Billets publiés le 9 mai 2013

Martin LessardComme des pingouins qui jouent aux funambules

par

 publié le 9 mai 2013 à 11 h 36

Le 81e congrès de l’ACFAS, l’Association francophone pour le savoir, se déroule cette semaine dans la ville de Québec.

Il y a près de 4000 communications, réparties dans plus de 200 colloques et activités.

J’ai eu la chance d’assister à un de ces colloques, celui organisé par l’Observatoire des médias sociaux en relations publiques sur l’usage des médias sociaux et les enjeux sur la « e-réputation » des organisations.

La gestion de la « e-reputation », ou plus simplement, la gestion de la réputation en ligne, pour les entreprises, est un sujet très vaste.

Cela englobe la gestion de la marque jusqu’à la gestion de la communauté en ligne.

J’ai retenu une des définitions entendues durant la journée : c’est la « capacité à structurer une logique permanente de preuves pour être crédible ».

Ce qui est intéressant de se rappeler ici, c’est que dans le cas du web 2.0, nous sommes devant un phénomène où ce sont les individus qui se sont approprié les outils bien avant les entreprises qui, elles, sont pour la plupart à la traîne et ne savent par où commencer.

Là où un ado de 15 ans manipule allègrement sa réputation sur plusieurs plateformes à la fois (voir mon billet sur le multitâche), la plupart des compagnies sont maladroites comme des pingouins qui jouent aux funambules sur un fil tendu.

Celà dit, qu’en pensent les chercheurs? Ils nous rappellent qu’il ne faut pas mélanger usage et pratique.

Les compétences professionnelles qui se trouvent dans une entreprise n’ont pas de sens sur le web 2.0 si elles ne sont pas combinées à des compétences relationnelles.

Utiliser des outils, c’est une chose. L’usage est inscrit dans l’outil : Twitter permet de tweeter. Mais c’est tout. La relation, elle, est dans la pratique, pas dans l’usage de l’outil.

Le web 2.0 est un médium relationnel, on le répète souvent ici sur Triplex, mais il ne suffit pas d’avoir l’outil pour être en relation. Les entreprises oublient qu’il faut entrer en relation. On ouvre son compte, on se crée un profil, on publie deux ou trois trucs. On se demande ce qui ne marche pas.

Les médias sociaux promeuvent ceux qui ont des compétences relationnelles, bien avant ceux qui ont des compétences professionnelles.

Pour gérer sa e-réputation en ligne, dans le sens donné plus haut, c’est-à-dire de structurer sa présence avec des preuves de sa crédibilité, il faut assurément, pour ne pas dire obligatoirement, posséder une qualité souvent négligée, mais essentielle : avoir des compétences relationnelles.

Sinon, comme on le voit partout, les comptes, les pages et les blogues des entreprises restent d’énormes déserts vides de monde où souffle le vent glacial de l’ennui.