Martin LessardLa course au MOOC

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 publié le 14 février 2013 à 16 h 55

Après mon précédent billet sur les MOOC (pour Massive Open Online Course), ces formations ouvertes et à distance, certains m’ont orienté vers quelques exemples francophones et j’en ai trouvé quelques autres par la suite:

HEC Montréal a offert son premier cours l’automne dernier : Introduction au marketing (avec 40000 participants). Et, le 12 mars prochain, débutera Comprendre les états financiers (45000 personnes y sont déjà inscrites).

ITYPA: acronyme pour « Internet : tout y est pour apprendre », le premier cours portant sur le thème Comment fonctionne un MOOC a eu lieu en 2012.

L’École centrale de Lille :  Gestion de projet.

L’École Polytechnique fédérale de Lausanne : Introduction à la programmation orientée objet (en Java), sur Coursera

Ces initiatives sont encore isolées, et l’offre est peu diversifiée, mais c’est un début pour les francophones.

xMOOC et cMOOC

D’ores et déjà, les MOOC sont offertes en deux parfums.

Les cMOOC (c pour connectivisme) proposent des cours reposant sur le partage des savoirs entre les apprenants et où, souvent, les objectifs d’apprentissage sont définis par le participant lui-même. Les professeurs sont là aussi pour apprendre au cours du processus. Le cours ITYPA, cité plus haut, est de ce type.

Les xMOOC sont plus traditionnels et reposent sur un transfert de connaissances classique auquel, je crois, les gens sont plus habitués. Ils représentent la majorité des cours offerts.

Le premier a la particularité de profiter pleinement d’Internet pour offrir une façon différente d’apprendre. Le second l’utilise davantage comme canal. Selon les cours ou les participants, l’un ou l’autre est plus approprié.

Formation gratuite

Je ne connais pas les coûts exacts pour bâtir ces cours,  mais je ne crois pas que ce soit la plateforme qui représente la portion la plus chère. Surtout si on prend des plateformes ouvertes et gratuites :

Il faudra un minimum de personnalisation pour mettre ces plateformes ouvertes à votre main. Mais une fois la plateforme en place, ce sont les cours qui coûtent le plus cher à mon avis : il faut du matériel pour capter la présentation, un minimum de montage vidéo et une gestion des élèves et des notes, etc.

Bâtir un cours n’est pas gratuit. C’est donc un jeu que seules les universités les plus riches peuvent se permettre de jouer à long terme et en s’adressant à un large public. Car sur le plan de la rentabilité, il n’y a pas encore de modèle d’affaires.

Pourquoi se lancer dans l’aventure?

Les cours en ligne représenteront une part non négligeable de la formation dans un monde où on sera obligé d’apprendre en permanence.

Un MOOC en soi ne va pas révolutionner l’université en tant que telle. C’est la façon de fréquenter l’université qui pourrait partiellement changer. Cela va se développer en parallèle des activités existantes. Les cours à distance sont excellents pour la formations continue. Il y a donc de l’avenir.

Mais le véritable enjeu pour les universités, c’est que la popularité de ces formations crée une véritable compétition entre les universités à l’échelle mondiale.

Les bénéfices financiers que les universités peuvent espérer tirer des MOOC sont plutôt minces dans l’état actuel des choses.

Le véritable bénéfice pour les universités se situe davantage sur le plan de leur réputation au niveau national et international. Plus les cours à distance deviendront chose commune, moins la distance géographique sera un critère important dans le choix d’une université.

Les universités qui tentent l’aventure aujourd’hui risquent de se positionner dans le haut du peloton demain.

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