Nadia SeraioccoLa technologie et l’analyse de données au service de la médecine

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 publié le 5 décembre 2012 à 14 h 44

Les outils du diagnostic…

La mise en commun et l’analyse des données comptent parmi les phénomènes qui révolutionnent l’état du savoir. En médecine, l’analyse des données ne remplacera pas le médecin généraliste, porte d’entrée souvent dans le système de santé, mais les médecins qui l’utiliseront seront plus efficaces et réduiront la marge d’erreur.

La science versus la tradition

Depuis plus de 100 ans, lorsqu’un patient présente une fièvre, le médecin prescrit l’acide acétylsalicylique mieux connu sous le nom d’aspirine, un nom enregistré par la compagnie Bayer en 1899, ou, depuis les années 1960, l’ibuprofène. En 2005, l’Université de Miami a conduit des tests auprès de 82 patients des soins intensifs : le test était simple, soit d’administrer telle que la tradition le prescrivait l’ibuprofène aux patients qui avaient une fièvre de 101.3 ou de laisser la fièvre monter jusqu’à 104 avant d’intervenir. Sept personnes du groupe qui ont reçu le traitement « standard » ou traditionnel sont mortes, contre une dans le groupe qui a reçu le nouveau traitement. Les médecins ont arrêté l’expérience à ce point, car le traitement traditionnel comportait de trop grands risques. Il suffit alors d’imaginer tout ce qu’on tient pour acquis depuis des décennies pour ressentir un certain vertige.

Le diagnostic médical

Pour poser un diagnostic ou orienter ses recherches, le médecin doit se fier à l’histoire médicale du patient (encore faut-il qu’elle soit assez touffue) et aux symptômes que le patient décrit. Les « données » actuelles que peut recueillir le médecin, sa formation et son expérience influenceront donc le premier diagnostic, qui, s’il n’est pas juste pourra, être suivi d’une série d’essais. Pour arriver à un diagnostic plus précis en moins de temps, il faudrait que le médecin ait accès à une mise en commun et à une analyse en profondeur des données existantes. La médecine de demain appuyée par la technologie utilisera des banques de données physiologiques complètes, se fiera à des données prélevées par des capteurs pour tirer de tout cela des conclusions basées sur l’histoire du patient.

L’extension du cerveau du médecin…

La technologie est là pour compenser nos manques et pour amplifier nos forces, et c’est en ce sens que l’analyse de données sera profitable au médecin et au patient. La partie de l’analyse du dossier se fera de façon plus approfondie en moins de temps et la relation patient-médecin sera le point d’ancrage pour évaluer un traitement et l’ajuster. On peut même imaginer qu’une radiographie ou mammographie analysée par un ordinateur qui cumule les données sur toutes les anomalies possibles arrivera au médecin traitant avec des zones « problématiques » identifiées.

Un dossier de santé électronique

Dans ce contexte, on peut comprendre l’importance que prend l’implantation d’un dossier de santé électronique qui serait la base de la collecte de données sur la santé d’un patient. Si l’initiative québécoise a connu des ratés, il demeure des solutions comme Microsoft Health Vault (offerte par Telus au Canada), qui propose des options de gestion des données confidentielles, mais par le patient. Encore une fois, il faudra peut-être accepter que le changement vienne des individus utilisateurs plutôt que des décideurs…

Autres sources d’information

Votre vie sur le web… Discussion avec Gordon Bell de Microsoft

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Futur, Innovation