Nadia SeraioccoUn réseau social pour faciliter la réinsertion des ex-détenus

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 publié le 22 novembre 2012 à 12 h 14

Tulio Cardozo chez KickLabs (source : site de la compagnie)

Devant le monde parallèle que dépeint la série Unité 9, avec ses règles de survie cruelles, on peut se demander comment des individus presque coupés de la société peuvent ensuite la réintégrer. Trouver un emploi et gagner la confiance d’un futur employeur quand on sort de prison n’est pas facile. Surtout quand on a perdu contact avec le monde extérieur pendant quelques années…

Reprendre contact avec la réalité

Tulio Cardozo, un Américain qui avait fait six ans de réclusion pour avoir fabriqué du concentré de cannabis, a vécu ce dur retour à la réalité. Malgré son expertise en technologie, sa facilité à communiquer, il a vite compris que le moment le plus difficile était de révéler à un interlocuteur ce qu’il avait fait au cours des six dernières années. Il avait beau avoir travaillé fort pour se garder à jour dans son domaine, avoir lu tous les livres de programmation, il allait devoir reprendre sa formation. Plutôt que de baisser la tête, il a vu là une opportunité d’affaires : celle de créer un réseau professionnel en ligne destiné à la réinsertion des ex-détenus.

Soutenir les initiatives d’affaires d’ex-détenus

Il faut dire que Cardozo a bénéficié du programme de démarrage d’entreprise The Last Mile, un soutien aux projets entrepreneuriaux des ex-détenus. Pour obtenir l’appui du programme, un projet doit être technologique et pencher du côté de l’économie sociale. Un autre critère important pour Chris Redlitz, qui a cofondé le programme, est la passion. Le projet de Cardozo, Collaborative Benefit, correspondait à tous ces critères. L’homme d’affaires est persuadé que Collaborative Benefit offrira un service essentiel et que Cardozo est la meilleure personne pour le faire. Tulio Cadorzo travaille donc maintenant avec le soutien de KickLabs, un laboratoire de soutien et de développement des entreprises fondé par Chris Redlitz et ses partenaires d’affaires.

Un projet de société

Collaborative Benefit permettra de mettre en lien un candidat prêt à réintégrer la société et une entreprise en mettant en valeur ce qu’apporte ce candidat à l’entreprise. On parle ici de la formation, du mentorat et de tous les avantages dont bénéficiera l’ex-détenu (allocation, habitation, etc.) et qui peuvent être des avantages pour un futur employeur. Le site permet donc à un candidat prêt à réintégrer le marché du travail de rejoindre une entreprise qui peut lui offrir un stage d’intégration et, éventuellement, un emploi.

Pour l’instant, Collaborative Benefit a le soutien de quatre partenaires qui peuvent embaucher les participants et lève des fonds par financement collaboratif.

Plutôt que d’aller vers plus de sécurité et de répression, comme on le voit en ce moment, verra-t-on aussi naître ce genre d’initiative au Canada?

Sources complémentaires d’information

Le dossier du site Fast Company : How a former prisoner is creating a LinkedIn for the incarcerated

Sur mon blogue personnel : Facebooker de sa cellule de prison

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