Martin LessardDonnées ouvertes : la méthode Obama

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 publié le 4 juin 2012 à 14 h 27

L’avancée des technologies grand public (téléphones dits intelligents, infonuagiques, médias sociaux) représente à la fois une opportunité et un défi pour toutes les organisations. Gouvernement compris.

Permettre aux données de circuler facilement représente une première ouverture. Ça tombe bien, c’est justement la première recommandation pour un « gouvernement 2.0 », tel que décrit dans le « Rapport Gautrin », sorti plus tôt cette année :

Recommandation 1 : Que le gouvernement [du Québec] divulgue progressivement et de manière proactive, sur un site unique, l’ensemble des données gouvernementales. Ces données devraient être disponibles dans des formats libres et compatibles avec les logiciels de traitement de données.

Cette recommandation demande tout simplement de « libérer les données » enfouies au fond des coffres de l’État pour qu’elles puissent être lues et vues par tous… mais aussi par les machines.

« Ouvrir les données »

Les données gouvernementales sont ces données informatiques théoriquement accessibles, mais qui sont, pour des machines, difficiles d’accès, et ce, pour de multiples raisons (systèmes informatiques complexes, processus d’interrogation des bases ardues, formats non compatibles, règles procédurales mal adaptées, etc.). Les données existent, souvent au grand jour, mais quand il s’agit de les traiter en grande quantité, c’est une autre paire de manches.

En ayant des formats compatibles et déchiffrables pour les ordinateurs, il est possible pour les citoyens ou les entreprises de capturer, de traiter et de mettre rapidement des données à jour, ce qui serait fastidieux de faire manuellement.

L’ouverture des données gouvernementales représente donc une première étape pour rendre rapidement disponibles des données existantes. Le processus est commencé à divers paliers gouvernementaux (certaines villes notamment). Mais pour accélérer le processus, pourquoi ne pas prendre exemple sur notre voisin du sud?

« API now! »

On savait déjà que le président américain, Barack Obama, avait ordonné l’an passé à toutes les agences fédérales qui ont un lien direct avec le public d’améliorer leurs services à l’aide des nouvelles technologies.

Mais voilà qu’il y a une quinzaine de jours, le président a haussé le ton en exigeant que toutes les agences fédérales mettent en place des interfaces de programmation (API), c’est-à-dire une interface qui permet de rendre les données gouvernementales ouvertes et accessibles. (Voir PDF)

De plus, il a exigé que ces agences installent, dans les 90 jours, une page web publique qui permette de suivre la mise en place de la stratégie numérique. Et cette stratégie devra être opérationnelle d’ici 1 an. Top chrono.

Cette page de suivi est une idée géniale. Déjà quelqu’un a créé une page pour suivre les pages de suivi! Plus moyen de se cacher.

C’est le premier API qui coûte

Un API, c’est le premier pas pour davantage de transparence dans la gestion de nos institutions.

En France, le processus est bien amorcé dans les collectivités. Selon la FING, « cela permet de rationaliser l’information, d’éviter les doublons, de décloisonner les services et d’améliorer, par le retour des utilisateurs, la qualité des données, mais aussi la lisibilité de l’action publique ». (Source LesÉchos.fr)

La recommandation 1 du rapport Gautrin pourrait faire l’objet d’une directive similaire à celle d’Obama : une exigence immédiate à tous les services gouvernementaux de mettre en place une page de suivi des avancements. Une façon aussi de montrer que le rapport est pris au sérieux.

(photo: source)

Pour suivre l’avancée des données ouvertes au pays :

Québec Ouvert

Datalibre.ca

MontréalOuvert.org

Nordouvert.ca

Informatique