Billets publiés le 2 novembre 2012

Martin LessardRomney et Obama : combat dans les médias sociaux

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 publié le 2 novembre 2012 à 15 h 23

Dans la dernière ligne droite avant les élections présidentielles américaines, les deux candidats, le président Obama et le sénateur Romney, sont au coude-à-coude dans les sondages. Est-ce que les médias sociaux pourront faire la différence?

Dans l’espace des médias sociaux, les équipes des candidats doivent réussir à susciter l’adhésion, à établir des liens significatifs avec les électeurs. Regardons les chiffres en date de ce matin :

Twitter : Obama, 21 600 000 abonnés; Romney, 1 650 000
Facebook : Obama, 31 660 000 « j’aime »; Romney, 11 680 000
YouTube : Obama, 255 000 abonnés (262 millions de lectures); Romney, 27 600 (29 millions de lectures)
Instagram : Obama, 1 580 000 abonnés; Romney, 68 000

Dans la guerre des chiffres, clairement c’est Obama qui gagne. L’avantage va toujours à celui qui est présent depuis de nombreuses années. Mais il faut se garder d’en tirer des conclusions quant aux résultats des élections de mardi prochain.

Un autre front de combat

On cite souvent le débat Kennedy-Nixon de 1960 comme étant le premier moment où la télévision a fait irruption dans les débats (Kennedy en est sorti vainqueur). Eh bien, c’est l’équipe d’Obama qui a littéralement fait entrer la politique américaine au 21e siècle avec son usage intensif des médias sociaux.

Aujourd’hui, le problème n’est pas tant de savoir si faire une campagne politique sur les médias sociaux fait une différence ou non, car il faut y être présent de toute façon afin de ne pas laisser le terrain libre à l’adversaire.

Et de ce point de vue, Mitt Romney se défend bien contre Obama, même s’il n’a pas une équipe aussi nombreuse. Il ne laisse pas sa place, quoique Obama semble occuper le haut du pavé.

L’arrimage des médias sociaux aux débats

Les médias sociaux ne remplaceront jamais les anciens médias, ils les complètent. Un débat télévisé aura toujours plus d’impact; l’effet Kennedy-Nixon est là pour rester.

Les débats télévisés restent encore aujourd’hui la principale source d’information des Américains pour choisir leur candidat. La télé influence encore, et beaucoup, les perceptions et les préférences des électeurs. Mais les impacts de ces débats dans la population se font sentir bien au-delà de l’événement lui-même, car les discussions en ligne sont amplifiées par les médias traditionnels.

Avant les réseaux, si on manquait le débat, on n’avait que les médias de masse, comme la presse et la radio, sur lesquels se rabattre pour connaître la teneur des propos.

Aujourd’hui, c’est en ligne que les discussions postdébats se font. Les gens s’influencent mutuellement. Ils font ressortir des messages ou des gestes significatifs pour eux et non pour les commentateurs professionnels.

C’est ainsi qu’on peut dire que les médias traditionnels ont perdu un certain monopole, celui de figer le sens, l’interprétation, à donner à un débat. Le public peut le faire maintenant, en direct, par lui-même, sans attendre le point de vue des journalistes.

Des moments viraux

On pourra dire que la campagne en cours a suscité une quantité non négligeable de « moments viraux », ces déclarations significatives qui font le tour du réseau et génèrent quantité de parodies.

Clint Eastwood et la chaise vide, où le célèbre acteur conversait avec un Obama invisible
Romney et #savebigbird, qui a suivi immédiatement la déclaration du candidat républicain annonçant qu’il voulait couper PBS
Romney et son classeur rempli de femmes (binders full of women), déclaration maladroite pour exprimer son pro-féminisme, mais qui a plutôt mis en colère les féministes
Romney et son 47 %, pourcentage représentant selon lui les profiteurs de la nation
Romnesia, boutade d’Obama pour se moquer des oublis de Romney

On doit admettre que Romney a davantage suscité ce type de moments viraux et que l’équipe d’Obama et, surtout, ses partisans agiles à produire du contenu en ligne s’en sont donné à coeur joie!

Sandy travaille pour Obama

Quand Obama a arrêté sa campagne cette semaine pour s’occuper des États frappés par l’ouragan Sandy, la campagne sur les médias sociaux, elle, n’a pas arrêté.

Un sondage révélé par Havas Médias, hier, montre qu’Obama est perçu comme celui qui écoute et se sent le plus concerné par les gens, dans un ratio de deux pour un en défaveur de Romney.

Justement le genre de message qui passe bien dans les médias sociaux…

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Les médias sociaux peuvent-ils faire la leçon aux politiciens?

C’est aujourd’hui que commence le tournoi régional du World Cyber Games, le rendez-vous annuel des gens voulant mettre au défi les meilleurs cyberathlètes au Canada. L’événement a lieu au Complexe Desjardins et se tiendra jusqu’au 4 novembre. On invite d’ailleurs ceux et celles qui maîtrisent les jeux StarCraft II : Wings of Liberty, FIFA 12 et Cross Fire à se manifester, afin d’affronter les meilleurs joueurs au Canada. Les gagnants pourront se joindre à l’équipe canadienne et ainsi tenter leur chance à la grande finale du WCG, qui aura lieu à Kunshan, en Chine.

Curieux d’essayer? Rendez-vous sur place (aujourd’hui seulement) avec votre souris, tapis de souris, clavier et écouteurs pour vous inscrire au tournoi. L’événement est commandité par Samsung Canada, qui se fait d’ailleurs un plaisir de fournir l’équipement informatique nécessaire. Malgré la mauvaise presse que certains développeurs ont fait subir à Windows 8, c’est la nouvelle version du système d’exploitation qui propulsera les ordinateurs portables sur place (la Série 7 Gamer de Samsung).

Les Olympiques du jeu vidéo

Non sans rappeler des scènes de la websérie Video Game High School, le World Cyber Games est l’un des plus importants événements de sport électronique au monde. L’événement, originaire de la Corée du Sud, a été lancé en 2000 sous l’initiative du fabricant Samsung. À l’époque, 17 pays étaient en compétition pour déterminer les champions du monde de 4 jeux : Quake III Arena, FIFA 2000, Age of Empires II et StarCraft : Brood War.

En 2004, l’événement est devenu nomade et s’est inspiré des Jeux olympiques en décrétant une nouvelle ville organisatrice chaque année. La première ville étrangère à recevoir les jeux était alors San Francisco, où 642 cyberathlètes se sont affrontés pour un total de 2,5 millions de dollars en prix.

Au tableau des victoires cumulatives du WCG, le Canada se retrouve aujourd’hui au 11e rang, derrière la France et la Suède.

Certains se souviendront peut-être de Guillaume Patry, le champion de StarCraft dont les exploits avaient fait beaucoup jaser au début des années 2000. Plus récemment, Stéphanie Harvey a remporté le titre de championne du monde de Counter-Strike à l’Electronic Sports World Cup, un événement similaire qui se déroulait l’an dernier à Paris.

Le Canada peut-il espérer goûter à l’or en 2012?