Billets publiés le 3 janvier 2013

La « grande donnée » (big data) est une expression qui circule depuis quelques années dans la niche de l’informatique infonuagique et fait référence aux outils, processus et procédures permettant à une organisation de créer, de manipuler et de gérer de très larges quantités de données en temps réel.

Les grandes compagnies (on pense à Google, à Visa, à Amazon) sont déjà sur ce terrain. La possibilité de gérer de la grande donnée commence à être accessible pour les plus petites entreprises. La démocratisation est en cours, et la grande donnée sera accessible à tous, citoyens compris. C’est une question de temps.

C’est possiblement, avec l’Internet des objets, la prochaine grande vague de changements la plus sous-évaluée en ce moment.

On n’a qu’à regarder comment nos politiciens ont tenté d’intégrer les médias sociaux dans leurs habitudes : c’est au mieux une pâle copie de la stratégie des médias sociaux de la campagne d’Obama… de 2008.

En 2012, le président américain a plutôt opté pour la grande donnée afin de coordonner de façon plus efficace ses troupes sur le terrain (source). Et il a gagné.

Plan numérique, innovation planifiée

Quand un État se dote d’un plan numérique, il lui est possible d’anticiper les coups, et non plus de les subir.

« La stratégie numérique pour l’Europe a été adoptée en 2010 dans le cadre de la stratégie Europe 2020 pour stimuler l’économie numérique et répondre aux défis sociétaux par les TIC. » (source)

Une des conséquences de ce plan a été le lancement d’un concours visionnaire pour financer un grand projet informatique porteur et innovateur, d’une envergure similaire au projet de cartographier le génome humain.

Sur 21 projets proposés, 6 ont été retenus comme projets-pilotes il y a un peu plus d’un an. Et à la fin de ce mois de janvier, la Commission européenne choisira parmi eux deux finalistes. Et un seul des deux recevra un prix de 1 milliard d’euros au courant de 2013 pour mener à terme son projet sur un horizon de 10 ans.

Un des projets me semble être celui qui utilise le plus la grande donnée…

FuturICT : Système nerveux planétaire

Appelé FutureICT, le projet propose ni plus ni moins de devenir une « plateforme planétaire », un projet grandeur réelle pour simuler la planète en action.

Ce système nerveux planétaire sera composé de multiples senseurs qui mesureront en temps réel l’état et les interactions du monde entier. En branchant ensemble des données statiques (sondages, compilations, études) et des données dynamiques (web, mobile, senseurs), l’équipe espère arriver à une meilleure représentation de ce qui compose une société. Mieux en tout cas que le PIB, données statistiques incomplètes qui datent du début du siècle dernier.

Le projet permettra de faire des simulations à une échelle sans précédent. Modelé sous la forme d’un App Store, mais décentralisé, il permettra aux scientifiques et aux programmeurs (et au public en général) de partager des composantes, des outils et des données, pour « augmenter la réalité » ou, du moins, simuler des réalités sociales pour prendre de meilleures décisions.

Simulation, l’avenir

On sait tous que 2013 sonnera le retour du jeu Sim City. Prévu pour mars, ce jeu de simulation et de gestion de ville 3D est probablement un des jeux les plus attendus de l’année naissante.

En 2013, on verra peut-être le démarrage du projet FuturICT, qui fera connecter les données de milliards de composantes « intelligentes », interactives et autonomes pour rendre notre planète consciente d’elle-même…

Êtes-vous du genre à jouer au jeu des résolutions au début de chaque nouvelle année? Peut-être voulez-vous perdre du poids, cesser de fumer, faire des choix plus écologiques ou mieux gérer vos finances? Bien qu’il soit rare qu’on parvienne à maintenir ces objectifs, on s’apprête à recommencer une fois de plus cette routine annuelle.

Je vous propose ici une liste de résolutions pour votre vie numérique. Rassurez-vous, je ne vous invite pas à mieux agir avec votre cyberprochain ou à prendre soin de votre orthographe sur les réseaux sociaux. En fait, il ne s’agit pas tellement de résolutions, mais plutôt d’une liste de tâches concrètes à accomplir pour mieux profiter du web.

Faites le ménage de vos réseaux sociaux

On le sait bien, depuis la montée en popularité de Facebook, le terme « ami » a quelque peu perdu sa signification originelle. Vous arrive-t-il de croiser des statuts insignifiants, voire carrément blessants? Soit, il est toujours amusant de se moquer de la nature humaine, mais il est préférable que ce genre de manifestations pathétiques n’engorge pas la page d’accueil de votre réseau social favori.

Repassez à travers vos divers abonnements et assurez-vous que ceux-ci (tant les profils que les pages) correspondent toujours à vos goûts. N’hésitez pas à ajuster les paramètres d’affichage de certains de vos contacts (passant de « toutes les mises à jour » à « importants uniquement » sur Facebook), ou à retirer certaines personnes de votre liste d’amis.

Votre description sur Twitter est-elle à jour? Qu’en est-il de vos informations sur LinkedIn? Utilisez-vous réellement Pinterest? Votre profil sur Quora accumule-t-il la poussière? Chose certaine, si vous n’enterrez pas vos cadavres (je parle de vos comptes inutilisés), personne ne le fera à votre place.

Changez vos mots de passe

En juillet dernier, le journaliste Mat Honan a appris à la dure à quel point la sécurité de sa vie numérique pouvait être compromise pour une simple question de mot de passe. Je vous invite à lire le billet que j’ai écrit à ce sujet afin d’en apprendre davantage sur la question.

Profitez de ce début d’année pour changer vos mots de passe pour l’ensemble de vos services web. Choisissez un mot de passe unique pour chacun de vos comptes. Agrémentez celui-ci de majuscules et de chiffres afin d’augmenter sa sécurité. Puisque votre boîte de courriel est l’endroit où les fonctions « mot de passe oublié » valident votre identité, il est impératif d’en sécuriser l’accès. Utilisateurs de Gmail, renseignez-vous sur la procédure de connexion avec la validation en deux étapes (voir la vidéo ci-dessus).

Faites le ménage de vos comptes

Le CEFRIO nous apprenait que 28,4 % des adultes québécois avaient effectué des achats sur Internet en octobre dernier. C’est probablement le cas de beaucoup d’entre vous (après tout, vous êtes sur un blogue techno). Tandis que vous vaquez à vos occupations, vos informations bancaires dorment sur des serveurs à gauche et à droite. Est-ce vraiment pertinent que ces magasins virtuels conservent votre numéro de carte de crédit pour faciliter vos futurs achats?

À l’aide de vos courriels, retrouvez les achats effectués au cours des derniers mois. Il est fréquent d’acheter seulement un ou deux articles à un endroit, pour ensuite ne plus y retourner. Prenez le soin de supprimer les comptes inutiles, ou du moins de retirer votre carte de crédit de votre profil.

Certains services web comme iTunes ou Amazon permettent l’utilisation de cartes prépayées à montants fixes, en vente dans divers magasins (épiceries et pharmacies). Une autre façon de redoubler de prudence.

Archivez mieux, ou archivez tout simplement

Les lecteurs assidus de Triplex se souviendront que j’ai déjà rédigé un billet concernant l’archivage. J’aurais tendance à être moins sévère au sujet des services d’archivage en ligne (le fameux nuage). Si vous privilégiez l’accès à vos données où que vous soyez, cette solution est beaucoup plus appropriée que l’achat d’un serveur local.

Bonne année

Une fois que vous aurez accompli ces tâches, répétez-les au besoin. Sur ce, je vous souhaite une excellente année 2013.