Nadia SeraioccoQue surveiller en 2013? Délocalisation, économie numérique et marketing

Par

 publié le 28 décembre 2012 à 15 h 13

Sortons nos boules de cristal pour les prévisions 2013…

À la fin de l’année, nous sommes submergés par les billets de blogue sur les tendances technologiques à surveiller dans les prochains mois. Certains jouent aux devins et nous proposent ce qu’on sait déjà. Je ne vous répéterai donc pas que la mobilité sera croissante, nous l’avons compris. Je me suis donc intéressée à quelques phénomènes plus larges qui auront des répercussions sur l’économie numérique.

La décroissance de la délocalisation

Qui n’a jamais reçu un appel d’un service informatique en provenance de l’Inde? La chose était devenue si habituelle qu’elle est passée au rang de plaisanterie, on parlait alors « d’outsourcing », soit de délocaliser un service dans une région du monde, souvent en Inde ou en Chine, où la main-d’œuvre est moins coûteuse. Or, quand Forbes parle de la « mort de la délocalisation », c’est en s’appuyant sur le fait d’une décroissance de 20 % des contrats attribués à l’extérieur. L’auteur, Jonathan Crane, cite parmi les raisons de cette décroissance les difficultés de communication avec les employés et la qualité médiocre du travail accompli dans ces conditions. La philosophie du « moins cher possible » n’a plus la cote, et les Américains préfèrent réorganiser leurs services de soutien informatique chez eux. De plus, avec l’automatisation de certains processus, même les firmes de recherche comme Gartner prévoient une baisse constante de la délocalisation, car il y aura moins de travail technique.

Si Crane n’en glisse pas mot, il est difficile de passer sous silence la crise financière aux États-Unis et les mesures d’austérité qui, selon plusieurs, pourraient causer une récession en 2013 (lire États-Unis : la rigueur forcée mènera une récession en 2013). Dans ces circonstances, on peut imaginer qu’il sera indiqué pour des questions politiques de ramener les structures des TI à demeure. Si cela ne se traduit pas par une hausse immédiate des emplois, les technologies de gestion des services TI se développeront et joueront un rôle important dans le retour des systèmes de soutien aux États-Unis.

Marketing intégré : faire rayonner le contenu sur toutes les plateformes

Le contenu est roi, on le dit partout depuis quelques années déjà. Mais pour faire connaître une marque ou un produit et s’assurer que les bons messages sont communiqués par tous les moyens disponibles, il est maintenant impossible d’imaginer de fonctionner en silo, soit en scindant la publicité dite traditionnelle et les efforts mis dans le web et les réseaux sociaux. Selon Kenneth Kracmer, et c’est un point de vue que je partage avec lui, nous verrons enfin en 2013 le rôle du professionnel en marketing et communications s’affirmer et devenir le pivot des campagnes promotionnelles réussies. Ces campagnes se distingueront par des messages bien orchestrés et disséminés de façon intégrée sur les différentes plateformes publicitaires (télé, radio et autres), le web et les réseaux sociaux.

S’il faut le répéter : les réseaux sociaux doivent faire partie du plan marketing associé à une marque et ne plus être considérés comme un truc à part que l’on fait parce qu’il le faut bien… Point besoin de dire que cela viendra encore remuer la position des agences spécialisées par rapport à celles des agences dites intégrées, et que le débat reprendra peut-être.

Commerce numérique et expérience de l’utilisateur sont indissociables

Certains spécialistes insistent encore pour séparer le beau, l’expérience numérique et l’efficacité d’un site. Pourtant, avec des concepts liés au design du site comme la conception de sites adaptatifs (responsive design), de fidélisation par l’engagement comme la ludification et l’utilisation des réseaux sociaux pour le partage des contenus, il apparaît clairement que le commerce en ligne est plus qu’une marque et un site transactionnel. Anna Talerico dit même que l’expérience qu’a le visiteur en ce qui concerne les différentes formes de présence en ligne d’une compagnie constitue son marketing. Donc, si certains aspects sont moins conviviaux, c’est comme dire au client que la marque ne se soucie pas toujours de lui. Talerio cite même le point zéro de vérité (zero moment of truth), soit ce moment où un consommateur entre en contact avec un site ou une application et décide en un instant s’il adhère à ce qui lui est présenté. Il se base alors sur des critères esthétiques – est-ce plaisant ou agréable? -, de pertinence – est-ce que l’image, l’offre et le message sont cohérents? – et recherche l’aspect personnalisé et local de ce qui lui est offert.

Et surtout, comme Talerico, Kracmer et plusieurs autres auteurs l’affirment, le mobile n’est plus une option (on n’y échappe pas) et l’analyse des résultats (en développant des indicateurs de performance) doit faire partie du cycle de marketing.

Sources complémentaires :

Jonathan Crane sur Forbes : The death of outsourcing, and other IT management trends

Kenneth Kracmer sur Compro.biz : « 13 top PR and marketing trends for 2013 »

Anna Talerico sur Business 2 Community : « 9 online marketing trends for 2013 »

Matt Lee sur Business 2 Community : « 5 online marketing resolution to make for 2013 »

 

 

Informatique, Internet, Réseaux sociaux, Tendance