Nadia SeraioccoApplications natives ou applications web?

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 publié le 25 janvier 2013 à 14 h 59

Cette semaine sur Triplex, Laurent, Martin et moi reprenions quelques éléments du débat application web contre application native… Il est bien évident que ce débat - s’il en est un, diraient certains - comporte plusieurs volets : d’abord ce qui touche la convivialité à partir de différentes plateformes, puis les considérations commerciales et, évidemment, ce que nous envisageons pour le monde applicatif de demain.

Les deux types d’applications sont en fait trois…

L’application native est conçue pour l’appareil mobile et codée soit en Objectif-C pour Apple, soit en Java pour BlackBerry et Android (avec parfois du C ou du C++). C’est pourquoi, selon votre type d’appareil, l’application native sera téléchargée à partir des différentes boutiques. Ces applications font appel aux couches basses de l’appareil, soit les fonctions de GPS, les notifications, etc. (voir la définition des couches basses). Ce type d’application est tout indiqué pour les jeux et les applications de services, mais pour transmettre des contenus texte, elle n’est pas idéale. L’application web ou web application se fonde sur le langage HTML5 et permet de faire une version adaptée au mobile d’un site web. On parlera aussi, dans ce cas, de design web adaptatif ou responsive design. L’application hybride, le troisième type, permettra d’utiliser les fameuses couches basses, donc de bénéficier des qualités des appareils mobiles et d’inclure aussi des capsules de contenus tirés du web.

Un site adaptif décliné en quelques écrans : source Mashable.com

La question de la stabilité et du plus petit dénominateur commun

Sans tenir compte des développements futurs de la mobilité, s’il fallait prendre parti avec ce que nous savons, je dirais : « Mais misons sur les applications web, après tout, leur format est adaptable à toutes les plateformes et leur conception se base sur le plus petit dénominateur commun. » Mais voyez-vous, le plus petit dénominateur commun a ceci d’embêtant qu’il n’est l’idéal pour personne, il vise le compromis suprême. Et voulons-nous vraiment dans tous les cas, sans égard à la fonction, d’un site adaptatif, soit de la version mobile d’un site web? Non. La question de la stabilité est importante, mais pour les utilisateurs férus de mobilité, la performance (par exemple dans le domaine du jeu mobile) et le rendement financier pour le développeur comptent pour beaucoup. Et sur ce point, l’application native bat très souvent l’application web. C’est pourquoi les concepteurs de jeux mobiles ne s’enfargent pas les pieds dans les fleurs du tapis et y vont avec les applications natives. Mais ce n’est pas la seule raison.

Tout miser sur le HTML5? Pas pour Zuckerberg en tout cas!

La question du HTML5, le langage tant attendu dont on parle depuis une décennie, est au cœur de ce débat, car pour les industries en mouvement comme celle du jeu, même s’il est fiable, ce langage est considéré comme « difficile à coder » et réputé pour coûter trop cher en temps de « débogage » (lire « HTML5 a blessing or a curse »). Même Mark Zuckerberger aura admis au moins une fois une erreur coûteuse : celle d’avoir tout misé sur le HTML5. Après avoir essayé l’application hybride, devant les bogues constants et les ralentissements de service, à l’été 2012, Facebook lançait une application native sous IOS et en promettait autant sous peu pour Android. Si Mark le dit, j’aurais tendance à y croire un peu…

Et qu’en dit l’autre chef de file du web, Google? Il a développé, pour Google+ et Gmail, ses produits sociaux, des applications natives offertes dans tous les formats. Et pourquoi ces deux géants investissent-ils dans les applications natives? Pour bien servir leurs utilisateurs, mais surtout, parce qu’ils pressentent un marché publicitaire mobile qui sera profitable. Et à ce propos, dans les tendances relevées par Deloitte pour 2013 (article de Business Insider à ce propos), il appert que la segmentation des marchés publicitaires mobiles en marchés téléphone et tablette est plus que certaine et serait très profitable. Donc, créez-les et les profits seront au rendez-vous.

 Imaginer le web de demain

Quand on a testé la 4G offerte sur certains marchés et constaté la montée du mobile dans les habitudes de consommation web des utilisateurs (couplée à la vente croissante de tablettes et de téléphones intelligents), il faut admettre que la donne changera vite dans ce domaine. Avec des revenus présumés qui se comptent déjà en millions pour le marché publicitaire mobile, la performance et l’adaptabilité devront être au rendez-vous. Lorsque Facebook et Google voient les applications natives dans leur soupe, je ne peux que conclure que cette voie l’emportera à moyen terme. Jusque-là, il vaut mieux évaluer la nature de votre service et ce que vous offrirez comme application, si cela est vraiment nécessaire… Mais vous savez comment le moyen terme arrive rapidement au 21e siècle.

Sources complémentaires :

Monday Note : « The silly web vs natives apps debate »

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