Martin LessardLa technologie de Curiosity

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 publié le 8 août 2012 à 11 h 40

Le succès de l’atterrissage de Curiosity sur Mars cette semaine représente l’une des plus belles réussites technologiques des dernières années.

Mais savez-vous que cette sonde roulante de 900 kg, d’une taille équivalente à une petite voiture et bâtie au coût de 2,5 milliards de dollars, est moins puissante que le téléphone intelligent dans les poches de l’ado moyen?

À titre de comparaison :

Curiosity est muni d’un processeur cadencé à 200 MHz, avec 256 Mb de RAM et un disque SSD de 2GB.

Un iPhone roule à 800 MHz, avec 512 Mb de RAM et un disque SSD de 64 GB.

La comparaison est surprenante… mais trompeuse (et, bien sûr, on ne s’imagine pas envoyer un ado avec un iPhone sur Mars – le coût des SMS serait prohibitif).

On s’attend toujours à ce que la technologie spatiale soit à la fine pointe de ce qui se fait actuellement. Son assemblage l’est, évidemment, mais pas (toujours) ses composantes.

Il y a une raison à cela : le développement d’une mission spatiale se fait généralement sur une décennie. Or, les technologies utilisées doivent être éprouvées et sans failles. Pas question de se retrouver avec un message « l’application a quitté inopinément » en cours de route. Les missions spatiales n’utilisent donc que rarement des technologies grand public dernier cri.

Au cœur de la machine

Le robot Curiosity est équipé d’un processeur RAD750, une technologie éprouvée depuis 10 ans. C’est d’ailleurs ce processeur qui est utilisé dans la plupart des missions depuis 2005. Il a une unité centrale de traitement de plus de 10 millions de transistors et prend pour modèle le processeur 32 bits PowerPC 750 (oui, oui, le même que les Power Macintosh G3).

Mais la vraie prouesse du RAD750, c’est qu’il peut supporter de fortes radiations (jusqu’à 1000 Gray) et des températures variant de -55 °C à 70 °C. Et tout ça avec une consommation de 10 watts.

Dans nos poches, même si les conditions sont moins extrêmes, les batteries de nos cellulaires se déchargent en l’espace d’une journée.

Curiosity possède un deuxième RAD750 pour pallier à une éventuelle défaillance du premier processeur.

Les yeux de Curiosity

Côté caméra, il y en a 17 au total sur Curiosity (contre 2 sur nos cellulaires), même si aucune n’est munie de capteurs aussi puissants que ceux qui sortent sur le marché. Elles ont toutes des CCD de 2 mégapixels (1600×1200).

L’une d’elles, la MastCam, permet de prendre des images couleur haute résolution (vidéo 720p à 10 images par seconde). Une autre, la Mars Hand Lens Imager, prend des images du sol en macro.

Jusqu’à maintenant, les premières images reçues, en noir et blanc, viennent des Hazcams (Hazard Avoidance Cameras). Celles-ci servent d’yeux à Curiosity afin que l’engin puisse circuler de façon sécuritaire.

Toutes ces images nous sont transmises par le biais d’une antenne UHF et passent par des satellites artificiels (Mars Odyssey et Mars Reconnaissance Orbiter) mis en orbite durant les missions précédentes.

La longue route de Curiosity

Curiosity contient juste ce qu’il faut de technologie pour mener à bien sa mission. Il constitue l’un des assemblages les plus complexes à ce jour, même si, à la vitesse où se développe la technologie, certaines de ses composantes peuvent paraître vieilles au regard des standards du marché.

Sachez que votre cellulaire n’aurait pas survécu une journée sur Mars à cause des températures extrêmes. De toute façon, sa batterie se serait déchargée avant la fin de la journée. Curiosity, lui, sera encore là demain…

Informatique, Robotique