Billets publiés en octobre 2012

Le matin du 30 octobre, « We are ok », ces simples mots lancés comme une bouteille à la mer dans un océan peuplé d’amis, comptaient parmi les plus employés sur Facebook selon Mashable. Facebook est-il devenu le canal pour dire à ses proches que tout va bien? C’est ce que Ipsos Reid confirmait au début du mois d’octobre, par un sondage démontrant qu’en situation d’urgence, 54 % des Canadiens utiliseraient des médias sociaux comme Facebook et Twitter pour donner signe de vie à leurs proches.

Penser aux médias sociaux en situation d’urgence

L’ouragan Sandy, sur Wikicommon source : www.nnvl.noaa.gov

Ce sondage commandé à Ipsos Reid par la Croix-Rouge, démontre bien que même si une large part du public se fie sur les médias sociaux, c’est tout de même un tiers des répondants qui ne les utiliseraient pas dans une situation d’urgence. Avec l’espace désormais occupé par ces médias, on peut comprendre que quelque 35 % des gens qui ont répondu croient fermement que les policiers ou les pompiers répondraient à un appel à l’aide diffusé sur ces réseaux. Il y a de quoi être perplexe, car on peut se demander si un appel à l’aide envoyé de façon générique serait repris et entendu, et si oui, en combien de temps. Cela donne presque envie de tester en appelant au secours le SPVM en mentionnant son indicatif Twitter, mais il me semble que si j’ai un téléphone fonctionnel dans les mains au moment d’une urgence, je tenterais le 911 avant…

Facebook bon premier dans les communications plus « personnelles »

Tout comme l’article de Mashable qui démontrait que Facebook avait servi aux gens à publier des photos, à échanger sur les interruptions de courant, « tout va bien » est le message qui ressortait le plus. Le sondage de Ipsos Reid démontrait aussi que très peu de Canadiens (8 %) ont partagé des renseignements sur leur expérience dans une situation d’urgence, mais de ce petit pourcentage, près de 90 % d’entre eux, ont utilisé Facebook à cette fin. On sait déjà qu’au Canada, Facebook a un taux de pénétration de plus de 50 % (et même plus si l’on se fie à l’outil interne de Facebook), donc les Canadiens y sont non seulement présents, mais ils ont apprivoisés l’outil.

Le texto comme solution en cas de panne pour mettre à jour ses réseaux

On l’avait constaté lors du séisme à Haïti en 2010, le message texte arrive souvent à se glisser malgré un réseau de télécommunications chancelant. Or, lors de l’ouragan Sandy, on aura pensé à rappeler aux utilisateurs habitués à se brancher par wi-fi et 3G, que dans le bon vieux temps, on mettait ses réseaux sociaux à jour avec un simple message texte et que cette option est toujours disponible. Je me souviens même avec nostalgie (OK, peut-être pas tant que ça) d’avoir utilisé plusieurs fonctions de Facebook (statuts, réponses à un message, etc.) par la fonction message texte de mon vieux Palm. C’était la cambrousse, mais on a survécu pour le raconter…

À lire aussi…

Sur Mashable : How to Use Facebook and Twitter Without the Internet

Ici de Martin Lessard : Les 1000 yeux de «Frankenstorm»

Martin LessardLes 1000 yeux de « Frankenstorm »

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 publié le 30 octobre 2012 à 14 h 53

Surnommé spontanément #frankenstorm dans les réseaux sociaux, Sandy, la gigantesque tempête post-tropicale qui s’abat sur la côte est de l’Amérique du Nord, fait circuler bien des électrons sur Internet.

L’an passé, pour l’ouragan Irene, même scénario. Sur Triplex, on annonçait une pluie de tweets et on a été bien inondés. Avec Sandy, le spectacle planétaire reprend.

« La tempête parfaite »

On a une situation de tempête parfaite quand les médias traditionnels et les médias sociaux s’entendent pour couvrir le même événement. Alors vous pouvez être sûr de tout, tout savoir.

Mais, comme disait Yvon Deschamps, « on veut pas le savoir, on veut le voir ».

Avec Sandy, on couvre tous les angles, tous les arbres déracinés, toutes les inondations, tous les toits arrachés en images — et à ce jeu, Instagram se démarque du lot (on notera cette date, en passant, comme la disparition en mer de Flickr).

  • Si vous êtes sur Instagram, vous pouvez suivre #sandy. Pour les autres, le site Instacane.com offre un extrait des meilleures photos de Sandy sur Instagram.
  • Une application pour iOs et une pour Android existent pour suivre en direct les avancées de Sandy sur le terrain.
  • Twitter aussi collige pour vous tweets et photos dans un compte spécial.
  • Même la France n’est pas en reste. Le Monde lance un appel à photos! En 2012, vous pourrez dire que vous avez participé!

Partout, donc, on semble n’avoir d’yeux que pour Sandy…

L’essentiel est invisible pour les yeux d’Instagram

Pourquoi tant d’attention portée sur la côte est américaine alors qu’Haïti et Cuba ont été frappés plus durement par Sandy, au moment où elle était réellement un ouragan (déclassé en tempête à l’approche des côtes américaines)?

Parce qu’il n’y a pas la même quantité de caméras et de comptes Facebook que chez les Américains!

Facebook, Instagram, Twitter sont les nouveaux stades où se réunit le monde pour assister à un nouveau type de cirque de dimension planétaire.

Les plateformes numériques sont l’équivalent du Colisée de la Rome antique qui a été la mesure de toute chose appelée « spectacle ». À son ouverture, des jeux y ont été présentés pendant 100 jours, et on venait de tous les coins de l’empire pour y assister. Le stade a été en service pendant 500 ans et représente encore la grandeur de Rome.

Les plateformes sont les équivalents de ces stades où on montre des spectacles pour synchroniser les excitations collectives. Ce qui s’y produit est moins un spectacle qu’une impression de volonté générale, sous forme de vagues et de cris.

En ligne, ce sont des images et du texte, mais l’impression de résonance consensuelle s’y ressent tout aussi clairement.

Plateformes de « soft power »

Les médias traditionnels, s’ils créent parfois plus l’événement qu’ils ne le rapportent, n’ont plus, en tout cas, le monopole de ces stades virtuels. Les gens dans ces nouveaux stades ad hoc participent de leur plein gré au spectacle, sans nécessairement le savoir, ni en mesurer les conséquences.

Le contrôle des plateformes par ceux qui se les sont appropriées, les Américains au premier chef, détermine les types d’événements qui seront portés au pinacle.

Par leur nombre, leur technophilie, leur sens du spectacle, les Américains réussissent à saisir et à retourner pour eux tout événement les intéressant. Et aussi parce qu’ils possèdent toutes les plateformes…

Recherchez Sandy aujourd’hui dans Google, il y a fort à parier que les gens sur la côte est verront le premier message en haut ainsi :

Les frontières n’existent plus et les rassemblements numériques, et l’impression de volonté générale qu’ils donnent, se fichent éperdument du territoire social où je me situe dans le monde physique. Je vibre au rythme de la tempête sur la côte est, même si le soleil m’accompagne au moment d’écrire ces lignes.

Les États qui ne possèdent pas de plateformes numériques similaires ne peuvent espérer lutter contre ces monstres aux 1000 yeux qui dirigent le regard de tous vers des réalités disproportionnées.

Laurent LaSalleNexus 10 : qu’à cela ne tienne, on vise plus grand

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 publié le 29 octobre 2012 à 15 h 25

Tandis qu’Apple vient tout juste de rejoindre un nouveau marché en dévoilant l’iPad mini la semaine dernière, voilà que Google déroute la stratégie de son concurrent en annonçant la Nexus 10, une tablette surdimensionnée par rapport à celle qu’elle a introduite sur le marché cet été.

Si l’événement dédié à son dévoilement a été annulé en raison de l’ouragan Sandy, Google a tout de même pris soin de révéler l’information par rapport au produit en question.

Caractéristiques matérielles

Fidèle à l’habitude qu’elle semblait vouloir instaurer avec la Nexus 7, le chiffre du nom Nexus 10 n’a rien à voir avec la version dudit appareil. Il s’agit plutôt d’un indice concernant la taille de l’appareil, à savoir un écran dont la diagonale est de 10 pouces. En matière de résolution, on parle de 2560 x 1600 pixels, légèrement supérieure à celle de l’iPad (2048 x 1536 pixels). La densité de pixels se retrouve également plus élevée que celle de son principal concurrent, avec 300 ppp. La proportion de cet écran est de 16:9, ce que je trouve plutôt étrange pour une tablette.

C’est Samsung qui est responsable de la fabrication de la nouvelle tablette (rappelons qu’Asus est responsable de fabriquer la Nexus 7), on peut donc s’attendre à un produit de qualité compte tenu de la feuille de route de la compagnie coréenne en matière d’appareils mobiles. Grâce à ce partenariat, la Nexus 10 sera propulsée par Exynos 5, le tout nouveau processeur bicœur de type Cortex A15 de Samsung cadencé à 1,7 GHz.

Tout comme sa cousine de 7 pouces, la Nexus 10 n’offrira pas de connexion cellulaire en option, un choix que je trouve curieux encore aujourd’hui. Pour le sans-fil, on conserve la communication en champ proche (NFC), le signal 802.11 (b, g et n) et Bluetooth 4.0. Heureusement, contrairement à la Nexus 7, la nouvelle tablette arbore deux caméras : une frontale à 1,9 mégapixel, et une au dos de l’appareil à 5 mégapixels.

En matière d’autonomie, Google promet 9 heures d’utilisation en continu. Pour ce qui est de la connectivité, on retrouve un port micro USB et un port HDMI. Deux modèles sont offerts : une version avec 16 Go d’espace de stockage pour 409 $ et une version avec 32 Go pour 509 $.

Curieux de connaître les améliorations d’Android pour tablettes? Je vous invite à lire la portion Caractéristiques logicielles du billet que j’ai rédigé lors du dévoilement de la Nexus 7. À noter que la version d’Android passe à 4.2 avec cet appareil.

Vous pouvez en apprendre davantage sur la tablette à même le site de Google. MÀJ : Sa livraison est prévue pour le 13 novembre prochain (merci Jules).

Google avait également l’intention de dévoiler le Nexus 4, un nouveau téléphone intelligent fabriqué en partenariat avec LG, lors de l’événement annulé à la dernière minute. Vous pouvez en apprendre davantage sur ce produit sur le blogue de Maxime Johnson.

Après avoir discuté par courriel avec Don Tapscott, je ne pouvais pas ne pas assister au WCIT 2012, ne serait-ce que pour humer l’air du temps. Je suis donc allée assister au dévoilement du plan pour une société numérique par Anthony D. Williams, le collaborateur de Don Tapscott, suivi de Roger Martin, doyen de l’Université Rotman à Toronto. J’en ai retenu au moins trois points que j’amène ici, car ce sont des points dont nous avons discuté sur Triplex.

La révolution du petit cube : Square arrive au Canada

Un petit cube de rien du tout…

Il y a quelques semaines (lire « Un iPad comme caisse enregistreuse et un téléphone pour régler l’addition »), je m’enthousiasmais sur Squareup.com, qui offre la possibilité de créer un système de paiement avec un téléphone ou un iPad. Pour ce faire, il suffit de brancher un petit cube, le fameux square, à l’appareil mobile et voilà. Don Tapscott s’est récemment procuré un petit cube et s’est empressé de raconter comment cette solution d’affaires peu coûteuse (moins de 10 $, et ce frais initial est absorbé après utilisation) permettait à des petites compagnies ou des organismes à but non lucratif d’accepter des paiements à peu près n’importe où. C’est donc avec enthousiasme, un enthousiasme partagé par Tapscott, que je pourrai enfin activer mon compte, car Square est maintenant ouvert au Canada.

La nanorévolution : dans une ville intelligente près de chez vous

Accessoire urbain extrême…

Récemment sur Triplex, Laurent, Martin et moi avons commenté la série sur la nanotechnologie présentée sur Explora. J’avais trouvé tout à fait fascinant que grâce à de nanocapteurs, il soit possible d’avoir sur soi en tout temps un appareil mobile (peut-être un téléphone) qui mesure les particules nocives dans une zone donnée et avise l’utilisateur qu’il doit être prudent. Anthony D. Williams, en présentant les différents remue-méninges techno, a exposé cette idée associée à la notion de ville intelligente où il serait possible de mesurer grâce à la nanotechnologie les particules allergènes dans l’air en tout temps pour ainsi savoir, si selon son état de santé, un secteur de la ville est à éviter ou à fréquenter avec un masque antipollution, peut-être un masque fait de nanomatériaux.

Les duos improbables : innovation et invention

Pensée analytique ou intuitive? Un autre graphique zen de Roger Martin.

Pour lier cette recherche à ses applications pratiques ou commerciales, il faut d’abord un tantinet de réflexion sur la méthode. C’est sûrement ce que Don Tapscott pensait quand il a présenté Roger Martin en précisant qu’il avait la chance de consulter cet homme fréquemment. J’ai quelques fois abordé sur Triplex le concept d’innovation. Comment distinguer l’innovation de l’invention? L’innovation, dit Martin, recèle souvent une valeur ajoutée pour le consommateur. L’invention, ajoute quelque chose au monde. Donc, l’invention précède souvent l’innovation, et l’innovation est dirigée par des impératifs marketing, tandis que l’invention répond à une force créative. Voilà, moi aussi je veux être amie avec Roger Martin…

 

Comme le mois dernier, Apple a tenu cette semaine une conférence pour annoncer de nouveaux produits, dont un en particulier : le très attendu iPad mini. Répondant à la tendance établie par les Nexus 7 et Kindle Fire de la concurrence, elle nous propose une tablette miniature qu’elle qualifie de « démesurément iPad ».

La presse s’est rapidement emballée pour ce nouveau joujou. Pour ma part, je dois reconnaître que je reste plutôt sceptique quant à la pertinence du produit.

D’ailleurs, je dois admettre que j’ai éprouvé un profond malaise à regarder la vidéo du lancement de l’iPhone 5. Ce n’est qu’un téléphone les amis, on se calme. Il est vrai qu’Apple a révolutionné l’industrie du téléphone intelligent en introduisant le premier iPhone, en 2007. À l’époque, la combinaison d’un baladeur numérique, d’un navigateur Internet et d’un téléphone sous un appareil à écran tactile était une vraie innovation.

Aujourd’hui, l’iPhone 5 ne propose que quelques améliorations par rapport à son prédécesseur. Je ne vois donc pas l’intérêt de faire la file pendant des jours pour acheter essentiellement le même produit chaque année.

Peut-on s’attendre à la même chose lors du lancement de l’iPad mini le 2 novembre prochain? Bien sûr que si. Mais est-ce que les améliorations proposées en vaudront la peine?

Déjà vu?

D’entrée de jeu, Phil Schiller (dont le charisme est à des années-lumière de celui de Tim Cook) nous avise que l’iPad mini « n’est pas qu’une version réduite de l’iPad, c’est un tout nouveau design ». Peut-être, mais n’empêche que l’appareil ne propose rien de nouveau mis à part son format réduit, et sa forme aplatie.

Présentation de l’iPad mini, avec la surdose d’enthousiasme propre à Apple.

Depuis l’introduction de l’iPhone 4 sur le marché, l’écran Retina est peu à peu devenu la norme des produits Apple. On le trouve maintenant sur l’iPad, et il a aussi intégré la ligne des MacBook Pro.

Alors pourquoi diantre Apple ne le propose-t-il pas avec son nouveau produit? Oui, vous avez bien lu, je suis outré au point d’écrire « diantre ». L’écran 7,9 pouces de l’iPad mini partage la même résolution que l’iPad 2, soit 1024 x 768 pixels. Je comprends que de proposer une nouvelle résolution obligerait les développeurs à recompiler (et par extension, reconcevoir) leurs applications, mais Apple a tant vanté le mérite de la densité de pixels de l’écran Retina qu’il est étrange de voir la compagnie revenir en arrière.

Le comparatif avec l’iPad 2 ne s’arrête pas là, car l’appareil est propulsé par le même processeur bicœur (le A5), contrairement à son nouveau grand-frère. L’iPad de quatrième génération, également dévoilé lors de la même conférence, est propulsé par le A6X, un processeur bicœur qui intègre un processeur graphique quadricœur.

Par chance, toutes les autres caractéristiques de l’iPad mini (caméras, capture vidéo, autonomie, connexions cellulaires et sans fil) sont identiques à celles de l’iPad de quatrième génération.

Supérieur à la Nexus 7 selon Apple, mais à quel prix?

Phil Schiller s’est amusé à comparer l’iPad mini à « un populaire produit Android » que l’on pouvait clairement désigner comme étant la Nexus 7 de Google. Bien que la plupart des points soulevés lors de cette confrontation sont valides, il allait de soi que l’affrontement était de mauvaise foi.

Si la finition plastique de la Nexus 7 et la proportion de son écran peuvent décevoir, sa résolution demeure supérieure (1280 x 900 pixels). Elle arbore également deux fois plus de mémoire vive (1 Go au lieu de 512 Mo de l’iPad mini) et un processeur quadricœur. Tout ça pour une fraction du prix : 259 $.

L’iPad mini de son côté est considérablement plus cher. Son prix de départ est de 329 $, à peine 70 $ de moins que l’iPad 2.

Je crois qu’Apple aurait eu intérêt à offrir un appareil d’entrée de gamme beaucoup moins cher, considérant la qualité moindre de son écran, quitte à ne pas inclure toutes les fonctionnalités de l’iPad de format standard. Rappelons que le nouvel iPod touch, dévoilé le mois dernier, se vend 299 $ (quand même 400 $ de moins que l’iPhone 5 – et avec le même écran Retina).