Laurent LaSalleLe club de location vidéo : commerce en voie d’extinction

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 publié le 15 mai 2012 à 15 h 21

C’était devenu presque un rituel. Chaque semaine, mon père nous emmenait, mon frère et moi, au club vidéo du centre-ville de notre municipalité pour y louer notre divertissement du vendredi soir. Il connaissait bien les commis du commerce, de qui il obtenait des recommandations sur les films à voir, et sur ceux à éviter à tout prix. Du cinéma, nous en consommions énormément.

Avec le temps, nos habitudes ont changé. Nous sommes devenus membres d’un nouveau club vidéo venu s’installer plus près de notre domicile, offrant un service plutôt clinique, mais plus économique. Par la suite, mes parents se sont abonnés à la télé payante, délaissant ainsi le club vidéo. D’ailleurs, maintenant que je suis déménagé depuis une quinzaine d’années, je ne sais plus trop où ils en sont rendus de ce côté.

Inutile de vous dire que le club vidéo de mon enfance a fermé ses portes il y a longtemps. Je soupçonne même que celui qui se trouve à proximité de chez mes parents est également sur le point de disparaître. Bref, cette histoire, c’est la même pour tous ces commerces.

Les clubs de location vidéo se trouvent aujourd’hui remplacés par divers services de transmission vidéo sur demande. La toile nous offre désormais une énorme vidéothèque accessible en quelques clics.

Mise au point

Avant de vous lancer dans une frénésie de location de films en ligne, assurez-vous de bien connaître les limites (et la situation) de votre consommation Internet. La vidéo est un type de document qui consomme énormément de bande passante. Soyez-en avertis.

Services de type buffet

Netflix est sans contredit le joueur le plus important quand vient le moment d’aborder le sujet de la vidéo sur demande. Offert au Canada depuis 2010, il permet un accès illimité à sa collection de films (la plupart en haute définition) et de séries télé avec un abonnement mensuel de 7,99 $. Il s’agit d’un excellent rapport qualité / prix pour les cinéphiles qui préfèrent regarder leurs films en version originale : on y trouve beaucoup de nouveautés hollywoodiennes, en plus d’un important choix de documentaires et de films étrangers. Sans compter que le service est accessible sur les trois principales consoles de jeu, sur tablettes et téléphones, ainsi que quelques modèles de téléviseurs intelligents.

Quelques films de la collection francophone de Netflix

Par contre, le service n’offre qu’une poignée de films en français, provenant surtout de France (comme De vrais mensonges et Un prophète) et quelques productions québécoises (C’est pas moi, je le jure! et Contre toute espérance). Netflix avait pourtant promis de développer son offre en français lors de son arrivée au pays. Peut-on encore espérer de l’amélioration sur ce plan?

De son côté, Crackle est un drôle de moineau. Propriété de Sony Pictures, le service propose gratuitement l’accès illimité à une portion de son catalogue (comprenant des classiques de Columbia Pictures tels que Ghostbusters). La majorité des films étrangers distribués par le groupe sont d’origine asiatique, la langue de Molière est par conséquent absente du service.

YouTube propose également la location de films depuis peu au Canada. Cependant, son catalogue est plutôt mince (et avec peu de contenus francophones).

Du côté canadien, il y a évidemment le portail de l’ONF, qui nous offre de regarder des documentaires, des productions interactives, des films d’animation et de fiction. Sa collection de courts-métrages est impressionnante, comprend une panoplie de contenus francophones, et la qualité de sa diffusion est remarquable. Le service est gratuit.

Services à la carte

Si vous n’êtes pas le genre à consommer énormément de films, un service à la carte vous serait probablement plus avantageux. Pour ce type de location,iTunes demeure le choix le plus populaire. Idéal pour les nouveautés, le prix de location varie entre 4,99 $ pour la version standard (moins lourde) et 5,99 $ pour la version HD. Une fois la transaction terminée, vous avez jusqu’à 30 jours pour regarder le film en question.

La section francophone de l’iTunes Store

Le plus beau pour les francophiles : la quasi-totalité de sa collection est offerte en français. On parle ici de films américains, de films français (évidemment) et de films québécois. Cependant, les films un peu plus vieux ne sont généralement pas offerts en location. Leurs prix de vente varient entre 9,99 $ et 24,99 $.

Du côté des consoles de salon, le PlayStation Store de Sony partage plusieurs caractéristiques avec le service d’Apple. Sa collection américaine est très large, et ses films sont offerts tant en version originale qu’en version française, et aux mêmes tarifs (tant à l’achat qu’à la location). Pour avoir accès aux titres francophones, il est important de configurer son compte PSN en français; la page descriptive des films ne présente aucune option de choix de langue. Malheureusement, on ne propose pratiquement aucun contenu québécois. Le seul titre que j’ai pu croiser dans le catalogue : Monsieur Lazhar.

Sur Xbox Live Marketplace, Microsoft propose également que la vente et la location de films américains, généralement offerts dans les deux langues, et dont le prix oscille aux alentours d’une trentaine de dollars.

D’autres joueurs à l’horizon?

Il existe d’autres services du genre aux États-Unis, tels que Amazon Instant Video et Hulu. Ces derniers sont inaccessibles à l’extérieur du territoire américain, sauf si on utilise un serveur mandataire (proxy server), un intermédiaire qui peut donner l’illusion qu’on se trouve au pays de l’oncle Sam. Cette solution est risquée (puisque cet intermédiaire peut filtrer l’information transmise par votre ordinateur), sans compter qu’il s’agit d’une utilisation illégale du service vidéo.

Ces joueurs n’ont pas affirmé pour l’instant avoir l’intention de migrer au Canada. Par contre, avec la sérieuse lacune dans l’offre de contenu francophone en location, il ne serait pas étonnant de voir arriver un nouveau joueur à moyen terme afin de combler ce manque.

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