Martin LessardLire les pensées de Hawking

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 publié le 31 juillet 2012 à 8 h 30

Le célèbre professeur Stephen Hawking, frappé d’une maladie paralysante qui le cloue dans son fauteuil roulant et le force à communiquer par ordinateur interposé, teste depuis quelque temps l’iBrain, un dispositif qui décode l’activité cérébrale.

Le dispositif électronique s’enfile comme un casque et possède des minicapteurs électroencéphalographiques reliés à un ordinateur par une prise USB.

L’iBrain utilise des algorithmes qui révèlent des changements subtils dans les signaux émis par le cerveau afin de lire les pensées.

Le but est de pouvoir lire des mots et des phrases, pensés dans la tête de Hawking. Mais pour l’instant, l’iBrain se contente d’interpréter des intentions simples (bouger un bras, pincer les doigts, marcher).

Analyser le cerveau en temps réel

Le professeur Philip Low, derrière la société qui a développé l’iBrain, a annoncé les premiers résultats au début de juillet.

Nous sommes encore loin de pouvoir interpréter une activité cérébrale avec précision, bien sûr. Mais tout indique que ce n’est qu’une question de temps. L’intérêt de l’iBrain tient au fait que l’équipement est léger et remplace les gros scanneurs. Et surtout qu’il peut analyser les données en temps réel.

Dans la vidéo de sa présentation, le professeur Low montre que les données récoltées finissent par faire ressortir des patrons. Ils indiquent clairement certains états et certaines intentions.

Vers une traduction des ondes cérébrales

À chaque intention d’action pensée correspond une onde cérébrale. L’iBrain repère et traduit cette onde sous forme de graphique. En colligeant lentement mais sûrement ces graphiques, on bâtit un dictionnaire d’intentions qui peuvent se traduire en langage courant.

Un exemple que le professeur montre dans sa présentation (vers la 41e minute) : juste en voyant des données anonymes d’un cobaye, il pouvait savoir que ce cobaye était en dépression, ou du moins subissait un grand stress (c’était un soldat).

Pour Stephen Hawking, communiquer est un grand problème : depuis plusieurs années il arrive à communiquer grâce aux micromouvements musculaires de ses joues qu’un système infrarouge détecte. Mais la progression de sa maladie fait en sorte que le mouvement de ses joues est de moins en moins perceptible.

Un instrument comme l’iBrain permettrait à Hawking d’éviter de se retrouver muet à moyen terme. Une course contre la montre est engagée.

Source : vidéo de Philip Low, lors d’une conférence le 7 juillet dernier à Cambridge en Angleterre, Towards establishing neural correlates of intended movements and speech

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