Billets publiés le 6 février 2013

Twitter a fait l’acquisition de Bluefin Labs. Les lecteurs de Triplex connaissent bien Seevibes dont on a parlé à plusieurs reprises dans ce blogue. Eh bien, Bluefin Labs est le Seevibes américain : c’est une firme qui offre des solutions d’analyse et de valorisation de l’audience sociale de la télévision pour les diffuseurs et les agences média. (Lire mon billet La revanche de la télé sur Internet, ou bien l’inverse?)

Avec la mesure en ligne, les publicitaires et les télédiffuseurs peuvent connaître ce qui se dit sur Twitter ou Facebook durant la diffusion des émissions de télévision.

Après un partenariat avec Nielsen, spécialiste de la mesure d’audience, Twitter développe encore davantage son aspect « télévision sociale« , terme consacré pour exprimer l’arrimage de la télévision et des médias sociaux.

Laurent Maisonnave, de Seevibes, à Montréal, ajoute : « Pour les derniers qui n’étaient pas encore convaincus, [ça] démontre la valeur et l’intérêt pour l’industrie des médias et de la publicité d’avoir des chiffres sur lesquels négocier la valeur de l’audience sociale. »

La socialisation autour des contenus télévisuels ne date pas des médias sociaux. Les échanges existaient déjà quand on regardait une émission en famille, mais d’une expérience privée, les médias sociaux en font maintenant une expérience collective.

La force du mot-clé

Twitter est, avec Facebook, la plateforme la plus utilisée pour permettre aux téléphages d’échanger leurs commentaires durant une émission.

C’est ce qui est appelé le « deuxième écran » : les gens utilisent leur cellulaire, leur ordinateur portable ou leur iPad pour faire des commentaires sur ce qu’ils voient, sachant que d’autres personnes écoutent la même chose qu’eux. (Lire le billet de Nadia Écouter la télé en consultant son téléphone : la tendance se confirme.)

Vous avez sûrement croisé récemment un #SuperBowl, un #canadien ou un #tlmep sur Twitter? Eh bien, c’est ça.

Selon Bluefin, il y a eu 30,6 millions de mentions du Super Bowl dimanche dernier. Il y en avait 12,2 millions l’an passé pour le même événement. S’il y a un signe que le second écran devient réellement significatif dans la consommation télévisuelle, c’est celui-là.

Twitter en tête du deuxième écran?

L’arrimage entre la télévision me semble plus fort avec Twitter à mon avis. Il est plus facile de trouver des amateurs de votre émission favorite sur Twitter que sur Facebook. Sur Facebook, vos proches n’aiment pas nécessairement la même émission que vous. Sur Twitter, il suffit de retrouver un mot-clé pour se trouver dans une foule qui adore la même chose que vous.

Twitter et la télévision partagent le même goût du temps réel. Ils s’alimentent mutuellement. Ceux qui ont regardé la première émission de la nouvelle saison 19-2 le savent. Le « deuxième écran » fait partie de plus en plus des habitudes d’écoute et Twitter l’a bien compris en faisant l’acquisition de Bluefin. Twitter cherchait un moyen de rentabiliser sa plateforme. Voilà probablement un pas dans cette direction.

Avec cet outil, Twitter sera en mesure de prendre une position dominante sur la « télévision sociale », car il peut maintenant aller voir les annonceurs et les diffuseurs et leur dire ce qui marche ou non auprès de l’audience. La somme de tous nos petits tweets forme un ensemble beaucoup plus parlant qu’on ne le croit.

L’acquisition de Bluefin par Twitter montre que ce dernier se positionne fermement sur le terrain du divertissement et de l’événementiel. Attendez-vous bientôt à voir votre flux Twitter être davantage pollué de mots-clés reliés au monde de la télévision et du sport. C’est là que se trouve l’argent…

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Le fabricant nippon a publié la semaine dernière une vidéo laissant croire à son intention de révéler les détails entourant sa prochaine console de jeu, la PlayStation 4. Comme vous le remarquez par vous-même, une aura de mystère entoure l’annonce en question, avec une date comme seul élément d’information, le 20 février prochain, soit 5 jours avant l’événement Destination PlayStation.

Il faut dire que la génération actuelle de consoles est la plus longue que l’industrie ait connue avant la mise en marché de consoles successeures. Microsoft qui a ouvert le bal en 2005 avec la mise en marché de la Xbox 360, suivie en 2006 de Nintendo et de Sony avec la Wii et la PlayStation 3. Ce qui donne une espérance de vie de 8 ans à cette génération, qui est pourtant loin d’être sous respirateur artificiel.

Que faut-il attendre de la PlayStation 4?

Selon le Wall Street Journal, Sony misera sur l’aspect social des jeux de sa console plutôt que de vanter ses caractéristiques techniques (la trousse de développement est propulsée par quatre processeurs bicœur AMD64 et 8 Go de mémoire vive). Bien que le fabricant ait songé à se débarrasser du lecteur optique, la taille des fichiers des jeux sera trop importante pour compter sur le téléchargement par Internet, compte tenu des connexions et des limites de la bande passante actuelles.

À mon avis, il va de soi que la prochaine console de Sony sera munie encore une fois d’un lecteur Blu-ray. Comme il est sorti victorieux de la guerre des supports contre le HD-DVD, la rumeur veut même que le format intègre également la future console de Microsoft. Par le fait même, la rétrocompatibilité avec la PS3 sera au rendez-vous.

Par contre, difficile de prédire ce qui distinguera la PlayStation 4 de ses concurrents. Tout le monde s’entend pour dire qu’un niveau de graphisme supérieur à la génération actuelle ne sera pas suffisant pour garantir une masse critique de ventes. À l’instar de Nintendo, le secret de cette nouvelle console résiderait dans sa manette. Au rendez-vous : écran ou pavé tactile, inspiré de la PS Vita, et/ ou fonctions rappelant la PS Move.

Avec les ventes désastreuses qu’a connues la PS Vita, il est impératif pour Sony de sortir de l’impasse avec un produit qui saura revitaliser la marque PlayStation. Dans un monde où les consommateurs se retrouvent de plus en plus souvent à l’extérieur de chez eux, l’industrie des téléphones et des tablettes mobiles devient également une menace pour les consoles de salon.

Concurrence : vétérans et nouveaux joueurs à l’horizon

À moins d’un revirement de situation extraordinaire d’ici la mi-février, tout porte à croire que Microsoft sortira sa prochaine console en dernier. IllumiRoom, un prototype dévoilé lors du dernier CES par la compagnie de Redmond, promet une expérience immersive hors du commun (voir la vidéo ci-dessous). Il s’agit essentiellement d’une Kinect projetant sur les murs de votre salon les images coupées par les limites de votre téléviseur. Si les concepteurs adoptent cette technologie, la prochaine Xbox pourrait s’avérer très prometteuse.

De son côté, Nintendo est déjà dans la course avec sa Wii U. Ses ventes sont raisonnables, étant donné qu’elle en est encore à ses balbutiements, les développeurs n’ayant pas eu la chance de pousser la console à son plein potentiel.

De nouveaux concurrents sont également à surveiller. D’abord la Ouya, une console ouverte, lancée par le biais de Kickstarter et dont le prix de vente est fixé autour de 100 $. Ensuite, la Piston (son nom de code), une console dévoilée par Valve au dernier CES. Avec des titres à succès dont les séries Half-Life et Left 4 Dead, sans oublier la populaire plateforme de distribution Steam, Valve est très bien positionnée pour être un joueur intéressant dans cette nouvelle génération de consoles.

Diffusion vidéo en direct

Sony a confirmé son intention de diffuser l’événement en vidéo sur le web. Surveillez la page de l’événement. Tout porte à croire que la prochaine console de Sony sera mise en marché avant la fin de l’année, juste à temps pour Noël.