Nadia SeraioccoTremblement de terre : quand Twitter remplace le perron de l’église

Par

 publié le 10 octobre 2012 à 14 h 12

Ce message aura contribué à situer Montréal dans la grande région de Longueuil pour certains médias…

Dans la nuit de mardi à mercredi à 0 h 19, une secousse sismique dont l’épicentre a d’abord été annoncé dans la région de Longueuil (pour plus tard être localisé à Saint-Marc-Sur-Richelieu) a fait trembler Montréal… Longueuil qui fait trembler Montréal et sa région, il n’en fallait pas plus pour qu’une fois la chose confirmée et la peur passée, les gazouilleurs reprennent leur plaisanteries à saveur politique y associant l’effet du tremblement de terre.

On ne sait pas ce qui se passe… Vite sur Twitter!

Sitôt la secousse ressentie, le premier geste de plusieurs a été de confirmer qu’ils n’étaient pas seuls à avoir vécu l’événement. Il faut dire que les premières sources à confirmer la nouvelle s’y trouvaient. Tandis que les contacts de chacun confirmaient avoir bel et bien ressenti un choc, à 0 h 24, soit quelque 5 minutes après l’événement, Séisme Canada (dont plusieurs auront appris l’existence en raison du tremblement de terre d’hier) publiait l’information suivante : « Détection automatique d’événement sismique : magnitude 4,5 – 10 oct 0h19 HAE – région de LONGUEUIL, QC ». Le message a été republié plus de 1000 fois sur les réseaux et l’information du site de Séisme Canada a ensuite été diffusée sur Twitter et dans les autres réseaux sociaux.

Rendre son quotidien tendance

En moins d’une heure, tous avaient compris que le séisme était plus fort sur Twitter que dans les rues de Montréal. Nonobstant ce fait, au réveil ce matin, le mot-clic « #earthquake » était toujours dans les tendances pour Montréal. Pourquoi pas #tremblementdeterre? Beaucoup des gazouilleurs ont utilisé le terme en anglais et l’on peut présumer que cela était fait dans le but de rejoindre un plus grand nombre, voire de faire la tendance à plus grande échelle (ou de « trender », comme on dit sur le web). Même le nouveau député Léo Bureau-Blouin y est allé d’une petite plaisanterie de fin de campagne sur les dernières pancartes électorales qui auraient été délogées par la secousse sismique en ajoutant #earthquake à son message. En lisant, les gazouillis associés à #tremblementdeterre ou #earthquake, les préoccupations des Montréalais ressortent, Daniel Thibault commentant ainsi, « Gérald Tremblay vient dire qu’il ne s’est aperçu de rien. ».

 

Même Léo gazouille avec des mots-clics bilingues…

La mécanique de la promotion sociale qui se déploie

Ce petit pictogramme illustre bien l’empressement que les abonnés de Twitter montrent à communiquer ce qui se passe autour d’eux en tout temps.

Avant même que je ne ferme tout pour la nuit, soit un peu avant 2 h, il y avait déjà une page Facebook en mémoire du tremblement de terre, un groupe de discussion et plusieurs articles sur l’événement. Quelques-uns se sont empressés de produire du matériel complémentaire, photos, illustrations, le plus souvent à caractère sarcastique, car une fois l’étonnement passé, l’humour a vite pris le dessus. Certains auront remarqué que les premiers messages de constat ont surgi dans les secondes qui ont suivi le séisme. Puis, les curateurs de contenu reconnus ou influenceurs ont partagé les micromessages des sources pertinentes, ici Séisme Canada, puis des médias qui commentaient l’événement, et finalement certains ont proposé leur matériel complémentaire (image, liens, etc.) pour nourrir la conversation.

En fin de course, on proposait même sur Twitter et Facebook aux internautes qui avaient vécu le tremblement de terre de remplir le sondage de Séisme Canada.

Mots-clics et statistiques

En consultant Topsy.com, on a une idée de l’activité qui a eu cours dans la nuit. À 23 h 42, un autre tremblement de terre, à Hawaï celui-là, mobilisait le mot-clic #earthquake, et c’est à 0 h 42 que les deux résultats ont atteint leur pic avec des messages populaires diffusés en anglais par Sugar Sammy et en français par Daniel Thibault (voir le message sur Gérald Tremblay plus haut). Le mot-clic #tremblementdeterre aurait été utilisé 2238 fois et #earthquake 3809 fois, il faut noter que ces chiffres augmenteront au cours de la journée.

Cliquer pour voir en grand format…

Événements, Réseaux sociaux