Martin LessardRio+20 : nous vivons dans leur futur!

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 publié le 22 juin 2012 à 15 h 40

Nous voilà arrivés à la dernière journée de Rio+20, la conférence mondiale sur le développement durable. Les échos qu’on reçoit du Brésil laissent songeurs quant à la possibilité d’en arriver à un accord global.

Ce sommet se tient 20 ans après le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro. Vingt ans, ce n’est pas juste long, c’est aussi un autre monde.

(Source photo)

Les téléphones cellulaires, les réseaux ou les tablettes étaient en 1992 davantage des attributs de films de science-fiction qu’une réalité quotidienne.

C’est sur une autre planète que nous avons atterri pour les gens de l’époque préGoogle, préFacebook et préSkype.

Les ordinateurs existaient à l’époque, mais ils étaient rarement connectés en réseau. Les téléphones cellulaires aussi, mais leur taille et leur prix se rapprochaient alors plus de la caricature que de l’ingéniosité technologique.

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Les inforoutes du passé

Vous vouliez faire un achat à distance en 1992? Vous deviez :

  • Trouver l’adresse du vendeur dans les Pages jaunes (des pages en papier, oui);
  • Appeler (avec un téléphone filaire) et commander un catalogue (du papier, là encore);
  • Attendre le catalogue;
  • Remplir un bon de commande (à la main);
  • Renvoyer le bon de commande rempli (sans oublier le timbre!);
  • Recevoir votre produit quatre à six semaines plus tard.

Si aujourd’hui cette transaction prend plus que quelques minutes, votre ordinateur se fait balancer de rage par la fenêtre!

(source Geekblues.com)

Escargot actu

Avant, pour savoir ce qui se passait à Rio, vous deviez attendre que les journalistes rapportent l’info, généralement 24 heures plus tard.

Aujourd’hui, une simple recherche sur le web de « rio+20″ donne plus de 2 millions de pages et 53 000 articles de journaux sur Google News. Sans compter les 6000 tweets à l’heure qui défilent pour les mots clics #rio+20, #rioplus20, #rio20

Alors qu’en 1992, on ne comptait que quelques serveurs en Europe et que le web n’était pas accessible sur des micro-ordinateurs, aujourd’hui, nous pouvons converser avec FaceTime sur un iPad partout où il y a du wifi, et ce, sans même savoir programmer.

Nous vivons dans leur futur

(Source photo)

Bien sûr, la voiture électrique n’est pas encore vraiment là, mais vous pouvez chausser des souliers (Nikes+iPod) qui vont parler à votre Nano et vous dire le nombre de pas que vous avez faits dans la journée (c’est bon pour vous et pour l’environnement), information que vous pouvez publier sur Facebook dans la seconde qui suit et qui sera lue immédiatement par un ami à Rio.

Empreinte informatique

Le monde d’aujourd’hui est-il plus écologique à cause de la technologie? L’informatique il y a 20 ans avait la prétention de contribuer à réduire l’empreinte écologique (notamment en réduisant la consommation de papier).

Mais est-ce qu’aujourd’hui on peut réellement dire que la réduction de l’utilisation du papier compense l’augmentation de l’infrastructure matérielle entourant les contenus numériques?

Alors que des livres que j’ai achetés il y a 20 ans trônent encore fièrement, même jaunis, dans ma bibliothèque, je suis passé, durant ce même laps de temps, d’un Mac Plus à un PC, puis à un deuxième PC, puis à un MacBook Pro, puis à un MacBook Air, puis à un iPad, à un Android et à d’innombrables disques durs et clés USB.

Pendant ce temps, mes documents numériques sont passés dans l’infonuagique, qui fait tourner des serveurs jour et nuit aux États-Unis, alimentés peut-être par du charbon (lire mon billet « Ces serveurs qui polluent« ).

Le bilan n’est peut-être pas si noir. Mais il devient pressant de clarifier cette question pour l’avenir : le tout-Internet est-il durable?

Futur