Nadia SeraioccoKlout, un outil pour mesurer l’influence

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 publié le 26 septembre 2012 à 11 h 14

Au départ étaient PeerIndex et Klout, deux outils de mesure d’influence, ce terme à la mode sur les réseaux sociaux souvent décliné vers « influenceur ». Comme les réseaux sociaux, dont ils dépendent pour évaluer qui se hisse au palmarès des gens populaires, ces outils web ont beaucoup évolué. Si je doutais un peu de leur pertinence au long cours, depuis peu, Klout, qui se dit la mesure standard, s’impose comme un outil de réflexion stratégique dans l’utilisation des médias sociaux.

Avez-vous du Klout?

Klout a été créé en 2008 à San Francisco, tandis que PeerIndex est né en Angleterre en 2009. Le second a capté l’attention de plusieurs bien avant que Klout ne s’impose dans nos conversations. Pourtant, l’an dernier, les organisateurs de partys privés ont commencé à exiger des invités un score Klout supérieur à 40. Puis, pour certains emplois liés aux médias sociaux, la même exigence s’est frayé un chemin dans les atouts recherchés chez les candidats. Hou! Là, certains blogueurs, reconnus pour leur influence, ont commencé à sentir le besoin d’adhérer au service.

Et ça marche vraiment?

Là est la question. Car Klout se fie à différents paramètres pour évaluer votre influence. Par exemple, le nombre d’abonnés à vos différents profils sur les réseaux sociaux ou le nombre de gens qui republient ou commentent vos publications. Un réseau se forme autour du profil d’un utilisateur de Klout et chaque personne peut attribuer des points ou k+ à ses connaissances sur certains sujets, voire les nommer « influenceurs ». À l’usage, on constate que plus une personne est active, publie, interagit et agit, plus Klout augmente sa note d’influence. Ceux qui critiquent l’aveuglement devant un tel système aiment bien rappeler que si cet outil est infaillible, il faudra alors concéder qu’une personne qui tweete beaucoup soit plus influente que les dirigeants d’un pays. Il faut donc prendre le tout avec un grain de sel.

L’utilité d’un tel outil

Tandis qu’en relations publiques et en marketing on veut canaliser la force des réseaux sociaux pour mettre en lumière une cause, un produit ou une marque, savoir qui sont les « influenceurs » dans un secteur donné est un net avantage. Le score Klout devient alors un des paramètres que le relationniste peut utiliser pour distinguer les uns des autres et savoir où mettre ses efforts pour influencer la conversation. Cela dit, un score Klout élevé ne devrait jamais être le seul critère pour choisir un interlocuteur. Car bien qu’avoir une influence qui se mesure est intéressant, encore faut-il savoir dans quel domaine on est influent et qui on influence. Les plus cyniques répondront alors que bon nombre des « influenceurs », qui changeront le monde dans lequel on vit, n’ont aucune envie de savoir leur score Klout ou encore que l’on sache qu’ils jouissent d’un réel pouvoir. Je suis plutôt d’accord. Mais au jeu marketing, là où le client est roi, les « influenceurs » sont votre voisin, votre collègue de bureau ou les « experts en médias sociaux » tous azimuts.

Un aperçu de Moments et du potentiel que Klout recèle pour mesurer l’influence.

Un outil prometteur et en développement

Tout récemment, Klout a ajouté à son offre la section « Moments », qui permet à un utilisateur de mesurer l’effet de ses publications les plus populaires par média. On verra donc quels gazouillis sur Twitter ont obtenu le plus d’interactions, retweets ou réponses et quels statuts sur Facebook se classent en tête au palmarès du plus grand nombre d’interactions. L’intérêt de ces « Moments » est de permettre une vue d’ensemble sur les publications les plus appréciées par les abonnés d’un utilisateur. Pour une marque (seul le compte Twitter sera évalué, car pour Facebook seules les publications des profils et pas celles des pages sont analysées), cela permet d’ajuster le tir et de répéter au besoin un type de publication qui plairait nettement plus à l’auditoire visé.

On adopte ou pas?

Difficile de s’y soustraire pour une personne qui doit analyser le profil de blogueurs-collaborateurs ou d’« influenceurs » à intégrer dans un programme de promotion. De même, pour le blogueur qui cherche à marchander son expertise, le score Klout permet d’affirmer une certaine valeur. Je doute fort que les gens dont la crédibilité repose déjà sur une expertise corroborée dans un domaine connu (alors que blogueurs et experts des réseaux sociaux doivent encore s’en remettre à ces outils) sentent le besoin de montrer un score Klout astronomique. Mais à ce compte, il ne faut pas nier le facteur ludique… Après tout donner des points et nommer des influenceurs à sa guise a de quoi amuser bien des utilisateurs.

Un texte de Martin Lessard sur la mesure de l’influence avec Klout dans un contexte électoral.

Sur The Next Web : You must have a Klout of 40 or more to get into this Fashion’s night out party.

Dans US News, un professeur qui songeait à attribuer les notes selon les pointages de Klout (en anglais).

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