Martin LessardVers une signalétique dynamique portable

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 publié le 9 novembre 2012 à 16 h 49

Nadia nous signalait mercredi l’apparition d’une robe Twitter, une robe branchée sur le 4G qui affiche sur le tissu des tweets.

Schématiquement, le processus est simple : votre cellulaire, branché sur Internet, envoie des informations à votre vêtement, qui contient une petite puce capable de transformer les informations en image sur les centaines de lumières DEL incorporées au vêtement (des fabricants en ont fait un « T-shirt OS |)

L’effet est saisissant. Si vous cherchez à vous faire remarquer, voilà le gadget tout désigné! Nul doute que les publicitaires vont se faire une joie d’exploiter le nouveau phénomène.

Mais une fois l’effet de surprise passé, une fois que vous l’avez porté et que vous avez détourné tous les regards durant toute la soirée au point d’être devenu une bête de cirque, que fait-on avec cette innovation?

Au-delà de l’effet de mode

Il me semble que l’idée d’un vêtement « intelligent » fera long feu du côté de la mode ou de la pub, du moins sur le long terme.

La pub ne s’intéresse qu’à ce qui est nouveau. L’effet de surprise va rapidement s’estomper au fur et à mesure que la technologie sera abordable et accessible à tous.

Côté mode, c’est bien beau d’être la vedette de la soirée, mais quand il y aura 5 autres personnes habillées ainsi, dans la même pièce, ce sera comme quand on découvre qu’on a acheté la même robe pour aller à la même soirée : c’est une soirée horribilis.

Il me semble que le domaine qui aura le plus à profiter de cette innovation est l’industrie de la signalétique. Au fond, qu’est-ce que le T-shirt OS sinon qu’un écran flexible, lumineux et portatif?

Les badges intelligents

J’entrevois très bien un jour des « badges intelligents » (un foulard, un dossard, un gant, un brassard, etc.) qu’on donnerait à des visiteurs dans un bâtiment et qui changeraient de couleur en fonction des zones autorisées. Dès qu’on dépasserait une certaine limite (disons, un entrepôt, l’arrière-scène, un laboratoire), le badge passerait à une autre couleur ou se mettrait à clignoter.

C’est sa fonction d’attirer l’attention. C’est ce qui est réellement intéressant, pas pour briller dans une soirée jet-set, mais pour attirer l’attention sur quelqu’un qui en vaut vraiment la peine. La signalétique dynamique s’adapte ainsi à toute situation. C’est l’environnement qui indique sur qui vous devez apporter votre attention selon le lieu ou les circonstances.

 

Pour une visite guidée, par exemple, le guide pourrait revêtir un dossard avec une telle capacité de passer des messages. Des touristes pourraient non seulement repérer leur guide, mais lire des informations supplémentaires (durée restante à la visite, nom du lieu, code QR, etc.).

On peut aussi imaginer un tel dossard indiquer par brillance la distance d’une porte de secours lors d’un ordre d’évacuation. Ou la position du coureur dans un marathon (« vous êtes le 5e! »). Ou la destination d’un chien-guide qui accompagne un non-voyant.

La signalétique, en adoptant ces nouveaux supports, peut facilement s’adapter à toutes les situations : le même morceau de tissu « intelligent » peut servir à plusieurs festivals, par exemple, pour indiquer qui fait quoi, mais aux couleurs de l’événement.

En associant cette innovation aux nanotechnologies, il est possible, en plus, de générer de l’énergie simplement en se déplaçant avec le vêtement. La rencontre de ces deux innovations me semble ouvrir de bien belles perspectives…

Futur, Innovation