sociaux 2012 : Les entreprises québécoises peu présentes dans les réseaux sociaux

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