Martin LessardComment Twitter propage le printemps érable

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 publié le 25 mai 2012 à 11 h 23

Je terminais mon dernier billet en me demandant ce qui viendrait ensuite : #ggi –> #manifencours –> #loi78 –>?

#casseroles pour contester la #loi78

« Quand les casseroles se font entendre dans le très anglo NDG, on sait qu’on a une crise populaire! » Ce message, retweeté par Bruno Guglielminetti à ses 25 000 abonnés de Twitter hier soir, donne un aperçu de l’étendue de la fièvre du #printempsérable au Québec.

Le mouvement de protestation se propage à l’image des réseaux sociaux : pas vraiment de centre, une organisation sans organisation, c’est-à-dire qui fonctionne organiquement sans avoir de coordination explicite.

Les mots-clic (hashtag) sur Twitter jouent le rôle de messagers. #casseroles circule et devient un mot vedette sur Twitter, on clique, on lit, on regarde CUTV. Et on comprend que ça marche! Alors on adopte l’idée et on l’applique dans son coin de pays.

C’est comme ça qu’on peut expliquer l’extraordinaire simultanéité des mouvements du printemps érable. Par un effet de capillarité; vous savez, cette remontée d’humidité qui fait circuler l’eau du bas vers le haut (dans du tissu, les murs, toute matière poreuse…). La migration des mots-clic remonte les faisceaux numériques et l’imitation fait le reste.

Si l’idée semble bonne, alors on l’adopte, sinon elle passe son chemin.

#casseroles, cette manifestation bruyante où chacun marche dans la rue en tapant sur de véritables casseroles, est l’exemple d’une parfaite transmission par capillarité partout au Québec.

Et quand #casseroles fonctionne au Québec, il donne de la visibilité à #manifencours partout dans la twittosphère francophone. Et alors, ensuite, les médias internationaux se mettent à parler du #printempsérable

Twitter comme « un nouveau pouvoir »?

Un nouveau pouvoir, vraiment? Racontons cette histoire :

Mardi soir, Justin Ling, reporter au site de nouvelles Open File, a été arrêté par la police de Montréal, bien qu’il ait présenté sa carte de reporter. Ling s’est alors tourné vers Twitter.

« Je suis en état d’arrestation », écrit-il sur Twitter. Ce qui a déchaîné une tempête de retweets. La police de Montréal, qui sait faire une bonne veille des médias sociaux, a rapidement remarqué les messages entourant l’arrestation de M. Ling.

Un policier est venu plus tard à sa recherche. Ling a donné son identité et a été immédiatement libéré, ce qui lui a épargné une nuit au poste.

Derrière le compte @SPVM, sur Twitter il se trouve des gens qui savent peser le pour et le contre. Une crise populaire en ligne est aussi une crise à gérer.

Twitter est une foule qui sait se faire entendre.

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