Billets publiés en décembre 2012

Sortons nos boules de cristal pour les prévisions 2013…

À la fin de l’année, nous sommes submergés par les billets de blogue sur les tendances technologiques à surveiller dans les prochains mois. Certains jouent aux devins et nous proposent ce qu’on sait déjà. Je ne vous répéterai donc pas que la mobilité sera croissante, nous l’avons compris. Je me suis donc intéressée à quelques phénomènes plus larges qui auront des répercussions sur l’économie numérique.

La décroissance de la délocalisation

Qui n’a jamais reçu un appel d’un service informatique en provenance de l’Inde? La chose était devenue si habituelle qu’elle est passée au rang de plaisanterie, on parlait alors « d’outsourcing », soit de délocaliser un service dans une région du monde, souvent en Inde ou en Chine, où la main-d’œuvre est moins coûteuse. Or, quand Forbes parle de la « mort de la délocalisation », c’est en s’appuyant sur le fait d’une décroissance de 20 % des contrats attribués à l’extérieur. L’auteur, Jonathan Crane, cite parmi les raisons de cette décroissance les difficultés de communication avec les employés et la qualité médiocre du travail accompli dans ces conditions. La philosophie du « moins cher possible » n’a plus la cote, et les Américains préfèrent réorganiser leurs services de soutien informatique chez eux. De plus, avec l’automatisation de certains processus, même les firmes de recherche comme Gartner prévoient une baisse constante de la délocalisation, car il y aura moins de travail technique.

Si Crane n’en glisse pas mot, il est difficile de passer sous silence la crise financière aux États-Unis et les mesures d’austérité qui, selon plusieurs, pourraient causer une récession en 2013 (lire États-Unis : la rigueur forcée mènera une récession en 2013). Dans ces circonstances, on peut imaginer qu’il sera indiqué pour des questions politiques de ramener les structures des TI à demeure. Si cela ne se traduit pas par une hausse immédiate des emplois, les technologies de gestion des services TI se développeront et joueront un rôle important dans le retour des systèmes de soutien aux États-Unis.

Marketing intégré : faire rayonner le contenu sur toutes les plateformes

Le contenu est roi, on le dit partout depuis quelques années déjà. Mais pour faire connaître une marque ou un produit et s’assurer que les bons messages sont communiqués par tous les moyens disponibles, il est maintenant impossible d’imaginer de fonctionner en silo, soit en scindant la publicité dite traditionnelle et les efforts mis dans le web et les réseaux sociaux. Selon Kenneth Kracmer, et c’est un point de vue que je partage avec lui, nous verrons enfin en 2013 le rôle du professionnel en marketing et communications s’affirmer et devenir le pivot des campagnes promotionnelles réussies. Ces campagnes se distingueront par des messages bien orchestrés et disséminés de façon intégrée sur les différentes plateformes publicitaires (télé, radio et autres), le web et les réseaux sociaux.

S’il faut le répéter : les réseaux sociaux doivent faire partie du plan marketing associé à une marque et ne plus être considérés comme un truc à part que l’on fait parce qu’il le faut bien… Point besoin de dire que cela viendra encore remuer la position des agences spécialisées par rapport à celles des agences dites intégrées, et que le débat reprendra peut-être.

Commerce numérique et expérience de l’utilisateur sont indissociables

Certains spécialistes insistent encore pour séparer le beau, l’expérience numérique et l’efficacité d’un site. Pourtant, avec des concepts liés au design du site comme la conception de sites adaptatifs (responsive design), de fidélisation par l’engagement comme la ludification et l’utilisation des réseaux sociaux pour le partage des contenus, il apparaît clairement que le commerce en ligne est plus qu’une marque et un site transactionnel. Anna Talerico dit même que l’expérience qu’a le visiteur en ce qui concerne les différentes formes de présence en ligne d’une compagnie constitue son marketing. Donc, si certains aspects sont moins conviviaux, c’est comme dire au client que la marque ne se soucie pas toujours de lui. Talerio cite même le point zéro de vérité (zero moment of truth), soit ce moment où un consommateur entre en contact avec un site ou une application et décide en un instant s’il adhère à ce qui lui est présenté. Il se base alors sur des critères esthétiques – est-ce plaisant ou agréable? -, de pertinence – est-ce que l’image, l’offre et le message sont cohérents? – et recherche l’aspect personnalisé et local de ce qui lui est offert.

Et surtout, comme Talerico, Kracmer et plusieurs autres auteurs l’affirment, le mobile n’est plus une option (on n’y échappe pas) et l’analyse des résultats (en développant des indicateurs de performance) doit faire partie du cycle de marketing.

Sources complémentaires :

Jonathan Crane sur Forbes : The death of outsourcing, and other IT management trends

Kenneth Kracmer sur Compro.biz : « 13 top PR and marketing trends for 2013 »

Anna Talerico sur Business 2 Community : « 9 online marketing trends for 2013 »

Matt Lee sur Business 2 Community : « 5 online marketing resolution to make for 2013 »

 

 

Une équipe de chercheurs de l’École de médecine de l’Université de Pittsburgh est parvenue à placer des microélectrodes dans le cerveau de Jan Scheuermann, dans sa partie gauche, juste là où sont contrôlés les mouvements du corps.

Puis, grâce à un puissant algorithme, les signaux de son cerveau sont interprétés et traduits en mouvements.

Jan Scheuermann n’a qu’à penser à son bras, tout simplement. Elle pense qu’elle le déplace un peu, et tout à coup, c’est le bras robotisé qui bouge, celui qui est connecté au bout de ces microélectrodes plantées dans son cerveau.

Jan Scheuermann peut donc maintenant se servir, enfin, un morceau de chocolat. Oui, sans l’aide de personne, car Jan est paraplégique.

Le verrou de l’interface cerveau-machine

Quand on demande à Jan de penser à son membre inactif, les chercheurs voient à travers un scanneur quelle partie du cerveau s’active. L’algorithme interprète les décharges neuronales comme des signaux pour faire bouger le bras mécanique.

Tel un nouveau-né, elle apprend à diriger sa pensée pour prendre le contrôle de « son » bras, de « sa » main, de « ses » doigts et les faire bouger de façon cohérente.

C’est l’algorithme qui constitue l’avancée technologique. Un dernier verrou est tombé. Un cerveau humain peut être littéralement « branché » afin d’en extirper une information qui est convertie en une action dans le monde réel, et non plus sur un écran.

Interpréter les ondes cérébrales n’est pas nouveau, le faire avec des petits électrodes dans le crâne d’un humain, oui. Auparavant, un casque était nécessaire pour capter les ondes cérébrales. Maintenant, de petits circuits implantés permettent à des machines de devenir de véritables extensions de notre corps.

Bienvenues aux cyborgs

La science a fait de grands bonds en ce qui concerne l’interface neuronale. Depuis quelques années, ce ne sont plus des macaques qui font l’objet d’expérimentations, mais les humains eux-mêmes, montrant ainsi qu’une application à grande échelle est possible, et ce, dans un avenir prévisible.

Déjà, d’autres chercheurs ont développé une prothèse de bras robotique qui peut être complètement intégrée et reliée par des électrodes aux os, aux nerfs et aux muscles du corps.

À court ou moyen terme, on peut voir deux avancées :

1) Le passage au sans-fil pour faire communiquer les implants avec le bras ne devrait pas constituer un grand problème. La greffe serait alors peu ou non apparente.

2) L’ajout de la rétroaction en renvoyant la sensation du toucher au cerveau, comme le chaud, le froid, le rugueux, le doux, etc. L’électronique saisit sans trop de mal ces concepts. Les faire passer au cerveau sera par contre plus délicat.

Un coup d’avance

Maintenant que le verrou de l’interface cerveau-machine a sauté, pourquoi s’arrêter en si bon chemin?

La possibilité de communiquer de cerveau à cerveau, peut-être?

Des influx d’un cerveau peuvent être interprétés par un autre cerveau pour échanger des messages par la seule pensée.

Ça ne sera pas, dans un premier temps, des échanges de poèmes en alexandrins, mais plus probablement des sensations ou des commandes simples.

Quand on sait que la DARPA, la division recherche et développement de l’Armée américaine, finance une partie des recherches de l’École de médecine de l’Université de Pittsburgh, je vous laisse deviner ce qu’ils ont derrière la tête, sans jeu de mots…

Laurent LaSalleSur la piste du père Noël avec Google

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 publié le 24 décembre 2012 à 12 h 43

Aux yeux de Google, tout semble prétexte à créer des initiatives originales, et le jour de Noël ne fait pas exception. Tandis que vous attendez impatiemment les cloches de minuit, rendez-vous sur Sur la piste du père Noël, un nouveau site conçu pour suivre les traces du petit papa Noël.

Parce qu’il est toujours minuit quelque part

À votre première visite sur le site, on vous redirige à la portion principale du site, nommée Tableau de bord du père Noël. On y trouve sa destination précédente, sa destination suivante et le temps restant avant l’arrivée du traîneau magique. Également, on peut y lire une estimation du nombre de cadeaux distribués, la distance totale parcourue par Rudolf et ses semblables, et un court message de la part du père Noël – un peu comme s’il était maintenant sur Twitter. Ça donne des messages comme « Mon bonnet a failli s’envoler » ou « Je crois bien que je deviens un peu trop gros pour descendre dans ces cheminées ».

En quittant cette section, vous pouvez consulter la carte géographique qui occupe tout l’arrière-plan afin de connaître l’itinéraire parcouru jusqu’à présent. On trouve le même genre de statistiques pour chacune des villes ayant été visitées, avec en prime quelques photos de l’endroit et un résumé de la page Wikipédia.

Le site offre également du contenu complémentaire : trois minijeux où vous incarnez un lutin dans différents contextes liés à la gestion de cadeaux, et une séance de clavardage avec un père Noël virtuel. Malheureusement pour les enfants, celle-ci n’est offerte qu’en anglais. Dommage…

Joyeuses Fêtes

Je profite de mon dernier billet de l’année pour vous souhaiter de joyeuses Fêtes et une excellente année 2013. Triplex prend congé pour les 2 prochains jours. Vous trouverez un billet de mon collègue Martin ce jeudi 27 décembre. Pour ma part, je serai de retour le 2 janvier 2013.

Il y a bien évidemment ces événements qui ont fait beaucoup parler, comme l’entrée en bourse de Facebook et, tout récemment, l’atteinte du milliard d’utilisateurs. Mais le réseau vit aussi ses tendances en matière de contenu et de technologie associée. Nous en avons parlé ici sur Triplex tout au long de l’année, et il ne s’est pratiquement pas passé un mois sans qu’une nouvelle offre soit faite sur le blogue des développeurs de Facebook. Retour donc sur les contenus et les avancées du réseau.

Le sujet techno le plus discuté aux États-Unis : Instagram

Sur les réseaux sociaux, de façon autoréférentielle, les utilisateurs communiquent des nouvelles à propos des réseaux sociaux et des technologies. Déjà en début d’année 2012, le réseau photo disponible seulement en version mobile et exclusivement sur IOS prenait de l’importance. Quand Barack Obama s’y est inscrit en janvier, rejoignant les stars comme Katy Perry et Justin Bieber, il est apparu clairement qu’Instagram serait parmi les vedettes de 2012. Après une association à Facebook, la jeune entreprise de quelque 10 employés a bien vite vu monter les rumeurs d’acquisition. Facebook a emporté la mise en septembre pour 1 milliard de dollars payé en argent et en actions. Les sujets qui suivent Instagram dans ce palmarès rappellent d’autres moments forts de l’année 2012, soit, dans l’ordre, la « TimeLine », Pinterest et le fameux jeu Draw Something. Au printemps, les utilisateurs se remettaient à peine du changement de leur page de profil à la nouvelle « TimeLine » (l’historique personnel) que d’autres changements étaient envisagés, et l’année se conclut avec l’annonce non officielle d’une nouvelle version de ladite « TimeLine » qui serait bientôt présentée en une colonne. Quant à Pinterest, ce réseau de collimage (scrapbooking) web aussi intégré à Facebook, a fait parler de lui tout au long de l’année à mesure que son modèle d’affaires se précisait.

Quelques produits et programmes lancés en 2012

Ce que Facebook appelle son « écosystème de jeux » a été renforcé en 2012 grâce, entre autres, à son centre d’applications inauguré en mai. C’est aussi le centre d’applications qui, selon le blogue de Facebook, a fait monter les enjeux en ce qui a trait à la qualité des jeux et des applications associés au réseau. Des développeurs de partout dans le monde y ont contribué avec des succès comme SongPop (qui se trouve aussi dans le palmarès des sujets technos les plus discutés) ou CandyCrush Saga (qui rappelle beaucoup Bejeweled). Le centre d’applications a aussi permis de développer des séries d’applications en grappe dans un secteur précis. Parmi celles-ci, on compte dans le secteur de la mode Fashiolista, qui a connu une hausse de 200 % de son trafic après son apparition sur Facebook. Du côté des applications santé, la course tient le haut du pavé, et Nike + Running a augmenté son trafic de 77 % grâce au réseau, et RunKeeper, après avoir installé l’inscription par Facebook à son site, a vu le nombre d’utilisateurs de son application se multiplier par trois chaque jour. Quant au secteur de la musique, il avait commencé à s’affirmer en 2011, mais en 2012, Facebook aura pu mesurer les succès reliés à « l’Open Graph » avec des applications comme BandPage (qui annonce servir quelque 500 000 musiciens) qui a convaincu plusieurs musiciens de délaisser un peu plus MySpace au profit d’un réseau plus fréquenté et plus convivial.

Préparons-nous encore, donc, pour le déploiement d’une nouvelle page de profil en 2013, et très certainement encore plus de programmes et de produits destinés au marketing…

Martin LessardL’aigle et le Coréen, un conte du 21e siècle

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 publié le 20 décembre 2012 à 14 h 21

Arthur C. Clarke, le célèbre romancier, a dit une fois « Toute technologie très avancée ressemble à s’y méprendre à de la magie. »

Une vidéo déposée sur YouTube, il y a deux jours, montre un aigle royal surplombant sur le mont Royal au centre de Montréal plonger en piqué vers un bambin et l’agripper par son manteau et tenter de partir avec lui. Heureusement, il le lâche une seconde après, probablement parce qu’il était trop lourd.

Déposée sur YouTube mardi dernier (18 décembre), elle est passée aujourd’hui, deux jours plus tard, à plus de 18 000 000 de vues. La vidéo a visiblement touché une corde sensible et a fait le tour du monde.

Malheureusement pour ceux qui sont crédules, cette vidéo est un canular.

La vidéo virale Golden eagle snatches kid a été produite par Normand Archambault, Loïc Mireault, Antoine Seigle et Félix Marquis-Poulin, tous étudiants au Centre national d’animation et de design (Centre NAD), dans le cadre d’un cours de simulation et d’animation 3D.

Les magiciens

Le Centre NAD n’en est pas à son premier succès viral.

Une vidéo, prétendument tournée par le Japan Institute of Science and Technology, a récolté plus de 2,5 millions de vues en 1 mois au début de 2012. Elle montrait deux petites voitures qui roulaient en antigravité sur une piste de course de table. Un autre canular du Centre NAD.

(Pour les curieux : oui, la « lévitation quantique » existe. À basse température et avec des objets supraconducteurs, pas à l’air libre pour diriger une course de voitures miniatures avec une telle agilité.)

Et récemment, la vidéo d’un « pingouin s’échappant du Biodôme de Montréal » s’est fait remarquer. Un autre bon coup du Centre NAD.

Pourquoi cette propagation, pourquoi maintenant?

Pour qu’une vidéo devienne virale, il faut que celui qui la regarde « contamine » au moins une autre personne (en bas de 1, « l’épidémie » se résorbe d’elle-même).

À voir la « courbe de contagion » de la vidéo de l’aigle, ci-haut, il est clair qu’elle est encore en pente montante. Elle se stabilisera et tombera quand le « vaccin », la preuve que c’est un canular, se répand lui aussi.

Cette vidéo de chez nous est d’ores et déjà assurée d’entrer dans le palmarès mondial.

Pourquoi cette vidéo-là, maintenant?

Le thème des bébés, comme des petits chatons, est une source intarissable de sentimentalité.

Au fond, si on partage de telles vidéos, ne serait-ce pas simplement pour dire aux autres qu’on appartient au même réseau? « Regarde, on voit les mêmes choses, on est au courant des mêmes choses, on est dans le même monde. »

La tribu d’une vidéo

La vidéo la plus virale de tous les temps est Gangnam style et passera probablement le cap du milliard de vues sur YouTube.

Le cap sera franchi d’ici les 24 ou 48 prochaines heures, au moment où on prédit cette fin du monde, celle de cette prophétie attribuée au calendrier maya, qui est tout aussi fausse que la vidéo virale de l’aigle.

À mon sens, la vidéo de Gangnam style est un formidable complexe de mèmes, où musique, images et gestes appellent à l’imitation et à la propagation.

Et elle donne une forme d’espérance en la mondialisation en marche. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, Coréen d’origine, a rendu hommage à son compatriote PSY, le chanteur de la vidéo, en soulignant que « c’est le pouvoir de la musique, le pouvoir du coeur » (source).

L’interconnexion d’Internet permet de se retrouver dans la même tribu, le temps d’une vidéo.

Par delà les temps immémoriaux, rappelons-nous que nous étions tous, une fois, dans la même tribu primitive qui s’apprêtait à quitter le continent africain.

Jadis, il y a 80 000 ans, autour du feu, on était réunis tous ensemble pour danser une dernière fois avec les autres membres avant de se séparer et conquérir la Terre.

Avec la mondialisation, nous nous retrouvons de nouveau, tous réunis, et dansons ensemble avec notre tribu enfin retrouvée, après un long, très long voyage…

C’est peut-être ça la magie de la technologie!

Joyeux Noël et bonne année!