Billets publiés le 5 juin 2012

Nadia SeraioccoFacebook ouvrirait son site aux moins de 13 ans

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 publié le 5 juin 2012 à 13 h 03

Est-ce qu'une version de Facebook pour les moins de 13 ans sera la solution? Photo : Nevit Dilmen (Own Work), sur Wikimedia

On peut toujours compter sur Facebook pour utiliser à son avantage ce qui apparaissait au départ comme un scandale et pour augmenter encore son nombre d’abonnés. Ainsi, en juin 2011, le Consumer Report annonçait que le populaire réseau social comptait quelque 7,5 millions d’utilisateurs de moins de 13 ans, l’âge minimal requis pour s’inscrire. Or, tout récemment, le Wall Street Journal présentait ce qui semble être le plan de développement de Facebook pour un nouveau marché à l’intérieur du marché existant en Amérique, soit un réseau « sécuritaire » pour les moins de 13 ans.

Les jeunes québécois sur Facebook

Depuis plus d’un an, on parle beaucoup des initiatives liées aux technologies et à l’utilisation des réseaux sociaux dans les programmes scolaires. Si on ne trouve pas facilement de données sur ce jeune public au Québec, on obtient, par le biais des articles consacrés à la sensibilisation aux dangers des réseaux sociaux, une certaine approximation de leur nombre sur les réseaux. Ainsi, un agent sociocommunautaire qui visite les écoles primaires relatait que dans les classes de sixième année, 80 % des élèves ont un compte sur Facebook. Ce taux ne baisse qu’à 60 % pour les élèves de quatrième année qui, doit-on le préciser, n’ont que 9 ans (article de L’Informateur de Rivières-des-Prairies).

Que propose donc Facebook?

Facebook reconnaît qu’il est difficile pour les parents d’empêcher leurs enfants de moins de 13 ans de visiter le réseau tout en leur donnant accès à des contenus web diversifiés. L’entreprise propose donc une version jeune public du site, sous le contrôle des parents. Ainsi, le profil d’un enfant de moins de 13 ans serait lié à celui de ses parents. Ces derniers pourraient décider pour quels types de contenus leur enfant peut cliquer « j’aime » et quelles applications il peut utiliser. Et, fait important, l’usage par leur enfant d’applications ou de jeux payants serait facturé aux parents. N’est-ce pas mieux que l’usage illicite actuel de Facebook, qui permet à vos petits de voir des contenus d’adultes sans pouvoir dépenser de l’argent sur des jeux sociaux? Je plaisante, mais vous voyez où la compagnie trouve son avantage.

Les petits clients à l’entraînement

Rapidement, les plus cyniques ont vu là une tentative de remonter la valeur de l’action de Facebook, qui a connu quelques baisses aussitôt son introduction en bourse au début du mois de mai. Cela dit, qui a bien observé Facebook peut plutôt y voir une réaction typique de la compagnie, qui, dès qu’une critique est formulée à son encontre (la présence d’enfants sur son site couplée à la peur de cyberintimidation pour les plus jeunes utilisateurs), s’affaire à régler le problème. Dans ce cas-ci, l’intérêt qu’ont suscité ces 7,5 millions d’utilisateurs de moins de 13 ans s’est révélé non pas un ennui, mais un nouveau marché à exploiter. Et, si on n’a pas encore compris que la gratuité se paie, la nouvelle génération d’utilisateurs l’apprendra aux frais de leurs parents!

Autres sources d’information :

Des sénateurs américains préoccupés écrivent à Facebook, dans le blogue du Wall Street Journal

Les questions de sécurité abordées dans le blogue du New York Times