Laurent LaSalleOn tue la une : toute votre vie est sur Facebook

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 publié le 27 septembre 2012 à 11 h 37

Vous avez certainement entendu parler en début de semaine d’une faille sur Facebook, qui aurait affiché vos messages privés antérieurs à 2009 sur votre journal public. En somme, depuis peu, une nouvelle boîte apparaît dans la colonne de droite lorsqu’on se rend au début d’une année, regroupant tous les messages publics que des membres du réseau social ont laissés sur votre mur pendant l’année. Le problème : on rapporte que tous les messages privés couvrant la même période seraient maintenant entremêlés à ceux-ci.

Facebook a rapidement démenti la rumeur. Selon la compagnie, les gens interprètent ce qu’ils croient être des messages privés, alors qu’en réalité ces messages ont toujours été publics; écrits à une époque où les internautes étaient moins sensibles à la notion de vie privée.

Difficile de déterminer qui dit vrai, puisqu’on parle de messages rédigés il y a plus de trois ans. D’ailleurs, pourquoi une faille affecterait-elle une période de façon si aléatoire? Personnellement, j’ai croisé au moins à deux reprises des numéros de téléphone en observant la nouvelle boîte sur le journal d’amis. Est-ce dire que cette correspondance était nécessairement privée à l’origine? Chose certaine, elle aurait dû l’être.

Mais ce qui est encore plus difficile, c’est de croire que plusieurs d’entre vous sont encore surpris d’apprendre que toute votre vie est sur Facebook. Semble-t-il qu’on doive encore le répéter : toute votre vie est sur Facebook. Laissez-moi même en faire un sous-titre pour être certain de capter l’attention de tout le monde.

Toute votre vie est sur Facebook

Vos photos, vos humeurs, vos préférences, vos soucis, vos joies et vos peines. Au moment où la rumeur concernant les messages privés rendus publics se propageait, une campagne de sensibilisation parrainée par la fédération financière belge Febelfin se répandait sur la toile. Coïncidence?

Vous arrive-t-il de communiquer votre numéro de carte bancaire par courriel? Discutez-vous sur Facebook de l’état de votre compte? Si oui, vous êtes une proie idéale pour les fraudeurs opérant par Internet. Febelfin a loué les services de Dave pour en faire la preuve.

— Introduction de l’article « Partager des informations sur Internet, c’est s’exposer aux abus »

L’être humain est une machine à communiquer, à partager. L’information confidentielle que vous ne divulguez pas sur Facebook, vous la répétez à un ami dans un café, à la bibliothèque ou dans la rue. Sommes-nous véritablement capables de garder autant de secrets?

Face à ce constat, une solution s’impose : restreindre l’accès à votre journal. Rendez-vous dans vos paramètres de confidentialité et limitez-y l’accès. Cependant, devant l’incompétence de Facebook à respecter ces paramètres lors d’une éventuelle refonte, certains extrémistes préfèrent fermer leur compte pour de bon, au risque de déménager vers un autre réseau social.

Allez voir ailleurs

Déménager? Tout le monde parlait de Google Plus l’été dernier, mais force est de constater qu’il n’y a peut-être pas suffisamment de différence entre l’offre de Google et celle de Facebook pour pousser la communauté à changer ses habitudes.

Est-ce qu’un concurrent pourrait gagner sur le plan esthétique? Ça fonctionne plutôt bien pour Apple sur le plan matériel.

Vous ne rêvez pas : Myspace, autrefois le premier réseau social en terme de popularité, est sur le point de faire un retour en force. Rappelons qu’en juin 2011, un groupe d’actionnaires chapeauté par le chanteur Justin Timberlake s’est porté acquéreur de Myspace pour la somme de 35 millions.

On dirait que ceux-ci avaient les poches plutôt profondes quand est venu le temps de renouveler le site. Il va de soi que je suis charmé par le design de ce qu’on nous présente, mais je demeure sceptique quant à la convivialité de l’interface : c’est beau, mais est-ce bon?

Pourvu qu’on ne nous force pas à être amis avec Justin Timberlake (rôle autrefois détenu par Tom Anderson, cofondateur du site)… De plus, un site paraît toujours bien quand tous les membres fictifs sont des mannequins provenant de séances photo. Je n’ai malheureusement pas un portfolio de la sorte en guise de collection photo. Et vous?

Bref, la réelle solution est peut-être de se rabattre sur Twitter. Car son pire défaut, celui de ne pas permettre la recherche de messages antérieurs à une semaine ou deux, est peut-être sa plus grande force.

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