Billets publiés le 24 janvier 2013

Martin LessardLa migration vers les applications web est inévitable

par

 publié le 24 janvier 2013 à 10 h 21

Je poursuis ici le débat amorcé par Laurent, et que Nadia poursuivra demain, sur  les avantages et les inconvénients des applications natives et des applications web, débat qui se terminera avec un échange des points de vue à l’émission La sphère samedi.

Grandeur et misères des plateformes mobiles

Il faut comprendre qu’un contenu web qui s’affiche bien sur un écran d’ordinateur devient vite illisible ou peu navigable sur un écran de 4 ou 5 pouces.

Version ordinateur vs version mobile

Avec la multiplication des écrans, dont j’ai fait mention il y a deux semaines, Internet devient accessible sur une foule d’écrans de toutes grandeurs. Des iPad mini aux télés connectées en passant par les Galaxy Tab ou le prochain BlackBerry 10, chaque plateforme a ses spécifications techniques particulières et des tailles d’écran différentes.

Et demain? Ce sera les lunettes Google, l’écran dans les voitures automatiques ou les tables-écrans. Et chaque fois, il faudra développer une application native? Oui.

Et à l’explosion des écrans s’ajoute l’implosion des systèmes d’exploitation :

Il m’apparaît donc improbable de poursuivre indéfiniment l’adaptation et la maintenance des applications pour toutes les plateformes existantes et à venir.

L’application web est tout aussi efficace dans la majorité des cas

Je crois que pour l’écrasante majorité des sites (soit plus de 1 demi-milliard, selon Netcraft) une application web est la meilleure solution. Tout simplement parce que la plupart de ces sites ne proposent que du simple contenu. Il n’y a pas besoin d’une application native pour gérer du simple contenu. Et vous non plus ne désirez pas avoir une application pour tous les sites que vous souhaitez visiter. Surtout s’il n’y a pas de véritable valeur ajoutée.

Tout au plus, souhaiterez-vous avoir une poignée d’applications natives sur votre appareil favori selon votre utilisation (Facebook sur votre cellulaire, Netflix sur votre tablette, Twitter sur votre votre iPod, BBC iPlayer sur votre télévision).

Mais pour le reste des autres sites ou services sur la toile (achats en ligne, réservation d’un hôtel, etc.), vous allez utiliser leur application en ligne via un navigateur.

Depuis quelques années, le HTML5 et le CSS3 permettent d’adapter automatiquement les pages aux divers types d’écrans qui pullulent. Et surtout, ces nouvelles spécifications permettent de quitter l’aspect strictement documentaire du web et d’offrir de véritables applications en ligne qui se rapprochent beaucoup des applications natives.

Donnons à titre d’exemple quelques applications web, accessibles autant en sur votre ordinateur que sur vos autres appareils :

Vous n’avez pas bien sûr tout le confort d’une pleine page web sur votre ordinateur, mais les principaux services sont tout à fait accessibles et fonctionnels.

La lente transition

Est-ce dire que les applications natives sont vouées à disparaître? Non, pas tout de suite en tout cas, comme l’expliquait Laurent hier.

« Le langage de programmation utilisé a été optimisé par le fabricant afin d’assurer un meilleur rendement sur tous les plans »

Les applications natives répondent à un usage intensif (un jeu, par exemple) ou spécifique (la géolocalisation, par exemple). Ou tout simplement pour une utilisation hors ligne.

Or, l’application Facebook me semble être emblématique de la transition en cours, lente, mais assurée, vers des applications web.

Facebook offre ce qu’on appelle une application hybride : une coquille native pour chaque appareil, mais nourrie par son serveur web.

Ce type de coquille est un excellent compromis parce qu’il assure une comptabilité entre les plateformes tout en permettant l’accès aux ressources de l’appareil (notification, caméra, géolocalisation, etc.).

À long terme, avec une omniprésence de l’accès web et une bande passante conséquente, la frontière entre les applications natives et applications web tendront à se disparaître.