Billets publiés en janvier 2013

Laurent LaSalleBlackBerry Z10 : trop peu trop tard pour sauver RIM?

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 publié le 31 janvier 2013 à 15 h 50

Autrefois synonyme de téléphone cellulaire des entrepreneurs et des gens d’affaires, le nom de BlackBerry a aujourd’hui perdu sa place dans le vocabulaire quotidien. Détrônée par la concurrence et craignant le changement, la compagnie canadienne Research in Motion n’a pas su comprendre rapidement en quoi les nouveaux téléphones à écran tactile de l’époque étaient révolutionnaires.

Aujourd’hui plus que jamais, la compagnie se retrouve dans une position vulnérable. Elle est tombée sous le seuil des 5 % de ventes lors du dernier trimestre de 2012, sans compter que les parts de marchés de BlackBerry sont descendues sous la barre des 9 % pour la même période.

Mais RIM n’a pas dit son dernier mot. Un vent de renouveau souffle dans l’entreprise canadienne, avec un changement de nom pour la compagnie (elle adopte désormais le nom de sa gamme de produits phares, BlackBerry), le lancement d’un nouvel appareil tactile et d’un système d’exploitation complètement réinventé.

La stratégie semble prometteuse, mais est-ce trop peu trop tard?

BlackBerry Z10

Premier BlackBerry complètement tactile depuis le Torch 9860, lancé en 2011, le Z10 se présente sous une forme sobre et raffinée. Difficile de ne pas comparer l’appareil aux plus récents modèles d’iPhone avec ses coins arrondis. Néanmoins, son écran est plus large (4,2 pouces) et ne comporte aucun bouton physique à l’avant. En plus de l’entrée des écouteurs, l’appareil arbore un port Micro USB et un port Micro HDMI, ce qui rend le Z10 compatible avec une panoplie d’appareils respectant la norme HDMI pour la transmission du signal vidéo. Finalement, contrairement au cas de l’iPhone, l’arrière de l’appareil est amovible afin de permettre l’intégration d’une carte Micro SD, le changement de la pile et de la carte SIM.

En terme de caractéristiques techniques, le Z10 est propulsé par un processeur bicœur cadencé à 1,5 GHz et est muni de 2 Go de mémoire vive. Il n’offre que 16 Go d’espace de stockage, mais grâce à son lecteur Micro SD, il est facile d’augmenter la capacité jusqu’à un maximum de 80 Go (à l’ajout d’une carte de 64 Go). La résolution de son écran est impressionnante : 728 x 1280 pixels, soit une densité de pixels supérieure à toute concurrence (356 ppp). Évidemment, on retrouve aussi la liste de caractéristiques standards : 4G LTE, WiFi (802.11 a/b/g/n), GPS, Bluetooth 4.0, NFC, un accéléromètre, un magnétomètre, un gyroscope et un capteur de lumière ambiante.

Le Z10 possède aussi deux caméras. La caméra principale de 8 mégapixels située derrière l’appareil permet la capture vidéo en 1080p. Celle de la caméra frontale de 2 mégapixels, quant à elle, se limite à 720p. En termes d’outils, le BlackBerry 10 propose un mode rafale, nommé Time Shift. Cette fonction permet de capter une série de photos et d’en modifier une partie afin d’obtenir la meilleure photo possible (voir la vidéo ci-dessous).

En termes d’autonomie, le Z10 semble décevoir beaucoup. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’essayer le téléphone, mais BlackBerry prétend qu’il peut durer 312 heures en mode veille (on promet pourtant jusqu’à 225 heures pour l’iPhone 5 et 590 heures pour le Samsung Galaxy S III) et 10 heures de conversation. Le fait qu’on puisse facilement changer la pile du téléphone ne devrait pas être une excuse pour une autonomie insuffisante.

BlackBerry Q10 et nouvel OS

Le secret derrière le potentiel succès de BlackBerry réside dans son nouveau système d’exploitation. Difficile de livrer mes impressions sur quelque chose que je n’ai pas eu l’occasion d’essayer. Chose certaine, les concepteurs de l’OS ont fait des efforts considérables pour ne pas donner l’impression d’avoir plagié la concurrence.

J’aurai l’occasion de mieux parler de BlackBerry 10 après l’avoir essayé. Soyez patient.

En ce qui concerne le Q10, le second téléphone mis en marché par BlackBerry cette semaine, je dois admettre que mon intérêt est à son plus bas. Avec cette copie conforme de ses prédécesseurs, BlackBerry tente désespérément de conserver les dinosaures qui préfèrent encore le clavier physique au clavier tactile. Je crois que BlackBerry aurait mieux fait d’abandonner le concept, au risque de susciter la colère d’une catégorie d’utilisateurs, au profit d’un appareil tactile à toute épreuve.

L’icône de Foursquare

Le 29 janvier, après quatre années sur le marché, Foursquare lançait sa deuxième application destinée aux entreprises. Cette application arrive à point, alors que plus de 20 millions d’utilisateurs fréquentent Foursquare et que plus de 1 million d’entreprises ont maintenant enregistré leur établissement sur le réseau. Pour l’instant, le service est gratuit, mais cette nouvelle application montre bien que la voie de la monétisation est ouverte.

Foursquare, symbole de la géolocalisation

En quatre ans, Foursquare a réussi à se positionner comme l’icône de la géolocalisation, laissant loin derrière d’autres compagnies, comme Gowalla, qui avaient lancé leur service à la même époque. Si, au départ, certains ne voyaient pas le but d’indiquer à son réseau l’endroit où l’on se situe, il suffisait d’accéder à cette application d’une autre ville pour comprendre l’intérêt des références par les clients (ces petits mots ou critiques que laissent les clients après un « check-in » dans une entreprise). Les grandes chaînes, comme les hôtels Hilton et H&M ont vite mis à profit ce contact avec la clientèle en offrant des rabais ou des cadeaux aux utilisateurs qui se géolocalisaient (soit ce fameux geste du « check-in ») dans leur commerce.

L’application pour entreprise

L’application pour entreprise

Les commerçants pouvaient déjà accéder à une section pour entreprises sur le site de Foursquare et mettre à jour leurs renseignements, ajouter des promotions ou des photos. Pour se rallier à la croissance de la mobilité, Foursquare reconnaît que les commerçants n’ont pas toujours le temps de s’asseoir devant un clavier et leur offre donc une application qui permet d’ajouter en temps réel, un spécial de la journée, une photo ou toute information pertinente pour leur clientèle. L’application permet aussi de publier une information sur la page Facebook ou le compte Twitter de l’entreprise. Des fonctions marketing plus avancées y sont aussi associées, comme des rapports statistiques sur les utilisateurs.

Comment créer un compte?

Si le commerçant a déjà l’application de base et un compte sur le site web destiné aux entreprise, il lui suffira de télécharger Foursquare for business et d’entrer son adresse de courriel et le mot de passe utilisé pour la première application. Le commerçant qui n’a pas encore de compte sur le site sera invité à en créer un pour utiliser pleinement l’application pour entreprises. Sur ce site, les propriétaires d’entreprises qui apparaissent déjà sur le réseau pourront en prendre possession au figuré et commencer leur utilisation de l’application. Le site offre aussi plusieurs études de cas pour comprendre comment utiliser Foursquare.

Une avenue pour rentabiliser Foursquare?

Si une communauté se bâtit tranquillement, c’est aussi le défi des réseaux sociaux d’avoir une masse d’utilisateurs réguliers suffisante pour que le modèle d’affaire se précise. Le lancement de cette deuxième application montre bien que Foursquare a réussi à attirer suffisamment d’utilisateurs et à prouver aux commerçants l’intérêt d’utiliser son service pour atteindre et fidéliser leur clientèle.

L’application est disponible dans iPhone et Android.

Autres sources et renseignements

Le blogue de Foursquare : Manage a business

Sur All Things Digital : With the new merchant local updates tool, Foursquare is getting serious about business

Martin LessardAvec OpenXC, votre voiture devient ouverte

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 publié le 29 janvier 2013 à 12 h 28

On n’en verra pas les effets à court terme, mais il est maintenant clair que la voiture vient de faire son entrée dans l’Internet des objets. Comme pour la maison, avec la domotique, l’automobile ne sera plus un système fermé et opaque. Elle peut être harnachée par nos systèmes d’information.

Ce mois-ci, durant le CES, Ford a annoncé l’ouverture de OpenXC, une plateforme ouverte pour fabriquer des applications pour votre voiture.

En mode beta depuis un an, le site OpenXC.com est maintenant ouvert à tous les programmeurs et bricoleurs pour fabriquer des applications qui peuvent s’ajouter à l’ordinateur de bord et accéder aux données auxquelles le conducteur n’a pas accès d’habitude :

  • Inclinaison du volant, angle des rétroviseurs, lumière intérieure, odomètre, température,  etc.

Ne vous faites pas d’illusions. Vous ne pourrez pas contrôler les éléments essentiels du moteur, de la direction ou des freins. OpenXC reste limité à la simple lecture de données et ne permet donc pas d’injecter du code dans votre moteur.

Ce que OpenXC offre, par contre, c’est de rendre plus transparent ce qui se passe sous le capot.

Voitures en réseau

Rien n’empêche, par exemple, de détecter la vitesse qu’indique votre odomètre et de la retransmettre automatiquement à un système d’agrégation externe pour permettre de faire connaître l’état réel de la circulation à l’ensemble des automobilistes.

Car c’est là que se situe la vraie innovation : l’interconnexion avec les autres systèmes. La voiture, de système fermé, devient tout à coup un système qui génère des données qui pourraient être utilisées autrement, par l’intermédiaire de nos cellulaires et du web.

Des applications vont lentement se développer pour interagir avec les données de la voiture et celles de l’environnement. À terme, une partie des modules électroniques dans une voiture pourra devenir modulaire et interchangeable.

La plateforme OpenXC est bâtie sur Android (qui équipe la plupart des cellulaires dits intelligents) et fonctionne avec Arduino (un microcontrôleur open-source très peu coûteux et multiplateforme). Les applications qui seront téléchargeables seront filtrées par Ford (de la même façon que le fait Apple pour son AppStore), qui en garantira la sécurité.

L’innovation va probablement se faire lentement, un peu à la manière des FabLab et des imprimantes 3D. Mais dès qu’un écosystème technologique se met en place, les changements deviennent inévitables.

Laurent LaSalleSaisissez vos souvenirs en vidéo grâce à Vine

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 publié le 28 janvier 2013 à 15 h 16

La semaine dernière, tandis que mes collègues et moi débattions de la supériorité des applications natives par rapport aux applications web, un nouveau service de partage de vidéos voyait le jour. Vine était, depuis juin dernier, une jeune entreprise Internet new-yorkaise méconnue du public. Comme elle est devenue récemment la propriété de Twitter, le lancement de son application iOS homonyme est loin d’être passé inaperçu chez les fans du réseau social.

Une nouvelle façon de partager nos souvenirs

On pourrait décrire Vine comme une sorte d’Instagram en vidéo (ou Cinemagram). Enregistrez une courte série de séquences vidéo (6 secondes ou moins) et publiez le résultat sur Twitter, sur Facebook, ou simplement sur Vine. Outre l’absence de filtres (une caractéristique importante d’Instagram), l’application ressemble en tout point à Instagram : on vous invite d’abord à suivre les membres du service, de façon à peupler votre page d’accueil des plus récentes créations de ceux-ci.

Il est fort à parier que certains prendront goût à filmer leur environnement afin de créer des chefs-d’œuvre. Tout le contraire de cette piètre tentative de ma part :

L’application s’utilise de façon très intuitive. Une fois la fonction d’enregistrement enclenchée, maintenez votre doigt sur l’écran quelques secondes afin de déterminer la durée de la première séquence. Répétez au besoin, selon le nombre de séquences souhaité, jusqu’à ce que la barre de temps (affichée à l’en-tête du viseur) soit pleine. Finalement, nommez votre création et choisissez comment vous désirez la partager.

Moi qui ne me considère pas comme une personne photogénique, serais-je un meilleur sujet en vidéo? Qu’en est-il des personnes qui détestent se faire filmer, mais qui sont à l’aise à l’idée de se faire photographier? Vont-elles adhérer à l’idée que leurs proches enregistrent leurs faits et gestes, avec ou sans leur consentement?

Certains se souviendront de mon enthousiasme pour l’application Picle, une application de partage de photos qui s’apparente elle aussi à Instagram, qui avait comme particularité de permettre de juxtaposer un enregistrement sonore à une photo. Malheureusement pour elle, l’application n’a guère évolué depuis sa mise en marché. C’est d’ailleurs le risque que courent toutes applications dont la fonction primaire est de produire un type de contenu avec lequel l’utilisateur moyen n’est pas familiarisé.

Néanmoins, l’intérêt marqué de Twitter pour Vine lui laisse présager un avenir prometteur. Cela dit, ça ne garantit pas qu’une masse critique adoptera le nouveau service.

Nadia SeraioccoApplications natives ou applications web?

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 publié le 25 janvier 2013 à 14 h 59

Cette semaine sur Triplex, Laurent, Martin et moi reprenions quelques éléments du débat application web contre application native… Il est bien évident que ce débat - s’il en est un, diraient certains - comporte plusieurs volets : d’abord ce qui touche la convivialité à partir de différentes plateformes, puis les considérations commerciales et, évidemment, ce que nous envisageons pour le monde applicatif de demain.

Les deux types d’applications sont en fait trois…

L’application native est conçue pour l’appareil mobile et codée soit en Objectif-C pour Apple, soit en Java pour BlackBerry et Android (avec parfois du C ou du C++). C’est pourquoi, selon votre type d’appareil, l’application native sera téléchargée à partir des différentes boutiques. Ces applications font appel aux couches basses de l’appareil, soit les fonctions de GPS, les notifications, etc. (voir la définition des couches basses). Ce type d’application est tout indiqué pour les jeux et les applications de services, mais pour transmettre des contenus texte, elle n’est pas idéale. L’application web ou web application se fonde sur le langage HTML5 et permet de faire une version adaptée au mobile d’un site web. On parlera aussi, dans ce cas, de design web adaptatif ou responsive design. L’application hybride, le troisième type, permettra d’utiliser les fameuses couches basses, donc de bénéficier des qualités des appareils mobiles et d’inclure aussi des capsules de contenus tirés du web.

Un site adaptif décliné en quelques écrans : source Mashable.com

La question de la stabilité et du plus petit dénominateur commun

Sans tenir compte des développements futurs de la mobilité, s’il fallait prendre parti avec ce que nous savons, je dirais : « Mais misons sur les applications web, après tout, leur format est adaptable à toutes les plateformes et leur conception se base sur le plus petit dénominateur commun. » Mais voyez-vous, le plus petit dénominateur commun a ceci d’embêtant qu’il n’est l’idéal pour personne, il vise le compromis suprême. Et voulons-nous vraiment dans tous les cas, sans égard à la fonction, d’un site adaptatif, soit de la version mobile d’un site web? Non. La question de la stabilité est importante, mais pour les utilisateurs férus de mobilité, la performance (par exemple dans le domaine du jeu mobile) et le rendement financier pour le développeur comptent pour beaucoup. Et sur ce point, l’application native bat très souvent l’application web. C’est pourquoi les concepteurs de jeux mobiles ne s’enfargent pas les pieds dans les fleurs du tapis et y vont avec les applications natives. Mais ce n’est pas la seule raison.

Tout miser sur le HTML5? Pas pour Zuckerberg en tout cas!

La question du HTML5, le langage tant attendu dont on parle depuis une décennie, est au cœur de ce débat, car pour les industries en mouvement comme celle du jeu, même s’il est fiable, ce langage est considéré comme « difficile à coder » et réputé pour coûter trop cher en temps de « débogage » (lire « HTML5 a blessing or a curse »). Même Mark Zuckerberger aura admis au moins une fois une erreur coûteuse : celle d’avoir tout misé sur le HTML5. Après avoir essayé l’application hybride, devant les bogues constants et les ralentissements de service, à l’été 2012, Facebook lançait une application native sous IOS et en promettait autant sous peu pour Android. Si Mark le dit, j’aurais tendance à y croire un peu…

Et qu’en dit l’autre chef de file du web, Google? Il a développé, pour Google+ et Gmail, ses produits sociaux, des applications natives offertes dans tous les formats. Et pourquoi ces deux géants investissent-ils dans les applications natives? Pour bien servir leurs utilisateurs, mais surtout, parce qu’ils pressentent un marché publicitaire mobile qui sera profitable. Et à ce propos, dans les tendances relevées par Deloitte pour 2013 (article de Business Insider à ce propos), il appert que la segmentation des marchés publicitaires mobiles en marchés téléphone et tablette est plus que certaine et serait très profitable. Donc, créez-les et les profits seront au rendez-vous.

 Imaginer le web de demain

Quand on a testé la 4G offerte sur certains marchés et constaté la montée du mobile dans les habitudes de consommation web des utilisateurs (couplée à la vente croissante de tablettes et de téléphones intelligents), il faut admettre que la donne changera vite dans ce domaine. Avec des revenus présumés qui se comptent déjà en millions pour le marché publicitaire mobile, la performance et l’adaptabilité devront être au rendez-vous. Lorsque Facebook et Google voient les applications natives dans leur soupe, je ne peux que conclure que cette voie l’emportera à moyen terme. Jusque-là, il vaut mieux évaluer la nature de votre service et ce que vous offrirez comme application, si cela est vraiment nécessaire… Mais vous savez comment le moyen terme arrive rapidement au 21e siècle.

Sources complémentaires :

Monday Note : « The silly web vs natives apps debate »