Billets publiés le 18 décembre 2012

Source : Telecoms.com

En cette période de magasinage des Fêtes, il arrive qu’on se retrouve dans un centre commercial à chercher un petit café wi-fi pour régler quelques affaires en ligne. On se demande alors pourquoi les grands magasins n’offrent pas, comme certaines chaînes de restauration, le wi-fi gratuit à leurs clients. C’est chose faite, et comme Fortune le rapportait juste avant Noël, les grands tels que Macy’s, Target, JC Penney, Nordstrom et Saks ont commencé à offrir le wi-fi en magasin. Les chefs de file américains des grandes surfaces amorcent une percée dans ce domaine, et cela bousculera leurs pratiques de marketing et de fixation des prix.

Le furetage en magasin, risque ou occasion favorable?

Cette pratique du furetage en magasin, dite aussi «showrooming» et qui consiste à aller évaluer un produit en magasin, préoccupait, jusqu’à tout récemment, principalement les grands marchands d’électronique, mais avec la multiplication des sites de ventes de vêtements, elle apparaît aussi comme une menace pour les détaillants de ce secteur. Les commerçants d’électronique voyaient de potentiels clients venir en magasin, tester leurs appareils, demander les renseignements comparatifs au vendeur, pour ne rien acheter et aller terminer leur session de magasinage en ligne afin d’obtenir un meilleur prix. Les grandes marques y gagnaient, puisque partout des vendeurs spécialisés faisaient l’apologie de leurs produits, mais la vente revenait à un commerçant en ligne qui n’avait pas eu à se payer au fort prix une grande surface et les services de vendeurs formés. Il y a, cela dit, des avantages à offrir du wi-fi dans son commerce, ne serait-ce que pour garder le client plus longtemps sur place.

Le réseau wi-fi pour connaître mieux sa clientèle

Selon le magazine Fortune, peu de commerçants qui offrent le réseau wi-fi ont voulu communiquer toutes les données qu’ils recueillent ainsi. Mais au moment de la connexion au réseau, le client accepte que le marchand recueille quelques données, dont le type d’appareil qu’il utilise pour accéder au web et les sites qu’il visite. On sait déjà que plusieurs clients se connectent au site d’un concurrent pour vérifier le prix d’un article ou sa disponibilité dans une autre couleur ou une autre taille. On peut imaginer que ce double magasinage sur place et en ligne changera les politiques de fixation des prix des commerçants. Comme les marchands d’alimentation (Métro le fait au Québec) qui suivent les achats des clients grâce à des cartes fidélité pour ensuite offrir à chaque client des rabais ou des points boni sur mesure, les grandes surfaces pourront connaître les sites qui présentent des produits similaires aux leurs et ainsi offrir des coupons ou des avantages qui permettront de clore la vente en magasin plutôt qu’en ligne.

Mettre toutes les données en commun

Ne manquant jamais une occasion de s’insérer dans une bonne occasion d’affaires, Facebook teste en ce moment un programme qui consiste à donner aux marchands le routeur pour l’installation du wi-fi. Toutefois, cette offre généreuse vient avec quelques obligations, par exemple, le client, pour utiliser le réseau commandité par Facebook, doit d’abord enregistrer sa présence dans ledit commerce par le service de géolocalisation de Facebook.  Ainsi, il arrivera en premier lieu sur la page Facebook du commerce et, de là, pourra commencer à utiliser le service wi-fi. Cela permettra au géant des réseaux sociaux d’en savoir encore un peu plus sur les habitudes de consommation des utilisateurs.

Les cinq items les plus convoités sur Polyvore. Il reste ensuite à trouver une imitation à bon prix près de chez soi…

Des consommateurs éclairés

Kasey Lobaugh, un spécialiste de la consommation de Deloitte, expliquait à Fortune, que les marchands n’ont rien à craindre en donnant la possibilité à leurs clients de magasiner en ligne dans leur commerce même. Les bénéfices pour le marchand supplantent, selon lui, les pertes. Un client bien informé sur un produit est confiant au moment de faire son achat.

Assemblé en ligne et acheté dans son quartier

On peut donc dire que cette nouvelle pratique apportera plus de transparence et donnera l’impression aux clients que le marchand n’a rien à cacher. Et qui sait, les jeunes adeptes du lèche-vitrine en ligne pourraient éventuellement consulter Polyvore ou Fashiolista à partir de leur téléphone pour reproduire un look avec les articles de la boutique près de chez eux. Comme le dit Steeve Cooper dans Forbes, il suffit aux marchands pour rester concurrentiels de surveiller les prix et de donner un service humain hors pair à leurs clients pour reprendre du terrain…

 Autres sources

Sur le blogue L’Atelier : Le « showrooming », l’ennemi public n°1 des commerçants « in real life »

Sur Fobes : How to convert showrooming customers

Sur Mobile Commerce Daily : Facebook tests offering free Wifi to merchants check-ins

Sur le blogue de Nielsen : Smartphone shopping behavior