Nadia SeraioccoGoogle et Twitter tendent la main aux Syriens pris dans un black-out médiatique

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 publié le 30 novembre 2012 à 10 h 22

Le logo de @Speak2Tweet

Hier, certains auront remarqué le mot-clic #syriablackout, créé en référence à la coupure complète des services d’Internet et de téléphone sur le territoire de la Syrie au cours de la journée du 29 novembre. Pendant le printemps arabe, Twitter s’était révélé l’outil de mobilisation par excellence pour les citoyens pris dans une crise et pour ceux qui souhaitaient les appuyer de l’extérieur. Dans ce contexte, ce black-out ne peut rien augurer de bon. De toute évidence, on espère que le moins possible d’information s’échappera du pays…

Une résistance par la communication

L’an dernier, une pareille coupure avait été tentée en Égypte, mais sans grand succès. En Syrie, les ONG sur le terrain ont mis en place des systèmes de communication d’urgence pour permettre aux Syriens de communiquer. Mais pour l’instant, ces initiatives ne sont pas suffisantes.

Speak2Tweet Google Twitter entrent en scène

La liberté passe peut-être par Internet, et Google, le géant du domaine, a repris la formule qu’il avait mise à la disposition des Égyptiens l’an dernier, soit le service de message Twitter téléphonique. Mais comme on pouvait le lire sur le compte Twitter du service :

@speak2tweet available to help more people communicate if they have working phone connection goo.gl/bLn0F #SyriaBlackout

Il faut donc tout de même un service téléphonique fonctionnel pour utiliser le service. Sur Google+ (attention, ce lien fonctionnera si vous avez un compte Google+), on trouvait le message suivant :

« A little less than two years ago, when Internet access was cut off in Egypt, we worked with Twitter to launch Speak2Tweet, giving the ability for anyone to tweet using just a voice connection.  

In the last day, Internet access has been completely cut off in Syria. Unfortunately we are hearing reports that mobile phones and landlines aren’t working properly either. But those who might be lucky enough to have a voice connection can still use Speak2Tweet by simply leaving a voicemail on one of these international phone numbers (…) »

Les hébergeurs américains

Certains sites officiels du gouvernement syrien, dont celui de l’agence de presse officielle SANA, étaient toujours en ligne hier et pouvaient donc en toute quiétude diffuser sans être contredits par les citoyens. La raison en est que ces sites sont hébergés aux États-Unis – souvent à l’insu du fournisseur principal qui a sous-contracté ses services par le biais d’une autre compagnie, qui elle, hébergeait un ou plusieurs sites syriens –, ce qui contrevient aux ordres du président Obama. Une fois avisées, ces compagnies ont toutes assuré aux médias et aux organismes gouvernementaux qu’elles fermeraient lesdits sites dans les heures suivantes.

Cette histoire sera à suivre grâce aux médias sociaux avec les mots-clics #syria #syrie et #syriablackout.

Autres sources

De Laurent LaSalle : L’ONU pourrait bientôt contrôler Internet

Sur Numerama : Google et Twitter relancent Speak2Tweet pour assister les Syriens

Dans le New York Times : Official Syrian web wites hosted in U.S.

Réseaux sociaux, Société